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Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas entendu parler de Corneille. Après son dernier album trop discret « Birth of Cornelius », Corneille nous présente son nouvel opus intitulé « Sans Titre » (sortie le 19 Octobre). Un titre et une pochette d’album plutôt étonnant…. C’est lors de son passage à Paris que je suis partie à sa rencontre pour comprendre cette évolution.

Ca fait un moment qu’on ne t’a pas vu en France, comment vas-tu?

Très bien ! J’avais besoin d’un break pour revenir en forme et avoir envie de faire ce métier qui est très exigeant psychologiquement. C’est un métier qu’il faut prendre avec beaucoup de recul mais quand on ne l’a pas, il faut le prendre spontanément et faire une pause. C’est ce que j’ai fait.

Tu as eu des moments de doute?
Oui j’en ai eu sur la profession et la manière de faire mon métier. Ca vient avec énormément de choses inattendues et c’est facile de s’y perdre et de s’empêcher d’être soi-même. C’est une industrie qui nous dit qu’on est valable que si l’on est rentable. Je pense que tout artiste est motivé par une carence émotive quelquonque  mais il faut trouver le juste milieu. Je fais de la musique parce que j’aime ça et parce que je ne sais rien faire d’autres (rires) mais il faut aussi le faire pour les bonnes raisons.  Pendant les trois dernières années, j’ai déconstruit tout cela et je me suis redonné le droit d’être moi-même finalement et de redescendre sur Terre.

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Tu reviens avec un album qui s’intitule « Sans Titre » et une pochette assez colorée. Je trouve que c’est assez inattendu de ta part…et j’ai même été étonnée !
C’est plutôt une bonne chose de savoir que quelqu’un qui apprécie ce que je fais soit surpris finalement et je pense que si je revenais 3 ans en arrière, je serai aussi surpris.  Les couleurs sont une métaphore de mon côté moins retenu… C’est très dur quand on a un public et par peur de le décevoir, d’oublier  nos petites folies. Je n’avais plus envie de faire ça, je voulais suivre mon instinct. Et puis c’est normal qu’on soit surpris quand on voit mes anciennes pochettes qui étaient plus sobres mais là je suis dans un état d’esprit plutôt coloré (rires).

Je ne reconnais pas non plus ta façon d’écrire sur cet album, pourquoi ce changement?
Cet album est le résultat d’une évolution et j’avais envie de beaucoup moins me prendre au sérieux. Au niveau des textes, je voulais traiter de certains thèmes qui reflétaient mon esprit avec un regard objectif sur mes 6 ans dans le métier.  J’avais travaillé sur l’album de mon épouse où elle avait écrit tous les textes et chaque fois que je lisais ses textes, il y avait des mélodies qui venaient spontanément sans que je me casse la tête. Avec cette expérience, j’avais envie de recommencer et de moins avoir à me creuser la tête sur les textes mais un peu plus de temps sur la musique. S’il y a des changements au niveau des textes, c’est aussi parce qu’il y a eu des changements dans ma vie et je ne traite pas des mêmes thèmes parce que je n’ai plus les mêmes priorités dans la vie.

Oui, il y a d’ailleurs un thème assez taboo dont on ne parle pas souvent dans le titre « Voleuse de Lendemain »…
Malheureusement, c’est un thème taboo parce que cette histoire que je raconte est la mienne et cela parle d’abus chez les enfants. C’est vraiment la pire des maladies qui soient, ça t’affecte à vie jusqu’à ce que tu décides d’y faire face. Quand j’ai commencé à en parler à mes proches, je me suis rendu compte que c’était quelque chose de commun et ça m’a encore plus donné envie d’écrire sur ce thème là. Il y a quelques filles qui le disent et qui l’ont chanté mais pas de mec ! Et je me suis dit qu’il fallait que j’écrive une chanson là-dessus, d’autant plus que je peux en parler d’expérience personnelle. C’est encore plus personnel que ce que j’ai pu écrire sur le Génocide.

Parle-nous de ton titre « En attendant » où on peut voir différents personnages dont l’un avec une veste en cuir, lunettes de soleil…
C’est un peu une parodie et il faut le prendre avec humour parce que dans le clip, il y a plusieurs personnages. Et l’album « Sans Titre » porte un regarde sarcastique sur mon métier. Bon, le mec en veste en cuire et lunettes de soleil, tu vois bien que je ne suis pas comme ça aujourd’hui (rires), mais j’avais envie de recréer une vidéo qu’une personne aurait pu faire sur Youtube. Ce titre là, on l’a écrit pendant qu’on suivait les élections présidentielles aux Etats-Unis, on a discuté et il en est sorti que personne n’a la responsabilité de revendiquer une communauté en particulier…on a tous le droit de se défendre soi-même et d’essayer de comprendre qui on est vraiment, et si on est plusieurs choses, de l’accepter et de l’assumer. Je me suis posé plusieurs fois la question et au final je me suis dit que je suis qui je suis.

Tu as une date au Grand Rex de prévue en 2010…à quoi doit-on s’attendre?
Comme l’album est beaucoup plus rythmé, on peut s’attendre à une atmosphère plus groove. Je vais être amené à jouer moins de ballades mais plus de up-tempo ! Au delà de ça, il n’y aura pas de mise en scène spectaculaire…ce sera plus à l’image de l’album.

D’ailleurs, tu as fait un concert à New-York il y a 2 semaines, comment était le public?
C’est la 2ème fois que je fais un concert là-bas et j’appréhende toujours autant. Mais heureusement qu’il y a toujours des français dans la salle (rires) donc on entend des gens crier « Parce qu’on vient de loin », « Marchand de Rêve » et là les américains se demandent qui je suis parce que la moitié de la salle chante mes chansons dans une langue qu’ils ne connaissent pas ! C’est agréable et ça me donne la pêche.