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CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE

ET L’INJUSTICE AU RWANDA  (CLIIR)

Boulevard Léopold II, n°227 Bruxelles, le 8 mars 2010

1080 BRUXELLES

Tél/Fax : 32.81.60.11.13

GSM:  32.476.70.15.69

Mail : cliir2004@yahoo.fr

COMMUNIQUE  n° 121/2010

Rwanda : Déo Mushayidi est un « Mandela » et non un « criminel ».

Introduction : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* dénonce et condamne le kidnapping par la police burundaise et la déportation forcée vers le Rwanda de Monsieur Déogratias MUSHAYIDI. Ce crime contre l’humanité, qui est imprescriptible et imputable aux forces de sécurité de la République du Burundi, a eu lieu vendredi le 5 mars 2010. Déo Mushayidi est président du Pacte de Défense du Peuple (PDP) depuis novembre 2008. C’est un des rares rescapés tutsis qui a osé rompre avec le FPR dont il a dénoncé les crimes, la corruption et les dérives antidémocratiques. Le régime du FPR l’insulte en le traitant de terroriste qui serait impliqué dans les attaques aux grenades survenues au Rwanda depuis quelques semaines. M. Mushayidi est un opposant politique crédible et reconnu comme tel par la majorité des rwandais qui le connaissent bien. Tous les prétextes sont bons pour le régime dictatorial du général Paul KAGAME, président du Rwanda, pour se débarrasser de ses opposants politiques réels ou supposés. Le CLIIR recommande une enquête urgente et indépendante sur ces attaques à la grenade qui, selon certains observateurs rwandais et étrangers, seraient l’œuvre de l’omniprésente et omnipuissante DMI[1] (Directorate of Military Intelligence). Le général Jack Nziza, le colonel Emmanuel Ndahiro et le général James Kabarebe sont soupçonnés de superviser ces attaques visant à terroriser la population civile et à se débarrasser des opposants politiques qui ont formé un Conseil de concertation politique très efficace face à Paul Kagame.

Ce communiqué n°121 est un vibrant hommage à M. Déo Mushayidi, un homme politique qui a toujours su rassembler autour de lui tous les rwandais sans aucune distinction politique, ethnique et régionale. Avant de parler de son kidnapping et de son héritage politique, voici quelques uns des nombreux commentaires qui sont parvenus au CLIIR depuis sa déportation vers le Rwanda : « Déo Mushayidi n’a jamais été et ne sera jamais un terroriste. C’est notre « Mandela » pour nous les rescapés des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au Rwanda et au Congo depuis 1990 jusqu’à ce jour de 2010. Mushayidi réclame la justice et la vérité dans ses paroles et ses écrits pour tous les victimes et les rescapés sans aucune distinction politique, ethnique ou régionale ».

Un nouveau « Mandela » serait né au Rwanda ?

M. Nelson Mandela, ancien président de la République Sud Africaine (RSA) était un avocat de formation et de profession qui a passé 27 ans de prison sous le régime de l’apartheid. M. Déo Mushayidi, le « Mandela » du Rwanda était un enseignant de profession et un religieux de vocation. En effet, Mushayidi est un ancien frère Joséphiste qui a quitté sa soutane et ses études de théologie pour devenir le représentant officiel du Front Patriotique Rwandais (FPR), la rébellion armée tutsie, en Suisse jusqu’à son retour au Rwanda en 1994. Il avait été séduit par les textes du programme politique du FPR qui rencontrait son idéal politique en tant que démocrate né. Nous ignorons combien d’années, et dans quel état de santé physique et mental, il va passer en prison sous le régime de l’Apartheid imposé par le FPR au Rwanda. Connaissant les méthodes criminelles du régime FPR, nous craignons qu’il soit tué ou que son cerveau soit endommagé par la torture ou le poison. Comme ce fut le cas de M. Innocent Byabagamba, un ancien militaire tutsi arrêté dans un pays voisin et déporté au Rwanda et dont le cerveau a été très endommagé dans l’intention d’en faire un handicapé mental in fine.

