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21/10/2011

Le lynchage de Mouammar Kadhafi

La mort de Mouammar el-Kadhafi a été saluée par une explosion de joie dans les palais gouvernementaux occidentaux à défaut de l’être par le peuple libyen. Pour Thierry Meyssan, cet assassinat militairement inutile n’a pas été perpétré par l’Empire uniquement pour l’exemple, mais aussi pour déstructurer la société tribale libyenne.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 20 octobre 2011

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Durant 42 ans, Mouammar el-Kadhafi a protégé son pays du colonialisme occidental. Il rejoint aujourd’hui Omar al-Mokhtar au panthéon des héros nationaux libyens.

Jeudi 20 octobre 2011, vers 13 h 30 GMT, le Conseil national de transition libyen a annoncé la mort de Mouammar el-Kadhafi. Bien que confus, les premiers éléments laissent à penser qu’un convoi de voitures a tenté de quitter Syrte assiégée et a été bloqué et partiellement détruit par un bombardement de l’OTAN. Des survivants se seraient mis à l’abri dans des canalisations. M. Kadhafi, blessé, aurait été fait prisonnier par la brigade Tigre de la tribu des Misrata qui l’aurait lynché.

Le corps du « Guide » de la Grande Jamahiriya arabe socialiste n’a pas été conservé dans sa ville natale de Syrte, ni transporté à Tripoli, mais acheminé comme trophée par les Misrata dans la ville éponyme.

La tribu des Misrata, qui a longtemps hésité à choisir son camp et est quasi absente du CNT, aura finalement investi Tripoli après son bombardement par l’OTAN, et aura lynché Mouammar el-Kadhafi après le bombardement de son convoi par l’OTAN. Elle aura même transféré son corps dans sa ville pour marquer son triomphe. En juillet, le « Guide » aura maudit les Misrata, leur enjoignant de partir à Istanbul et Tel-Aviv, faisant allusion au fait que leur tribu est issue de juifs turcs convertis à l’islam.

Un flot de commentaires préparés à l’avance a été déversé instantanément par les médias atlantistes visant à diaboliser Mouammar el-Kadhafi et, de la sorte, à faire oublier les conditions barbares de sa mort.

Les principaux dirigeants de la Coalition ont salué la mort de leur ennemi comme marquant la fin de l’opération « Protecteur unifié ». Ce faisant, ils admettent implicitement que celle-ci ne visait pas à mettre en œuvre la Résolution 1973 du Conseil de sécurité, mais à renverser un régime politique et à en tuer le leader, alors même que l’assassinat d’un chef d’État en exercice est interdit en droit états-unien et universellement condamné.

De plus, le lynchage de Mouammar el-Kadhafi montre la volonté de l’OTAN de ne pas le déférer à la Cour pénale internationale qui n’aurait pas été plus en mesure de le condamner pour crime contre l’humanité que le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie ne put prouver la culpabilité de Slobodan Milosevic malgré deux ans de procès.

Dans le torrent de boue déversé par les médias atlantistes pour salir sa mémoire, reviennent en boucle des accusations mensongères, ce qui montre a contrario que ces médias disposent de peu d’éléments authentiques utilisables à charge.

Ainsi revient l’affaire de l’attentat contre la discothèque La Belle à Berlin (5 avril 1986, 3 morts), jadis utilisée comme prétexte par l’administration Reagan pour bombarder son palais et tuer sa fille (14 avril 1986, au moins 50 morts). À l’époque, le procureur allemand Detlev Mehlis (celui qui truquera deux décennies plus tard l’enquête sur l’assassinat de Rafik el-Hariri) s’appuya sur le témoignage de Mushad Eter pour accuser un diplomate libyen et son complice Mohammed Amairi. Cependant, la télévision allemande ZDF découvrira plus tard que Mushad Eter est un faux témoin et un vrai agent de la CIA, tandis que le poseur de bombe Mahammed Aamiri est un agent du Mossad [1].

Ou encore, l’affaire de l’attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts) : les enquêteurs identifièrent le propriétaire de la valise contenant la bombe et son retardateur sur la foi du témoignage d’un commerçant maltais qui avait vendu un pantalon se trouvant également dans la valise piégée. La justice écossaise mit alors en accusation deux agents libyens Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah et le Conseil de sécurité prit des sanctions contre la Libye. En définitive, pour obtenir la levée des sanctions, la Libye accepta d’extrader ses deux agents (le premier fut condamné à la prison à vie, le second fut innocenté) et de payer 2,7 milliards de dollars d’indemnités, tout en persistant à proclamer sa complète innocence. En définitive, en août 2005, un des chefs d’enquête écossais déclara que la pièce à conviction principale, le retardateur, avait été déposé sur les lieux par un agent de la CIA. Puis l’expert qui avait analysé le retardateur pour le tribunal admit l’avoir lui-même fabriqué avant que la CIA ne le dépose sur les lieux. Enfin, le commerçant maltais reconnu avoir été payé 2 millions de dollars pour porter un faux témoignage. Les autorités écossaises décidèrent de réviser le procès, mais l’état de santé d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi ne le permit pas.

