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SOURCE : www.armees.com

L’annonce du lancement d’une campagne de sensibilisation concernant un éventuel retour des réfugiés rwandais, menée par le Rwanda en République du Congo (RC), pourrait impacter la situation politico-sécuritaire dans la région des Grands Lacs et plus particulièrement la République Démocratique du Congo (RDC).

En effet, la visite du ministre rwandais de la Gestion des Catastrophes et des Réfugiés cette semaine à Brazzaville a pour but d’organiser le retour progressif d’environ 7 500 réfugiés rwandais vivant en RC d’ici au mois de décembre 2011, et ce, conformément à l’expiration des autorisations de résidence, sur le sol congolais, fixées par les instances internationales. Ce processus pourrait engendrer dans les mois à venir, d’importants mouvements de populations à travers la région.

Les importantes opérations militaires engagées à la suite des attentats de Kampala du 11 juillet dernier, dans les provinces Orientale (Nord-est), du Nord et Sud-Kivu (Est) en RDC, et les vagues d’immigrations en provenance du Burundi et du Rwanda, connues par le pays durant l’été 2010, ont fortement dégradé les conditions humanitaires et sécuritaires des camps de réfugiés en RDC. De plus, les élections générales, prévues en novembre 2011, pourraient être accompagnées par un durcissement des politiques sécuritaires dans le pays.

Enfin, De nombreux problèmes frontaliers ont été rapportés par les autorités namibiennes, angolaises et congolaises ces dernières semaines. Des réfugiés ayant tenté de fuir leur pays out d’y retourner, ont été violemment pris à partie par des groupes rebelles ou par l’armée régulière, imposant également des taxes de passage. En outre, divers affrontements entre réfugiés et forces de sécurité namibiennes ont été signalés la semaine dernière en raison des tentatives d’application du processus de désarmement de la population civile. Dès lors, la perspective d’une amélioration des conditions humanitaires dans la région élargie des Grands Lacs apparait illusoire.

Même si les pays de la région ne disposent pas des fonds nécessaires à l’organisation d’un retour encadré de ces réfugiés, ces gouvernements peuvent toutefois s’inspirer de la Tanzanie. A la suite du processus de paix d’Arusha engagé en 2000, près de 360 000 réfugiés burundais avaient retraversé la frontière tanzanienne provoquant ainsi des conflits d’ordre fonciers dans le sud du pays.

En réponse, le gouvernement tanzanien a amorcé depuis avril 2010, un processus de naturalisation pour environ 162 000 réfugiés burundais. Les effets positifs de cette politique ont conduit à une amélioration sensible des conditions de vie des déplacés toujours stationnés dans les camps tanzaniens. Dans cette perspective, le Président congolais Denis Sassou Nguesso a récemment proposé d’opter pour une naturalisation si les conditions requises le permettent.