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Et si l’Afrique n’était qu’un jeu (game) et ses dirigeants, des simples domestiques (boys) qui exécutent les ordres de leurs homologues occidentaux ?

Toute décision prise dans les chancelleries occidentales est immédiatement appliquée en Afrique. Lorsque Jacques Chirac a voulu se débarrasser de Pascal Lissouba (jugé trop gourmand en matière de pétrolière) au Congo pour remettre « l’ami » Denis Sassou-Nguesso au pouvoir, il a eu gain de cause en moins de six mois. L’armée angolaise a été réquisitionnée pour faire de la sous-traitance afin de donner une coloration ethnique au conflit (c’est une affaire de Nègres).

La main blanche revêt toujours un gant noir avant d’enfoncer le poignard dans le corps africain. Idem au Tchad où le soldat Idriss Deby (photo) a chargé quelques pick-up Toyota de miliciens nomades lourdement armés pour marcher sur N’Djamena (sept ans auparavant). Hissein Habré a dû prendre la poudre d’escampette pour éviter d’avoir le feu aux fesses.

Habré avait été invité en tant que Chef d’Etat à la célébration du bicentenaire de la Révolution française, le 14 juillet 1989 par François Mitterrand, soit une année avant sa chute. En fait, ce dernier s’était servi de lui pour régler ses comptes avec Kadhafi. La bande d’Aozou n’était qu’un prétexte. Aidée par des troupes françaises, l’armée tchadienne avait pris le dessus sur l’armée libyenne, ce qui avait donné l’illusion à Hissein Habré d’être le chouchou de la France. Habré a été trahi par sa mémoire. Rebelle, il avait commis le pêché impardonnable d’avoir tenu en otage pendant 3 ans une citoyenne française, Françoise Claustre et exécuté un officier français, Pierre Galopin. Contrairement aux Africains, grâce aux archives, les Occidentaux n’ont pas la mémoire courte.

Mobutu a été chassé du pouvoir, lorsque Bill Clinton a décidé de se servir de la télécommande pour tuer l’ennui. Monica Lewinsky n’était pas dans le vaste bureau ovale pour lui tenir compagnie, autrement, il se serait servi du cigare et Mobutu aurait gardé son fauteuil. C’est depuis la Maison blanche que l’ex-leader des Simba, Laurent Désiré Kabila a été « ressuscité » pour participer à la marche à pied de Kigali à Kinshasa. Accompagné de quelques milliers de Kadogos mal chaussés, le Nzee (comme l’appelait affectueusement ses partisans) s’est emparé de Kinshasa sans rencontrer la moindre résistance. Mobutu, maréchal d’opérette, a été contraint d’exhumer à toute vitesse les corps de ses proches à Gbadolité avant de s’exiler au Maroc. Lui aussi croyait être le chouchou des Américains pour leur avoir rendu des services, notamment l’assassinat de Patrice Lumumba. C’est la Maison blanche qui avait installé Mobutu et son tombeur (Laurent Désiré Kabila) au pouvoir. C’est elle qui avait également décidé de leur éviction. George W. Bush, lui s’était contenté de hausser le ton pour que le boucher de Monrovia, Charles Taylor cède sa place à Amos Swyer.

« Oncle Sam, que ta volonté soit faite en Afrique comme en enfer. Amen ! ».

N’obéissant qu’à son pasteur, Laurent Koudou Gbagbo a refusé d’exécuter l’ordre que lui a intimé le Président français, moins âgé et moins grand (de taille). Il s’est fait éjecter de son fauteuil pour se retrouver à Korhogo, le fief de son ennemi intime. Nicolas Sarkozy ne s’est donné aucun mal pour effectuer la manœuvre, la télécommande se trouvait à l’Elysée.

Comme d’habitude, la négraille s’en est félicitée au nom des principes « démocratiques », comme si la souveraineté en Afrique n’avait aucune importance. Si Sarkozy et Obama se souciaient vraiment de la démocratie, une coalition de la légion étrangère et de marines aurait débarqué en Biélorussie pour déloger Viktor Loukachenko.