L’actuelle campagne de désinformation comprend aussi un volet sur le train de vie décrit comme somptueux du défunt et sur le montant pharaonique de sa fortune cachée. Or, tous ceux qui ont approché Mouammar el-Kadhafi, ou simplement ceux qui ont visité sa maison familiale et sa résidence après leur bombardement peuvent attester qu’il vivait dans un environnement comparable à celui de la bourgeoisie de son pays, bien loin du bling bling de son ministre du Plan, Mahmoud Jibril. De même, aucun des États qui traquent la fortune cachée des Kadhafi depuis des mois n’a été en mesure de la trouver. Toutes les sommes significatives saisies appartenaient à l’État libyen et non à son « Guide ».

À l’inverse, les médias atlantistes n’évoquent pas le seul mandat d’arrêt international émis par Interpol contre Mouammar el-Kadhafi avant l’offensive de l’OTAN. Il était accusé par la Justice libanaise d’avoir fait disparaître l’imam Moussa Sadr et de ses accompagnateurs (1978). Cet oubli s’explique par le fait que l’enlèvement aurait été commandité par les États-Unis qui voulaient éliminer l’imam chiite avant de laisser l’ayatollah Rouhollah Khomeiny rentrer en Iran, de peur que Sadr n’étende au Liban l’influence du révolutionnaire iranien.

Les médias atlantistes n’évoquent pas non plus les critiques que des organisations de la Résistance anti-impérialiste et nous-mêmes avions formulées contre Mouammar el-Kadhafi : ses compromis récurrents avec Israël.

Pour ma part, je peux attester que, jusqu’à la bataille de Tripoli, le « Guide » a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv. Je dois aussi attester que, malgré mes critiques sur sa politique internationale, et le dossier complet à ce sujet que la DCRI française lui a aimablement communiqué à mon sujet en juillet dans l’espoir de me faire arrêter, Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance et m’a demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations Unies [2] ; un comportement bien éloigné de celui d’un tyran.

Les médias atlantistes n’ont pas non plus cité les ingérences que j’ai condamnées de la Libye dans la vie politique française, notamment le financement illégal des campagnes électorales présidentielles de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Le « Guide » avait en effet autorisé son beau-frère Abdallah Senoussi à corrompre les deux principaux candidats en échange de la promesse de l’amnistier ou de faire pression sur la Justice française pour clore son dossier pénal [3].

Surtout, les médias atlantistes n’évoquent pas l’œuvre principale du « Guide » : le renversement de la monarchie fantoche imposée par les anglo-saxons, le renvoi des troupes étrangères, la nationalisation des hydrocarbures, la construction de la Man Made River (les plus importants travaux d’irrigation au monde), la redistribution de la rente pétrolière (il fit d’une des populations les plus pauvres du monde, la plus riche d’Afrique), l’asile généreux aux réfugiés Palestiniens et l’aide sans équivalent au développement du Tiers-monde (l’aide libyenne au développement était plus importante que celle de tous les États du G20 réunis).

La mort de Mouammar el-Kadhafi ne changera rien au plan international. L’événement important était la chute de Tripoli, bombardée et conquise par l’OTAN —certainement le pire crime de guerre de ce siècle—, suivie de l’entrée de la tribu des Misrata pour contrôler la capitale. Dans les semaines précédant la bataille de Tripoli, l’écrasante majorité des Libyens ont participé, vendredi après vendredi, à des manifestations anti-OTAN, anti-CNT et pro-Kadhafi. Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par l’OTAN et ses fantoches du CNT.

La mort du Guide aura par contre un effet traumatique durable sur la société tribale libyenne. En faisant tuer le leader, l’OTAN a détruit l’incarnation du principe d’autorité. Il faudra des années et beaucoup de violences avant qu’un nouveau leader soit reconnu par l’ensemble des tribus, ou que le système tribal soit remplacé par un autre mode d’organisation sociale. En ce sens, la mort de Mouammar el-Kadhafi ouvre une période d’irakisation ou de somalisation de la Libye.

Voltairenet.org

21/10/2011

Gaddafi dead ? DEJA VU !!!

