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14/05/2012

FrançAfrique : Révélations de Bokassa

28/02/2012

Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo

(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.

En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première

c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.

Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?

Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.

Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…

En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.

Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?

Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.

Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?

En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.

Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…

J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.

Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?

Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.

Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?

Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.

Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?

Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.

Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?

Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.

Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?

Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.

Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?

Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.

Télédiaspora-24/2/2012

25/10/2011

APRÈS L’EXÉCUTION SOMMAIRE DE KADHAFI

«Il ne faut jamais se réjouir de la mort d’un homme quel qu’il soit»«Nous ne voulions pas sa mort, il aurait pu se rendre dans de bonnes conditions». De Sarkozy à Juppé, les vainqueurs sentent bien qu’ils doivent se démarquer des images terribles du massacre d’un homme, qui provoque une sorte de révulsion. Les images ne mentent pas et sont plus fortes que toutes les explications et versions. C’est la haine hideuse de la populace, ivre de vengeance, qui a achevé un homme blessé et devenu sans défense.

Bernard-Henri Levy, qui pourtant s’y connaît en crime de guerre et crime contre l’humanité, trouve que, finalement, il s’agit d’un débordement, comme il y en a dans toute révolution. Ce philosophe humaniste-là aime la terreur. Qu’aurait-il dit, cependant, si le Hamas avait réservé au soldat Shalit le sort de Kadhafi ?

La fin des dictateurs meilleure que leur vie

Il y a, dans les démocraties ou ceux qui s’en réclament abusivement, une sorte de malédiction. Leurs libérations se terminent par une sale fin. On passera sur le martyr du peuple allemand, dont la protection des populations civiles n’a pas été une priorité des démocrates,alliés des Soviétiques. Depuis le suicide du führer ,les démocraties ne supportent pas que les dictateurs, ou qualifiés tels, lui échappent. Les forces du Bien enragent toujours des morts tranquilles de Franco et Pinochet. Mais, finalement, pour leur image de « gentil » cela vaut mieux.

Le 25 décembre 1989, le président de la République Socialiste de Roumanie, Nicolae Ceausescu, et son épouse, Elena, étaient fusillés par une unité d’élite des troupes roumaines. Aujourd’hui, cette exécution est loin d’être un sujet de fierté en Roumanie.

“Procureur: “qui vous êtes? » ; Ceausescu: “je suis président de la Roumanie et commandant en chef de l’armée roumaine. Je refuse de vous parler, car vous êtes provocateurs”… Procureur: “pourquoi avez-vous affamé le peuple?” ; Ceaucescu: “en tant que président, je ne répondrai pas à cette question. Mais en tant que citoyen, je vais vous dire ce qui suit. J’ai garanti à chaque paysan 200 kg de blé par membre de sa famille. Vous mentez en affirmant que j’ai affamé les gens. C’est un mensonge éhonté. Cela prouve que vous manquez de patriotisme » ; Procureur: “vos programmes sont excellents sur le papier. Mais pourquoi ne sont-ils pas appliqués?”

La fin du procès est connue. Après une salve tirée par les soldats, Nicolae Ceausescu gisait sur terre et son visage exprimait l’étonnement. Avant de mourir, son épouse Elena a exigé qu’on enlève les cordes qui l’entortillaient, en assurant qu’elle avait nourri et élevé les soldats qui l’entravaient.

On peut revenir, également, sur la fin de Saddam Hussein. On l’a exhibé comme un rat dans un trou, pour l’avilir après l’avoir drogué. Mais à l’issue d’un procès honteux, pendant sa pendaison en direct, il a été d’une morgue et d’un courage qui ont forcé l admiration. Il était bien plus digne et plus grand que ses juges. Qui peut dire le contraire ? Quant à Kadhafi, on a vu comment, incrédule, il est lynché par un peuple dont, dans sa folie déconnectée du réel, il a cru, jusqu’au bout, qu’il lui était dévoué en grande partie.

Une résistance inégale et malheureuse prend toujours du sens

L’Otan affirme maintenant n’y être pour rien et l’Onu demande une commission d’enquête. On croit rêver. Bien sûr que l’objectif était de le tuer pour gagner la guerre. Et maintenant, on dit qu’on ne voulait pas que cela se termine comme cela.

