Étiquettes

, ,

Source : (AfriSCOOP & Agences)

Alors que la France et l’ONU exigent qu’il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir et reconnaît son rival Alassane Ouattara comme président, le président ivoirien réélu selon le conseil consitutionel, Laurent Gbagbo, a averti qu’il n’en était pas question.

Malgré la demande de cessez-le-feu de son armée, terrassée par des frappes de la France et de l’ONU et l’avancée des forces d’Alassane Ouattara, M Gbagbo refusait toujours mardi de de se retirer.

« Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? », a-t-il lancé mardi lors d’un entretien sur la chaîne française LCI.

Après des jours de combats à l’arme lourde qui ont fait des « dizaines de morts » à Abidjan selon l’ONU, et une sanglante crise post-électorale de quatre mois, les armes se sont quasiment tues dans la métropole ivoirienne dans l’après-midi de mardi mais les combats auraient repris ce soir à Abidjan. A 17h30 gmt des tirs nourris ont surpris les Frci dans la commune de Cocody aux alentours du campus universitaire et sur la route qui mène à l’hôtel du golf rapporte le site internet koaci.com. « On a replié et voila le soir on s’apprêtait à organiser les patrouilles que nous tombons encore dans des embuscades juste après le feu « Thérèse » non loin du campus », a declaré une source des Frci à Koaci.com.

Alcide Djédjé retenu contre son gré chez l’ambassadeur de France à Abidjan

Annoncé par les médias comme réfugié chez l’ambassadeur de France à Abidjan, le ministre ivoirien des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, Alcide Djédjé s’était plutôt rendu à la résidence de l’ambassadeur au nom du gouvernement ivoirien avec pour mission de « protester contre les bombardements barbares dont des cibles civiles et la résidence du président de la République de Côte d’Ivoire ont été l’objet pendant la nuit » de lundi à mardi, a révélé mardi dans un communiqué, l’avocate française Lucie Bourthoumieux.

« Il n’est n’a absolument pas démissionné de son poste et est actuellement scandaleusement retenu contre son gré dans les locaux de l’ambassade de France », affirme l’avocate. « En tant que conseil de son excellence Alcide Djédjé, nous nous élevons vigoureusement contre ces procédés contraires aux principes les plus élémentaires de la Convention de Vienne », a-t-elle dénoncé.

Indignation dans le monde après les bombardements en Côte d’Ivoire

Les réactions dans le monde se multiplient contre les bombardements aériens des forces françaises onusiennes en Côte d’Ivoire.

Le président de l’Union africaine, Teodoro Obiang Nguema, a dénoncé mardi le recours à la force par l’Onu et la France en Côte d’Ivoire, rapporte les médias. Selon lui, « l’Afrique n’a pas besoin d’une influence étrangère » et saura gérer elle-même ses propres problèmes, s’est-il indigné.

La Russie ,quant à elle , a exigé l’évaluation de la légitimé des bombardements effectués par les forces françaises et onusiennes en Côte d’Ivoire, avant d’adresser « un appel insistant aux deux parties ivoiriennes pour qu’elle cessent immédiatement le bain de sang et entament un dialogue avec l’objectif d’une solution politique à ce conflit ».

Pour sa part, L’Afrique du Sud dont le pays siège actuellement au Conseil de sécurité de l`ONU, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane, , a déclaré lors d`un point de presse à Pretoria, l’opposition de son pays aux bombardements.

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d`Ivoire. Nous ne soutenons pas (..) ce que nous n`avons pas voté », a-t-elle affirmé. Maite Nkoana-Mashabane a en outre insisté sur la nécessité de trouver « une solution pacifique » à ce différend électoral.

Au Sénégal, une organisation d’intellectuels africains a remis mardi à l’ambassadeur de France à Dakar une lettre de protestation contre l’attaque par la force française en Côte d’Ivoire de positions du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. « On chercherait à dresser les Africains contre les Français qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quelle est cette France qui insulte le droit ? », a déclaré à la presse Malick Ndiaye, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. « Licorne dégage. Onuci dégage ! » s’est écrié M. Ndiaye au nom de la Coordination des intellectuels d’Afrique, organisation basée à Dakar.

En France, le Parti Communiste , le Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA) et Lutte ouvrière par un communiqué ont exigé le retrait « immédiat » de Côte d’Ivoire des troupes françaises.

Lundi aux Etats-Unis, le sénateur américain Jim Inhofe (R-Okla.), membre éminent de la commission sénatoriale des services armés (SASC) et du comité chargés des relations étrangères du Sénat (SFR), a indiqué que l’opposant ivoirien Alassane Ouattara était « illégitime pour diriger la Côte d’Ivoire », estimant que « les récents rapports des massacres perpétrés par les forces de Ouattara » constituent des « preuves supplémentaires » qui doivent emmener les États-Unis à « changer leur position » dans la crise ivoirienne . Le Sénateur Inhofe a par ailleurs appelé les Etats-Unis à réclamer un cessez-le feu « pour empêcher Ouattara et son armée rebelle de commettre un massacre de masse sur les Ivoiriens, en particulier sur les nombreux jeunes présents au palais présidentiel ».

Un contentieux post-électoral oppose le Président Laurent Gbagbo, déclaré élu par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, à l’opposant Alassane Ouattara reconnu vainqueur par la communauté internationale.