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La guerre en République Démocratique du Congo a non seulement duré plus longtemps que l’Holocauste, mais elle a été plus meurtrière, avec un bilan estimé  à 6,9 millions de morts selon les estimations de l’ONG International Rescue Committee (IRC), durant la Première guerre du Congo (fin 1996-1997), la Deuxième guerre du Congo (1998-2002) et le Gouvernement de transition (2003-2006). Ces guerres ont été à l’origine de massacres, dont certains constituent des crimes contre l’humanité. Le principal obstacle à la qualification de génocide des massacres congolais vient de la constatation   que ces massacres sont divers, opérés par des acteurs divers, aux mobiles divers.

Aujourd’hui, les différents auteurs de ces massacres continuent d’agir, bien que la situation soit beaucoup moins tendue.

Tout commence lors de l’arrivée massive des réfugiés hutu-rwandais à Bukavu en juillet 1994 sous l’escorte des soldats français de l’Opération Turquoise sous l’égide de l’ONU, qui gèrent ce déplacement massif de population, sans opérer de désarmement. Ceux-ci vont se regrouper dans d’énormes camps de réfugiés à l’Est du Congo, avec en leur sein tout le dispositif génocidaire rwandais qui souhaite reconquérir le Rwanda. Les premiers massacres commencent lorsque l’armée rwandaise (tutsi) attaque les camps de réfugiés, les congolais subissant le même sort que ces derniers. La volonté de mettre fin aux attaques des anciens génocidaires du Rwanda, opérants à partir des camps de réfugiés, vont mener le Général Paul Kagame (actuel président du Rwanda, qui a fortement contribué à sa reconstruction) à créer en collaboration avec le gouvernement ougandais l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), à la tête de laquelle est placé Laurent-Désiré Kabila afin d’attaquer la RDC. Cette coalition renverse Mobutu (dictateur à la tête du gouvernement congolais) et installe Laurent Désiré Kabila à la tête du Congo-Zaïre. La première guerre pan-africaine commence donc et donne lieu à de nombreux massacres et crimes contre l’humanité.

Le viol reste la principale torture infligée lors des massacres. Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres, ont régulièrement dénoncé, ces dernières années, l’usage systématique du viol comme arme de destruction de la cellule familiale, socle de la société congolaise. Selon Amnesty International, « Le conflit en RDC a été particulièrement marqué par l’usage systématique du viol comme arme de guerre. Comme l’histoire humaine le montre tragiquement, le viol suit toujours de près les conflits, mais en RDC, il a été manifestement utilisé par des groupes armés comme l’une des armes principales contre leurs adversaires et la population civile. Dans l’est de la RDC, des membres de groupes armés ont violé des dizaines de milliers de femmes, dont des fillettes ou des femmes âgées, ainsi qu’un certain nombre d’hommes et de jeunes garçons, afin de terroriser, d’humilier et de soumettre les populations civiles » .

Selon Amnesty International, des enfants soldats sont recrutés de force par toutes les parties en conflit (milices armées, forces armées « officielles ») : « Des dizaines de milliers d’enfants, filles comme garçons, parfois âgés de moins de dix ans, combattent dans les rangs des milices et des forces armées de la RDC. Dès leur recrutement, ces enfants sont victimes d’une longue série d’atteintes à leurs droits fondamentaux, notamment d’actes de torture, de viols et de meurtre. Nombre de ces enfants ont été recrutés de force, enlevés sous la menace d’une arme à feu alors qu’ils jouaient dans leur quartier, ou encore chez eux ou à l’école, tandis que leurs parents ou professeurs assistaient impuissants à la scène. D’autres se sont enrôlés volontairement, en quête d’une protection douteuse et d’un moyen de survivre parmi les décombres d’un pays ravagé par des années d’une guerre quasi ininterrompue.

Ces attaques continuent malgré la présence d’une force de l’ONU de 17 000 hommes sur le terrain, ce qui en fait la plus grande force de maintien de la paix des Nations-Unies dans le monde. Personne (docteur, ONG, chercheurs congolais et occidentaux) ne peut expliquer la raison de ces violences.

Parmi les différents groupes rebelles, celui qui revient le plus souvent est l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Ce groupe rebelle ougandais entend mettre un terme au gouvernement du président ougandais afin de mettre en place un régime basé sur les Dix commandements de la Bible. Ses membres attaquent désormais les pays voisins, suite à la cessation des hostilités dans leur pays. Entre le 14 et 17 décembre 2009, ce groupe rebelle ougandais, a mené une attaque atroce dans le Nord-est de la RDC, près de la frontière avec le Soudan. Au cours d’une opération bien planifiée, la LRA a tué plus de 321 civils, et enlevés plus de 250 autres personnes, dont au moins 80 enfants. La grande majorité des victimes étaient des hommes adultes qui ont d’abord été ligotés, avant que les combattants de la LRA ne les tuent à coups de machettes ou leur écrasent le crâne à coups de hache ou de lourds gourdins. Les membres de leurs familles et les autorités locales ont trouvé plus tard des corps meurtris attachés aux arbres. Des témoins ont déclaré à Human Rights Watch que pendant des jours et des semaines après l’attaque, cette région reculée a été remplie de l’ « odeur de la mort ». L’attaque a été l’un des plus importants massacres en 23 ans d’histoire de la LRA.

Des attaques similaires ont été perpétrées récemment, à la fin du mois de mars.

D’autres groupes, bien que moins répandus, font tout de même parler d’eux. Le 9 avril, huit employés de la Croix Rouge  avaient été enlevés près de la localité de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, par les rebelles Mai Mai, un des nombreux mouvements armés présents dans la région. Ils ont été libérés une semaine plus tard, selon un responsable du CICR.

Aujourd’hui, les violences continuent, notamment les viols, commis pour la plupart, par des hommes armés (selon une enquête d’Oxfam International).

Marjorie.B, Larmes de paix