L’Otan ignorait que Mouammar Kadhafi se trouvait dans l’un des véhicules du convoi dont l’aviation alliée a bloqué, jeudi matin la progression, près de Syrte, précipitant la fin de l’ex-dirigeant libyen, a déclaré l’Alliance Atlantique. Le récit détaillé de l’opération aérienne suggère que le convoi, tentant de fuir la ville natale de l’ex-«Guide» de la révolution libyenne, était plus important que ne le laissaient entendre les premières informations. L’aviation de l’OtTAN, précise le communiqué, a touché 11 véhicules du convoi que formaient, au total ,quelque 75 véhicules.

Safia Kadhafi, la veuve de l’ex-dirigeant libyen, a réclamé une enquête des Nations unies sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, rapporte la chaîne de télévision syrienne Arraï. Safia Kadhafi, qui s’est réfugiée en Algérie, demande aussi que la vérité soit faite sur la mort de Moutassim, un des fils du colonel libyen, tué lui aussi jeudi près de Syrte. Sur un bandeau déroulant diffusé à l’antenne, Arraï précise que la veuve de Mouammar Kadhafi est fière du courage de son mari et de ses enfants qui, ajoute la chaîne, ont résisté à 40 pays et à leurs agents pendant six mois. Elle les considère comme des martyrs.

Est-ce vraiment totalement terminé ?

« Saïf al Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen, fuit la région de Syrte en direction du Niger », a dit un haut responsable militaire du Conseil national de transition (CNT). «Nous sommes à sa recherche. Les combattants dans la région sont en alerte», a déclaré Abdoul Madjid Mlegta. Saïf al Islam, l’ancien dauphin présumé de Mouammar Kadhafi, se déplacerait dans un convoi de trois véhicules armés, a ajouté le coordinateur des opérations militaires du CNT. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l’humanité. Un responsable militaire du CNT affirmait que le convoi de Saïf al Islam était encerclé par ses hommes.

L’un des fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, a trouvé refuge, début septembre, à Niamey, la capitale du Niger. Le gouvernement nigérien a indiqué, jeudi, que Abdallah al Senoussi, chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, avait trouvé refuge dans l’extrême-nord du pays. Senoussi, beau-frère du «guide» libyen, est également recherché par la CPI.

La Libye n’existe plus. Il faut la reconstruire. « Il n’y a ni institution, ni armée», indiquait, à 20 Minutes, Riadh Sidaoui, le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales de Genève. Selon Riadh Sidaoui, la priorité va être de «construire une armée nationale, homogène et disciplinée». Le pays regorge en effet d’armes, dont pourraient s’emparer des groupes radicaux qui pourraient nuire à la réconciliation. L’Otan a d’ailleurs déjà indiqué que l’arrêt progressif de ses missions de surveillance se ferait en fonction des capacités du CNT à maintenir la sécurité dans le pays.

Seulement, se pose la question des leaders. Le CNT a bien un chef officiel, Moustafa Abdeldjelil, mais son numéro deux, Mahmoud Jibril, est également en vue. Et le Conseil souffre déjà de divisions internes, entre laïcs et partisans d’un islam politique. Des chefs militaires, qui ont mené la bataille sur le front, pourraient également se manifester et réclamer des féodalités.

Tout commence, paraît-il; mais la fin se termine mal. Tout le monde le sait, mais personne ne veut le dire. Il y a, dans les pays arabes et musulmans, une malédiction qui pèse sur les vraies fausses victoires des hypocrites démocraties… La Libye n’y échappera pas. On en prend le pari.

21/10/2011

Le lynchage de Mouammar Kadhafi

La mort de Mouammar el-Kadhafi a été saluée par une explosion de joie dans les palais gouvernementaux occidentaux à défaut de l’être par le peuple libyen. Pour Thierry Meyssan, cet assassinat militairement inutile n’a pas été perpétré par l’Empire uniquement pour l’exemple, mais aussi pour déstructurer la société tribale libyenne.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 20 octobre 2011

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Durant 42 ans, Mouammar el-Kadhafi a protégé son pays du colonialisme occidental. Il rejoint aujourd’hui Omar al-Mokhtar au panthéon des héros nationaux libyens.

