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12/07/2011

Message de l’ex-président Lula à ses homologues Africains : Cessez de baisser votre pantalon devant les occidentaux.

L’EX PRESIDENT BRESILIEN LULA HUMILIE LES PRESIDENTS AFRICAINS AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

Suivant l’exemple de l’amerique Latine , l’Afrique devrait decider de prendre sa vrai independance qui est aux mains des occidentaux , Le continent Africain qui est riche de gisement mineral et de terre fertile , aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance economique planetaire , mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre. ce sont les parole de l’ex -president bresilien LULA DA SILVA ,qui etait la semaine dernière en Guinée equatoriale pour la reunion des chef d’etats Africains .

Lula a invité les chef d’etat à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois , en libye et en cote d’ivoire : l’interference de la France et des etats unis constitue un sérieux danger pour la souveraineté Africaine et pour les futures générations.

durant l’assemblée generale sur le role des jeunes africains, une session detachées de la reunion avec theme la crise libyenne, Lula a accusé les chefs Africains d’ètre avides , d’assoifés de pouvoir , de trahir leurs propres pays et surtout d’ètre des servants de l’occident ! qui saccagent le continent noir et déciment sa souveraineté. La devise de ces chefs d’etats étant : “chacun pour soi , Dieu pour tous” ne portera loin l’Afrique,Il faut le sens de responsabilité, d’humilité,de dignité et d’Unité pour bien gouverner ! critiquant le fait que les leaders africains qui sont arrivés au pouvoir par un coup d’état ou pour le vouloir des puissances occidentales .Il a ensuite critiqué et denoncé le monopole des 5 pays du monde. ajoutant que: L’UNION AFRICAINE a 1,4 milliard d’habitants, l’AMERIQUE LATINE 400 000 d’habitants et que c’est inconcevable que les USA, LA FRANCE,LA CHINE,LA RUSSIE ET LA GRANDE BRETAGNE dictent la loi au conseil de securité de l’ONU !!!! surtout que la crise ecomìnomique mondiale provient des etats unis .

et il a deploré le fait que l’UNION AFRICAINE soit financé seulement par 5 pays africains et le reste par des dons occidentaux.Par consequent, Pour cela , L’UA ne peut pas faire les interéts de l’Afrique et avoir un poids au niveau international . C’est cette mème U.A qui legitime les coups d’ètats,les rebellions ou actions illegales pour l’obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections .Beaucoup de chefs d’etats presents avaient la tète basse à qui il a réitéré l’invasion Francaise dans le continent noir ! LA FRANCE nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d’ètre leurs colonies . avec des interferences dans les affaires internes des pays africains ! c’est clair la reference avec le cas de la Cote d’Ivoire, où Paris avec l’utilisation de la force a enlevé le president GBAGBO pour mettre à son poste ouattara.

Si pour la Cote d’Ivoire ,rien a été fait pour arréter le coup d’état ,l’union Africaine peut demander le cessez le feu immediat en LIbye. en soutien s’est ajouté le president Jacob zuma, un des chefs opposants qui tient tète à l’occident disant qu’ils n’ont pas le droit d’assassiber KADAFI.

Un silence d’ombre dans la salle de l’UA où les présidents qui sont les talons de l’occident étaient nombreux en occurence ABDOULAYE WADE du Senegal qui a sejourné à Benghasi pour reconnaitre le gouvernement des rebelles , BLAISE COMPAORE du Burkina Faso qui ha soutenu la rebellion de OUATTARA en Coted’Ivoire contre GBAGBO, YOWERI MUSEVENI de l’Uganda qui combat les AL Shabaab en Somalie , PAUL KAGAME du Rwanda qui saccage pour le compte de l’occident et puis SASSOU N’GUESSO du Congo Brazzaville , IDRISS DEBY du TCHAD,PAUL BIYA du Cameroun, FAURE GNASSINGBE du togo,ODINBA ALI BONGO du Gabon et le dernier récruté qui s’est ajouté à la dependance des des puissances de l’oppression est ALLASSANE OUATTARA de la cote d’ivoire !

TEXTE EN ITALIEN ENTIEREMENT TRADUIT EN FRANCAIS  PAR KOUAME CELESTIN N’BRAH

LE LIEN D’UN JOURNAL OFFICIEL ITALIEN :WWW.rinascita.eu

by Lendo Kumbu

08/06/2011

Rwandans, Africans and American citizens to protest against the presence of President Kagame in Chicago

