Visite du président P. Kagame en France : la mobilisation bat son plein
Le président Paul Kagame va fouler le sort français le 11 septembre 2011. Ses partisans dans toute l’Europe ont été mobilisés pour l’accueillir. Avec l’aide des ambassades rwandaises dans l’union européenne, des cars ont été loués pour des laudateurs qui iront acclamer en nombre l’homme fort de Kigali.
L’opposition rwandaise à l’étranger (FDU et RNC) et la société civile en exil ne sont pas en reste. Elles attendent Paul Kagame de pied ferme par une méga-manifestation contre sa venue en France. Des pancartes, des banderoles, des calicots ont été déjà apprêtés, une pétition en ligne contre la visite est en ligne ; même les réseaux sociaux (Facebook) s’y sont invités. Tous ces outils véhiculent un seul message : Paul Kagame a du sang sur les mains, le sang de Rwandais, de Français mais également de Congolais ; voire de Burundais. Et de ce fait, il est impensable que la France lui déroule le tapis.
De mémoire de président, on n’a jamais vu une visite qui provoque autant de polémique et de controverse.
En France les militaires de l’ex-Opération Turquoise estiment l’honneur de l’armée française bafouée, par un criminel de surcroît. Alain Juppé, chef de la diplomatie française est dans l’embarras. Il a juré de ne jamais serrer la main à Paul Kagame. Prendra-t-il des vacances forcées pour ne pas rencontrer cet hôte encombrant ? Le juge d’instruction du tribunal aux armées, qui avait convoqué les trois femmes rwandaises qui disent avoir été violées par les militaires français en 1994, a repoussé les audiences pour des raisons de santé. Leur déposition ne se fera qu’après que l’ouragan Kagame ait fini de souffler sur la France.
A Kigali, le président rwandais suit la situation au jour le jour. Il a envoyé, depuis des semaines, des hommes et des femmes de confiance sillonner l’Europe, tâter le pouls des opposants et au besoin, les dissuader de manifester. L’infatigable Aloysie Inyumba a été à Rouen (France). Elle a été accueillie par des manifestants hostiles. L’ambassadeur Jacques Kabale, de Paris, est en contact avec les Intore (milices du pouvoir) éparpillés sur tout le territoire français. Des cars sont déjà en stand by pour les embarquer vers la capitale française pour le 11/09/2011. A Bruxelles, le sénateur Munyabagisha s’active. Il a sillonné la Belgique de Mons à Namur en passant par Charleroi, Gand et Anvers. Il a même été voir le sit-in hebdomadaire devant l’ambassade du Rwanda à Woluwe lequel exige que le pouvoir de Kigali libère de prison les opposants politiques dont Victoire Ingabire. Le champagne n’a pas été en reste. Il a coulé à flots dans une des boutiques rwandaises à Bruxelles. Un autre envoyé de Kigali est Jean Damascène Ntawukuriryayo. Vice-président du Parlement et ex-candidat à la présidence de la République en 2010, cette haute personnalité allie l’utile à l’agréable. Parallèlement à la recherche des candidats pour aller acclamer Paul Kagame à Paris, il fait un tour dans sa famille qui réside en Belgique (comme réfugiés ?) depuis des années.
Comme il se voit donc, les deux camps, les pro et les anti-Kagame, son en train de fourbir leurs armes pour un duel qui se dénouera entre le 11 et le 13 septembre 2011 à Paris.
Jane Mugeni
Source : Echodafrique
RD Congo : Un rapport de l’ONU révèle des crimes graves
Des efforts à l’échelle internationale sont nécessaires pour créer des mécanismes garantissant la justice
Human Rights Watch
(New York, le 1er octobre 2010) – Les membres des Nations Unies devraient entreprendre un effort international concerté pour entamer des enquêtes judiciaires sur les graves violations des droits humains commises en République démocratique du Congo documentées par l’ONU, et traduire leurs auteurs en justice, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le 1er octobre 2010, le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié le rapport de son projet de mapping (« état des lieux») sur les droits humains au Congo. Ce rapport traite des violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises au Congo entre mars 1993 et juin 2003.
« Ce rapport détaillé et approfondi est un rappel puissant de l’ampleur des crimes commis au Congo et de l’absence choquante de justice », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Ces événements ne peuvent plus être passés sous silence. Suivi d’une action régionale et internationale ferme, ce rapport pourrait constituer une contribution majeure à la fin de l’impunité qui sous-tend le cycle d’atrocités dans la région africaine des Grands Lacs. »
Le rapport comprend une description de 617 incidents violents, survenus dans toutes les provinces, et montre le rôle de toutes les principales parties congolaises et étrangères qui s’en sont rendues responsables – notamment des militaires ou groupes armés du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi et de l’Angola.
Une précédente version du rapport a été divulguée à la presse en août. Le gouvernement rwandais, dont les militaires sont accusés de certains des crimes les plus graves documentés dans le rapport, a réagi avec colère, menaçant de retirer des missions de l’ONU ses soldats du maintien de la paix si l’ONU publiait le rapport.
« L’ONU a fait ce qu’il fallait en refusant de céder à ces menaces et en publiant le rapport », a indiqué Kenneth Roth. « Ces informations ont été étouffées pendant trop longtemps. Le monde a le droit de savoir ce qui s’est passé, et les victimes ont droit à la justice. »
L’ONU a tenté d’enquêter sur certains des événements décrits dans le rapport, notamment en 1997 et 1998, mais ces enquêtes ont été bloquées à plusieurs reprises par le gouvernement congolais, dirigé alors par Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, Joseph Kabila. En dépit de ces tentatives, des informations sur les massacres, les viols et autres exactions perpétrées contre des réfugiés rwandais et des citoyens congolais à la fin des années 90 ont été publiées à l’époque par l’ONU et par des organisations de défense des droits humains. Toutefois, aucune action n’a été entreprise pour exiger des comptes aux auteurs de ces crimes.
« Il est temps d’identifier et d’engager des poursuites contre les personnes qui ont perpétré et ordonné ces atrocités, en allant jusqu’au sommet de la chaîne de commandement », a insisté Kenneth Roth. « Les gouvernements à travers le monde ont gardé le silence pendant que des centaines de milliers de civils non armés étaient massacrés au Congo. Ils ont une responsabilité aujourd’hui de veiller à ce que la justice soit rendue. »
L’un des passages du rapport les plus controversés concerne les crimes commis par des militaires rwandais. Le rapport de l’ONU soulève la question de savoir si certains de ces crimes peuvent être qualifiés de « crimes de génocide ». L’utilisation possible du terme de « génocide » pour décrire le comportement de l’armée rwandaise a dominé l’attention apportée par les médias à la couverture du rapport précédemment divulgué.
« Les questions de qualification et de terminologie sont importantes, mais ne devraient pas éclipser la nécessité d’agir sur le contenu du rapport, quelle que soit la façon dont les crimes sont qualifiés », a expliqué Kenneth Roth. « À tout le moins, les troupes rwandaises et leurs alliés congolais ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à une échelle massive, et de grands nombres de civils ont été tués en toute impunité. C’est de cela que nous devons nous souvenir, et c’est cela qui réclame une action concertée pour la justice. »
Le rapport a reçu le soutien généralisé de la société civile congolaise, 220 organisations congolaises signant une déclaration saluant le rapport et appelant à un ensemble de mécanismes pour rendre la justice.
