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Vendredi 29 octobre 2010, sur initiative de plusieurs associations, plus de 300 personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice de Bruxelles à partir de 16 heures. Toutes ces personnes venues des horizons divers entendaient rendre un hommage ému aux réfugiés hutu massacrés dans en République Démocratique du Congo par l’Armée Patriotique Rwandaise de Paul Kagame entre 1996 et 2003.

L’événement de ce 29 octobre n’était pas une manifestation comme celles dont nous avons l’habitude de voir. Les organisateurs entendaient amener les proches des victimes de ce génocide, les rescapés et les sympathisants, bref tous ceux à qui la vie d’un homme est sacrée à se retrouver, à méditer et à se recueillir en mémoire des disparus.

Brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait voir les images des atrocités commis en RDC contre les réfugiés hutu par l’armée de Paul Kagame, mais aussi des portraits de certains criminels, la foule a chanté des cantiques religieux de circonstance (deuil) tant du répertoire catholique comme : « Ninde, ninde… » ou « Niwowe bugingo budashira… » que de la liturgie protestante comme « Ni iki watanza ?… » et œcuménique comme « Plus près de toi Mon Dieu… », entrecoupés de témoignages des rescapés. Des bougies étaient allumées ainsi que des roses blanches serrées dans les mains pour marquer la douleur de ceux qui ont perdu les leurs dans ce génocide.

Madame Primitiva Mukarwego de l’association « Réseau International des Femmes pour la Paix et la Démocratie » (RIFPR asbl) et Monsieur Placide Kayumba de « HUMURA asbl » ont très efficacement animé la soirée en faisant alterner les chants et les poèmes de la talentueuse L. Bahufite et différents témoignages. Moment d’intense émotion quand un passage du «Mapping rapport» de l’ONU publié ce 01 octobre 2010 fut lu. Il était question du massacre de Kasese près de Kisangani commis par l’armée de Paul Kagame en avril 1997. Le récit retrace minute par minute et avec une précision extraordinaire comment les réfugiés hutu pour la plupart des femmes et des enfants furent triés, puis tués. Leurs corps furent dans un premier temps enterrés puis déterrés et finalement brûlés.

Pour clôturer, Joseph Matata du «Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda» (CLIIR), l’une des organisateurs du rassemblement a exhorté la foule à rester mobilisé et à continuer à revendiquer leurs droits et pour le peuple rwandais qui croupit sous la férule de la dictature du général Kagame. Madame Daphrose Nyirankundwankize du « Réseau International des Femmes pour la Paix et la Démocratie » (RIFPD) a invité l’assistance à venir encore plus nombreux vendredi 5 novembre 2010 à partir de 13 heures. Il sera organisé une chaîne humaine devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de Madame Victoire Ingabire présidente des FDU-Inkingi détenue arbitrairement dans la prison-mouroir dite « 1930 » de Kigali pour le seul crime d’avoir exigé la démocratie au Rwanda.

La foule s’est dispersée dans le calme et la dignité qui généralement caractérisent de tels moments de douloureux souvenirs.

Emmanuel Neretse
30/10/2010