IMMEDIATE RELEASE
6th June, 2011
RWANDANS, AFRICANS AND AMERICAN CITIZENS TO PROTEST THE PRESENCE OF PRESIDENT KAGAME OF RWANDA, A WAR CRIMINAL AND CORRUPT DICTATOR, IN CHICAGO, JUNE 11, 2011.
Rwandans will be joined by hundreds of other Africans and American citizens to protest the presence of President Kagame of Rwanda, war criminal and corrupt dictator, in Chicago on  June 11, 2011.
President Kagame is responsible for millions of deaths of Rwandans and Congolese citizens, in what the United Nations Human Rights Commission, in its report of 1 October, 2010, described as war crimes, crimes against humanity and even possible acts of genocide.
Human Rights Watch published a report on May 31, 2011, that says in Rwanda justice has been compromised, and that flaws in trials have lead to miscarriages of justice. Amnesty International, in its June 3, 2011, report, says ”freedom of expression in Rwanda has been unduly restricted for many years. The months leading up to the August 2010 presidential elections were marked by a clampdown on freedom of expression, which still shows no sign of abating”
President Kagame is in crisis, as he drives the country that has suffered genocide, war crimes and crimes against humanity further into the direction of civil war and more bloodshed. Currently he has jailed political opposition leaders, closed political space, banned independent media, and pursues Rwandans abroad to assassinate them. London Police in the United Kingdom on  May 12, 2011, warned Rwandans that ”reliable intelligence states that the Rwandan government poses an imminent threat to your life” . The same threat  has now been exported to Chicago in the United States, Canada, Europe, Africa and wherever Rwandans reside.  The United States and United Kingdom governments  have been, and remain, leading supporters of the current Rwanda Government, but are  beginning to have second thoughts.
Rwandans, Congolese , Burundians, other Africans and their American friends will be protesting in Chicago on June 11, 2011, 10 am-6 pm, to call for an immediate end to President Kagame’s  war crimes and impunity, and asking the international community to bring him to account for the crimes he has committed. The protesters will also be asking the international community, especially the United States and the United Kingdom, to support Rwandans searching for the permanent resolution to the current  Rwandan refugee crisis;  an end to chronic violent conflict and prevention of more bloodshed in Rwanda and the Great Lakes region of east and central Africa; support for  human rights protection, dialogue, freedom, equal justice, democracy,  and equitable prosperity; and, reconciliation and healing  among many millions of Rwandans and their neighbors who have been subjected to untold suffering for so long.
Contact:
Tel:             510-717-8479
22/03/2011

2001-2011: les promesses tenues et non tenues de Joseph Kabila

4 juillet 2001 – 2011

Le seul journal Congolais à avoir interviewé Joseph Kabila

Les Coulisses analyse cette interview 10 ans après.

Promesse tenues et non tenues

Il y a de cela dix ans depuis que le président de la république, Joseph Kabila accordait une interview, sa première et unique interview à un journal congolais, au journal Les Coulisses.

Il recevait le Directeur – Editeur Nicaise Kibel’Bel Oka en présence de l’ambassadeur Kikaya bin Kanubi. Joseph Kabila avait à peine 6 mois au pouvoir.

Dix ans après, la Rédaction du journal Les Coulisses revisite cette interview à travers une lecture critique pour dégager l’évolution de la pensée et de l’action du jeune président de la république d’alors (de 6 mois) aujourd’hui totalisant dix ans aux commandes de la nation congolaise.

Les circonstances de temps et de lieu sont celles de la guerre et du dépeçage de la RDC mais également de l’appel du pied à l’unité et à l’intégrité du pays.

Nous en dégageons sept thèmes clés que nous passons au peigne fin. Ces sept thèmes sont :

a)      Retrait total des troupes étrangères de la RDCongo

b)      Lutte contre la corruption incarnée par le régime Mobutiste

c)      Les droits de l’homme

d)      Alliance (communion) avec le peuple

e)      Elections à organiser donc la démocratie

f)        Justice et lutte contre l’impunité

g)      Sort des populations de l’Est occupé

 

·        Du retrait des troupes d’agression du territoire  national. Objectif difficilement réalisable que Joseph Kabila a pu atteindre non sans sueur. Le retrait des troupes étrangères notamment de l’armée rwandaise a été un processus dur et rude qui a fait couler du sang des Congolais. Cet objectif a été atteint après des négociations et accords même si la complexité des problèmes des Grands Lacs appelle à la vigilance. Officiellement les troupes de Paul Kagame sont sorties de nos frontières et sont revenues sur la demande du gouvernement pour enfin retourner chez-eux. Le climat de ni paix ni guerre qui a abouti au rétablissement des relations diplomatiques avec nos voisins est un signe de triomphe pour Joseph Kabila.

·        De la lutte contre la corruption incarnée par les Mobutistes. Au nom de la réconciliation nationale, il a été imposé à Joseph Kabila depuis le dialogue inter congolais d’ouvrir son pouvoir à tous les Congolais. Depuis, Joseph Kabila, faisant face à des jongleurs en politique, a raté cet objectif capital. Il n’a pas réussi cet objectif. Wamba dia Wamba s’était confronté au même problème : fallait-il ou non ouvrir le RCD aux Mobutistes alors qu’on luttait contre le système ? Comme on dit, à coucher dans la porcherie, on se salit. Le régime Kabila se trouve noyé, plongé dans le bourbier de la corruption. Un bon chirurgien ne travaille qu’avec son équipe dans des conditions garanties parce qu’il y contrôle soi-même toutes les procédures. Malheureusement, Kabila s’est fait entourer des personnes incarnant un système qui a ruiné le pays.

·        Les droits de l’homme.