 

 

 

 

12/10/2011

le colonialisme nouveau est arrivé

Jadis, l’impérialisme italien prétendait « apporter la civilisation », aujourd’hui le colonialisme de l’OTAN assure « apporter la démocratie ». Cent ans après la première guerre de Libye, rien n’a donc changé. Aucune leçon n’a été tirée des massacres du passé, l’Occident se ment toujours à lui même pour s’emparer d’un État qu’il convoite. Et le sang continue de couler.

Le 5 octobre 1911, après deux jours de bombardement naval, le premier contingent italien débarqua à Tripoli, commençant l’occupation coloniale de la Libye qui, poursuivie et renforcée par le fascisme, allait durer trente ans. Est-ce une page historique définitivement tournée ? N’y a-t-il donc aucune analogie entre la première guerre de Libye et l’actuelle ? Certes, en un siècle beaucoup de choses ont changé. Mais les mécanismes de la guerre sont restés en substance les mêmes.

Les intérêts derrière la guerre

Au début du 20ème siècle l’Italie, demeurée après la défaite d’Adua (1896) puissance coloniale de second plan avec les possessions d’Érythrée et de Somalie, relança sa politique expansionniste : l’objectif était la conquête de la Libye, qui faisait partie de l’Empire ottoman en train de s’effriter. Ceux qui poussaient dans cette direction étaient les cercles dominants financiers, industriels et agraires, qui voulaient pénétrer en Afrique du Nord, et les fabricants de canon qui voulaient une guerre pour augmenter leurs profits.

La conquête débuta avec une stratégie économique agressive, opérée par le gouvernement à travers la Banco di Roma, puissant institut financier lié aux milieux du Vatican et catholiques. Avec de gros capitaux et de fortes contributions gouvernementales, il commença en 1907 à pénétrer en Libye, en ouvrant des succursales, des banques de gage et des agences commerciales. Il mit la main aussi sur l’agriculture, en achetant des terrains, en implantant un gros établissement agricole et d’élevage près de Benghazi et un énorme moulin à Tripoli, et promut des recherches minières. En trois années il réalisa un chiffre d’affaires de plus de 240 millions de lires. Cela suscita l’hostilité croissante des autorités turques. L’Italie répondit en déclarant la guerre à la Turquie, malgré l’ample disponibilité de celle-ci à faire des concessions.

Aujourd’hui, pour les élites économiques et financières européennes et étasuniennes, la Libye est encore plus importante. Dans le « gros tas de sable » se trouvent les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, précieuses pour leur haute qualité et leur bas coût d’extraction, et de grosses réserves de gaz naturel ; et il y a l’immense réserve d’eau de la nappe nubienne, en perspective plus précieuse que le pétrole. Et la Libye est le pays qui a atteint en Afrique le plus haut niveau de développement économique, qui a de gros capitaux investis dans de nombreux pays.

Sur ces ressources, ce sont surtout la Grande-Bretagne et les États-Unis qui mirent la main quand le pays obtint son indépendance en 1951 mais resta dépendant du colonialisme qui avait pris de nouvelles formes. Condition qui se termina quand, en 1969, les « officiers libres » de Muammar Kadhafi abolirent la monarchie du roi Idris, instrument de domination néocoloniale, et fondèrent la république, nationalisant les propriétés de la British Petroleum et obligeant les compagnies pétrolières à verser à l’État libyen des quotas beaucoup plus élevés de leurs profits.

À présent, avec la guerre, tout est remis en question.

La préparation de l’opinion publique

Il y a un siècle, la guerre pour l’occupation de la Libye fut préparée et accompagnée par une propagande martelée, conduite par quasiment tous les plus grands quotidiens, surtout ceux catholiques liés à la Banco di Roma. Un véritable délire se propagea : dans les cafés-chantants on fredonnait
« Tripoli, belle terre d’amour, qu’arrive à toi ma chanson !
Que flotte le Drapeau tricolore sur tes tours au grondement du canon !
Navigue, ô cuirassé : propice est le vent et douce la saison.
Tripoli, terre enchantée, tu seras italienne au grondement du canon !
 » .

La motivation conductrice était que l’Italie, nation civilisée, devait libérer la Libye de la barbare domination turque, ouvrant la voie à son développement politique et économique. En réalité les Libyens avaient déjà conquis de nombreux droits politiques, que les Italiens abolirent quand ils occupèrent le pays.