Ceux qui traitent Mushayidi de « Mandela » du Rwanda, ce sont ceux qui connaissent son histoire tragique. La tragédie familiale de Mushayidi peut se résumer comme suit : « Son père a été tué par des hutus trois mois avant sa naissance en 1961. Il est donc né dans les décombres de la maison familiale détruite pendant les violences ethniques de la révolution de 1959. Sa vieille mère et ses deux sœurs aînées ont été massacrées avec leurs enfants pendant le génocide de 1994 à l’époque où il représentait le FPR en Suisse ». Malgré la mort violente de ses proches parents, Mushayidi a toujours collaboré avec ses compatriotes Hutu et Twa dans les différents mouvements politiques qu’il a cofondés ou qu’il a rejoint depuis le 22 février 2001. Il a toujours milité en faveur du Dialogue inter-rwandais et de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Ce sont les principaux instruments politiques qu’il a toujours privilégiés. Sa philosophie politique ne lui permettrait pas de sombrer dans un quelconque terrorisme. C’est un homme qui assume et revendique toujours ces actes. Au cas où il serait amené à poser un acte violent, il aurait le courage politique d’assumer et de revendiquer son acte. Comme le sud-africain Nelson MANDELA a vaincu l’apartheid, le « Mandela » rwandais rêve de vaincre les démons ethniques et créer un pays viable pour toutes les ethnies du Rwanda et de la région. C’est pour éviter à tout rwandais une tragédie semblable à la sienne que Déo Mushayidi a évolué dans plusieurs formations politiques susceptibles de libérer le Rwanda de l’Apartheid ethnique qui le mine.

Chronologie de son kidnapping du jeudi 04 au 05/03/2010 :

–         Jeudi le 4 mars 2010, monsieur Déo Mushayidi a été arrêté par des policiers tanzaniens dans la Ville de BUKOBA en Tanzanie. Il a été conduit à la frontière du Burundi. La Police burundaise des Airs, des Frontières et des Etrangers (PAFE) l’a transféré dans la capitale burundaise, Bujumbura, jeudi soir.

–         Vendredi le 5 mars 2010 vers 10h, M. Mushayidi a réussi à téléphoner à ses collègues du Pacte de Défense du Peuple (PDP) résidant en Europe. Il leur a expliqué sa situation. Ses collègues ont réussi à joindre quelques responsables policiers burundais à qui ils ont expliqué la qualité d’opposant politique de Mushayidi. Selon lui, les responsables burundais lui avaient assuré de lui apporter l’aide nécessaire en sa qualité d’opposant politique. Donc ils savaient qu’il était un opposant exilé. Ils pouvaient donc évaluer les risques de perdre non seulement sa vie mais aussi sa liberté ou d’être torturé au Rwanda.

–         Vendredi 5 mars 2010 vers 15h, ses collègues du PDP en Europe ont perdu tout contact téléphonique avec lui. Ils se sont inquiétés et ont commencé à téléphone aux responsables du PAFE. Mais personne n’a voulu décrocher le téléphone et répondre à leurs nombreux appels. A partir de cet instant plus aucun policier ou agent de l’immigration n’était joignable jusqu’au moment où un article du News Times de Kigali a mentionné la capture de Déo Mushayidi et sa déportation à Kigali. Dès lors, on ne peut pas parler d’extradition car il n’a jamais été sous le coup d’une quelconque procédure judiciaire ou d’un mandat d’arrêt international. Il s’agit d’un véritable kidnapping opéré par les agents d’un Etat au profit d’un autre Etat en violation de tous les instruments du droit international dont le droit d’asile pour un réfugié politique reconnu en Belgique.

–         Le Burundi n’a jamais cessé de violer la convention de Genève sur le droit d’asile. Rappelons que depuis Mai 2005, plusieurs milliers de réfugiés Hutus, qui ont fui les persécutions et les emprisonnements arbitraires liés aux procès des tribunaux Gacaca, ont été expulsés par la force et dans la brutalité vers le Rwanda où certains hommes seraient portés disparus après leur rapatriement forcé. Les organisations internationales des droits humains telles que Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) n’ont jamais cessé de dénoncer et condamner le Burundi pour son refus de respecter les conventions internationales qu’il a signées.

Les raisons de son exil en Belgique :

–         Mushayidi s’est fait connaître en 1994 lorsqu’il démissionna de son poste d’Assistant du Secrétaire général du FPR, le Major Théogène Rudasingwa, en juin 1995. Il avait découvert que le FPR a aussi massacré des innocents et n’a respecté aucun de ses objectifs. Il s’est senti trahi dans son idéal et s’est tracé un nouveau chemin.