Le projet de mapping a pour origine les précédentes enquêtes menées par l’ONU sur les crimes commis au Congo entre 1993 et 1997. En septembre 2005, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Congo, la MONUC, a découvert trois fosses communes à Rutshuru, dans la province du Nord Kivu, dans l’est du Congo, liées à des crimes commis en 1996 et 1997. Cette macabre découverte a servi de déclencheur à la réouverture des enquêtes. Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, avec le soutien du Secrétaire général de l’ONU, a démarré le projet de mapping et élargi le mandat pour inclure les crimes commis durant la seconde guerre du Congo, entre 1998 et 2003.
Le projet de mapping a été réalisé avec le soutien du gouvernement congolais. Toutefois, le système judiciaire congolais n’a ni les capacités ni les garanties suffisantes d’indépendance pour rendre la justice pour ces crimes de manière adéquate, a indiqué Human Rights Watch. Le rapport suggère en conséquence d’autres options, impliquant une combinaison de juridictions congolaises, étrangères et internationales.
Ces juridictions pourraient inclure un tribunal doté de personnel tant congolais qu’international, ainsi que des poursuites engagées par d’autres États sur la base de la compétence universelle. Human Rights Watch appuie la création d’une chambre mixte, ayant compétence sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par le passé et actuellement au Congo.
Les pays de la région dont les armées sont impliquées dans le rapport devraient mener leurs propres enquêtes et entreprendre une action contre les individus auteurs de crimes, a déclaré Human Rights Watch.
Le rapport est tout aussi important pour mettre en lumière les injustices du passé que pour sa pertinence relativement à la situation actuelle au Congo, a ajouté Human Rights Watch.
« Ce document va au-delà d’un simple rapport historique », a conclu Kenneth Roth. « Nombre des types d’exactions commises contre les civils et décrites par l’équipe de l’ONU se poursuivent au Congo de nos jours, nourries par une culture d’impunité. La création d’un mécanisme de justice chargé de traiter les crimes du passé et du présent sera essentielle pour mettre fin à ce cycle d’impunité et de violence. »
Eugene Shimamungu
L’équipe congolaise de foot TP Mazembe agressée à Kigali, un joueur enlevé! Pas fair play l’APR.
Radio Okapi
Le match Mazembe-APR qui se jouait samedi à Kigali pour le compte de la Coupe Kagame Inter-Club (une compétition des équipes des pays de l’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Est) s’est terminé en queue de poisson à la suite des incidents survenus après l’annulation par l’arbitre du but égalisateur de l’équipe congolaise. En fin de compte, la rencontre ne s’est pas poursuivie et la délégation de la RD Congo a été expulsée par les autorités rwandaises, selon le secrétaire général adjoint de Mazembe. Le club congolais a ainsi regagné Kinshasa ce dimanche matin, via Nairobi, au Kenya.
Pendant les incidents, un joueur de Mazembe a été enlevé et ramené ensuite la nuit par la police rwandaise.
Il s’agit du joueur Lusadisu.
D’autres sources sportives ont livré les mêmes faits confirmés par la suite, samedi soir, par le ministre provincial des sports du Katanga.
Félix Kabange qui s’est exprimé sur les antennes de Radio Okapi à ce sujet revient sur certains de ces faits
«A la 34e minute, APR a marqué son premier but. Trois minutes plus tard, sur une descente de Trésor Mputu qui a dribblé les joueurs, Kaluyituka a marqué le but égalisateur, alors qu’un joueur d’APR était dans les bois pour couvrir son gardien de but. Mais l’arbitre a annulé le but pour hors-jeu, selon lui. Le capitaine Mputu est allé expliquer à l’arbitre qu’il n’y avait pas hors-jeu, parce qu’un joueur d’APR couvrait son gardien, il a reçu un carton rouge. Automatiquement, les autres joueurs de Mazembe ont protesté et quitté même l’aire du jeu. Mais tout de suite, le coach de Mazembe a demandé à ses joueurs de remonter sur la pelouse. Les projectiles ont commencé à pleuvoir sur le terrain, la tension était devenue très vive au point que l’arbitre a estimé qu’il ne pouvait plus continuer à arbitrer le match. Les projectiles ont continué et il y a eu quelques échauffourées entre joueurs. C’est lorsqu’ils se sont retrouvés ensemble après cette confusion que les joueurs de Mazembe se sont rendus compte l’un des leurs, Lusadisu, avait disparu.»
Copyright Radio Okapi
Paul Kagamé : “Qui peut se permettre de nous donner des leçons de démocratie ?”
Alors que se profile l’élection présidentielle du 9 août, le chef de l’État rwandais ne veut être comptable que d’une chose : son bilan. Entier, intransigeant, il ne ménage ni ses adversaires ni les bailleurs de conseils de la communauté internationale. Entretien avec un leader pour qui gouvernance rime avec vigilance.
À moins de trois mois d’une élection présidentielle dont le résultat ne fait pratiquement aucun doute – la seule incertitude portant sur le pourcentage des voix qui reconduiront Paul Kagamé dans ses fonctions pour sept ans –, le Rwanda traverse une période de tensions sous-jacentes, invisibles à l’œil nu. Depuis le début de 2010, une vague d’attentats à la grenade au cœur de Kigali, la fuite en Afrique du Sud d’un ancien chef d’état-major de l’armée, le retour très médiatisé d’une opposante candidate autoproclamée à la présidentielle, suivi, le 21 avril, de son interpellation, et la mise aux arrêts pour corruption et « conduite immorale » de deux généraux fraîchement promus ont pu laisser croire un moment qu’un vent de déstabilisation soufflait sur le régime. En réalité, il n’en est rien. Les actions terroristes, pour le moins artisanales et relativement peu meurtrières (deux victimes) n’ont guère perturbé la vie quotidienne de la capitale la plus sûre d’Afrique ; l’officier en fuite, le général Kayumba Nyamwasa, était depuis quelques années déjà écarté de tout poste opérationnel au sein de l’armée ; quant à l’opposante, Victoire Ingabire, elle a vraisemblablement perdu toutes chances de pouvoir entrer dans la compétition le 9 août prochain en tenant des propos considérés comme provocateurs devant le Mémorial du génocide, puis en allant se recueillir solennellement sur la tombe du premier président de la « République hutue », de 1961, Dominique Mbonyumutwa. Surtout, le contrôle exercé par l’État, le Front patriotique rwandais au pouvoir et les services de sécurité sur les onze millions de Rwandais paraît plus strict que jamais : bonne gouvernance rime ici avec surveillance.
L’autre face de la médaille, qui explique sans doute pourquoi la population dans sa grande majorité s’abstient de toute contestation, c’est évidemment le développement. À l’image de Kigali, le Rwanda, qui devrait surfer cette année encore sur un taux de croissance économique de 8 %, est un immense chantier, une fourmilière laborieuse où les investissements sociaux voisinent avec les « spots » de haute technologie. Les modèles ici ne s’appellent plus Bruxelles ou Paris, mais Singapour et Bangalore. Ordre, discipline, propreté, respect de l’environnement, chaussures obligatoires pour tout le monde, alcootests sur les routes, sachets en plastique interdits, cigarettes interdites (presque) partout, casques indispensables pour les deux-roues, corruption lourdement sanctionnée… « Rwanda Inc » et son PDG Paul Kagamé, pur anglophone à la vie de famille rangée et dont les enfants étudient aux États-Unis – son fils aîné est inscrit à la prestigieuse académie militaire de West Point –, bourreau de travail austère qui ne boit ni ne fume, et dont le tour de taille n’a pas pris un centimètre depuis les années de maquis, tournent à la vitesse d’une machine à coudre asiatique.
