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AFP, le 11/10/2010

Paris confirme l’arrestation d’un des principaux dirigeants des rebelles hutu rwandais, Callixte Mbarushimana, lundi sur le territoire français, en application d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), indique le ministère des Affaires étrangères.

C’est la première fois que la France procède à une arrestation sur mandat de la CPI.
« Nous confirmons que Callixte Mbarushimana, ressortissant rwandais, a été arrêté aujourd’hui sur le territoire français en application d’une requête de coopération, notifiée par le greffier de la Cour pénale internationale, le 30 septembre 2010 », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le secrétaire exécutif des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) a été interpellé lundi matin par les gendarmes à son domicile dans le nord de la capitale où il vivait avec sa famille depuis plusieurs années, et placé en garde à vue, avait auparavant indiqué à La Haye un membre du bureau du procureur de la CPI.

Soupçonné de cinq chefs de crimes contre l’humanité

Callixte Mbarushimana, 47 ans, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt sous scellés (secret) délivré le 28 septembre par la CPI située à La Haye. Il est soupçonné de cinq chefs de crimes contre l’humanité et de six chefs de crimes de guerre, notamment de meurtres, viols, tortures, persécutions et destructions de biens commis en République démocratique du Congo (RDC) en 2009.

« Pour la suite de la procédure applicable à Callixte Mbarushimana, nous renvoyons au ministère de la Justice et des Libertés ainsi qu’à la Cour pénale internationale », poursuit le Quai d’Orsay. Selon un membre du bureau du procureur, le dirigeant des FDLR devrait être remis à la CPI « dans les prochaines semaines ». « Cette arrestation est une nouvelle illustration de la pleine coopération qui caractérise les relations de la France avec la CPI et témoigne de la volonté constante de la France de lutter contre l’impunité », ajoute le ministère français des Affaires étrangères dans son communiqué.

L’arrestation de Callixte Mbarushimana fait suite à celles du chef des FDLR, Ignace Murwanashyaka, et de son adjoint, Straton Musoni, interpellés le 17 novembre 2009 en Allemagne en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour fédérale de justice allemande.

Basées dans l’est de la République démocratique du Congo, les FDLR, dont certains éléments sont recherchés par la justice rwandaise pour leur implication présumée dans le génocide des Tutsi de 1994, sont considérées comme l’un des principaux responsables de l’insécurité dans la région des Grands lacs.