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Un criminel à la tête d’un état, massacreur de populations civiles sans défense, c’est du déjà vu en Afrique au Liberia avec Charles Taylor. Mais l’on sait qu’il est aujourd’hui dans les mains de la CPI. Paul Kagame répondra-t-il un jour de ses crimes que l’on évalue actuellement à 6 millions de morts rwandais, congolais et ougandais (on oublie souvent ces derniers) ! Comment un tueur de la trempe de Kagame devient-il le chouchou de la communauté internationale, alors qu’il a massacré et continue de massacrer sa population ? Tous les grands de ce monde sont à genoux devant ce monstre qui a déclaré publiquement dans ce même mois d’avril qu’il a bombardé les camps de réfugiés et qu’il peut recommencer le cas échéant. C’est un multirécidiviste qui a déjà tiré dans la foule plusieurs fois faisant plusieurs milliers de victimes. Et comme récompense, il reçoit la visite de la gouverneure du Canada Michaëlle Jean. Quel cynisme ! Quoi qu’on fasse l’homme reste un indécrottable dictateur qui invite la gouverneure du Canada pour assister en direct à l’embastillement de son opposante ! Voilà de quoi narguer les soi-disant organismes ou patries des droits humains, voilà ce que Kagame a fait de la déclaration universelle des droits de l’homme : du papier Q ! Exactement ! C’est Paul Kagame qui a traité d’excréments humains les officiers du FPR, Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya qui ont fui le régime. La gouverneure a même eu du mal à parler au dictateur, les yeux dans les yeux, des libertés de la presse.

Ce n’est qu’à Butare, très loin de la capitale que Michaëlle Jean a invité les Rwandais à ne pas être « captifs » de leur histoire, d’« exorciser la peur pour mieux avancer ». Aïe, aïe, aïe ! Victoire Ingabire l’a tenté et s’est retrouvée au trou ! Déo Mushayidi aussi. ils n’ont pas avancé du tout. Ce n’est pas la témérité qui manque chez les Rwandais. Jusque là on n’a pas de kamikaze, mais ça ne saurait tarder. Faut-il se poser la question de savoir alors pourquoi l’élection présidentielle au mois d’août 2010? Car à l’évidence Paul Kagame ne veut pas de candidat crédible contre lui. Bien entendu c’est pour gaspiller encore et toujours les aides internationales pour ce non-événement. Et l’on se demande ce qu’a bien pu faire le conseiller personnel de Kagame, Tony Blair. Apparemment il n’a même pas réussi à adoucir les mœurs, ni combler le manque d’éducation de ce chef d’état, qui ne vit que pour tuer, embastiller, écraser la moindre résistance. Michaëlle Jean, la propre voix de la reine d’Angleterre, dans une paraphrase alambiquée, n’a fait que balbutier quelques libertés possibles dans ce Rwanda devenu une prison à ciel ouvert ou plutôt un véritable cirque romain géant, dont les bourreaux les plus fervents (Kayumba Nyamwasa, Patrick Karegeya pour ne citer que les plus mal famés) n’ont pu que s’échapper de peur de subir les mêmes châtiments par lesquels ils ont supplicié des victimes innocentes. Et l’on se demande toujours pourquoi tout ce grand monde se précipite pour serrer les mains sanguinolentes de Kagame. Hier c’était Sarkozy, aujourd’hui c’est Michaëlle Jean, demain ce sera quelqu’un d’autre. C’est comme cela que l’on se rend complice d’un grand criminel.

Les peuples de la région des Grands Lacs africains abandonnés par la communauté internationale, devront supporter seuls le joug du dictateur sanguinaire qui se sent actuellement intouchable, malgré deux mandats internationaux lancés par deux juges francs-tireurs, le Français Jean-Louis Bruguière et l’Espagnol Fernando Andreu Merelles. Evidemment, les peuples africains ne comptent que pour du beurre face à d’énormes richesses dont regorge le sous-sol de cette région, pillée sans vergogne par les puissances internationales. Tout ceux qui ont trempé dans ce pillage ou tous ceux qui veulent leur part du gâteau passent par Kigali, c’est comme cela qu’on les reconnaîtra. Ce sont eux qui ont conforté l’impunité du régime de Kigali, en mettant en place des institutions iniques et inéquitables comme le TPIR destiné à embastiller tous ceux qui ont combattu l’avènement de ce régime en leur mettant sur le dos un génocide minutieusement programmé par des forces qui devaient en prendre prétexte pour défoncer le coffre-fort de l’ex-Zaïre. 6.000.000 de morts. Mais comme dirait le chef gaulois Brennos, « malheur aux vaincus », c’est aux galériens du TPIR de payer. Ils sont parqués dans des prisons mouroirs sans soin où la maladie la plus bénigne peut emporter une vie. Hier c’est mon ami Jean Bosco Barayagwiza qui a rendu l’âme. Mais bien avant lui ce fut l’évêque anglican Samuel Musabyimana,  Joseph Serugendo, Elizaphan Ntakirutimana. Paix à leurs âmes.

Eugène Shimamungu

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