Le Parti socialiste, surévaluant sa propre force et ne croyant pas Giolitti (Premier ministre libéral, NdT) capable de jeter l’Italie dans une aventure coloniale, resta substantiellement immobile. Au dernier moment seulement, sous la pression des cercles ouvriers et de jeunesse, la direction du PSI proclama une grève générale le 27 septembre 1911. Tout en recommandant cependant qu’elle fût « digne et posée ». En réalité, depuis longtemps déjà, de notoires représentants socialistes étaient devenus des soutiens du colonialisme. Giovanni Pascoli (célèbre poète de la fin du 19ème et début du 20ème siècle, NdT) écrivait : « L’aspiration de l’expansion coloniale ne contraste pas avec mon socialisme ». Et, la guerre pour la conquête de la Libye étant commencée, il annonçait : « la grande prolétaire s’est mise en marche » pour donner du travail à ses enfants, pour « contribuer à l’humanisation et à la civilisation des peuples ».

Une énonciation avant la lettre du concept de « guerre humanitaire », qui est aujourd’hui à la base du martèlement de propagande médiatique en faveur de l’attaque contre la Libye. La motivation est encore celle de libérer le peuple libyen, dans ce cas non pas de la barbare domination turque, mais de celle du dictateur Kadhafi, pour lui ouvrir la voie vers le développement politique et économique avec la contribution du travail italien. Et aujourd’hui bien plus qu’en 1911, on a une « gauche » qui appuie la guerre. Et un secrétaire du PD (Partito democratico) qui affirme : « L’article 11 de la Constitution répudie la guerre comme solution des controverses internationales, mais certes pas l’usage de la force pour des raisons de justice » .

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Cameron et Sarkozy, libérateurs de la Libye

L’attaque et la résistance

La guerre de 1911 fut longuement préparée, en infiltrant des agents secrets en Libye avec une double mission : recueillir des informations militaires et recruter des chefs arabes disponibles pour collaborer. L’attaque décidée, l’Italie utilisa son écrasante suprématie militaire : plus de 20 cuirassés et autres navires de guerre bombardèrent Tripoli sans subir aucun dommage, puisque leurs canons avaient une portée beaucoup plus grande que celle des vieux canons de défense de la ville. On utilisa aussi l’aéronautique, qui le 1er novembre effectua en Libye le premier bombardement de l’histoire.

Mais immédiatement après le début du débarquement du corps d’armée expéditionnaire, fort de 100 000 hommes, éclata une révolte populaire et plusieurs soldats italiens furent massacrés. Les Italiens déchaînèrent une véritable chasse à l’arabe : en trois jours environ 4 500 furent fusillés ou pendus, dont 400 femmes et de nombreux enfants. Des milliers furent déportés à Ustica et dans d’autres îles, où quasiment tous moururent d’épuisement ou de maladies. Ainsi commençait l’histoire de la résistance libyenne.

En 1930, sur l’ordre de Mussolini, furent déportés du haut-plateau de Cyrénaïque environ 100 000 habitants, qui furent enfermés dans une quinzaine de camps de concentration le long de la côte.

Pour exterminer les populations rebelles, l’aéronautique utilisa aussi des bombes à l’ypérite, interdites par le récent Protocole de Genève de 1925. La Libye fut pour l’aéronautique de Mussolini ce que Guernica fut en Espagne pour la luftwaffe de Hitler : le terrain d’expérimentation des armes et techniques de guerre les plus meurtrières.

En 1931, pour isoler les partisans conduits par Omar al-Mukhtar, on fit construire par le général Graziani, sur la frontière entre Cyrénaïque et Égypte, une barrière de fil de fer barbelé large de plusieurs mètres et longue de 270 kms, surveillée par des aéroplanes et par des patrouilles motorisées. Omar al-Mukhtar fut capturé et pendu le 16 septembre 1931, à plus de 70 ans, dans le camp de concentration de Soluch, devant 20 000 prisonniers.

On retrouve de significatives analogies dans la guerre actuelle. Celle-ci aussi a commencé par l’infiltration d’agents secrets et le recrutement de chefs arabes disponibles à collaborer. Cette guerre aussi est conduite avec une écrasante supériorité militaire : les forces aériennes USA/OTAN, dont font partie les forces italiennes, ont effectué depuis le 19 mars plus de 10 000 missions d’attaque, larguant environ 40 000 bombes, détruisant plus de 5 000 objectifs sans subir aucune perte. Et l’objectif de la guerre demeure celui d’occuper un pays dont la position géostratégique, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient, est de première importance. Aujourd’hui, surtout, pour les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui avec la fin de la monarchie du roi Idris perdirent les bases militaires que celui-ci avait concédées à la Libye et qu’ils cherchent maintenant à retrouver. Reste cependant à voir quelle sera la réaction du peuple libyen à ce qui se profile comme une nouvelle occupation d’allures néocoloniales.