Dans un pays aussi vaste qu’un continent où des groupes armés et des milices font la loi, parler respect des droits de l’homme paraît utopique. Surtout que la bonne foi du pouvoir Kabila a été mise à rude épreuve avec des assassinats des journalistes et défenseurs des droits de l’homme. Bien plus, l’Est du pays est surnommé, à tort ou à raison, la capitale de violence sexuelle le ventre mou de la région des Grands Lacs.

Bref, comme pour la lutte contre la corruption, il y a échec dans ce domaine.

·        Alliance/Communion avec le peuple.

Au regard des élections de 2006, Joseph Kabila était adulé par le peuple congolais surtout dans l’Est du pays. Sa nature et son aura y ont beaucoup contribué. Ce pari, il l’avait réussi même si actuellement sa côté de popularité s’étiole plus à cause de son entourage que de lui-même. A ce jour, Joseph Kabila est accusé de ne pas être dur et exigeant envers son entourage et les membres de son gouvernement. Il risque de payer cher cet attentisme qui l’éloigne davantage du peuple. Toutefois, cette alliance avec le peuple garde encore ses atouts pour perdurer : ces alliances qui se créent en excluant le peuple continuent cette habitude de privilégier les intérêts égoïstes. La vraie alliance, c’est avec le peuple, nous déclarait-il. Le peuple saura-t-il faire la différence entre Joseph Kabila et le système ?

·        Les élections

Voilà le pari que Joseph Kabila a tenu et a réussi : les élections, j’y crois beaucoup et fermement. Car il faut donner cette chance au peuple. Pour une fois depuis 1960, les élections libres ont été organisées en RDCongo et les institutions démocratiques installées.

·        Justice et lutte contre l’impunité.

Ce volet n’a pas produit des résultats escomptés malgré quelques timides tendances telles « kuluna en cravate, Tolérance zéro ». L’impunité héritée du régime Mobutu a été aggravée et consacrée. Ici, le vice répond au vice.

Notre justice est inadaptée aux réalités de la vie moderne et, partant moins compétitive, lourde à se réveiller.

Là, il faut beaucoup d’efforts, de détermination et un état d’esprit d’un combattant pour vaincre cette gangrène qu’est le couple corruption – impunité. Elle a commencé par le sommet et a atteint la base. Les régies financières, les services de l’Etat et l’appareil judiciaire sont gravement atteints. Elle a engendré le pillage et le détournement de soldes sans état d’âme. Un échec patent.

·        Sort des populations de l’Est du Congo.

Le bonheur réside dans la sécurité, dit-on. Joseph Kabila animé de bonne foi pour aider les populations de l’Est à retrouver le sourire, doit faire face à la sécurité du citoyen et en même temps à celle de l’Etat contre les voisins remuants. La complexité des problèmes de l’Est complique tous ses rêves. Comment procéder quand on est à la tête d’un gouvernement noyauté politiquement et militairement et inféodé ?

Le charme avec le peuple n’étant pas rompu, Joseph Kabila peut profiter de ses défaites en retournant la situation à son profit. Néanmoins il peut se targuer d’avoir réussi la réunification du pays.

·        Bonus : l’armée. Aucun Etat ne peut se passer de l’armée et des services de renseignements. Joseph Kabila avait été piégé par les Occidentaux et l’Afrique du Sud depuis les accords de Lusaka et le dialogue inter congolais dans la formation de l’armée nationale. Aux Fac, on lui a enjoint des hommes en armes de tous les horizons souvent n’ayant pour seul atout que savoir tiré une balle. Ce qui fait que l’on avance en reculant. Tous les chefs rebelles congolais sont responsables de cet échec. Au RCD/Goma, la majorité des effectifs était rwandophone. Elle est toujours au Kivu. Dans le territoire géré par le RCD/K-ML, outre les militaires de l’APC, on comptait une dizaine de milices Maï Maï. En Ituri, les milices armées s’affrontaient dans une guerre identitaire. Le MLC avait des ex-Faz fatigués. Toutes ces « armées » ont été données en cadeau à Joseph Kabila pour que la RDC ne se remette pas débout. L’échec de Kabila est l’échec de tous les Congolais.

Si Joseph Kabila était seul, politiquement vierge au moment de l’interview de 50 minutes avec Nicaise Kibel’Bel Oka, dix ans après, ce n’est peut-être pas les mêmes fréquentations. D’où la question : qui ont été les chevilles ouvrières de tout ce système Kabila ? Le système Kabila existe-il ou c’est le prolongement du système Mobutu ?

Joseph Kabila a toujours rêvé d’être un grand stabilisateur et grand restaurateur, celui qui ramènerait l’unité d’un pays déchiré par des guerres et qui le reconstruirait. Mais, il faut commencer par le commencement : le changement. Par changement, il faut procéder au changement radical de la mentalité qui octroie une grande place au raccourcie, tout avoir sans le moindre effort. Ce changement concerne aussi bien la classe politique que la population dans la remise en cause de notre nature même de Congolais.

Ne faites plus de promesse que vous ne pourriez tenir, tenez toujours celles que vous avez faites. Rien n’est encore perdu.

La Rédaction

Source: Les Coulisses n°225-226

15/03/2011

L’holocauste oublié et l’insouciance du Congolais !