–         En 1995, il a trouvé du travail dans un projet de développement financé par la Coopération Suisse au Rwanda. Il a démissionné pour mieux combattre l’injustice.

–         En 1996, convaincu qu’il pourrait pousser le régime FPR à redresser ses dérives, Mushayidi s’est lancé comme journaliste dans plusieurs journaux. Un des plus connus est l’Ere de Liberté où il a travaillé avec un journaliste Twa, M. Elie Mpayimana, qui était son ami. Les deux journalistes dénoncèrent  la corruption généralisée et s’attirent l’hostilité de plusieurs dirigeants du régime FPR. Mushayidi a aussi publié dans le journal IMBONI jusqu’à son départ en exil en avril 2000. Dans ses articles, il s’est mis à dénoncer les violations des droits humains et la corruption généralisée qui gangrène toujours le Rwanda. Toujours dans l’espoir de forcer le régime à construire petit à petit un état de droit.

–         En 1996, fort de son expérience et de sa combativité dans les médias de l’époque, Mushayidi fut élu président de l’Association des Journalistes du Rwanda (AJIR). Il devient également le secrétaire exécutif du Centre pour la promotion de la liberté d’expression et de la tolérance dans la région des Grands Lacs

–         En 1999, il devient directeur de la Maison de la Presse avant d’en devenir un employé jusqu’au moment de sa fuite du pays en avril 2000.

–         Début 2000, les articles qui ont précipité sa fuite du Rwanda visaient à dénoncer les arrestations, les déportations vers le Rwanda et les emprisonnements de Messieurs Benjamin Rutabana, Innocent Byabagamba, Bertin Murera, Rukeba et Janvier. Ces derniers avaient été arrêtés au Burundi puis déportés vers le Rwanda.

–         Ils dénoncèrent également l’assassinat de l’ancien préfet tutsi de la préfecture Kibuye, M. Assiel KABERA, tué devant sa porte dans la soirée du dimanche 05/03/2000.

–         Mushayidi et deux autres amis journalistes furent persécutés et diffamés par les médias gouvernementaux tels que la Radio et la Télévision Rwandaises.

–         En avril 2000, les trois journalistes se sont exilés en Belgique où ils furent reconnus réfugiés. Mushayidi ne tarda pas à collaborer avec d’autres démocrates de la diaspora.

Les activités politiques de Mushayidi en exil en Belgique :

–         Le 22/02/2001, Mushayidi et ses collègues du comité de coordination présente le manifeste national d’un mouvement monarchiste qu’ils venaient de créer à Bruxelles appelé : « Nation – Imbaga y’Inyabutatu Nyarwanda » qui prônait la restauration de l’Unité de la Nation rwandaise via l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. L’ambassadeur du Rwanda, Jacques Bihozagara réagit le jour même dans un communiqué du 22/02/2001 dans lequel il énuméra les 8 partis politiques reconnus dans le protocole d’Accord du 24/11/1994 sur la mise en place des Institutions de la Transition. Il dénonça la création de ce parti dans ces termes : « L’Etat Rwandais considère illégale toute initiative irrespectueuse des principes énoncés dans sa constitution minutieusement élaborée après de durs moments de négociations et défie toute manœuvre de distraction de l’opinion rwandaise et internationale ». Le régime du FPR s’arrogeait ainsi le droit de réglementer toute opposition politique dans la diaspora rwandaise.

–         Le 27/03/2002, l’Alliance pour la démocratie et la réconciliation nationale (ADRN) IGIHANGO a été créée à Bad Honnef en Allemagne et fut lancée le 5/04/2002 à Bruxelles. Mushayidi fut élu au comité exécutif au poste de Secrétaire de l’Information et Porte-Parole de l’Alliance Igihango. Cette alliance qui réunissaitt les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR, majoritairement hutu et basé au Congo-Kinshasa) et l’Alliance Rwandaise pour la Renaissance du Rwanda (majoritairement tutsi, basé en Amérique du Nord) et Nation Imbaga y’Inyabutatu Nyarwanda.