Peut-être, sans doute, faudrait-il verser un peu plus d’huile démocratique dans les rouages pour éviter toute surchauffe. Mais c’est une tout autre histoire… L’entretien que vous allez lire a été réalisé le 16 avril au Village Urugwiro (siège de la présidence), à Kigali.
Jeune Afrique : Vous n’êtes pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle du 9 août, mais il ne fait aucun doute que votre parti, le Front patriotique rwandais (FPR), vous investira lors de son prochain congrès, à la mi-mai. Peut-on vraiment parler d’une élection pluraliste ?
Paul Kagamé : Elle devrait l’être, il n’y a aucune raison pour qu’il en soit différemment. Les partis légaux et reconnus ont la possibilité de désigner leurs candidats à travers un processus démocratique, à l’instar de ce qui se fait au sein du FPR, où tout militant peut postuler s’il le souhaite. J’espère donc bien qu’il y aura, le 9 août, plus d’un candidat. Quant à l’élection elle-même, nous la voulons transparente et irréprochable. C’est dans notre intérêt.
Deux de vos concurrents potentiels, Victoire Ingabire, des Forces démocratiques unifiées, et Frank Habineza, du Democratic Green Party, se plaignent de multiples entraves à leurs activités. Pourront-ils tenir leur congrès et se présenter à l’élection ?
C’est ce qu’ils veulent et rien a priori ne s’y oppose, à condition que le processus qui conduit le simple citoyen à pouvoir en définitive briguer la magistrature suprême et qui s’impose à tous, y compris à moi-même, soit respecté. Ce processus oblige tout candidat à répondre positivement à un certain nombre de critères de moralité et de comportement politique, passés et présents, afin que nous n’ayons pas affaire à des criminels déguisés en démocrates. Si Ingabire et Habineza passent ces tests avec succès, pourquoi pas ? Mais une chose est sûre : c’est aux Rwandais qu’il appartiendra d’en décider, pas à l’extérieur.
Considérez-vous ces deux personnalités comme des opposants, ou comme des ennemis ?
Mon opinion importe peu. Ce qui compte, c’est ce que pense la grande majorité des Rwandais. À leurs yeux, ces gens n’existent pas. Faites un sondage dans la rue, les noms et les partis de ces individus sont inconnus pour une raison simple : ce dont ils parlent, ce dont ils se réclament, ce pourquoi ils disent vouloir se présenter ne concerne absolument pas la vie et les préoccupations des Rwandais. La démocratie, le développement, l’éducation, la santé, les infrastructures, voilà ce qui compte et voilà ce que nous faisons, chaque jour. Mobiliser les médias et les ONG étrangers est devenu pour ces personnes un travail à plein temps, mais cela n’a strictement aucun impact sur la population.
Lors de son retour à Kigali, le 16 janvier, Victoire Ingabire a tenu, devant le Mémorial du génocide des Tutsis du Rwanda, des propos que vous avez considérés comme inacceptables : « Il y a aussi des Hutus qui furent victimes de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, qui ne sont pas évoqués ni honorés ici », a-t-elle notamment déclaré. Pourquoi ne les considérez-vous pas comme une simple expression démocratique ?
Ce n’est pas moi qui ai considéré ces propos, que je n’ai d’ailleurs pas lus, comme inacceptables, c’est le peuple rwandais. En ce qui me concerne, ce que dit ou ne dit pas cette dame ne m’intéresse absolument pas, et je ne cherche même pas à savoir ce qu’elle raconte. Ne perdons pas notre temps à épiloguer sur Ingabire : elle ne représente rien.
Tout de même. À travers son cas et l’enquête de police dont elle fait désormais l’objet, c’est le problème de la loi de 2008 réprimant l’idéologie génocidaire qui est en cause. Un texte dénoncé par Amnesty International et Human Rights Watch comme attentatoire à la liberté d’opinion au motif qu’il serait rédigé en des termes volontairement vagues ou ambigus permettant de décourager toute opposition politique…
Que l’on me cite un incident, un seul abus, une seule violation des droits de l’homme du fait de cette loi et je prendrai en considération cette critique. Mais j’attends encore. Après tout, ce type de procès d’intention pourrait aussi être fait à propos des lois européennes ou américaines contre le racisme et l’antisémitisme, mais ces ONG ne l’instruisent pas parce qu’elles estiment que cela va dans le sens de la justice. Dès lors, pourquoi ce qui est jugé irréprochable et nécessaire ailleurs ne le serait-il pas en ce qui concerne le Rwanda ?
Le 7 avril, à l’occasion du seizième anniversaire du génocide, au stade de Kigali, vous avez déclaré ceci : « Qui pourrait se permettre de donner aux onze millions de Rwandais des leçons sur leurs droits et ce qui est bon pour eux ? » À qui faisiez-vous allusion ?
À tous ceux qui travestissent notre histoire et nos réalités pour dénigrer le Rwanda et donner de ce pays une mauvaise image. Aucun pays au monde n’a connu ce que nous avons vécu ici. Un million de morts, quatre millions de réfugiés, soit la moitié de la population de l’époque. Et, seize ans après, une croissance économique, une qualité de gouvernance, des transformations sociales et une stabilité interne unanimement reconnues. Alors oui : qui, dans ces conditions, est habilité à nous donner des leçons ?
Y compris des leçons de démocratie ?
Y compris des leçons de démocratie. La démocratie n’implique pas l’existence de conflits, c’est une affaire de choix populaire, d’élections libres. C’est ce qui se passe en Occident et c’est ce qui se fait chez nous. La Grande-Bretagne et les États-Unis comptent chacun deux partis ultra-dominants, les autres n’existent pratiquement pas. Ici, nous avons neuf partis autorisés. Combien nous en faudrait-il pour être qualifiés de purs démocrates ? douze ? vingt ? deux ? Tout cela n’a aucun sens.
Seize ans après, n’est-il pas temps de tourner la page du génocide ?
Cela dépend de ce que vous entendez par là. Nous faisons de notre mieux pour dépasser cette tragédie et nous ne voulons surtout pas être piégés par notre propre passé. Mais si tourner la page signifie oublier le génocide, c’est évidemment exclu, sinon comment faire en sorte qu’il ne se reproduise plus ? On peut pardonner à ceux qui nous ont fait ce mal, mais on ne peut pas l’effacer.
Le Haut Conseil des médias a décidé le 14 avril d’interdire pour six mois deux journaux proches de l’opposition, Umuseso et Umuvugizi, pour « incitation au désordre public ». Pourquoi ces problèmes récurrents entre le pouvoir et la presse ?