Auteur : Jean-Pierre Mbelu

En lisant le journal Le Potentiel de ce matin (10 mars 2011) et plus particulièrement l’article intitulé « Nouveau rebondissement au Congrès américain. 5 millions de morts de l’Est : un « holocauste oublié », j’ai eu l’impression de ne rien comprendre à la conclusion à laquelle aboutit son auteur. Je voudrais en discuter dans les lignes qui suivent.

De quoi est-il question dans cet article ? L’auteur loue les efforts déployés par deux sujets américains pour que « l’holocauste oublié » de l’Est de notre pays soit pris en compte et que l’aide des USA au Congo se poursuive. « En effet, écrit-il, deux sujets américains, l’un, Ben Affleck, partisan du parti démocrate et acteur d’Hollywood, et l’autre, Cindy McCain, épouse du sénateur américain et candidat malheureux à la présidentielle de 2008, ont décidé de mettre en commun leurs efforts pour mobiliser l’administration américaine en vue de stopper le drame qui sévit à l’Est de la RDC où plus de 5 millions de personnes, selon les dernières estimations, ont trouvé la mort. » Et voici la conclusion à laquelle arrive l’auteur : « Il faut faire observer que l’action menée depuis Washington n’est pas le fait des Congolais. Qu’est-ce à dire ? Inconscience ou insouciance ? Ce qui est vrai c’est que le Congolais semble être le moins ému devant le drame qui s’est incrusté dans l’Est de son pays. Comme à l’époque de l’Etat indépendant du Congo, ce sont les autres – loin de la RDC -, qui se soucient du sort des Congolais. » Je ne comprends pas cette conclusion pour plusieurs raisons.

 

Dans l’imaginaire de l’auteur, il semble que ce qui n’est pas entendu à Washington n’est pas entendu du tout ! Washington demeure « le centre éternel du monde ». Or, il paraît que le monde devenant de plus en plus multipolaire, l’attachement sentimental à Washington peut se relever beaucoup plus d’un complexe de « soumis » que d’une mentalité d’émancipation. ( La Tunisie et l’Egypte semblent avoir pris Washington de court !)

 

Quand l’auteur parle de « l’holocauste oublié », il ne dit pas qui l’a oublié : ses commanditaires ou ses victimes ? A l’Est de notre pays, un site Internet (Benilubero) revient sur cet « holocauste » depuis qu’il a eu lieu. Des jeunes ont pris le temps de l’étudier, d’en connaître les méthodes, les commanditaires, les alliés locaux et internationaux. Abandonnés à leur triste sort, nos populations de l’Est ont organisé plusieurs manifestations pour décrier cet « holocauste ». Des jeunes ont organisé des cellules d’autodéfense pour y mettre un terme. (D’ailleurs cet « holocauste » se poursuit…) Dans le livre de Charles Onana, Ces tueurs tutsi, au cœur de la tragédie congolaise, (Paris, Duboiris, 2009) il est fait mention de la lettre de Monseigneur Munzihirwa adressée au Président Américain Jimmy Carter le 30 juin 1996. Cette lettre prémonitoire a pour concerne : retour des réfugiés rwandais et massacres massifs au Rwanda(p.109-111). A-t-il été entendu ? Il sera d’ailleurs assassiné pour avoir mis le doigt sur la plaie.

 

La veille de la publication du rapport Mapping, des compatriotes se sont battus à New York et à travers plusieurs organisations internationales de droit de l’homme pour que le mot « génocide » n’en soit pas enlevé. Certains ont des contacts permanents avec  les avocats de la défense de la partie Hutu pour que finalement la justice juste ait lieu un jour dans la région des Grands Lacs. En Belgique, pour ne citer que ce cas, certains compatriotes travaillent avec quelques amis Belges dans l’association « Rencontre et paix » pour éviter que l’amnésie ne vienne planer sur ledit « holocauste » ses commanditaires et leurs alliés. Des conférences ont été organisées impliquant les amis africains et américains du Congo, connaisseurs de cet « holocauste ». Je cite l’exemple de la conférence du 5 mars 2010 organisée par l’UNIR à la salle du MOC à Bruxelles ; conférence au cours de laquelle Charles Onana et Cynthia McKinney avaient pris la parole sur la tragédie congolaise à côté d’un compatriote de l’Est, le professeur Emmanuel Nashi.

 

Ajouter à cette liste toutes les rencontres initiées par les femmes congolaises avec les parlementaires belges ou européens, les marches et les sit-in des Bana Congo au nom de nos millions des morts, les engagements des activistes de droit de l’homme ayant coûté la vie à Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, les luttes citoyennes ayant coûté la vie à Armand Tungulu, etc. ; il y a là un ensemble d’actions dont certains résultats sont de plus en plus visibles. Peut-être pour quelques « initiés » et « les minorités organisées » qui y sont impliqués !

 

L’auteur de l’article susmentionné aurait en partie raison s’il avait soutenu que plusieurs médias de Kinshasa rendent plus compte de ce qui se passe  au Congrès Américain, au FMI, à la Banque mondiale que de ce que font les jeunes de Benilubero et de Katwa.