Qui sait si le président Napolitano —persuadé que l’Italie, aujourd’hui ferme gardienne de la paix, a laissé derrière elle les sombres années du bellicisme fasciste— célèbrera aussi, après le 150ème anniversaire de l’unité nationale, le centenaire de la première guerre de Libye. Pour comprendre non pas tant ce que fut alors l’Italie mais ce qu’elle est aujourd’hui.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

03/10/2011

Libye – Le mercenaire Américain Matthew Vandyke en opération en Libye

02/10/2011

Destroying a Country’s Standard of Living: What Libya Had Achieved, What has been Destroyed

by Prof. Michel Chossudovsky

“There is no tomorrow” under a NATO sponsored Al Qaeda rebellion.

While a  “pro-democracy” rebel government has been instated, the country has been destroyed.

Against the backdrop of war propaganda, Libya’s economic and social achievements over the last thirty years, have been brutally reversed:

The [Libyan Arab Jamahiriya] has had a high standard of living and a robust per capita daily caloric intake of 3144. The country has made strides in public health and, since 1980, child mortality rates have dropped from 70 per thousand live births to 19 in 2009. Life expectancy has risen from 61 to 74 years of age during the same span of years. (FAO, Rome, Libya, Country Profile,)

According to sectors of the “Progressive Left” which have endorsed NATO’s R2P mandate:  “The mood across Libya, particularly in Tripoli, is absolutely —like there’s just a feeling of euphoria everywhere. People are incredibly excited aboutstarting afresh. There’s a real sense of rebirth, a feeling that their lives are starting anew. (DemocracyNow.org, September 14, 2011 emphasis added)

The rebels are casually presented as “liberators”. The central role of Al Qaeda affilated terrorists within rebel ranks is not mentioned.

“Starting afresh” in the wake of destruction? Fear and Social Despair, Countless Deaths and Atrocities, amply documented by the independent media.

No euphoria…. A historical reversal in the country’s economic and social development has occurred. The achievements have been erased.

The NATO invasion and occupation marks the ruinous “rebirth” of Libya’s standard of living  That is the forbidden and unspoken truth:  an entire Nation has been destabilized and destroyed, its people driven into abysmal poverty.

The objective of the NATO bombings from the outset was to destroy the country’s standard of living, its health infrastructure, its schools and hospitals, its water distribution system.

And then “rebuild” with the help of donors and creditors under the helm of the IMF and the World Bank.

The diktats of the “free market” are a precondition for the instatement of  a Western style “democratic dictatorship “.

About nine thousand strike sorties, tens of thousands of strikes on civilian targets including residential areas, government buildings, water supply and electricity generation facilities. (See NATO Communique, September 5, 2011. 8140 strike sorties from March 31 to September 5, 2011)

An entire nation has been bombed with the most advanced ordnance, including uranium coated ammunition.

Already in August, UNICEF warned that extensive NATO bombing of Libya’s water infrastructure “could turn into an unprecedented health epidemic “ (Christian Balslev-Olesen of UNICEF’s Libya Office, August 2011).

Meanwhile investors and donors have positioned themselves. “War is Good for Business’. NATO, the Pentagon and the Washington based international financial institutions (IFIs) operate in close coordination. What has been destroyed by NATO will be rebuilt, financed by Libya’s external creditors under the helm of the “Washington Consensus”:

“Specifically, the [World] Bank has been asked to examine the need for repair and restoration of services in the water, energy and transport sectors [bombed by NATO] and, in cooperation with the International Monetary Fund, to support budget preparation [austerity measures] and help the banking sector back on to its feet [The Libyan Central bank was one of the first government buildings to be bombed]. Employment generation for young Libyans has been added as an urgent need facing the country.” (World Bank to Help Libya Rebuild and Deliver Essential Services to Citizens emphasis added)

Libya’s Development Achievements

Whatever one’s views regarding Moamar Gadaffi, the post-colonial Libyan government played a key role in eliminating poverty and developing the country’s health and educational infrastructure. According to Italian Journalist Yvonne de Vito, “Differently from other countries that went through a revolution – Libya is considered to be the Switzerland of the African continent and is very rich and schools are free for the people. Hospitals are free for the people. And the conditions for women are much better than in other Arab countries.” (Russia Today, August 25, 2011)

These developments are in sharp contrast to what most Third World countries were able to “achieve” under Western style “democracy” and “governance” in the context of a standard IMF-World Bank Structural Adjustment program (SAP).