Ça n’a pas été le cas, car le désordre c’est bon pour l’Afrique, puisque ses ressortissants semblent bien s’en accommoder. Quand deux fils d’Afrique s’affrontent, un arbitre fait le déplacement de Leucodermie pour fixer les règles de la rixe. Wallons et Flamands n’accepteront jamais qu’un dirigeant des Tropiques vienne foutre son nez dans leur merdier.

Il serait temps que les Africains apprennent à solder leurs contentieux sans recourir aux médiateurs « internationaux », afin de préserver une petite parcelle de souveraineté. Est-il envisageable de désigner un médiateur africain pour désamorcer la crise qui oppose le Sinn Fein au gouvernement anglais. On peut tout de même tirer le chapeau à Sékou Touré qui a osé dire « Non » en 1958 au général De Gaulle sans ciller et au camarade Bob (Robert Mugabe) qui a traité publiquement l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, de garçon mal élevé. Ces deux Chefs d’Etat africains ont pleinement assumé les conséquences de leurs actes, en résistant à la foudre (l’embargo).

Certes, ils ne sont pas irréprochables, mais il est bon qu’il y ait de temps en temps, des dirigeants africains pour refuser d’exécuter les diktats.

Tony Blair a quitté le pouvoir avec une arête dans la gorge. Ce dernier n’a qu’un seul regret, celui de n’avoir pas pu déloger Robert Mugabe, affirmation faite dans ses mémoires publiés en septembre 2010. On serait tenté de croire que Mugabe est bien plus solide que ne l’était Saddam Hussein. Les peuples africains qui ont soif d’un vrai changement, ont du mal à se défaire des régimes totalitaires. Alors que la mauvaise humeur d’un dirigeant occidental suffit pour qu’un changement s’amorce vite en Afrique. L’Afrique appartient-elle encore aux Africains ? La question mérite d’être posée, car en matière de souveraineté, on est loin du compte.

Il y a guerre en Afrique, lorsque l’Occident décide d’écouler ses stocks d’armes rouillées. Au Rwanda, l’Occident a laissé les interahamwés jouer les prolongations pour des raisons de géostratégie. La R.T.I a été bombardée par les Forces françaises et onusiennes pendant la crise ivoirienne, ce qu’ils n’ont pas pu faire au Rwanda avec la Radio mille collines, principal instrument de propagande des génocidaires hutus. Après le génocide, la Belgique et les Etats-Unis ont demandé pardon aux rescapés, reconnaissant avoir appuyé sur le mauvais bouton. « Nous n’avons vu que des machettes virtuelles sur l’écran », se confessaient les amateurs de jeu vidéo. Sauf que des têtes (de Nègres) sont tombées ; des maternités ont été vidées de nourrissons (tutsis) ; du sang et des larmes ont coulé. A force de vouloir jouer avec des vies humaines, on finit par confondre monopole et Monopoly.

L’Afrique est soumise à cause de trois espèces haïssables :

Le Nègre de salon, toujours complaisant et prêt à trahir,

Le Nègre banania, toujours joyeux et risible,

Le Nègre universel, toujours rêveur et naïf.

Ils constituent les 3/4 de la population africaine et c’est sur eux que l’ennemi s’appuie pour nous maintenir la tête sous l’eau. Il faut les traquer et les décapiter, autrement, l’Afrique deviendra un musée d’anthropologie lorsque ses habitants auront tous disparu. N’est-ce pas l’objectif des puissances qui ne cessent de convoiter ses richesses ?

L’humiliation est pire que la mort, cela explique le principe des Samouraïs. Pour sortir l’Afrique de sa léthargie, les Africains devraient apprendre à faire don de leur vie dès la naissance, en s’inspirant des exemples du révérend Nat Turner (en Virginie), Gabriel Proser (en Californie), Jean-Jacques Dessalines (à Saint-Domingue), Kimpa Vita (au Kongo), Soni Ali Ber (au Mali), Prempeh I (au Ghana), Ken Saro-Wiwa (au Nigéria)… L’Afrique doit cesser d’être la risée du monde. La dignité a un prix : « le sacrifice suprême ».

Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY
Ecrivain, documentariste, historiographe
Institut Cercle-Congo

Source : Cameroonvoice