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Publié par Jean-Pierre Ndongo le 6 octobre 2010

Suite à la polémique sur la publication retardée d’un rapport sur les crimes perpétrés entre 1993 et 2003 en République démocratique du Congo (RD), le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a affirmé mercredi que le document n’avait pas été « édulcoré » et a appelé le gouvernement et la société civile congolaises à s’impliquer dans la protection des civils.

« Le rapport n’a pas été ‘édulcoré’, comme certains l’ont clamé. Aucun accord n’a été conclu pour sauver la face de qui que ce soit ou pour la contribution de troupes de la part d’une nation », a déclaré mardi matin Ban Ki-moon lors de sa conférence de presse mensuelle au siège de l’ONU à New York.

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié ce rapport le 1er octobre dernier. Une polémique avait débuté au mois de septembre après la publication de fuites de la version préliminaire dans le quotidien français Le Monde. Le journal avait focalisé l’attention sur le fait que les forces armées rwandaises auraient perpétré des actes en RDC pouvant constituer des crimes de génocide pendant la période couverte par le rapport. La Haute commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, avait souligné que cela ne pourrait « être réglé que par un tribunal compétent ».

Le rapport de 550 pages liste 617 crimes les plus graves violant les droits de l’homme et le droit international humanitaire. La genèse du projet remonte à 2005 lorsque deux ans après l’accord de paix national, trois grands charniers ont été découverts à l’est du pays. Le HCDH en tête, plusieurs organes de l’ONU se sont accordés pour lancer en 2006 l’exercice de ‘cartographie’ de ces crimes.

Trente-trois équipes d’experts ont parcouru tout le pays pour interroger plus de 1.280 témoins et examiner plus de 1.500 documents afin de corroborer les informations. Le rapport précise qu’au moins 21 groupes armés étaient impliqués dans ces crimes ainsi que les armées nationales de huit pays.

« Il ne tient qu’au gouvernement de RDC, avec l’aide de la Haute commissaire, d’agir selon ses recommandations, spécifiquement celles relatives à la justice transitionnelle », a expliqué mercredi le Secrétaire général de l’ONU qui a dégagé deux points pour trouver les moyens de mieux protéger les populations des attaques, des viols et d’autres violations des droits de l’homme.

« Les auteurs de crimes et leurs dirigeants doivent être arrêtés et inculpés de crimes contre l’humanité, auprès de tribunaux nationaux ou internationaux », a déclaré Ban Ki-moon. « A cet égard, je suis encouragé par l’arrestation du ‘Lieutenant Colonel’ Mayele, le présumé chef du groupe armé suspecté d’avoir commis des viols de masse au début du mois d’août. C’est un bon exemple de comment les autorités congolaises et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) doivent coopérer pour lutter contre l’impunité », a-t-il ajouté.

Le ‘Lieutenant Colonel’ Mayale est l’un des présumés responsables des viols de masses perpétrés dans plus d’une dizaine de villages au Nord-Kivu, à l’est de la RDC, au début du mois d’août. Ces actes auraient été commis par une coalition d’environ 200 membres de Maï Maï Cheka, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que des éléments du Colonel Emmanuel Nsengiyumva, ancien membre de l’armée congolaise, sur au moins 303 civils, parmi lesquelles 235 femmes, 13 hommes, 52 filles et 3 garçons, selon le rapport préliminaire de la mission d’enquête du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme.

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