Jeudi 20 octobre 2011, vers 13 h 30 GMT, le Conseil national de transition libyen a annoncé la mort de Mouammar el-Kadhafi. Bien que confus, les premiers éléments laissent à penser qu’un convoi de voitures a tenté de quitter Syrte assiégée et a été bloqué et partiellement détruit par un bombardement de l’OTAN. Des survivants se seraient mis à l’abri dans des canalisations. M. Kadhafi, blessé, aurait été fait prisonnier par la brigade Tigre de la tribu des Misrata qui l’aurait lynché.

Le corps du « Guide » de la Grande Jamahiriya arabe socialiste n’a pas été conservé dans sa ville natale de Syrte, ni transporté à Tripoli, mais acheminé comme trophée par les Misrata dans la ville éponyme.

La tribu des Misrata, qui a longtemps hésité à choisir son camp et est quasi absente du CNT, aura finalement investi Tripoli après son bombardement par l’OTAN, et aura lynché Mouammar el-Kadhafi après le bombardement de son convoi par l’OTAN. Elle aura même transféré son corps dans sa ville pour marquer son triomphe. En juillet, le « Guide » aura maudit les Misrata, leur enjoignant de partir à Istanbul et Tel-Aviv, faisant allusion au fait que leur tribu est issue de juifs turcs convertis à l’islam.

Un flot de commentaires préparés à l’avance a été déversé instantanément par les médias atlantistes visant à diaboliser Mouammar el-Kadhafi et, de la sorte, à faire oublier les conditions barbares de sa mort.

Les principaux dirigeants de la Coalition ont salué la mort de leur ennemi comme marquant la fin de l’opération « Protecteur unifié ». Ce faisant, ils admettent implicitement que celle-ci ne visait pas à mettre en œuvre la Résolution 1973 du Conseil de sécurité, mais à renverser un régime politique et à en tuer le leader, alors même que l’assassinat d’un chef d’État en exercice est interdit en droit états-unien et universellement condamné.

De plus, le lynchage de Mouammar el-Kadhafi montre la volonté de l’OTAN de ne pas le déférer à la Cour pénale internationale qui n’aurait pas été plus en mesure de le condamner pour crime contre l’humanité que le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie ne put prouver la culpabilité de Slobodan Milosevic malgré deux ans de procès.

Dans le torrent de boue déversé par les médias atlantistes pour salir sa mémoire, reviennent en boucle des accusations mensongères, ce qui montre a contrario que ces médias disposent de peu d’éléments authentiques utilisables à charge.

Ainsi revient l’affaire de l’attentat contre la discothèque La Belle à Berlin (5 avril 1986, 3 morts), jadis utilisée comme prétexte par l’administration Reagan pour bombarder son palais et tuer sa fille (14 avril 1986, au moins 50 morts). À l’époque, le procureur allemand Detlev Mehlis (celui qui truquera deux décennies plus tard l’enquête sur l’assassinat de Rafik el-Hariri) s’appuya sur le témoignage de Mushad Eter pour accuser un diplomate libyen et son complice Mohammed Amairi. Cependant, la télévision allemande ZDF découvrira plus tard que Mushad Eter est un faux témoin et un vrai agent de la CIA, tandis que le poseur de bombe Mahammed Aamiri est un agent du Mossad [1].

Ou encore, l’affaire de l’attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts) : les enquêteurs identifièrent le propriétaire de la valise contenant la bombe et son retardateur sur la foi du témoignage d’un commerçant maltais qui avait vendu un pantalon se trouvant également dans la valise piégée. La justice écossaise mit alors en accusation deux agents libyens Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah et le Conseil de sécurité prit des sanctions contre la Libye. En définitive, pour obtenir la levée des sanctions, la Libye accepta d’extrader ses deux agents (le premier fut condamné à la prison à vie, le second fut innocenté) et de payer 2,7 milliards de dollars d’indemnités, tout en persistant à proclamer sa complète innocence. En définitive, en août 2005, un des chefs d’enquête écossais déclara que la pièce à conviction principale, le retardateur, avait été déposé sur les lieux par un agent de la CIA. Puis l’expert qui avait analysé le retardateur pour le tribunal admit l’avoir lui-même fabriqué avant que la CIA ne le dépose sur les lieux. Enfin, le commerçant maltais reconnu avoir été payé 2 millions de dollars pour porter un faux témoignage. Les autorités écossaises décidèrent de réviser le procès, mais l’état de santé d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi ne le permit pas.