Nous n’avons pas de problème avec la presse en général, mais avec une certaine presse. La presse de caniveau, la presse poubelle, dont le but est de propager des rumeurs déstabilisatrices, celle dont les intentions peuvent être qualifiées de criminelles. En réalité, ce genre de hooliganisme déguisé en liberté d’expression ne devrait même pas exister. Le Rwanda est un pays où les journalistes étrangers peuvent travailler sans aucune entrave, mais où la presse nationale souffre d’un niveau de professionnalisme très bas dont profitent toutes sortes de manipulateurs en eau trouble. Résultat : c’est un peu comme si vous surpreniez des voleurs en train de cambrioler votre domicile et qu’ils vous répondaient : « Mais je ne fais que mon job de voleur, que me reprochez-vous ? » Leur job à eux consiste à inventer des faux coups d’État, des fausses arrestations, des fausses liaisons adultérines entre personnalités, à spéculer sur les grâces et les disgrâces, à semer la discorde et la division. À nos yeux, ce ne sont pas des journalistes, ce sont des criminels. Ce peuple et ce pays ont suffisamment souffert des torrents de haine déversés par les médias du génocide pour tolérer le retour de ce genre de pratiques. Et ceux qui, à l’étranger, voudraient nous pousser à les accepter n’ont qu’à aller en enfer.
Si vous êtes élu le 9 août prochain, ce mandat de sept ans sera, selon la Constitution, votre dernier. Ne serez-vous pas tenté de modifier la Loi fondamentale pour pouvoir vous représenter en 2017 ?
Étrange question. La Constitution est là, c’est elle qui me guide. J’y crois profondément. Pourquoi devrais-je vous répondre ?
Ce que l’on a vu ailleurs en Afrique ne devrait donc pas arriver au Rwanda…
Just wait and see.
Je ne comprends pas.
Écoutez. Si je vous dis que je respecte et que je respecterai la Constitution, ce qui est et sera le cas, je sais que je ne vous convaincrai pas. Après tout, ceux qui ailleurs sur le continent ont modifié leurs Constitutions ne disent pas autre chose. Donc, wait and see. Tout ce que je vous demande est de m’accorder le bénéfice du doute : peut-être suis-je différent des autres.
Kigali a connu en février et mars une série d’attentats terroristes à la grenade, lesquels ont fait deux morts et une trentaine de blessés. Qui sont les coupables ?
Nous sommes en train d’assembler les pièces du puzzle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Peu à peu, des liens s’établissent entre plusieurs pôles : l’est de la RD Congo, l’Afrique du Sud où se sont réfugiés des officiers en fuite, d’autres pays de la région. Mais je vous rassure, ce qui s’est passé n’affecte en rien le niveau de sécurité et de stabilité qui prévaut au Rwanda.
Les officiers en fuite dont vous parlez ne sont pas n’importe qui. Il s’agit du général Kayumba Nyamwasa et du colonel Karegeya, qui ont tous deux occupé des postes clés au sein de l’armée et des services de sécurité. Kayumba, particulièrement, a été l’un de vos proches collaborateurs avant d’être nommé ambassadeur, puis de faire défection. Que s’est-il passé ?
Il a été l’un de ceux qui ont participé à la lutte de libération. Il lui a été donné d’occuper certains postes à responsabilité. Et puis, un jour, il a fallu qu’il rende des comptes. Rendre des comptes est chez nous une obligation fondamentale, que ce soit en politique, en économie, dans la gestion de tel ou tel département, en matière de lutte contre la corruption, etc. Certains, parfois, refusent de le faire. Par orgueil, parce qu’ils se sont enrichis illégalement ou parce qu’ils ont quelque chose à cacher. Certains se croient au-dessus de leurs propres responsabilités. Au Rwanda, cela ne marche pas.
Le général Kayumba, dit-on, voulait votre fauteuil.
Ah bon ? Pourquoi pas. Mais il faut tout un processus pour s’asseoir ici, le sait-il ? On n’y accède pas par la trahison, la manipulation, la tromperie ou l’assassinat. Je ne suis pas cloué sur ce fauteuil à vie. Quelqu’un d’autre, un jour, s’y assiéra. Beaucoup en rêvent, je le sais. Mais la personnalité qui me succédera aura auparavant subi avec succès toute une série de tests de la part du peuple. Et il aura rendu des comptes.
Un coup d’État est-il possible au Rwanda ?
Non. Pour une raison simple : le système et les institutions que nous avons mis en place, où chacun de nous est responsable de soi-même et des autres, rendent pratiquement impossible toute prise du pouvoir par la force. La maison Rwanda est solide, et ses fondations lui permettent de résister aux tremblements de terre d’une magnitude respectable.
Ces officiers dissidents constituent-ils une menace pour la sécurité nationale ?
Non. Tout ce qu’ils peuvent faire, au maximum, c’est utiliser quelques individus pour réaliser des attentats à l’aveugle qui n’ont aucune conséquence sur notre marche en avant.
Ils se sont réfugiés en Afrique du Sud, pays avec lequel le Rwanda n’a pas de traité d’extradition. Avez-vous évoqué leur cas avec le président Jacob Zuma ?
Oui. Nous sommes en train de voir ce qu’il convient de faire.
Vous venez de nommer un nouveau titulaire au poste de ministre de la Défense en la personne du général James Kabarebe, ainsi que de nouvelles personnalités à la tête de l’armée. Y a-t-il un lien avec le contexte que nous venons d’évoquer ?
Non, pas directement. Cela relève plutôt du réexamen périodique et des rotations régulières auxquelles nous procédons dans ce secteur comme dans d’autres. Comme vous avez pu le constater, ce sont les mêmes personnes qui passent d’un poste à l’autre. Il n’y a pas eu de limogeage.
Le portefeuille de ministre de la Défense est considéré comme plutôt administratif, l’opérationnel étant du ressort du chef de l’État-Major général. Cela va-t-il changer avec l’arrivée de Kabarebe ?
Vous faites erreur. J’ai moi-même cumulé un moment les fonctions de président de la République et de ministre de la Défense. Croyez-vous que je l’aurais fait si, comme vous le dites, ce poste ministériel était moins important que celui de chef de l’État-Major général ?
Les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda, qui évoluent dans l’est de la RD Congo, représentent-ils encore un danger ?
Les FDLR n’ont jamais été autre chose qu’une nuisance. Ni plus ni moins. Ces groupes ne menacent en rien notre développement et notre stabilité, mais personne n’a envie de voir une nuisance potentiellement maligne prospérer à sa porte. Dès lors, il faut bien qu’on s’en occupe.
Êtes-vous satisfait de votre collaboration avec les autorités congolaises en la matière ?
Tout à fait. Les résultats sont excellents.
Et vos rapports personnels avec le président Joseph Kabila ?
Très bons. Nous avons développé une vraie relation de travail et de confiance mutuelle.
Il y a pourtant un grain de sable entre vous : Laurent Nkunda. L’ancien chef rebelle du Nord-Kivu est en résidence surveillée à Kigali depuis plus d’un an. Justice civile et justice militaire se renvoient la balle. Kinshasa réclame son extradition. Bref, votre ancien allié est devenu bien encombrant. Qu’allez-vous en faire ?
Nkunda n’est qu’une petite partie du problème beaucoup plus général posé au cours de ces dernières années dans l’est de la RD Congo. Il fallait procéder par étapes et résoudre d’abord tout ce qui avait pu produire ce phénomène et qui a porté atteinte aux relations entre nos deux pays. Nous nous y sommes attelés avec des résultats qui, je vous l’ai dit, sont plus qu’encourageants. Maintenant, Nkunda. Ce n’est pas à moi de décider de son sort dans la précipitation. La justice est là, et nous avons notre temps pour trouver une solution qui nous impliquera, qui impliquera le gouvernement congolais et qui impliquera Nkunda ainsi que ses partisans. C’est un long parcours.