Que certains médias « coupagistes » de Kinshasa s’intéressent très peu aux comptes-rendus  des médias alternatifs congolais (ou mixtes) comme les sites de Benilubero, Cheick Fita, de Congoindependant, de Congoone, de Congoforum, etc. et au lobbying mené par des groupes considérables de femmes congolais et d’autres compatriotes en dehors du Congo, cela est à mettre à leur passif et non sur le compte du « Congolais ».

Vivant de et dans l’autocensure, ces médias font l’éloge des alliés des commanditaires dudit « holocauste », « leurs excellences » travaillant dans certaines institutions de la troisième République. De la à conclure que « le Congolais semble être le moins ému devant le drame qui s’est incrusté dans l’Est de son pays », il y a un pas que l’auteur de l’article susmentionné se serait gardé de franchir.  D’ailleurs, il n’est pas le seul à parler au jour d’aujourd’hui du « Congolais ». Non. Il n’y a pas « le Congolais » ; il y a des Congolais qui, dans leur immense majorité mènent des actions diverses et diversifiées dans le sens de l’éveil de conscience au sujet de « l’holocauste » initié par « les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent ». Qu’il y en ait qui vivent dans l’inconscience et l’insouciance, cela n’est pas une spécificité congolaise.

Que « l’holocauste » au cours duquel la part des USA a été (et est) considérable revienne dans le débat au Congrès Américain, cela est une bonne chose. Pourvu que le débat aboutisse à établir les responsabilités américaines et alliées. Et qu’au lieu de solliciter l’aide pour le Congo, les dommages causés par cet « holocauste » soient estimés en termes de dégâts humains et matériels à réparer et à payer. L’aide au développement a engendré la sous-humanisation de nos populations. Elle a enrichi  leurs bourreaux et leurs alliés locaux, ces dictateurs au service des multinationales.  (A suivre)

Source : Congoone.net

21/01/2011

Rwanda, Burundi, RDC, Namibie, Angola, Congo Brazza: les réfugiés

SOURCE : www.armees.com

L’annonce du lancement d’une campagne de sensibilisation concernant un éventuel retour des réfugiés rwandais, menée par le Rwanda en République du Congo (RC), pourrait impacter la situation politico-sécuritaire dans la région des Grands Lacs et plus particulièrement la République Démocratique du Congo (RDC).

En effet, la visite du ministre rwandais de la Gestion des Catastrophes et des Réfugiés cette semaine à Brazzaville a pour but d’organiser le retour progressif d’environ 7 500 réfugiés rwandais vivant en RC d’ici au mois de décembre 2011, et ce, conformément à l’expiration des autorisations de résidence, sur le sol congolais, fixées par les instances internationales. Ce processus pourrait engendrer dans les mois à venir, d’importants mouvements de populations à travers la région.

Les importantes opérations militaires engagées à la suite des attentats de Kampala du 11 juillet dernier, dans les provinces Orientale (Nord-est), du Nord et Sud-Kivu (Est) en RDC, et les vagues d’immigrations en provenance du Burundi et du Rwanda, connues par le pays durant l’été 2010, ont fortement dégradé les conditions humanitaires et sécuritaires des camps de réfugiés en RDC. De plus, les élections générales, prévues en novembre 2011, pourraient être accompagnées par un durcissement des politiques sécuritaires dans le pays.

Enfin, De nombreux problèmes frontaliers ont été rapportés par les autorités namibiennes, angolaises et congolaises ces dernières semaines. Des réfugiés ayant tenté de fuir leur pays out d’y retourner, ont été violemment pris à partie par des groupes rebelles ou par l’armée régulière, imposant également des taxes de passage. En outre, divers affrontements entre réfugiés et forces de sécurité namibiennes ont été signalés la semaine dernière en raison des tentatives d’application du processus de désarmement de la population civile. Dès lors, la perspective d’une amélioration des conditions humanitaires dans la région élargie des Grands Lacs apparait illusoire.

Même si les pays de la région ne disposent pas des fonds nécessaires à l’organisation d’un retour encadré de ces réfugiés, ces gouvernements peuvent toutefois s’inspirer de la Tanzanie. A la suite du processus de paix d’Arusha engagé en 2000, près de 360 000 réfugiés burundais avaient retraversé la frontière tanzanienne provoquant ainsi des conflits d’ordre fonciers dans le sud du pays.

En réponse, le gouvernement tanzanien a amorcé depuis avril 2010, un processus de naturalisation pour environ 162 000 réfugiés burundais. Les effets positifs de cette politique ont conduit à une amélioration sensible des conditions de vie des déplacés toujours stationnés dans les camps tanzaniens. Dans cette perspective, le Président congolais Denis Sassou Nguesso a récemment proposé d’opter pour une naturalisation si les conditions requises le permettent.