L’actuelle campagne de désinformation comprend aussi un volet sur le train de vie décrit comme somptueux du défunt et sur le montant pharaonique de sa fortune cachée. Or, tous ceux qui ont approché Mouammar el-Kadhafi, ou simplement ceux qui ont visité sa maison familiale et sa résidence après leur bombardement peuvent attester qu’il vivait dans un environnement comparable à celui de la bourgeoisie de son pays, bien loin du bling bling de son ministre du Plan, Mahmoud Jibril. De même, aucun des États qui traquent la fortune cachée des Kadhafi depuis des mois n’a été en mesure de la trouver. Toutes les sommes significatives saisies appartenaient à l’État libyen et non à son « Guide ».

À l’inverse, les médias atlantistes n’évoquent pas le seul mandat d’arrêt international émis par Interpol contre Mouammar el-Kadhafi avant l’offensive de l’OTAN. Il était accusé par la Justice libanaise d’avoir fait disparaître l’imam Moussa Sadr et de ses accompagnateurs (1978). Cet oubli s’explique par le fait que l’enlèvement aurait été commandité par les États-Unis qui voulaient éliminer l’imam chiite avant de laisser l’ayatollah Rouhollah Khomeiny rentrer en Iran, de peur que Sadr n’étende au Liban l’influence du révolutionnaire iranien.

Les médias atlantistes n’évoquent pas non plus les critiques que des organisations de la Résistance anti-impérialiste et nous-mêmes avions formulées contre Mouammar el-Kadhafi : ses compromis récurrents avec Israël.

Pour ma part, je peux attester que, jusqu’à la bataille de Tripoli, le « Guide » a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv. Je dois aussi attester que, malgré mes critiques sur sa politique internationale, et le dossier complet à ce sujet que la DCRI française lui a aimablement communiqué à mon sujet en juillet dans l’espoir de me faire arrêter, Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance et m’a demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations Unies [2] ; un comportement bien éloigné de celui d’un tyran.

Les médias atlantistes n’ont pas non plus cité les ingérences que j’ai condamnées de la Libye dans la vie politique française, notamment le financement illégal des campagnes électorales présidentielles de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Le « Guide » avait en effet autorisé son beau-frère Abdallah Senoussi à corrompre les deux principaux candidats en échange de la promesse de l’amnistier ou de faire pression sur la Justice française pour clore son dossier pénal [3].

Surtout, les médias atlantistes n’évoquent pas l’œuvre principale du « Guide » : le renversement de la monarchie fantoche imposée par les anglo-saxons, le renvoi des troupes étrangères, la nationalisation des hydrocarbures, la construction de la Man Made River (les plus importants travaux d’irrigation au monde), la redistribution de la rente pétrolière (il fit d’une des populations les plus pauvres du monde, la plus riche d’Afrique), l’asile généreux aux réfugiés Palestiniens et l’aide sans équivalent au développement du Tiers-monde (l’aide libyenne au développement était plus importante que celle de tous les États du G20 réunis).

La mort de Mouammar el-Kadhafi ne changera rien au plan international. L’événement important était la chute de Tripoli, bombardée et conquise par l’OTAN —certainement le pire crime de guerre de ce siècle—, suivie de l’entrée de la tribu des Misrata pour contrôler la capitale. Dans les semaines précédant la bataille de Tripoli, l’écrasante majorité des Libyens ont participé, vendredi après vendredi, à des manifestations anti-OTAN, anti-CNT et pro-Kadhafi. Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par l’OTAN et ses fantoches du CNT.

La mort du Guide aura par contre un effet traumatique durable sur la société tribale libyenne. En faisant tuer le leader, l’OTAN a détruit l’incarnation du principe d’autorité. Il faudra des années et beaucoup de violences avant qu’un nouveau leader soit reconnu par l’ensemble des tribus, ou que le système tribal soit remplacé par un autre mode d’organisation sociale. En ce sens, la mort de Mouammar el-Kadhafi ouvre une période d’irakisation ou de somalisation de la Libye.