28/09/2011

La guerre de l’OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine

AFRICOM et la menace sur la sécurité énergétique nationale de la Chine

par F. William Engdahl

 

Mondialisation.ca, Le 27 septembre 2011
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La décision prise de Washington pour l’OTAN de bombarder la Libye de Kadhafi et de la soumettre à ses diktats ces derniers mois, ceci à un coût estimé d’au moins un milliard de dollars qui seront épongés par le contribuable américain, n’a pas grand chose à voir avec ce que le gouvernement d’Obama proclame être une “mission de protection de civils innocents”. En réalité, ceci fait partie d’un plus vaste plan stratégique de l’OTAN et du Pentagone en particulier de contrôler le talon d’Achille de la Chine, à savoir sa dépendance stratégique en de grands volumes d’importation de pétrole brut et de gaz. Aujourd’hui, la Chine est le second importateur de pétrole au monde derrière les Etats-Unis et le fossé se comble rapidement.

21/09/2011

Des avocats français vont atttaquer Sarkozy en justice pour les abus commis en Libye

Source : alterinfo

Guerre impérialiste de Libye: Sarko et l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord accusés de crimes contre l’humanité… le terrorisme d’état enfin sur la sellette ?…

En Libye, les forces du nouveau gouvernement mettent la pression sur les supporters du colonel Kadhafi; tandis que certains leaders occidentaux peuvent faire face domestiquement à des accusations officielles sur la légalité de leur intervention militaire. Les loyalistes au régime continuent leur résistance de dernière instance dans trois ville clés: Syrte, Bani Walid et Sabha, qui ont été lourdement prises d’assaut pendant plus d’une semaine avec en filigrane le fait que les fils de Kadhafi pourraient y être retranchés.
D’autre part, le reste de la Libye récupère de mois de guerre civile qui a tuée des dizaines de milliers de personnes. Plusieurs rapports stipulent que des attaques aériennes récentes de l’OTAN ont tué un grand nombre de civils et des photos tres dérangeantes de victimes civiles des bombardements poussent des avocats français à se retourner contre leur gouvernement.
L’ancien ministre des affaires étrangères français, Roland Dumas, dit qu’il se tient prêt à défendre Mouammar Kadhafi le cas échéant au TPI, qui a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Mais l’OTAN va d’abord devoir trouver le colonel. Le leader libyen déposé se cache et ce pour une bonne raison.
“S’ils le trouvent, ils le tueront. Comme Ben Laden” a dit Dumas. “Certains états ont endorsé le droit de tuer et ce contre le droit international.”
Nicolas Sarkozy doit faire face à des procédures judiciaires au sujet des civils tués dans la guerre en Libye. Les avocats en France accusent maintenant le président de crimes contre l’humanité.
Jacques Vergès appelle maintenant la guerre de Libye un nouverau Vietnam, où les Américains ont déversé des dizaines de millions de litres de produits toxiques sur les forêts et les cultures dans les années 1960-70, causant des désordres neurologiques dans la population, des fausses-couches et des malformations de naissance jusqu’à aujourd’hui.
“Ils utilisent des missiles avec de l’uranium appauvri qui cause des cancers”, a t’il clâmé “A Tripoli, j’ai vu des gens handicappés par les attaques de l’OTAN, des employés de bureau qui n’ont rein à voir avec les combats. Voilà pourquoi nous attaquons le président Sarkozy en justice, pour crimes contre l’humanité.”
L’OTAN a d’abord nié avoir bombardé une résidence où 13 personnes, incluant quatre enfants, sont mortes. L’organisation a ensuite appellé l’endroit une centre de commandement militaire. Le journaliste belge Michel Collon est allé sur place pour voir ce qu’il en était.
“Des livres, des vidéos, des jouets de l’homme araignée, des livres culturels, rien de militaire”, fut tout ce qu’il vît sur place.
Au cours d’une autre attaque, l’épouse de Khaled El Awidi, enfant et petits enfants furent rapportés tués dans leur maison. L’OTAN est accusée de s’être engagée dans une campagne de terreur volontaire.
“Leurs bombardements ciblèrent les centres électriques, de distribution d’eau et d’aliments” a dit l’avocat d’Awidi Marcel Ceccaldi. “Après cinq mois de bombardements continuels de l’OTAN et des milliers de morts, les gens arrêteront de soutenir le régime, simplement parce qu’ils n’en peuvent plus.”
Les leaders occidentaux sont programmés pour leur premier défi légal sur l’affaire libyenne. S’ils empêchent les dossiers d’accéder au TPI, ajoute Ceccaldi, cela prouvera une fois pour toute que la justice occidentale est en fait gérée par les politiciens et non pas par le droit.

Url de l’article original avec reportage vidéo: http://rt.com/news/french-lawyers-sarkozy-libya-837/
~ Traduction de l’anglais par Résistance 71 ~

19/09/2011

Libye : La guerre civile a commencé

Dès après l’adoption de la résolution 1973, en mars dernier, par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettait l’intervention militaire des appareils de l’OTAN dans l’espace aérien de l’État libyen, d’aucuns avaient prophétisé la fin rapide du chef de facto du gouvernement de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, le colonel Mouammar Kadhafi.

