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Au Rwanda, la présidentielle, c’est le 09 août prochain, autant dire exactement dans 20 jours. Et, sauf tremblement de terre, le président Kagamé sortira avec au moins un score à hauteur d’homme : 1,80 mètre. Pour l’homme fort de Kigali, l’objectif à présent, c’est de faire le plein de voix avec au moins 95% de suffrages pour transcender les résultats de 2003 qui tournaient autour des 90%.

Cela est d’autant plus probable que toutes les personnalités qui avaient un poids réel sur l’échiquier politique national, et capables de faire un peu ombrage à l’homme fort de Kigali, ont été écartées de la course à la présidentielle. Tout en écartant ceux qui pouvaient encore le gêner, le général Kagamé s’est, dans le même temps, choisi des candidats de complaisance ou candidats accompagnateurs. Il ne faut tout de même pas aller à une présidentielle en solitaire !

Non, cela aurait pour conséquence de mettre la communauté internationale dans l’embarras, elle qui finance de bout en bout le processus ! Mais non content d’avoir écarté par des subterfuges juridico- politiques des présidentiables peu accommodants, Paul Kagamé tenterait de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui pourraient se mettre en travers de sa ferme intention de gouverner le Rwanda à sa guise C’est certainement pour cela qu’à l’approche de cette présidentielle le Rwanda est secoué par des assassinats, des arrestations et autres disparitions d’hommes politiques et de journalistes.

En tout cas, sauf à prendre le dur chemin de l’exil, elles ne seront pas nombreuses, les têtes de proue de l’opposition rwandaise qui auront la chance de vivre cette présidentielle. Il y a un mois, c’était le général Faustin Kayumba, ancien homme de confiance du président Paul Kagamé, qui échappait in extremis à la mort.

Ancien chef d’état-major de l’armée et tombé en disgrâce, il croyait être en lieu sûr en se réfugiant à Johannesburg, en Afrique du Sud, lorsque des sicaires faillirent lui ôter la vie en mitraillant son véhicule. Après l’assassinat du journaliste Jean–Léonard Rugambage, il y a une dizaine de jours, c’est l’opposant André Kagwa Rwisereka qui avait été retrouvé décapité et gisant dans une mare de sang dans un marais.

Vice–président du Parti vert démocratique, créé il y a moins d’un an, et qui rassemble les transfuges du Front patriotique rwandais, au pouvoir depuis 1994, sa formation politique n’avait jamais obtenu sa légalisation, ce qui, tout de go, l’a mise hors course pour la présidentielle du 09 août prochain.

Mais sa mort semble une suite logique des actes d’intimidation puisque l’infortuné André Kagwa Rwisereka avait déjà reçu des menaces de mort de quelques pontes du parti au pouvoir. Et qui parle de pouvoir au Rwanda parle de Paul Kagamé. Et comme ces meurtres et autres arrestations semblent pain bénit pour l’homme fort de Kigali, on n’a pas manqué de pointer un doigt accusateur sur lui. Ici, personne ne doute de celui à qui profite le crime, même si, en pareille circonstance, les preuves sont difficiles à établir.

Mais pour Reporters sans frontières, il n’y a aucun doute sur le commanditaire de ces assassinats. C’est Paul Kigali qui en est à la base. C’est pour cela que l’organisation Reporters sans frontières a appelé l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds internationaux à suspendre leur soutien au pouvoir rwandais.

C’est vrai qu’en soutenant financièrement cette mascarade électorale qui se trame à Kigali, la communauté internationale se rend complice de ce régime qui n’en finit pas de terroriser ses opposants. Alors, pourquoi soutenir une mascarade électorale pour une présidentielle pliée d’avance ?

La Rédaction