Les tribunaux populaires gacacas, qui ont jugé en cinq ans plus d’un million de personnes mêlées au génocide de 1994, devaient fermer leurs portes au 31 mars. Une nouvelle fois, la date de clôture a été repoussée. Jusqu’à quand ?
Lorsque le dernier cas aura été examiné et la dernière sentence rendue. L’important, ce n’est pas la date précise, mais le fait que le principe de la clôture des gacacas ait été décidé. Dans trois mois ? Dans six mois ? Nous verrons bien.
La réconciliation franco-rwandaise, scellée il y a peu par la visite du président Nicolas Sarkozy à Kigali, est-elle durable ?
Je le pense. Mais nous aurons à gérer tous les aspects de cette réconciliation. Je n’ignore pas qu’à Paris certains milieux et certaines personnes, sans doute prisonniers de leurs responsabilités passées, n’y étaient pas favorables. Ici même au Rwanda, vous pouvez rencontrer des gens qui vous diront que la France aurait dû rendre des comptes, et que ces retrouvailles étaient prématurées. L’important, c’est que le processus soit honnête et sincère de part et d’autre. Et je crois qu’il l’est.
Nicolas Sarkozy n’a pas prononcé d’excuses officielles quant au rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994. Cela vous a-t-il déçu ?
Ce qu’il a dit à ce sujet n’était pas très loin de cela. Dans le contexte, avec les réticences et les oppositions qui, je l’imagine, n’ont pas manqué de surgir en France, c’était courageux de sa part.
Après trois années de rupture, qu’attendez-vous de la France ?
Une refonte totale de nos relations sur la base d’un partenariat fait de respect et d’intérêt mutuel. En aucun cas une répétition du passé.
Agathe Habyarimana, la veuve de l’ancien président rwandais, a été convoquée par la justice française cinq jours après la visite de Nicolas Sarkozy à Kigali. Est-ce un simple hasard ?
Comment le saurais-je ? Si vous suggérez par là que cette convocation est intervenue à la suite d’une demande que j’aurais formulée auprès du président Sarkozy, la réponse est non. Nous avons parlé justice en général, sans évoquer de cas particuliers. Cela dit, j’y vois un signe du nouvel esprit positif qui préside à nos relations.
Vous souhaitez que Mme Habyarimana, contre laquelle vous avez lancé un mandat d’arrêt international, soit jugée. Mais jugée où ? en France, au Rwanda, ailleurs ?
Ma préférence serait évidemment que cette personne suspectée de participation au génocide soit jugée là où le génocide a été commis, c’est-à-dire au Rwanda. Mais si pour une raison ou pour une autre, bonne ou mauvaise, il ne pouvait en être ainsi, nous voulons néanmoins que justice soit faite. En France, par exemple, où le système judiciaire, me dit-on, est indépendant et professionnel. Eh bien, qu’il le prouve !
Agathe Habyarimana dit avoir peur des escadrons de la mort que vous pourriez décider d’envoyer en France pour attenter à sa vie…
Qu’elle se rassure : la peine de mort est abolie au Rwanda. Cela dit, ce fantasme ridicule est intéressant. Si elle pense qu’on peut l’assassiner, c’est sans doute qu’elle a des choses à se reprocher. Qui voudrait tuer une innocente ?
Le pape Benoît XVI a prononcé des excuses publiques pour le comportement de prêtres coupables de pédophilie, mais le Vatican n’a jamais émis le moindre regret pour les prêtres et sœurs rwandais complices du génocide et dont certains ont été condamnés, notamment en Belgique. Ni pour l’attitude générale de l’Église catholique, pour le moins passive, pendant ces événements tragiques. Deux poids, deux mesures ?
C’est à l’Église catholique, au Vatican et au pape de répondre à cette question et de trouver la solution. Jusqu’ici, ils ont refusé d’être tenus pour responsables du comportement des évêques, prêtres et sœurs rwandais coupables d’incitation ou de participation au génocide, au prétexte qu’il n’existe pas de responsabilité collective. Pourtant, c’est bien ce qui a été admis et confessé publiquement dans le scandale des prêtres pédophiles. Le pape est même allé plus loin, en rencontrant des victimes et en acceptant le principe de compensations financières. Ici, rien de tel. Ni honte, ni excuses, ni remords. Au contraire : dès que vous évoquez ce problème, c’est comme si vous vouliez persécuter l’Église. Un million d’Africains sont morts au cours d’un génocide. L’Église y a eu sa part d’ombre. Et alors ? Ce ne sont que des Africains…
Êtes-vous toujours hostile à la Cour pénale internationale ?
Je continue de dire que de nombreuses questions non résolues se posent à propos de cette cour et du fonctionnement de la justice internationale. Le problème de la CPI dans son état actuel est, qu’on le veuille ou non, un problème de légitimité. Le Nord est-il fondé à exercer son autorité judiciaire sur le Sud et à s’exonérer lui-même de toute poursuite, dans la mesure où il ne peut se juger lui-même ? Nous, Rwandais, savons d’expérience combien la justice internationale peut être biaisée.
L’indépendance du Sud-Soudan serait-elle une « catastrophe pour l’Afrique », ainsi que vient de le déclarer dans nos colonnes le président tchadien, Idriss Déby Itno ?
Je ne dirais pas cela. Obliger le Soudan à demeurer uni poserait autant de problèmes que de l’obliger à accepter la partition. Dans un cas comme dans l’autre, c’est aux Soudanais d’en décider, et il n’y a pas grand-chose que Déby Itno ou moi puissions y faire. Si ce n’est de gérer au mieux les conséquences éventuelles de cette situation.
Quelle est votre position sur l’Iran et sur le dossier du nucléaire iranien ? Êtes-vous favorable aux sanctions ou pensez-vous que Téhéran a le droit de poursuivre son programme, militaire ou non ?
Ma position est de ne pas en avoir. Je n’ai ni informations particulières ni influence sur ce sujet, et encore moins l’envie d’être entraîné dans un débat dont je ne maîtrise pas tous les aspects.
Êtes-vous un démocrate ?
Bien sûr. C’est tout le sens de mon combat et de celui du FPR. Mais je n’accepte pas que l’extérieur définisse à notre place les contours de notre démocratie.
Acceptez-vous la critique ?
Je la recherche. Et j’en tiens compte. Chaque jour. Chacun est libre de me dire ce qu’il pense.
Faites-vous des erreurs ?
Oui, cela m’arrive. Mais je me corrige.
Vous arrive-t-il de vous tromper sur le choix des hommes et des femmes qui vous entourent ?
Évidemment. J’ai fait confiance à des collaborateurs, qui par la suite ont abusé de cette confiance. J’ai nommé des gens à des postes à responsabilité en dépit des réticences manifestées par mes propres camarades du FPR. Une fois la trahison consommée, ces mêmes camarades sont venus me dire : « Vous voyez, on vous avait prévenu ! » Tout cela est vrai. Mais où est l’erreur ? Dans le fait d’avoir fait confiance, ou dans le fait d’avoir trahi cette confiance ? Ce n’est pas si simple. Je préfère croire que ce que les gens font des postes qu’on leur attribue relève de leur propre responsabilité et non de la mienne. Dans le cas contraire, je n’accorderais plus ma confiance à quiconque, ce qui serait, en termes de gouvernance, contre-productif. Et la voie ouverte à la paranoïa.