23/11/2010

Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique

Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle ? Qui s’intéresse à ces « carnages incompréhensibles » ? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour… Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d’interprétation ; et l’on ne peut pas se contenter de regarder l’Afrique sous le seul angle des Droits de l’homme ou de la Françafrique.
Étonnamment, ces conflits majeurs n’ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres ? Quels intérêts ont-elles servis ? À contre-courant de tout ce qui s’écrit sur l’Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l’Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d’une ampleur inédite et tragique.
Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d’Israël, ont décidé d’étendre leurs aires d’influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L’instauration du nouvel ordre mondial y a été d’autant plus profonde que l’Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l’Est africain dans l’espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n’ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l’Iran : il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d’Afrique.
Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l’on tire au clair les responsabilités des uns et des autres.

Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française : François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003) ; Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).


02/02/2010

L’histoire de Victoire Ingabire Umuhoza, candidate présidente pour le Rwanda

Je mène l’opposition rwandaise depuis ma maison mitoyenne à Zevenhuizen


Il était 7 heures du matin, le 7 avril 1994. Tout à coup, le téléphone sonna. Une de mes connaissances, journaliste, me téléphonait pour m’annoncer que le président avait été assassiné. Son avion avait été abattu. À ce moment-là, j’étais à La Hague, chez une cousine qui venait de devenir veuve. J’ai allumé la télévision et j’ai vu les effroyables images. Un massacre venait de se déclancher dans mon pays, mais je refusais d’y croire. Je me suis dit : « Impossible que ce soit le Rwanda, ils ont certainement fait une erreur. »

J’ai tenté de téléphoner ma famille au Rwanda, en vain. Ce n’est que deux jours plus tard que j’entrai de nouveau en contact avec mon mari. Il m’annonce : « Ton frère a été tué. Tous nos voisins ont été tués. » Par la suite, nous nous sommes appelés tous les jours. Jusqu’à ce qu’il dise au milieu d’une conversation : « J’entends des gens arriver. Je dois me cacher. » Je n’ai eu aucune autre nouvelle par la suite.

Ce qui suivit furent les mois les plus difficiles de ma vie. Je savais qu’il se déroulait un grand massacre au Rwanda, mais il m’était impossible de savoir si ma famille vivait toujours. Tout ce que je connaissais, c’était la télévision. Chaque fois qu’ils diffusaient des images du Rwanda, je scrutais l’écran à la recherche de mon mari et mes deux enfants parmi les cadavres. J’avais abandonné tout espoir. Je m’étais dit : « Si mon mari vivait encore, il m’aurait donné signe de vie. »

En août arriva le coup de téléphone auquel je n’avais plus osé espérer.

réfugiés rwandaisC’était mon mari. Il n’avait pas pu me contacter plus tôt car toute les lignes téléphoniques étaient détruites. Il me raconta qu’il s’était enfui et qu’il se trouvait avec nos deux enfants dans un camp de réfugiés à Goma. Il avait fait la file pendant deux jours afin de pouvoir me téléphoner. Les conditions étaient exécrables. Mon fiston de deux ans souffrait de choléra, sa survie n’était pas assurée. Je priai Dieu : « Accordez-moi s’il vous plait de tenir mon enfant qu’une seule fois dans mes bras » et je mis tout en œuvre pour ramener mon mari et mes deux enfants aux Pays-Bas. Ce fut une tâche infernale. Mon mari s’était enfui sans apporter avec lui quoi que ce soit et ne tenait pas un passeport. D’ailleurs, il ne pouvait pas me dire exactement où il se trouvait. Il n’avait pas d’hébergement fixe et il ne pouvait pas m’appeler régulièrement. Comment réussirait-on à le localiser parmi une centaine de milliers de réfugiés? Un journaliste du KRO, Peter Tetteroo, qui se rendait à Goma pour rapporter les événements, a entamé les recherches. Il a finalement retracé mon mari avec l’aide de Médecins sans frontières.

Quand ma famille est arrivée à Schiphol, je croyais que je rêvais.

Mon fils était très faible, mais il avait survécu. J’étais tellement heureuse, mais à la fois, je ressentais de la culpabilité. Ils avaient traversé l’enfer, j’aurais dû être avec eux. Je pensais également à ces milliers d’autres Rwandais. Un reporter qui me demanda comment je me sentais je répondis : « Je ne serai réellement heureuse que lorsque tous les Rwandais seront rentrés chez eux. » Jusqu’au jour d’aujourd’hui, cela n’est pas le cas. Encore 300 00 Rwandais vivent dans des camps de réfugiés dans les pays avoisinants, dans des conditions misérables.

Mon mari et moi croyions retourner rapidement au Rwanda, mais notre avocat nous indiqua : « Vous faites mieux de demander asile, car la situation n’est pas près de s’améliorer. » Donc, nous devions accepter que nous avions tout perdu et que nous devions recommencer à zéro. Nous devions nous habituer aux Pays-Bas. La langue, avec ces « g » durs, nous trouvions étranges, et je me souviens le premier froid glacial. Mon mari s’écria en panique : « Que personne n’aille dehors! Il fait plus froid que dans un réfrigérateur! » C’est à notre grande surprise qu’on observa les Néerlandais sortir sans problème.