Voltairenet.org

21/10/2011

Gaddafi dead ? DEJA VU !!!

 

 

 

 

03/10/2011

Libye – Le mercenaire Américain Matthew Vandyke en opération en Libye

02/10/2011

Destroying a Country’s Standard of Living: What Libya Had Achieved, What has been Destroyed

by Prof. Michel Chossudovsky

“There is no tomorrow” under a NATO sponsored Al Qaeda rebellion.

While a  “pro-democracy” rebel government has been instated, the country has been destroyed.

Against the backdrop of war propaganda, Libya’s economic and social achievements over the last thirty years, have been brutally reversed:

The [Libyan Arab Jamahiriya] has had a high standard of living and a robust per capita daily caloric intake of 3144. The country has made strides in public health and, since 1980, child mortality rates have dropped from 70 per thousand live births to 19 in 2009. Life expectancy has risen from 61 to 74 years of age during the same span of years. (FAO, Rome, Libya, Country Profile,)

According to sectors of the “Progressive Left” which have endorsed NATO’s R2P mandate:  “The mood across Libya, particularly in Tripoli, is absolutely —like there’s just a feeling of euphoria everywhere. People are incredibly excited aboutstarting afresh. There’s a real sense of rebirth, a feeling that their lives are starting anew. (DemocracyNow.org, September 14, 2011 emphasis added)

The rebels are casually presented as “liberators”. The central role of Al Qaeda affilated terrorists within rebel ranks is not mentioned.

“Starting afresh” in the wake of destruction? Fear and Social Despair, Countless Deaths and Atrocities, amply documented by the independent media.

No euphoria…. A historical reversal in the country’s economic and social development has occurred. The achievements have been erased.

The NATO invasion and occupation marks the ruinous “rebirth” of Libya’s standard of living  That is the forbidden and unspoken truth:  an entire Nation has been destabilized and destroyed, its people driven into abysmal poverty.

The objective of the NATO bombings from the outset was to destroy the country’s standard of living, its health infrastructure, its schools and hospitals, its water distribution system.

And then “rebuild” with the help of donors and creditors under the helm of the IMF and the World Bank.

The diktats of the “free market” are a precondition for the instatement of  a Western style “democratic dictatorship “.

About nine thousand strike sorties, tens of thousands of strikes on civilian targets including residential areas, government buildings, water supply and electricity generation facilities. (See NATO Communique, September 5, 2011. 8140 strike sorties from March 31 to September 5, 2011)

An entire nation has been bombed with the most advanced ordnance, including uranium coated ammunition.

Already in August, UNICEF warned that extensive NATO bombing of Libya’s water infrastructure “could turn into an unprecedented health epidemic “ (Christian Balslev-Olesen of UNICEF’s Libya Office, August 2011).

Meanwhile investors and donors have positioned themselves. “War is Good for Business’. NATO, the Pentagon and the Washington based international financial institutions (IFIs) operate in close coordination. What has been destroyed by NATO will be rebuilt, financed by Libya’s external creditors under the helm of the “Washington Consensus”:

“Specifically, the [World] Bank has been asked to examine the need for repair and restoration of services in the water, energy and transport sectors [bombed by NATO] and, in cooperation with the International Monetary Fund, to support budget preparation [austerity measures] and help the banking sector back on to its feet [The Libyan Central bank was one of the first government buildings to be bombed]. Employment generation for young Libyans has been added as an urgent need facing the country.” (World Bank to Help Libya Rebuild and Deliver Essential Services to Citizens emphasis added)

Libya’s Development Achievements

Whatever one’s views regarding Moamar Gadaffi, the post-colonial Libyan government played a key role in eliminating poverty and developing the country’s health and educational infrastructure. According to Italian Journalist Yvonne de Vito, “Differently from other countries that went through a revolution – Libya is considered to be the Switzerland of the African continent and is very rich and schools are free for the people. Hospitals are free for the people. And the conditions for women are much better than in other Arab countries.” (Russia Today, August 25, 2011)

These developments are in sharp contrast to what most Third World countries were able to “achieve” under Western style “democracy” and “governance” in the context of a standard IMF-World Bank Structural Adjustment program (SAP).