Et dans votre vie privée, familiale, avec votre épouse et vos quatre enfants ?
Oh ! Je suis, là aussi, un démocrate. Nous discutons beaucoup en famille, nous débattons de tout, sans rien laisser de côté. Tout est sur la table comme on dit, rien ne doit être occulté. Il n’y a pas de sujet tabou. Mais, à la fin, il faut qu’une décision soit prise et que chacun s’y tienne, quitte à la corriger ultérieurement si nécessaire. Dans le fond, entre la façon dont je gère ma famille et la méthode avec laquelle est gouverné le Rwanda, il n’y a guère de différences…
Propos recueillis par François Soudan
Source: Jeune Afrique
Lawsuit Alleges Rwandan President Triggered Rwanda Genocide
Oklahoma City – On Thursday, 04.29.2010, three attorneys filed a wrongful death lawsuit, in an Oklahoma City federal court, alleging that Rwandan President Paul Kagame ordered the political assassinations that triggered the 1994 Rwanda Genocide.
The three attorneys are representing MadameAgatha Habyarimana, widow of Rwandan President Juvenal Habyarimana, and Madame Sylvana Ntaryamira, widow of Burundian President, Cyprien Ntaryamira. Both their husbands died when assassins shot their plane out of the sky, on April 6, 1994.
The two presidents were flying home from a conference between east and central African leaders in Tanzania, held to discuss ways to end violence between ethnic Hutus and Tutsis from Burundi and Rwanda, when their plane was shot out of the sky, with a surface-to-air missile, over Rwanda’s capitol, Kigali, on the evening of 04.06.1994.
That evening the BBC reported:
The deaths of the presidents, both Hutus, look likely to make the situation in both states [Rwanda and Burundi] worse. Heavy fighting has already been reported around the presidential palace in Rwanda after news of the deaths spread. News agencies in Kigali said explosions have been rocking the city but it was not immediately clear who was involved in the fighting.
Between 800,000 and 1,200,000 Rwandans died before the fighting ended, largely in civilian massacres. At its end, current Rwandan President seized power in Kigali, as the victorious general in the 1990-1994 Rwandan Civil War.
Madames Habyarimana and Ntaryamira allege, in their wrongful death lawsuit, that Kagame, then leader of the Rwandan Patriotic Front, ordered their husbands assassination, and, that his and his army’s actions brought about the mass civilian massacre known as the Rwanda Genocide.
Earlier this week, French media reported that a Paris judge investigating the crash, Marc Trevidic, was planning to send experts to Rwanda. His predecessor, Judge Jean-Louis Bruguiere, had accused the RPF of shooting down the plane and called for his arrest of President Kagame.
The widows do not live in the United States, but argue that a federal court in Oklahoma City has jurisdiction over their claims because of Kagame’s substantial contacts withOklahoma Christian University.
President Kagame appeared at the university in Edmond, Oklahoma on Friday, 04.30.2010, the day after the lawsuit was filed, to deliver the commencement address, but left the ceremony early, surrounded by bodyguards, avoiding process service.
Media outlets around the world report that Kagame avoided process service, but it’s not yet clear that he has, because a defendant may be considered served if it can be demonstrated that he has intentionally avoided process service.
Professor Peter Erlinder, Lead Defense Counsel for the International Criminal Tribunal on Rwanda, and one of the attorneys on the wrongful death case, said:
“The U.S. Secret Service and University staff informed Kagame that we had a valid summons and complaint that we wished to serve upon him. We were instructed we could not approach Kagame for security reasons, with which we agreed, but Secret Service informed us that security requirements permitted service on any authorized person on his staff.”
“Rather than accept service, members of his staff refused to accept documents and the University ordered process servers, and lawyers, to leave campus….which is ‘interference with service of process,’ a misdemeanor under Oklahoma law. Also, because the University has now involved itself in the conspiracy to cover-up Kagame’s crimes, they have exposed themselves to liability. The president of the University has been served with a copy of the complaint and summons for Mr. Kagame.”
A university spokesman said, “President Kagame is at Oklahoma Christian as the head of Rwanda to honor the 10 outstanding Rwandan Presidential Scholars who are graduating today.
“We do not want to distract from their remarkable accomplishments by getting involved in the politics of Rwanda and surrounding countries. We cannot comment on pending lawsuits.
Attorneys in the lawsuit stated that, “There is no independent functioning judiciary in Rwanda and any suit against defendants there would have been and would still be futile and would result in serious reprisals.”
Carla del Ponte, Lead Prosecutor for the International Criminal Tribunals on Rwanda and Yugoslavia, in her book “Madame Prosecutor; Confrontations with Humanity’s Worst Criminals and the Culture of Impunity,” tells the story of how she was fired by the UN after announcing her intent to prosecute sitting Rwandan President Paul Kagame for the assassination of Presidents Habyarimana and Ntaryamira that triggered the genocide.
Global Research Articles by Ann Garrison
«Le Rwanda a omis de tirer les leçons de l’histoire»
cyberpresse
(Kigali, Rwanda) Accusée d’idéologie génocidaire et d’association avec des groupes terroristes, l’opposante rwandaise Victoire Ingabire devra faire face à la justice. La Presse a rencontré cette rivale du président Paul Kagame la semaine dernière à Kigali.
Il y a des jours où Victoire Ingabire se demande si elle n’a pas perdu la tête. L’automne dernier, elle menait encore une vie confortable à Amsterdam, avec son mari et leurs trois enfants.
Puis elle est rentrée dans son pays natal, le Rwanda, pour faire campagne contre le président Paul Kagame à l’élection d’août prochain.
Le jour même de son arrivée, en janvier, Victoire Ingabire a déposé une gerbe de fleurs au centre commémoratif du génocide, à Kigali. Et elle y a tenu des propos qui, aux yeux du régime rwandais, tiennent de la pure provocation.
Car si elle a condamné le génocide des Tutsis, cette minorité qui a été systématiquement massacrée entre avril et juillet 1994, Victoire Ingabire a aussi rappelé qu’ils n’avaient pas été les seules victimes de ces 100 jours de fureur. Et que de nombreux Hutus ont subi des crimes contre l’humanité qui doivent être reconnus et punis.
Depuis le génocide, le gouvernement de Kigali a pour politique d’occulter les divisions ethniques entre Rwandais. Au nom de la réconciliation, la simple mention de mots tels que «Hutu» ou «Tutsi» suscite des regards réprobateurs. «Chut!» vous ordonnent vos interlocuteurs en jetant un coup d’oeil inquiet autour d’eux.
En faisant allusion aux exactions que le Front patriotique rwandais du général Kagame a fait subir aux Hutus, à l’époque du génocide, «Victoire Ingabire a appuyé sur un bouton rouge», résume un diplomate étranger.
Cette Hutu de 43 ans, qui avait quitté le Rwanda peu avant le génocide, vient donc d’être inculpée des pires crimes: association avec un groupe terroriste, idéologie génocidaire, négationnisme, «divisionnisme ethnique.» Elle risque 25 ans de prison.
Une double vérité
Victoire Ingabire a été libérée sous caution la semaine dernière, en attendant son procès. Elle m’a reçue le lendemain de sa libération, dans la spacieuse maison où elle vit à Kigali.