Tout portait d’ailleurs à le prévoir, puisque, non seulement, l’Alliance atlantique avait anéanti la force aérienne du gouvernement libyen, mais appuyait en outre la progression de la rébellion armée qui s’était déclarée dans l’est du pays, lui assurant la maîtrise de l’air, par le déploiement des avions et bâtiments de guerre des six pays membres de l’OTAN engagés dans cette entreprise. Or, depuis l’avènement de la guerre moderne, sans couverture aérienne, aucune offensive terrestre n’a la moindre chance d’aboutir, à fortiori si l’ennemi seul occupe le ciel.

On rappellera ainsi, à titre d’exemple, comment la puissante armée de Saddam Hussein, en 1991, avait été mise en déroute quasiment sans engagement au sol. Et le principe n’est pas nouveau : c’est ainsi qu’Israël, lors de la Guerre des six jours, en 1967 déjà, après avoir réussi l’exploit d’anéantir l’aviation égyptienne, avait, en quelques heures, écrasé les impressionnantes forces arabes massées dans le Sinaï.

Les forces armées libyennes étaient donc condamnées à s’enterrer dans la défensive, sans aucune possibilité de reprendre l’initiative en lançant une offensive contre les rebelles de l’est.

Cependant, après plus de six mois de combats, la rébellion n’a toujours pas vaincu, Mouammar Kadhafi reste introuvable et près de la moitié du pays résiste encore. Assiégées depuis des semaines, Beni Oualid et une partie de la Tripolitaine refusent de se rendre, de même que la province de Syrte, ville natale du colonel, et tout le grand sud-ouest, le Fezzan, centré sur la ville de Shebha.

C’est que les prophètes d’alors n’ont pas pris en compte la caractéristique essentielle du terrain sociopolitique libyen, à savoir sa structure tribale clanique segmentaire, dont les multiples implications réservent aujourd’hui bien des surprises.

D’une part, en effet, si les tribus de l’est se sont montrées hostiles au gouvernement de Tripoli, les tribus de l’ouest lui ont en revanche toujours été fidèles. L’image naïve et manichéenne d’une révolte du « peuple libyen » contre le dictateur Kadhafi est ainsi tout à fait erronée.

D’autre part, le problème consiste dans le fait qu’il ne s’agit pas de combattre seulement l’armée régulière, mais aussi les partisans, les hommes et adolescents des clans, qui se fondent dans la population. Les bombardements aériens sont alors impuissants. Sauf si l’on décide de détruire des quartiers entiers des villes (ce que l’OTAN a fait à Tripoli et semble être en train de faire à Syrte, d’où le grand nombre de victimes civiles).

Enfin, jusqu’à présent, les rebelles, essentiellement les clans de l’est, ont libéré des territoires qui appartenaient à leurs tribus. C’était relativement aisé et ils luttaient uniquement contre l’armée régulière. Maintenant, la donne a changé, car ils attaquent, dans l’ouest, les territoires d’autres tribus, pro- Kadhafi, territoires dont les populations se défendent bec et ongles.

A cela, d’autres difficultés s’ajoutent. Les premières divisons apparaissent au sein de la rébellion : les tribus de l’est n’ont pas apprécié le récent transfert à Tripoli du Conseil National de Transition, autoproclamé « gouvernement de la nouvelle Libye » et déjà contesté car dirigé, pour l’essentiel, par d’anciens ministres kadhafistes désormais de plus en plus ouvertement taxés d’opportunisme. Ces tribus réclament son retour à Benghazi, menaçant de faire défection. Les chefs des clans, qui n’ont jamais été complètement sous le contrôle du CNT et ne lui obéissaient que très partiellement, refusent de rendre les armes et entendent bien conserver le contrôle de leurs fiefs. Surtout, des centaines de combattants islamistes ont fait leur apparition, toute une structure jusqu’alors inconnue : j’étais à Benghazi au moment de l’offensive sur Tripoli, lorsque ces milices dormantes se sont révélées, et j’ai pu constater la panique du président al-Jalil et de la plupart des leaders du CNT, confrontés à cette armée parallèle.

Tandis que la rébellion se fissure, Mouammar Kadhafi résiste donc et, s’il semble qu’il ait décidé de mettre sa famille à l’abri dans plusieurs pays d’Afrique qui lui sont reconnaissants de l’aide économique que la Libye leur a apporté des décennies durant (rappelons que l’Union africaine a refusé de coopérer avec la Cour pénale internationale dans le cadre du mandat d’arrêt lancé contre Kadhafi), c’est peut-être pour avoir lui-même les coudées franches et organiser une résistance de guérilla en Libye, où il se trouverait toujours.

