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Source : Cameroonvoice.com

Avec un regard sur le Cameroun, une lettre ouverte adressée au président Sarkozy et dénonçant ses agissements en Côte d’Ivoire et en Libye  à été dévoilée lors d’un point de presse donné hier à Douala  par un collectif d’associations.

Le point de presse s’est déroulé dans l’une des salles de conférences de l’hôtel Akwa Palace à Douala dans l’après-midi du mercredi 11 mai 2011. Président du Comité citoyen pour la transparence et l’exercice des libertés (Cocitel), Achille Kotto a esquissé le propos liminaire : « Nous ne pouvions pas rester indifférents face aux événements qui viennent de se dérouler en Côte d’Ivoire et auxquels on assiste depuis des mois en Libye. Il y a une dégringolade des valeurs humaines. Les plus forts écrasent les plus faibles. On avait le choix : se taire ou ne rien dire. On a choisi de réagir  pour dénoncer la communauté internationale qui ne respecte pas le Droit international et le Droit international des Droits de l’homme. Si l’Afrique ne s’unit pas, elle est perdue», a déclaré M. Kotto.

Crimes contre l’Humanité

Achille Kotto était entouré des responsables  et représentants de quatre  autres associations : la Fondation Princesse Khadîdja, l’Organisation des femmes musulmanes du Cameroun (Ofmc), la Fondation africaine Héros et Martyrs et  l’Union mondiale des droits de l’homme (Umdh). Chacun des responsables et représentants d’associations a également pris la parole non seulement pour abonder dans le même sens, mais aussi pour répondre aux questions des journalistes et des autres membres du public.

Signée par Achille Kotto et Cosignée par les responsables des autres associations citées, la fameuse «  Lettre ouverte à Sarkozy et Co. » a été lue par la Princesse Khadîdja. Cette lettre  que les signataires ont également expédiée aux membres de l’Assemblée nationale française, du Sénat Français et du Conseil Constitutionnel Français débute par une évocation sur  «  les massacres français pendant la guerre d’indépendance qui firent au moins 500. 000 morts au Cameroun. Crimes contre l’humanité qui, en pleine guerre d’Algérie, passèrent inaperçus dans les médias français ».

En rappelant  les événements récents, tristes et douloureux survenus en Côte d’Ivoire, les signataires de la dite lettre ont dénoncé ces « crimes de guerre à relents racistes »,  les « collusions mafio-politico-financières » et surtout le fait pour le président Sarkozy d’avoir «osé solliciter et obtenu de l’Union européenne l’ignoble embargo sur les médicaments » en direction de ce pays.  Achille Kotto et ses amis ont observé la violation flagrante  de  la charte des Nations unies dont des dispositions prescrivent aux Etats de « s’abstenir dans leur relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance  politique de tout Etat, soit de manière incompatible avec les buts des Nations unies ».

« Laissez l’Afrique aux Africains »

Dans cette lettre, ils accusent  Nicolas Sarkozy et les dirigeants alliés, d’avoir attaqué l’Etat souverain de Côte d’Ivoire et « fait assassiner des milliers d’ivoiriens » pour arriver à leurs « fins inavouables ». Pour ces membres de la société civile camerounaise, Nicolas Sarkozy est « l’instigateur, le cerveau, et comme on dit dans toutes nos rues, le chef bandit » pour n’avoir rien fait  pour empêcher des « hordes barbares hâtivement rebaptisées Forces républicaines »  de massacrer, d’égorger, de violer et de  piller.

Le président français est perçu comme «  coupable de crimes contre l’humanité et complice du génocide de Duekoué » et par conséquent  « passible tôt ou tard de poursuites devant la Cour pénale internationale ».  Achille Kotto et les autres responsables du Collectif d’associations demandent au président  Sarkozy de laisser l’Afrique aux Africains et exigent le retour  à la légalité républicaine  en Côte  d’Ivoire, l’arrêt immédiat des bombardements injustifiés sur la Libye et le respect de la souveraineté de nos Etats : «  Il revient à Sarkozy d’assumer les conséquences inéluctables du sentiment anti-français rendu plus dangereux que jamais (…) Il est grand temps que l’on apprenne à respecter l’Africain. Il y a eu beaucoup  de désinformation et de manipulation.  Nous allons toucher environ un million de  personnes avec notre courrier. Le débat est lancé », a conclu Achille Kotto.