«Il faut regarder la vérité en face», a-t-elle plaidé. Et cette vérité, selon elle, c’est que les divisions entre les Hutus et les Tutsis persistent au Rwanda. Et que les Hutus se sentent exclus des lieux de décision, ce qui ne présage rien de bon pour l’avenir.
«Car le grand problème, au Rwanda, ce ne sont pas les ethnies, mais le partage du pouvoir», souligne l’opposante rwandaise. C’est un partage de pouvoir inéquitable qui a généré le cycle de violence qui explose de façon récurrente depuis que le pays a accédé à l’indépendance, en 1961. Et c’est ce cycle de violence qu’elle souhaite rompre. Sinon, avertit-elle, on risque une nouvelle explosion.
Dans les années qui ont suivi le génocide, les souffrances des Hutus étaient un sujet trop sensible pour pouvoir être discuté sur la place publique, admet Victoire Ingabire. Les Tutsis qui avaient vu leurs voisins prendre les armes pour les exterminer pouvaient difficilement faire preuve d’une telle empathie.
«Je les comprends», dit Victoire Ingabire, qui a perdu deux proches pendant le génocide, dont son propre frère, qui a été confondu avec un Tutsi.
Mais avec le temps, croit-elle, le régime Kagame aurait dû adopter une réforme constitutionnelle de manière à mieux inclure les deux groupes. En omettant cette réforme, le président Kagame «a refusé de tirer les leçons de l’histoire.»
Seize années ont passé depuis le génocide. «C’est assez. On ne peut plus avancer avec une seule vérité», plaide Victoire Ingabire.
Élégante avec sa robe rose perle et son veston taupe, elle raconte qu’avant son retour d’exil, des amis l’avaient avertie qu’elle aurait la police rwandaise à ses trousses. Elle ne les avait pas crus.
Un jour où elle accordait une entrevue à CNN, elle s’est rendu compte qu’elle était surveillée. Depuis, elle ne rencontre plus les journalistes que chez elle. Dans sa rue, des «gardes de sécurité» semblent veiller sur les maisons de ses voisins. Mais elle se doute bien qu’ils sont là pour l’observer.
Un prétexte?
Les accusations qui pèsent sur Victoire Ingabire ne servent-elles pas d’abord et avant tout à museler l’opposition? Pas du tout, proteste la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.
Celle-ci reproche à Victoire Ingabire d’avoir déjà qualifié la tragédie de 1994 de «double génocide» – ce qui équivaut à minimiser la tentative d’extermination des Tutsis.
«Le génocide n’est pas un jouet et Victoire Ingabire n’est pas une démocrate, c’est une démagogue», tranche la ministre.
Mais des organisations de défense des droits, comme Human Rights Watch, jugent que le combat contre l’idéologie génocidaire sert aujourd’hui de prétexte pour faire taire toute voix critique, à la veille du scrutin présidentiel.
«Victoire Ingabire est bien téméraire», note Pascal Nyilibakwe, qui dirige la Ligue de défense des droits de la personne dans la région des Grands Lacs. Celui-ci croit qu’en déployant les grands moyens, le régime veut surtout garder son opposante à l’écart du scrutin.
Victoire Ingabire n’est pas la seule à subir les foudres du gouvernement. Un autre opposant, Bernard Ntaganda, dont le parti a fait alliance avec l’Union des forces démocratiques rwandaises de Mme Ingabire, s’attend à être arrêté d’un jour à l’autre. Le Sénat a réclamé qu’il soit traduit devant la justice.
Deux journaux indépendants viennent aussi d’être suspendus. Et la représentante de Human Rights Watch a dû plier bagage, son visa n’ayant pas été renouvelé.
Victoire Ingabire, elle, avoue que depuis son inculpation, il lui arrive de douter de sa décision de rentrer au pays. «Parfois, je me demande si je ne suis pas folle. Mais je ne veux pas abandonner. Le Rwanda doit se libérer de son histoire.»
LETTRE OUVERTE AUX FRANÇAISES, AUX FRANÇAIS ET A TOUTE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
(Libre antenne 15/03/2010)

Mesdames et Messieurs,
C’est avec une grande reconnaissance envers la plus grande majorité du peuple français qui aime les Rwandais que je vous adresse cette lettre, pour vous rendre hommage de tout ce que la france a fait pour notre petit pays le Rwanda dans les moments durs des années 1994.
La France a fait plus, mais les intérêts divergents d’un petit groupe dans la diplomatie française veulent noyer le poisson pour cacher la vérité sur le drame rwandais, qui va bientôt apparaître si on laisse la justice et la non-ingérence faire son pas.
En effet, Mesdames Messieurs, est-il possible de permettre la France de la liberté à s’incliner devant un petit pays comme le Rwanda, qui refuse de parler le français pour des raisons non avoués et pire encore, commettre l’irréparable en renvoyant Mme Habyarimana dans un pays qui n’aspirera jamais à la justice au vivant de ce régime du militaire Kagame.
Cette maman n’a jamis fait son deuil, cette maman a reçu dans sa parcelle à Kanombe dans l’enclos de sa résidence le 6 avril 1994, deux corps de deux chefs d’état tués par un attentat terroriste commandité par les agresseurs du Rwanda depuis l’Ouganda, sous le regard complaisant de l’ONU et cette fameuse communauté internationale. Qu’a fait cette communauté qui joue aux deux poids deux mesures, pour couvrir à tout prix les géopolitico=politique des contrôles d’intérêts financiers au Congo contre toute forme des droits humains?
Deux chefs d’état avec leurs suites respectives, ont été tués, suivis de plus de 7 millions de Rwandais, Congolais, Burundais, Belges, Français et Espagnols, mais aucune initiative de constitution d’une commission neutre et indépendante de l’ONU pour éclairer le monde entiernaissait les Rwandais comme des hommes “nobles”. Chers amis Français un des vôtres témoigne et cela nous va droit au coeur:
“Au moment où le Président Kagamé a ordonné d’abattre l’avion d’Habyarimana, abattu le 6 avril 1994, il n’y avait plus de troupe française au Rwanda mais des casques bleus commandés par le Général Dallaire qui s’est dérobé et n’a pas levé le petit doigt pour s’opposer au début des massacres.
La vérité est tout autre : l’actuel Président du Rwanda a sciemment fait abattre le Falcon qui transportait le Président Habyarimana. Il porte, à ce titre, une responsabilité énorme dans le déclenchement des massacres. C’est la raison pour laquelle il accuse des officiers français, pour mieux cacher ses crimes.” ( témoignage de Jacques MYARD Député UMP, Président du Cercle Nation et République)
Deux poids et deux mesures, n’est-il pas vrai que trois mois après les événements malheureux au stade en Guinée, qui ont laissé plus de 250 morts, l’ONU a déjà enquêté et la CPI déjà pris des décisions et tiré les conclusions qui s’imposent? Pourquoi cette lâcheté, lorsqu’il s’agit du Rwanda?
Aaaah…… nous sommes les voisins d’un pays continent très riche qui attire plusieurs puissances en passant par Kigali, qui distribue le gâteau à celui qui fait plaisir à l’homme faible de Kigali, Kagame qui veut sacrifier une veuve qui n’a pas encore fait son deuil pour une virginité politique avant de perdre son immunité, et il le sait bien la suite le conduira sans doute devant la CPI ou devant le TPIR (II°).