–         Le Pacte Démocratique National (PDN) fut fondé après l’éclatement de l’Alliance Igihango. Le PDN, la CNA-Ubumwe et les FDLR-CMC se sont regroupés dans une plate forme politique appelé « Partenariat INTWARI ». Mushayidi fut élu au poste de secrétaire général et de porte-parole en 2005.

–         Le 15/11/2008, Déo Mushayidi a publié la déclaration de foi du Pacte de défense du peuple (PDP) signé à Kinihira et qui « rassemble les Hutu, les Twa et les Tutsi tant de l’intérieur que de la diaspora, qui se reconnaissent tous comme Rwandais à part entière et fiers de leur appartenance ethnique ou de leur groupe social et qui aspirent à une cohabitation pacifique et harmonieuse dans un pays libéré de tout sentiment de haine et de tout esprit de vengeance et évoluant en dehors de toute suprématie numérique ou militaire ».

Les livres et les documents publiés par Mushayidi seul ou cosignés avec d’autres :

–         « Les secrets du génocide rwandais : les mystères d’un président » est un livre écrit et publié par un journaliste d’investigation, M. Charles ONANA, avec la collaboration de Mushayidi. Ce fut le premier livre qui osa  avancer l’hypothèse selon laquelle le président Paul Kagame serait le commanditaire de l’attentat du 6 avril 1994 qui a tué deux présidents Hutus en exercice. Celui du Burundi, Cyprien Ntaryamira et celui du Rwanda, Juvénal Habyarimana.

–         « La charte rwandaise des Droits et des Libertés » est un document consacrant les droits et les libertés publiques en faveur des Rwandais. Elle fut publiée le 24/07/2007 par le Partenariat Intwari dont les dirigeants se sont engagés à respecter dans ces termes :  « Et que, dès cet instant,  nous nous engageons à unir toutes nos potentialités et à lutter main dans la main, avec courage et abnégation, jusqu’à la tenue d’un Dialogue national démocratique et sans exclusive et à la victoire totale et irréversible de la démocratie, de l’État de droit, de l’unité dans la diversité, de la justice, de l’égalité, de la sécurité équitable des citoyens, de la paix et du développement durable ».

–         « Pourquoi, j’ai commémoré le 6 avril » est une déclaration très forte et émouvante qu’il a publié le 8/04/2006 en réaction d’une agression verbale qu’il a subi le 7/04/2006, lors de la marche aux flambeaux organisée par IBUKA Belgique. En effet, un homme proche de l’Ambassade du Rwanda en Belgique lui a reproché violemment d’avoir commémoré le 6/04/2006 au Mémorial du génocide rwandais érigé à Bruxelles (à Woluwe St Pierre) en compagnie des rescapés « non Tutsis » de ce génocide.

–         « Mémo adressé au Conseil de Sécurité de l’ONU par la Cellule de la documentation et de la sécurité du Partenariat Intwari en février 2008. Ce document fut un véritable « Plaidoyer pour une enquête globale, objective et impartiale sur le génocide rwandais et ses conséquences ». Ce Mémo exceptionnel révèle que : L’exécution du génocide rwandais a été réalisée par les deux blocs d’extrémistes : certains militaires et les milices Hutues ainsi que les militaires et cadres politiques tutsis du FPR. Le document souligne que «  depuis 1989 à partir de l’Ouganda, dans la planification du génocide rwandais par un noyau de militaires TUTSIS du Rwanda et de l’Ouganda, il était question de programmer l’assassinat du président Hutu, Juvénal Habyarimana, et l’extermination des populations Hutues qualifiées « d’ennemis régionaux » (Voir page 20 du Mémo).

Brève biographie de Mushayidi :

–         Mr. Déogratias Mushayidi est né au Rwanda en 1961 à Sake à Kibungo au sud Est du Rwanda.

–         D’ethnie Tutsi, Il est marié et père de deux enfants. Son père a été tué en 1961 par des Hutu pendant les violences politiques liées à la révolution de 1959. Sa mère et ses deux sœurs aînées ont été tuées pendant le génocide de 1994. A part sa femme et ses deux enfants, il n’a plus de proches parents en vie. Cette tragédie familiale l’a tellement marqué qu’il est toujours occupé à favoriser l’instauration d’un Etat de droit et le respect des droits humains au Rwanda. En Belgique, il n’a pas cherché un travail rémunéré et n’a pas voulu approfondir ses études comme d’autres exilés.