En novembre 1995, nous reçûmes le permis de séjour et nous allâmes nous établir à Zevenhuizen, une village dans la province Zuid-Holland. Nous y habitons toujours. Au Rwanda, mon mari était vétérinaire et nous pensions qu’il pourrait facilement se mettre au boulot – il y tant de vaches aux Pays-Bas… Mais les diplômes rwandais ne sont pas reconnus aux Pays-Bas. Alors il alla travailler pour une entreprise de métallurgie.

J’avais travaillé comme comptable au Rwanda, pour le Ministère des finances et je décidai d’étudier l’économie à Rotterdam. C’était très lourd : je parlais à peine la langue et tout fonctionnait par ordinateur alors que j’ignorais même où appuyer pour mettre cette chose en marche. À la fin de mes études, j’ai déniché un emploi comme administratrice pour une grande compagnie.

Mais l’idée du destin de mes compatriotes ne me quittait jamais.

Grâce à mon mari, je connaissais les circonstances effroyables des camps de Ingabire Victoire au Rwandaréfugiés. Nous avons alors fondé une organisation, le CODAC, pour venir en aide aux gens dans les camps. Nous collections de l’argent et des vêtements. Tout Zevenhuizen contribua des vêtements, notre remise était pleine! Via la Croix-Rouge, nous envoyions le tout à Goma.

Mais ce n’était pas assez pour moi. Je voulais qu’une solution durable voit le jour pour les réfugiés rwandais. J’ai décidé d’approcher les politiciens néerlandais. Ces derniers disaient : « Il s’agit là d’un problème politique et vous, en tant qu’organisation humanitaire, ne devez pas vous y attarder. » Alors, je me suis dit : « J’entrerai dans la politique, ainsi je pourrai m’y attarder. » Je me suis joint au parti de l’opposition rwandaise RDR. Rapidement, je suis devenue présidente de la section néerlandaise pour ensuite devenir présidente internationale. En 2005 s’unirent tous les partis de l’opposition rwandaise pour former les Forces Démocratiques Unifiées (FDU) et voilà qu’ils m’appointèrent présidente.

Puisque le Rwanda est une dictature, l’opposition doit opérer depuis l’étranger.

Je m’oppose à Paul Kagame depuis une maison mitoyenne dans une communauté de Zuid-Holland. En 2008, il y a eu, au Rwanda, des élections parlementaires. Nous espérions que ceci changerait les choses. Mais le résultat fut horriblement décevant. Les élections ne se sont pas déroulées démocratiquement. Alors, nous avons décidé le suivant : si nous souhaitons véritablement changer les choses, alors nous devrons participer aux élections présidentielles. Si tout se passe bien, les élections se tiendront en 2010, alors que le mandat de Kagame viendra à échéance.

Je pose ma candidature à la présidence du Rwanda. Cela peut sembler un plan fou, mais j’ai une bonne position. Puisque je n’étais pas au Rwanda pendant le génocide, je demeure à l’extérieur du conflit. Je suis Hutu mais j’ai de bons contacts avec des Tutsis qui trouvent qu’il est temps que les choses changent. Que je sois une femme est bien parfait. Le Rwanda dispose d’assez d’expérience avec les femmes en politique. Mon mari me soutient sans discernement. Mieux encore, je ne crois pas que je me serais rendue aussi loin sans lui. Car il a tout vécu, son père et ses trois frères ont été assassinés par des complices de Kagame. Il sait comme nul autre que quelque chose doit changer.

Kagame s’est sali les mains avant, pendant et après le génocide

et continue à le faire jusque aujourd’hui : il fait tuer ses opposants, il a défendu aux Rwandais de parler de Hutus et Tutsis. « Nous sommes tous Rwandais, » dit-il. Mais on ne peut ignorer qu’il y a des différences fondamentales et que la haine règne toujours.

Je reconnais que la présidence d’un pays déchiré s’avère une lourde tâche. Mais je n’ai pas à tout reconstruire toute seule. Beaucoup de gens me soutiennent. Au Rwanda, je suis régulièrement à la radio via BBC et Voice of America et alors je partage ouvertement ce que je crois de la situation. Quand je m’absente quelques temps entre élocutions radiophoniques, les gens demandent : « Mais où est passée Victoire ? Elle a le courage d’adresser nos problèmes! » À un certain moment, j’ai été téléphoné par un jeune homme que je ne connaissais pas. Il me racontait que son village avait amassé l’argent pour lui permettre de voyager à l’étranger, d’où il pouvait m’appeler sans être écouté. Il dit : « Quand venez-vous au Rwanda? Nous avons besoin de vous. »

Cette conversation m’a profondément touchée

Je me suis dit : « ces gens sont convaincu que je puisse signifier quelque chose pour eux. Ils ont investi leur confiance en moi, je dois absolument retourner au Rwanda. » Afin de préparer mon retour, j’ai d’abord discuté avec des politiciens au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique afin de demander leur appui pour un processus démocratique au Rwanda. Ces pays sont d’importants partenaires pour le développement du Rwanda et ils peuvent faire pression sur Kagame pour tenir des élections justes. En novembre, j’ai voyagé aux États-Unis afin de discuter avec Obama, alors qu’il était candidat électoral.