21/09/2011

Des avocats français vont atttaquer Sarkozy en justice pour les abus commis en Libye

Source : alterinfo

Guerre impérialiste de Libye: Sarko et l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord accusés de crimes contre l’humanité… le terrorisme d’état enfin sur la sellette ?…

En Libye, les forces du nouveau gouvernement mettent la pression sur les supporters du colonel Kadhafi; tandis que certains leaders occidentaux peuvent faire face domestiquement à des accusations officielles sur la légalité de leur intervention militaire. Les loyalistes au régime continuent leur résistance de dernière instance dans trois ville clés: Syrte, Bani Walid et Sabha, qui ont été lourdement prises d’assaut pendant plus d’une semaine avec en filigrane le fait que les fils de Kadhafi pourraient y être retranchés.
D’autre part, le reste de la Libye récupère de mois de guerre civile qui a tuée des dizaines de milliers de personnes. Plusieurs rapports stipulent que des attaques aériennes récentes de l’OTAN ont tué un grand nombre de civils et des photos tres dérangeantes de victimes civiles des bombardements poussent des avocats français à se retourner contre leur gouvernement.
L’ancien ministre des affaires étrangères français, Roland Dumas, dit qu’il se tient prêt à défendre Mouammar Kadhafi le cas échéant au TPI, qui a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Mais l’OTAN va d’abord devoir trouver le colonel. Le leader libyen déposé se cache et ce pour une bonne raison.
“S’ils le trouvent, ils le tueront. Comme Ben Laden” a dit Dumas. “Certains états ont endorsé le droit de tuer et ce contre le droit international.”
Nicolas Sarkozy doit faire face à des procédures judiciaires au sujet des civils tués dans la guerre en Libye. Les avocats en France accusent maintenant le président de crimes contre l’humanité.
Jacques Vergès appelle maintenant la guerre de Libye un nouverau Vietnam, où les Américains ont déversé des dizaines de millions de litres de produits toxiques sur les forêts et les cultures dans les années 1960-70, causant des désordres neurologiques dans la population, des fausses-couches et des malformations de naissance jusqu’à aujourd’hui.
“Ils utilisent des missiles avec de l’uranium appauvri qui cause des cancers”, a t’il clâmé “A Tripoli, j’ai vu des gens handicappés par les attaques de l’OTAN, des employés de bureau qui n’ont rein à voir avec les combats. Voilà pourquoi nous attaquons le président Sarkozy en justice, pour crimes contre l’humanité.”
L’OTAN a d’abord nié avoir bombardé une résidence où 13 personnes, incluant quatre enfants, sont mortes. L’organisation a ensuite appellé l’endroit une centre de commandement militaire. Le journaliste belge Michel Collon est allé sur place pour voir ce qu’il en était.
“Des livres, des vidéos, des jouets de l’homme araignée, des livres culturels, rien de militaire”, fut tout ce qu’il vît sur place.
Au cours d’une autre attaque, l’épouse de Khaled El Awidi, enfant et petits enfants furent rapportés tués dans leur maison. L’OTAN est accusée de s’être engagée dans une campagne de terreur volontaire.
“Leurs bombardements ciblèrent les centres électriques, de distribution d’eau et d’aliments” a dit l’avocat d’Awidi Marcel Ceccaldi. “Après cinq mois de bombardements continuels de l’OTAN et des milliers de morts, les gens arrêteront de soutenir le régime, simplement parce qu’ils n’en peuvent plus.”
Les leaders occidentaux sont programmés pour leur premier défi légal sur l’affaire libyenne. S’ils empêchent les dossiers d’accéder au TPI, ajoute Ceccaldi, cela prouvera une fois pour toute que la justice occidentale est en fait gérée par les politiciens et non pas par le droit.