En dépit de longues négociations qui devaient livrer Beni Oualid et Syrte au CNT, les chefs tribaux de ces deux régions restent fidèles au gouvernement, et c’est par la force, c’est-à-dire contre la volonté populaire des Libyens de l’ouest, qu’il faudra « conquérir » (et non plus « libérer ») ces territoires.

Quoi qu’il en soit, il apparaît à présent sans ambigüité que Kadhafi a le soutien effectif d’une partie de la population, et pas seulement de l’armée et de mercenaires étrangers.

Deux perspectives dès lors sont envisageables : l’aboutissement de négociations entre le CNT et les tribus de l’ouest pro-Kadhafi (mais il semble que cette tentative ait déjà échoué) ; ou la guerre civile.

Sera-t-il dit qu’un vieux bédouin armé de sa seule kalachnikov, avec son « air folklorique », drapé dans sa gandoura et logeant sous une tente en poil de chameau, aura bousculé, ne fût-ce que l’espace d’un moment, les desseins de la première puissance militaire de la planète ?

Source : Agoravox

30/08/2011

La Libye bientôt sous occupation américaine ?

A l’heure où j’écris ces lignes, la « rébellion » libyenne semble être en passe de l’emporter définitivement et d’éliminer le régime du colonel Kadhafi.

Qui regrettera ce personnage encore décrit comme fou hier sur BFM TV, à preuve son « exotique » garde rapprochée féminine. Seuls ceux qui ignorent l’histoire de ce morceau de terre africaine peuvent qualifier d’exotique ces femmes-soldats. Mais ce n’est pas la connaissance de l’histoire de l’Afrique ou des pays arabes qui étouffe en général les journalistes…
Pourtant, le problème du jour n’est pas la fin très probable du régime de M. Kadhafi. Ce qui est en réalité très important, c’est que nous venons de connaître, en ce début de 21ème siècle une expédition coloniale du genre de celles que le monde a connues au 19ème siècle jusqu’à la phase de décolonisation.
Car il est évident que jamais les « rebelles » Libyens n’auraient pu arriver à leurs fins sans la force militaire, aérienne, navale sans parler des troupes au sol bel et bien présentes, déployée par les puissances belliqueuses regroupées dans l’OTAN.
Cette aventure coloniale aura été permise par le colonel Kadhafi lui-même, prisonnier comme bien des autocrates, des illusions que confère un pouvoir absolu : popularité, inamovibilité, invincibilté. Elle aura été permise aussi par une alliance hétéroclite qui a vu se liguer aux côtés des nations occidentales pour l’adoption de la résolution 1973 (foulée aux pieds immédiatement par les pays de l’OTAN) les monarchies démocratiques du Moyen Orient (Qatar, Jordanie, Arabie Saoudite) d’une part et le Liban et l’Iran d’autre part. C’est que ces deux derniers pays n’ont jamais oublié, ni pardonné, l’enlèvement (et sans doute le meurtre) de Moussa Sadr, guide spirituel, imam, des chiites Libanais.
On ajoutera à ces éléments la naïveté des pays membres de l’Union Africaine, Afrique du Sud en tête. Il est vrai que cette dernière ne savait pas trop ce qu’elle avait à gagner ou à perdre dans l’affaire libyenne, alors que les Etats occidentaux savaient exactement le profit à tirer d’une victoire sur le gouvernement libyen.
Cette affaire, qui vient après celle de Côte d’Ivoire, devrait sonner comme un avertissement pour les Etats d’Afrique et peut-être d’ailleurs. Car les pays occidentaux, qui voient la Chine dominer inexorablement la sphère économique mondiale (on a vu récemment ce pays taper su les doigts de son principal débiteur, les Etats Unis, chose que personne n’aurait pu imaginer il y a seulement trois mois) vont sans doute se montrer de plus en plus agressifs afin de s’assurer le contrôle de zones vitales aujourd’hui, et surtout demain, pour le développement chinois. Ils ne peuvent le faire que grâce au dernier élément de supériorité qui leur reste, celui des armes.
24/08/2011

Libye : conseils anti-manips

N’étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias… Ils n’ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l’essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d’un affrontement décisif, changer de méthodes ?

  1. Toute image peut être manipulée.Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l’image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n’avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames…Exemple : Lors de l’invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu’il n’y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s’agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l’autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l’implication des talibans dans les attentats du 11/09.
    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes. Quelles preuves ?Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l’opposition libyenne et de l’OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ?Nous présente-t-on la version de propagande d’une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : “Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu.”Pourquoi libérer les libyens d’un côté et soutenir les dictatures de l’autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

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