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Billet d’humeur d’Eugène Shimamungu (Newsletter n°24)

Qu’est-ce qui pousse un Président de la République française à s’agenouiller devant un criminel dont l’un des plus hauts faits d’armes est d’avoir tiré sur une foule de gens rassemblés sur une place de marché ? Qui a pu manipuler Nicolas Sarkozy à accepter la compagnie de trois massacreurs de populations civiles (James Kabarebe, Emmanuel Gasana et bien entendu Paul Kagame) recherchés par les juridictions française et espagnole au point d’être pris en photo avec eux non pour négocier leur extradition mais apparemment pour organiser le pillage des ressources du Congo avec l’aide de ces trois voyous sans foi ni loi. Sinon, pourquoi parle-t-il de « partage des ressources » du Congo au Rwanda? Les ressources du Congo, ne concernent que le Congo, et le « partage des ressources du Congo » ne doit être compris qu’entre Congolais d’abord!

Que le Président Nicolas Sarkozy, de retour du Rwanda, s’en prenne à une veuve dont le seul tort est d’avoir été l’épouse d’un Président qui lui-même a été tué par le terroriste Paul Kagame, c’est un comble ! Faut-il préciser que les faits imputés à Mme Agathe Habyarimana se sont produits en son absence, et que jusqu’à présent, le Tribunal Pénal International pour le Rwanda au moment où il ferme ses portes n’a rien trouvé à lui reprocher. Qui plus est, tous les torts imputés à la famille du Président Habyarimana (alors que la responsabilité pénale est individuelle) ont été lavés par l’acquittement du frère d’Agathe Habyarimana, Protais Zigiranyirazo. Il est difficile de comprendre le mobile de Nicolas Sarkozy et de la justice française, sinon d’obéir à la loi d’une maffia internationale pour le pillage des ressources du Congo en marchant sur plus de 5 millions de corps (car c’est le bilan macabre de la soldatesque de Kagame dans cette région d’Afrique, pire qu’Al Quaïda !) de Rwandais et de Congolais. Pourquoi la justice française s’implique-t-elle dans le plan machiavélique de Paul Kagame, qui passe le plus clair de son temps à pourchasser et à kidnapper d’honnêtes gens, faute d’un bon prétexte pour les massacrer en masse.

Les rats quittent le navire

Qu’est ce qui a pris le Président Nicolas Sarkozy de ne pas parler des droits de l’homme ou de la démocratie dans un pays où la vie humaine est insignifiante et où la population est muselée par un pouvoir qui exerce, comme il l’entend, le droit de vie et de mort sur chaque citoyen ! Mais qu’importe, les Rwandais pour se rassurer ont un proverbe « Na Rwabugiri ntiyarugumanye ». Même Rwabugiri, le plus méchant des autocrates (Kagame doit l’avoir remplacé dans ce rôle), n’a pas survécu au Rwanda éternel !

A l’heure actuelle, l’on constate que le pouvoir de Kigali se fissure. C’est-à-dire que la maffia occidentale est en train de miser sur le mauvais cheval. La pluie de grenades qui a arrosé la capitale Kigali ces derniers jours, montrent que Kagame n’est pas tout puissant au Rwanda. A moins que ce ne soit une mise en scène destinée à pérenniser son pouvoir : après moi le chaos ! Mais avec la défection et la fuite du Général Kayumba Nyamwasa, un autre tueur de renom qui a écumé les régions de Byumba et de Ruhengeri, recherché lui aussi par la justice internationale, l’on peut dire que la junte militaire au pouvoir n’est pas sur la même longueur d’ondes. En tous cas si ce n’est pas une révolution de palais qui se prépare, la prochaine élection présidentielle risque de se passer sous les fourches caudines par une dictature qui commence déjà à montrer ses dents avec le kidnapping de démocrates comme Déo Mushayidi faussement accusé d’être derrière les attentats à la grenade en plein Kigali. Arrêté au Burundi, il a été immédiatement transféré par le pouvoir burundais, obéissant à la lettre au mot d’ordre du boucher de Kigali.

Une opposition maudite

Nous avions senti un sursaut de l’opposition démocratique derrière la candidate autoproclamée Ingabire Umuhoza, dont le parti n’a toujours pas été enregistré pour l’élection présidentielle. Elle nous a refroidi par le désaveu de son principal collaborateur écroué dans la prison spéciale de Mpanga (réservée aux prisonniers du TPIR et autres prisonniers internationaux) après une rixe organisée par les autorités qui a laissé  s’échapper Victoire Ingabire. Après les accusations du pouvoir (par un gacaca imaginaire) selon lesquelles Joseph Ntawangundi aurait vécu au Rwanda en 1994  – ce que le parti de VI avait contesté à hue et à dia -, et que JN aurait participé au génocide (accusation habituelle du pouvoir contre les démocrates), Victoire Ingabire a publié un communiqué pour se désolidariser de son collaborateur. Au lieu de se battre pour que Joseph Ntawangundi puisse avoir droit à une assistance ou à un procès équitable, et mieux, pour sa libération, le parti FDU par la voix de sa présidente a donné crédit aux accusations du pouvoir de Kigali. La réserve dont elle se réclame dans ce communiqué, aurait imposé de ne pas publier ce même communiqué, jusqu’à ce que Joseph Ntawangundi comparaisse devant un Tribunal équitable. Lorsque l’on sait que la propre maman de Victoire Ingabire a été condamnée par contumace par de tels gacaca dont on connaît actuellement les agissements, l’on se demande à quoi peut bien vouloir jouer sa fille !  Car il est difficile de comprendre que Joseph Ntawangundi, se sachant avoir participé activement à un quelconque meurtre en 1994, se soit livré volontairement aux pouvoirs de Kigali. Ingabire veut-elle se donner les coudées franches pour la participation à cette élection présidentielle? Ce serait là une grande trahison! Pour se dédouaner certains membres des FDU commencent déjà à dire que Joseph Ntawangundi aurait été un espion du pouvoir pour contrôler Victoire Ingabire ! Mais pourquoi alors se retrouve-t-il en prison, était-il devenu inutile auprès de Victoire Ingabire !? Depuis le mois de janvier des couacs se sont faits sentir à l’intérieur même de la direction des FDU, Victoire Ingabire avait même désavoué son parti qui avait annoncé qu’elle s’était réfugiée à l’ambassade du Royaume Uni au Rwanda alors qu’elle prétendait y avoir eu un long entretien ! Cette cacophonie fait encore resurgir la question qui vaille la peine d’être posée : pour qui roule Victoire Ingabire ?!! La réponse sans doute après l’élection présidentielle s’elle parvient à faire enregistrer son parti, bien entendu.

Eugène Shimamungu

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