Url de l’article original avec reportage vidéo: http://rt.com/news/french-lawyers-sarkozy-libya-837/
~ Traduction de l’anglais par Résistance 71 ~

19/09/2011

Libye: 17 mercenaires français et britanniques capturés par les forces loyalistes à Bani Walid

Lepost.fr-19/9/2011

Le porte-parole officiel du Colonel Khadafi, Moussa Ibrahim a annoncé dimanche 19 septembre en soirée sur les ondes de la chaîne TV ARRAÏ basée en Syrie la capture de 17 conseillers techniques et d’officiers consultants dans le bastion loyaliste de Bani Walid. Le groupe de mercenaires est composé de 13 français, 2 anglais, 1 qatari et un élément d’origine asiatique dont la nationalité reste à déterminer. Il a indiqué que les images de ces prisonniers seraient incessamment sous peu diffusées sur la chaîne TV. L’OTAN n’a ni confirmer ni démenti que ce groupe et d’autres troupes extérieures à la Libye avaient été elles aussi capturées auparavant par les forces fidèles à Muammar Khadafi. Ces informations ont été confirmées par plusieurs agence de presse dont l’AFP, l’Associated Press et Alterinfo.

Ces éléments viennent confirmer ce que nous dénonçons depuis plusieurs semaines, c’est à dire la présence en Libye de mercenaires monarchistes financés par la CIA et armés par l’OTAN via deux officines monarchistes: un groupe dénommé SYLM qui sert de réceptacle financier et la Conférence Monarchiste Internationale qui recrute et encadre ces mercenaire monarchistes.

D’ailleurs, dans son édition de ce matin (20 septembre), Al Jazeera confirmait que parmis ces mercenaires monarchistes faits prisonniers, un des deux britanniques au moins est membre de l’English Monarchist League, un groupe membre de la Conférence Monarchiste Internationale (CMI), tandis que 5 ou 6 français au moins semblent avoir reconnus leurs liens formels avec cette même Conférence Monarchiste Internationale. Toujours selon Al Jazeera, le mercenaire asiatique serait un observateur du National Development Party du Brunei, parti affilié lui aussi à la CMI.

Halte à l’intervention étrangère en Libye !
Barrons la route aux mercenaires monarchistes !
Vive la résistance du Peuple libyen à l’agression impérialiste !
Gloire à notre Guide suprême Muammar Gadhafi !

Ittihad al-Ishtiraki lil-Quwat al-Sha’biyah
Collectif Etoile Rouge
Internationale Socialiste Baathiste

19/09/2011

Libye : La guerre civile a commencé

Dès après l’adoption de la résolution 1973, en mars dernier, par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettait l’intervention militaire des appareils de l’OTAN dans l’espace aérien de l’État libyen, d’aucuns avaient prophétisé la fin rapide du chef de facto du gouvernement de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, le colonel Mouammar Kadhafi.

Tout portait d’ailleurs à le prévoir, puisque, non seulement, l’Alliance atlantique avait anéanti la force aérienne du gouvernement libyen, mais appuyait en outre la progression de la rébellion armée qui s’était déclarée dans l’est du pays, lui assurant la maîtrise de l’air, par le déploiement des avions et bâtiments de guerre des six pays membres de l’OTAN engagés dans cette entreprise. Or, depuis l’avènement de la guerre moderne, sans couverture aérienne, aucune offensive terrestre n’a la moindre chance d’aboutir, à fortiori si l’ennemi seul occupe le ciel.

On rappellera ainsi, à titre d’exemple, comment la puissante armée de Saddam Hussein, en 1991, avait été mise en déroute quasiment sans engagement au sol. Et le principe n’est pas nouveau : c’est ainsi qu’Israël, lors de la Guerre des six jours, en 1967 déjà, après avoir réussi l’exploit d’anéantir l’aviation égyptienne, avait, en quelques heures, écrasé les impressionnantes forces arabes massées dans le Sinaï.

Les forces armées libyennes étaient donc condamnées à s’enterrer dans la défensive, sans aucune possibilité de reprendre l’initiative en lançant une offensive contre les rebelles de l’est.

Cependant, après plus de six mois de combats, la rébellion n’a toujours pas vaincu, Mouammar Kadhafi reste introuvable et près de la moitié du pays résiste encore. Assiégées depuis des semaines, Beni Oualid et une partie de la Tripolitaine refusent de se rendre, de même que la province de Syrte, ville natale du colonel, et tout le grand sud-ouest, le Fezzan, centré sur la ville de Shebha.