–         Formé chez les Frères Joséphistes où il aura passé 12 ans, il enseignera en tant que frère Joséphite au Rwanda(1984-1986), en République Démocratique du Congo(1986-1988) et au Burundi(1988-1989) avant d’être envoyé en Suisse pour y poursuivre sa formation en Théologie et en Philosophie à l’Université de Fribourg.

–         Rattrapé par la guerre de 1990, il s’engage au FPR qu’il va représenter dans ce pays pendant toute la durée du conflit.

–         Alors qu’il vient de perdre toute sa famille dans la tragédie de 1994, il rentre au Rwanda pour contribuer à la reconstruction nationale. A ce titre, il travaillera comme bénévole au Secrétariat général du FPR depuis août 1994 mais, dès mars 1995, des divergences avec le leadership du FPR l’amènent à rompre définitivement avec ce mouvement et à embrasser une nouvelle carrière comme journaliste.

–         Ses publications engagées et très critiques pour le FPR finiront par agacer le nouveau régime qui l’accusera publiquement de subversion politique.

–         En mars 2000 il prend le chemin de l’exil et atterrit en Belgique qui lui accorde l’asile politique.

–         Il retourne alors à la politique et décide d’animer l’opposition en exil.
Porte-parole reconnu de celle-ci depuis 2002 notamment au sein de l’alliance « Igihango » et de la Concertation permanente de l’opposition démocratique rwandaise (CPODR), il se distinguera particulièrement au Partenariat-Intwari en cosignant avec ses collègues un Mémorandum historique (janvier 2008) sur le génocide rwandais destiné au Conseil de sécurité des Nations Unies.

–         En novembre 2008, avec ses amis, il quitte l’Europe pour poursuivre la lutte sur le terrain en Afrique des Grands Lacs.

–         M. Déo Mushayidi préside aujourd’huit le Pacte de Défense du Peuple (PDP-IMANZI), une émanation du Partenariat-Intwari, mais dont les fondateurs tablent sur un plus large rassemblement en faveur du Changement au Rwanda.

Recommandations : Le Centre recommande instamment :

–         Que le président Paul Kagame et son gouvernement autorisent la libération immédiate et sans condition de M. Déo Mushayidi qui ne fait qu’exercer ses droits naturels que sont : la liberté, la propriété, la sûreté et le droit de résister à l’oppression.

–         Que le gouvernement rwandais respecte tous les droits et libertés de M. Mushayidi.

–         Que M. Mushayidi soit autorisé à rencontrer ses avocats chargés de le faire libérer ou de le défendre dans un éventuel procès s’il y a eu des délits à juger.

–         Que le président rwandais Paul Kagame abandonne tous ses graves défauts qui lui sont attribués par ses anciens proches collaborateurs. En effet, dans son interview à la Vox of America (VOA du 04/03/10), le général Kayumba Nyamwasa accuse le président Paul KAGAME d’être caractérisé par « le népotisme, la cupidité, le divisionnisme, les intrigues et l’autoglorification ». Il parle de maltraitance contre la famille du général Fred Rwigema, l’ancien président du FPR assassiné le 02/10/1990, de la mise à l’écart de plusieurs membres fondateurs du FPR. Il parle également des citoyens rwandais  » humiliés par le président rwandais, qui se courbent, s’agenouillent, roulent par terre devant lui, qui se font tabasser avec des coups de pieds« . Nous constatons que c’est ce genre de traitements inhumains et dégradants qu’il applique contre ses opposants politiques dont M. Déo Mushayidi fait partie.

–         Que tous les pays qui aident le Rwanda, toutes les organisations des droits humains et tous les hommes de bonne volonté réclament sa libération.

–         Nous encourageons Monsieur Mushayidi, s’il est encore vivant ou en état physique et mental normal, à résister aux persécutions dont il fait l’objet en prison ou dont il fera l’objet en liberté s’il est relâché. Nous craignons qu’il soit soumis à la torture physique et/ou mentale puisque ses avocats n’arrivent pas à le rencontrer.

Fait à Bruxelles, le 8 mars 2010

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.

CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.