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Média Libre

Les lecteurs de Rivarol connaissent depuis bien longtemps le caractère très « relatif » de l’attachement des organisations internationales aux « droits de l’homme », attachement qui varie au gré des intérêts financiers et géostratégiques des grandes puissances occidentales, au premier rang desquelles, bien sûr, les États-Unis et leur allié israélien. Ils ne seront donc pas surpris de ce nouvel épisode qui révèle une fois encore, mais avec une particulière clarté, la tartufferie qu’est cette prétendue préoccupation « droit de l’hommarde » à géométrie variable.

En effet, plusieurs journaux, notamment d’Afrique du Nord, ont révélé que l’Onu avait « volontairement passé sous silence » un rapport sur des « violations massives des droits de l’homme » en Afghanistan entre avril 1978 et décembre 2001, accusant « Soviétiques », « factions islamistes » et « forces américaines » d’avoir pris part à des « atrocités ».

Ces informations font suite à la publication très attendue et très médiatiquement commentée d’un rapport controversé de l’Onu évoquant la possibilité de « génocide » commis par l’armée rwandaise en République Démocratique du Congo à la fin des années 1990.

Mais un autre rapport, commandité lui aussi par le Haut Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, tout aussi sulfureux et se penchant sur les crimes commis entre 1978 et 2001 en Afghanistan, a lui été délibérément bloqué par les Nations unies.

Ce rapport, finalisé en décembre 2004 après un an de travail, d’enquête et de recoupement d’informations, devait être publié en janvier 2005. Cette publication a tout d’abord été suspendue, puis reportée une première fois, puis une seconde fois… avant que le dossier ne soit définitivement enterré et rejoigne dans les archives poussiéreuses de l’institution internationale les autres rapports imprudemment rédigés sur des sujets qui fâchent.

Le document « étouffé » répertorie les diverses exactions et atteintes aux droits des gens perpétrées par toutes les factions qui ont participé aux diverses guerres qui ensanglantent cette terre martyre d’Afghanistan depuis la fin des années 1970. Les bavures et autres crimes des Gi’s américains y sont ainsi mis sur le même pied que ceux des troupes soviétiques d’occupation, des milices communistes ou des partisans moujahiddines.

Le rapport accuse en effet « Soviétiques, chefs communistes, moudjahidine, factions islamistes, et même forces américaines » d’avoir « pris part, à des degrés divers, aux atrocités (tortures, pillages, exécutions sommaires, détentions arbitraires, massacres de civils, viols en série, enrôlement d’enfants) endurées par les Afghans ».

Un affront que l’Oncle Sam ne pouvait tolérer ! Car chacun sait que l’armée américaine n’est pas une armée comme les autres, mais celle de la démocratie et de la civilisation, prédestinée à étendre le paradis libéral sur l’ensemble de la planète.

Le rapport a donc prudemment été dirigé vers les oubliettes par l’Onu dont on remarquera encore une fois la très grande célérité et la très grande discrétion lorsqu’il s’agit de ne pas contrarier les puissants. Une soumission éhontée aux intérêts américains qui donne un écho particulier aux récentes déclarations du président du Rwanda dénonçant une « Onu à deux vitesses ».

A la tribune de l’assemblée générale, Paul Kagamé a en effet fortement contesté le rôle de l’Onu dans les relations internationales, estimant qu’il était temps de réexaminer le fonctionnement et la place de l’institution au sein de la «gouvernance mondiale». Reprochant « l’occidentalo-centrisme » de ladite institution, le président rwandais a notamment déclaré : «l’Onu a certains standards pour certains pays et d’autres standards pour les autres pays. Nous devons nous assurer que cette organisation ne devienne pas un outil pour les puissants, pour protéger leurs intérêts, renforcer leur influence ou subjuguer celles des autres ».

Difficile aujourd’hui de ne pas partager son constat.