C’est que les prophètes d’alors n’ont pas pris en compte la caractéristique essentielle du terrain sociopolitique libyen, à savoir sa structure tribale clanique segmentaire, dont les multiples implications réservent aujourd’hui bien des surprises.

D’une part, en effet, si les tribus de l’est se sont montrées hostiles au gouvernement de Tripoli, les tribus de l’ouest lui ont en revanche toujours été fidèles. L’image naïve et manichéenne d’une révolte du « peuple libyen » contre le dictateur Kadhafi est ainsi tout à fait erronée.

D’autre part, le problème consiste dans le fait qu’il ne s’agit pas de combattre seulement l’armée régulière, mais aussi les partisans, les hommes et adolescents des clans, qui se fondent dans la population. Les bombardements aériens sont alors impuissants. Sauf si l’on décide de détruire des quartiers entiers des villes (ce que l’OTAN a fait à Tripoli et semble être en train de faire à Syrte, d’où le grand nombre de victimes civiles).

Enfin, jusqu’à présent, les rebelles, essentiellement les clans de l’est, ont libéré des territoires qui appartenaient à leurs tribus. C’était relativement aisé et ils luttaient uniquement contre l’armée régulière. Maintenant, la donne a changé, car ils attaquent, dans l’ouest, les territoires d’autres tribus, pro- Kadhafi, territoires dont les populations se défendent bec et ongles.

A cela, d’autres difficultés s’ajoutent. Les premières divisons apparaissent au sein de la rébellion : les tribus de l’est n’ont pas apprécié le récent transfert à Tripoli du Conseil National de Transition, autoproclamé « gouvernement de la nouvelle Libye » et déjà contesté car dirigé, pour l’essentiel, par d’anciens ministres kadhafistes désormais de plus en plus ouvertement taxés d’opportunisme. Ces tribus réclament son retour à Benghazi, menaçant de faire défection. Les chefs des clans, qui n’ont jamais été complètement sous le contrôle du CNT et ne lui obéissaient que très partiellement, refusent de rendre les armes et entendent bien conserver le contrôle de leurs fiefs. Surtout, des centaines de combattants islamistes ont fait leur apparition, toute une structure jusqu’alors inconnue : j’étais à Benghazi au moment de l’offensive sur Tripoli, lorsque ces milices dormantes se sont révélées, et j’ai pu constater la panique du président al-Jalil et de la plupart des leaders du CNT, confrontés à cette armée parallèle.

Tandis que la rébellion se fissure, Mouammar Kadhafi résiste donc et, s’il semble qu’il ait décidé de mettre sa famille à l’abri dans plusieurs pays d’Afrique qui lui sont reconnaissants de l’aide économique que la Libye leur a apporté des décennies durant (rappelons que l’Union africaine a refusé de coopérer avec la Cour pénale internationale dans le cadre du mandat d’arrêt lancé contre Kadhafi), c’est peut-être pour avoir lui-même les coudées franches et organiser une résistance de guérilla en Libye, où il se trouverait toujours.

En dépit de longues négociations qui devaient livrer Beni Oualid et Syrte au CNT, les chefs tribaux de ces deux régions restent fidèles au gouvernement, et c’est par la force, c’est-à-dire contre la volonté populaire des Libyens de l’ouest, qu’il faudra « conquérir » (et non plus « libérer ») ces territoires.

Quoi qu’il en soit, il apparaît à présent sans ambigüité que Kadhafi a le soutien effectif d’une partie de la population, et pas seulement de l’armée et de mercenaires étrangers.

Deux perspectives dès lors sont envisageables : l’aboutissement de négociations entre le CNT et les tribus de l’ouest pro-Kadhafi (mais il semble que cette tentative ait déjà échoué) ; ou la guerre civile.

Sera-t-il dit qu’un vieux bédouin armé de sa seule kalachnikov, avec son « air folklorique », drapé dans sa gandoura et logeant sous une tente en poil de chameau, aura bousculé, ne fût-ce que l’espace d’un moment, les desseins de la première puissance militaire de la planète ?

Source : Agoravox

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