Je termine en précisant que 16 ans durant, aucune organisation de justice internationale n’a souhaité et ne souhaite même ujourd’hui inculper Mme Habyarimana, à part le régime rwandais sans scrupule.
On verra si la justice est libre en France, et heureusement que Mme Habyarimana a confiance en la justice française.
Recevez l’expression de ma sincère reconnaissance, chers Français, hommes et femmes du monde entier qui acceptent la justice et la démocratie.
PHILIPPE BWIRABUNVA
BRUXELLES
9 MARS 2010
STEBelgique@yahoo.fr
Le temps des voyous
Billet d’humeur d’Eugène Shimamungu (Newsletter n°24)
Qu’est-ce qui pousse un Président de la République française à s’agenouiller devant un criminel dont l’un des plus hauts faits d’armes est d’avoir tiré sur une foule de gens rassemblés sur une place de marché ? Qui a pu manipuler Nicolas Sarkozy à accepter la compagnie de trois massacreurs de populations civiles (James Kabarebe, Emmanuel Gasana et bien entendu Paul Kagame) recherchés par les juridictions française et espagnole au point d’être pris en photo avec eux non pour négocier leur extradition mais apparemment pour organiser le pillage des ressources du Congo avec l’aide de ces trois voyous sans foi ni loi. Sinon, pourquoi parle-t-il de “partage des ressources” du Congo au Rwanda? Les ressources du Congo, ne concernent que le Congo, et le “partage des ressources du Congo” ne doit être compris qu’entre Congolais d’abord!
Que le Président Nicolas Sarkozy, de retour du Rwanda, s’en prenne à une veuve dont le seul tort est d’avoir été l’épouse d’un Président qui lui-même a été tué par le terroriste Paul Kagame, c’est un comble ! Faut-il préciser que les faits imputés à Mme Agathe Habyarimana se sont produits en son absence, et que jusqu’à présent, le Tribunal Pénal International pour le Rwanda au moment où il ferme ses portes n’a rien trouvé à lui reprocher. Qui plus est, tous les torts imputés à la famille du Président Habyarimana (alors que la responsabilité pénale est individuelle) ont été lavés par l’acquittement du frère d’Agathe Habyarimana, Protais Zigiranyirazo. Il est difficile de comprendre le mobile de Nicolas Sarkozy et de la justice française, sinon d’obéir à la loi d’une maffia internationale pour le pillage des ressources du Congo en marchant sur plus de 5 millions de corps (car c’est le bilan macabre de la soldatesque de Kagame dans cette région d’Afrique, pire qu’Al Quaïda !) de Rwandais et de Congolais. Pourquoi la justice française s’implique-t-elle dans le plan machiavélique de Paul Kagame, qui passe le plus clair de son temps à pourchasser et à kidnapper d’honnêtes gens, faute d’un bon prétexte pour les massacrer en masse.
Les rats quittent le navire
Qu’est ce qui a pris le Président Nicolas Sarkozy de ne pas parler des droits de l’homme ou de la démocratie dans un pays où la vie humaine est insignifiante et où la population est muselée par un pouvoir qui exerce, comme il l’entend, le droit de vie et de mort sur chaque citoyen ! Mais qu’importe, les Rwandais pour se rassurer ont un proverbe « Na Rwabugiri ntiyarugumanye ». Même Rwabugiri, le plus méchant des autocrates (Kagame doit l’avoir remplacé dans ce rôle), n’a pas survécu au Rwanda éternel !
A l’heure actuelle, l’on constate que le pouvoir de Kigali se fissure. C’est-à-dire que la maffia occidentale est en train de miser sur le mauvais cheval. La pluie de grenades qui a arrosé la capitale Kigali ces derniers jours, montrent que Kagame n’est pas tout puissant au Rwanda. A moins que ce ne soit une mise en scène destinée à pérenniser son pouvoir : après moi le chaos ! Mais avec la défection et la fuite du Général Kayumba Nyamwasa, un autre tueur de renom qui a écumé les régions de Byumba et de Ruhengeri, recherché lui aussi par la justice internationale, l’on peut dire que la junte militaire au pouvoir n’est pas sur la même longueur d’ondes. En tous cas si ce n’est pas une révolution de palais qui se prépare, la prochaine élection présidentielle risque de se passer sous les fourches caudines par une dictature qui commence déjà à montrer ses dents avec le kidnapping de démocrates comme Déo Mushayidi faussement accusé d’être derrière les attentats à la grenade en plein Kigali. Arrêté au Burundi, il a été immédiatement transféré par le pouvoir burundais, obéissant à la lettre au mot d’ordre du boucher de Kigali.
Une opposition maudite
Nous avions senti un sursaut de l’opposition démocratique derrière la candidate autoproclamée Ingabire Umuhoza, dont le parti n’a toujours pas été enregistré pour l’élection présidentielle. Elle nous a refroidi par le désaveu de son principal collaborateur écroué dans la prison spéciale de Mpanga (réservée aux prisonniers du TPIR et autres prisonniers internationaux) après une rixe organisée par les autorités qui a laissé s’échapper Victoire Ingabire. Après les accusations du pouvoir (par un gacaca imaginaire) selon lesquelles Joseph Ntawangundi aurait vécu au Rwanda en 1994 - ce que le parti de VI avait contesté à hue et à dia -, et que JN aurait participé au génocide (accusation habituelle du pouvoir contre les démocrates), Victoire Ingabire a publié un communiqué pour se désolidariser de son collaborateur. Au lieu de se battre pour que Joseph Ntawangundi puisse avoir droit à une assistance ou à un procès équitable, et mieux, pour sa libération, le parti FDU par la voix de sa présidente a donné crédit aux accusations du pouvoir de Kigali. La réserve dont elle se réclame dans ce communiqué, aurait imposé de ne pas publier ce même communiqué, jusqu’à ce que Joseph Ntawangundi comparaisse devant un Tribunal équitable. Lorsque l’on sait que la propre maman de Victoire Ingabire a été condamnée par contumace par de tels gacaca dont on connaît actuellement les agissements, l’on se demande à quoi peut bien vouloir jouer sa fille ! Car il est difficile de comprendre que Joseph Ntawangundi, se sachant avoir participé activement à un quelconque meurtre en 1994, se soit livré volontairement aux pouvoirs de Kigali. Ingabire veut-elle se donner les coudées franches pour la participation à cette élection présidentielle? Ce serait là une grande trahison! Pour se dédouaner certains membres des FDU commencent déjà à dire que Joseph Ntawangundi aurait été un espion du pouvoir pour contrôler Victoire Ingabire ! Mais pourquoi alors se retrouve-t-il en prison, était-il devenu inutile auprès de Victoire Ingabire !? Depuis le mois de janvier des couacs se sont faits sentir à l’intérieur même de la direction des FDU, Victoire Ingabire avait même désavoué son parti qui avait annoncé qu’elle s’était réfugiée à l’ambassade du Royaume Uni au Rwanda alors qu’elle prétendait y avoir eu un long entretien ! Cette cacophonie fait encore resurgir la question qui vaille la peine d’être posée : pour qui roule Victoire Ingabire ?!! La réponse sans doute après l’élection présidentielle s’elle parvient à faire enregistrer son parti, bien entendu.
Eugène Shimamungu
Sarkozy: la France a commis des erreurs au Rwanda









