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Communiqué de presse des détenus du TPIR en commémoration de la tragédie rwandaise de 1994.

« …prendre un marteau,frapper une mouche, tuer la mouche avec un marteau, nous n’hésiterions pas à lefaire! » Président Kagame, le 25 mars 2010.

C’est sur cette tonitruante déclaration du Président KAGAME que les détenus du Tribunal Pénal International sur le Rwanda abordent le SEIZIÈME anniversaire de la tragédie rwandaise, déclenchée le 06 avril 1994 par l’attentat contre l’avion du Chef de l’Etat et la reprise unilatérale et généralisée des hostilités par le Front Patriotique Rwandais pour la conquête du pouvoir au Rwanda par les armes.

Cette déclaration du Président KAGAME est un éloquent témoignage du climat de terreur et d’intimidation dans lequel vit le peuple rwandais depuis 16 ans sous l’innommable dictature du FPR.

Ces propos, empreints d’une cruauté légendaire mais ovationnés par les deux chambres du Parlement du FPR, laissent présager que le régime en place concocte une tragédie envers le peuple en cette année électorale.

Aussi les détenus du TPIR en appellent-t-ils à la vigilance de la communauté internationale.

Les détenus constatent avec amertume que le TPIR, à l’aube de sa fermeture confirmée, n’a fait que garantir l’impunité au FPR. Son bilan au bout de seize ans d’activités aura été celui d’un tribunal du vainqueur.

Le FPR a récemment tenté de se disculper de ses responsabilités dans l’attentat terroriste contre l’avion du Président HABYARIMANA à travers le rapport MUTSINZI. Mais ce ne fut qu’un coup d’épée dans l’eau. Le FPR n’a fait qu’en rajouter à la crédibilité du rapport du Juge français Jean Louis BRUGUIERE, comme le démontrent les personnalités indépendantes ayant analysé ce rapport ainsi que les détenus dans leur réaction du 18 février 2010.
Il est plus que temps que les auteurs de cet attentat et d’autres graves violations du droit international humanitaire commises au Rwanda en 1994 en répondent devant la Justice.

Les détenus présentent leurs condoléances les plus attristées aux victimes de la tragédie rwandaise de 1994, de toutes les ethnies et régions du Rwanda.

Ils renouvellent leur profonde sympathie aux Pays ayant perdu leurs ressortissants dans la tragédie rwandaise, ainsi qu’aux victimes des guerres du FPR qui ravagent la région des Grands lacs africains depuis 1990.

Le FPR reproche à la communauté internationale d’avoir abandonné le Rwanda alors que c’est bien lui qui s’est opposé à l’intervention des forces étrangères au moment où le Rwanda en avait grand besoin.

Les détenus sont intimement convaincus que l’opération turquoise menée par la France au Rwanda avec l’aval de l’ONU en 1994, mérite aux yeux d’honnêtes citoyens rwandais et étrangers, plus de considération plutôt que le discrédit que lui attire une politique téméraire du FPR visant à en faire une monnaie d’échange pour échapper à la Justice.

Les détenus déplorent l’acharnement contre l’épouse du feu président Habyarimana. Les poursuites engagées contre elle, sont déplacées et cyniques car dirigées contre la victime avérée et innocente de l’attentat déclencheur de l’hécatombe rwandaise. Elles devraient définitivement cesser.

Les détenus constatent que le FPR a verrouillé l’espace politique au RWANDA, le fermant complètement à ceux qui n’accordent pas leur violon au refrain de ce front, et qui sont désormais victimes d’intimidations et de harcèlements incessants.

La communauté internationale est appelée à cesser toute louange au régime dictatorial de KIGALI dominé par les criminels du FPR. Elle devrait plutôt tout mettre en oeuvre pour que criminels du FPR répondent de leurs actes et contraindre ce régime à l’ouverture démocratique favorable à l’Etat de droit et à la vraie réconciliation des rwandais.

Les détenus en appellent à tous les acteurs de la communauté internationale à oeuvrer pour mettre au pas le régime actuel de KIGALI, en vue de favoriser l’émergence d’une vraie gouvernance démocratique, respectueuse des droits de la personne humaine et l’exercice responsable des devoirs légitimes de citoyens égaux et dignes dans leur chère patrie.

Fait à Arusha, le 06 avril 2010.

Les représentants des Détenus :

Innocent Sagahutu et Arsène Shalom Ntahobari

RWANDINFO.COM