Dans quelques mois, il en sera ainsi. Alors je retournerai dans mon pays après quinze ans. Kagame a dit aux médias que je suis la bienvenue, mais il peut évidemment arriver toutes sortes de choses. Peut-être me laisseront-ils en paix, mais saisiront-ils mes partisans.

Lorsque je serai de retour au Rwanda, je vais d’abord tranquillement évaluer la situation et alors j’entamerai pas à pas les préparatifs pour la campagne électorale. Mais ce que je ferai avant tout, c’est d’enterrer mon frère. Après qu’il soit assassiné, ils l’ont rapidement mis sous terre. Je trouve cela une pensée absurde. Peut-être y a-t-il des enfants qui jouent maintenant à cet endroit. Je n’aurai la paix que lorsqu’il sera enterré de manière convenable. Alors je pourrai commencer à bâtir.

Source :  NRC Handelsblad – 7 maart 2009 – http://archief.nrc.nl/index.php/2009/Maart/7/Overig/z15/’Ik+voer+oppositie+vanuit+mijn+rijtjeshuis –  Renate van der Zee – Traduction : A.A.

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31/01/2010

La RDC dans l’étau du FMI

par Renaud Vivien

Le FMI et la Banque mondiale ont finalement consentis un accord financier avec la République démocratique du Congo. Toutefois, celui-ci est assortis de conditions qui ne maqueront pas de s’avérer plus néfastes que le mal actuel : Kinshasa est tenu de poursuivre la privatisation de ses services publics, ce qui rendra la RDC plus vulnérable encore au pillage des transnationales.

Le 11 décembre, la RDC a conclu un accord de financement de trois ans avec le FMI, après avoir cédé à toutes les exigences de ses bailleurs de fonds  [1]. D’abord, en révisant sous la pression du FMI un contrat conclu avec la Chine que les puissance occidentales voyaient d’un mauvais œil, puis en s’engageant à encore améliorer le « climat des affaires » sur injonction du Club de Paris, un groupe informel réunissant 19 riches pays créanciers, dont les intérêts économiques en RDC sont considérables. Les garanties données par le Club de Paris étaient un préalable obligatoire à la conclusion de ce programme avec le FMI ainsi qu’à un allègement de sa dette externe, dont le paiement annuel absorbe un quart des dépenses publiques !

Mais la route est encore longue et parsemée de conditions avant d’atteindre le fameux « point d’achèvement », qui donne droit à cet allègement de dette et qui constitue l’ultime étape de la stratégie PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) promue par le FMI et la Banque mondiale pour soi-disant régler le problème de la dette. La RDC attend cet allègement depuis 2003 et pourrait bien l’attendre encore longtemps… En effet, pour le « mériter », le gouvernement congolais devra s’attacher entre autres au « développement du secteur privé, notamment par la réforme des entreprises publiques (…) la protection de l’investissement étranger et l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources naturelles », indique le communiqué de presse du FMI [2].

Autrement dit, la RDC doit achever la privatisation de ses secteurs stratégiques (mines, énergie, industrie, transport ) déjà très largement contrôlés par les transnationales, impliquant le licenciement massif des travailleurs, comme ce fut le cas en 2003 avec l’opération mal nommée « Départs volontaires ». Ce plan de licenciement financé intégralement par la Banque mondiale a violé les droits de 10 655 agents de la Gécamines, l’entreprise publique minière située au Katanga, qui attendent toujours le paiement de leurs arriérés de salaires et les indemnités prévues par le droit congolais.

« La protection de l’investissement étranger » signifie, quant à elle, une interdiction pour les autorités de revoir les contrats miniers conclus illégalement avec les transnationales (sauf si elles sont chinoises !). Rappelons en effet, que le Canada s’était opposé à la conclusion d’un accord avec le FMI lors de la réunion du Club de Paris du 18 novembre où aucun officiel congolais n’était invité. Le but était alors de faire pression sur le gouvernement, qui avait annoncé quelques jours plus tôt la résiliation d’un contrat frauduleux signé avec l’entreprise canadienne First Quantum. L’affaire a finalement été réglée suite à l’engagement du gouvernement d’améliorer « le climat des affaires »…

Concernant « la gestion des ressources naturelles », le FMI fait comme à son habitude reposer la seule responsabilité sur la RDC en omettant le rôle néfaste de sa partenaire, la Banque mondiale, incapable de changer de politique. Selon les ONG Greenpeace, Global Witness et Rainforest [3] : « En tant que bailleur principal de la réforme forestière congolaise, la Banque mondiale porte une responsabilité particulière pour les résultats médiocres observés à ce jour (…) Les conclusions du rapport d’enquête de 2007 réalisé par le Panel d’Inspection [4], révélant le parti pris de la Banque mondiale en faveur de l’exploitation industrielle, au détriment des communautés locales, semblent avoir été largement ignorées ». Malgré les enjeux liés à la déforestation et au changement climatique, le FMI s’inscrit toujours à l’instar de la Banque mondiale dans cette logique de l’exploitation industrielle du bois en transformant un peu plus la RDC en véritable paradis pour les transnationales, comme si les bénéfices réalisés par ces dernières allaient en bout de course profiter au peuple congolais. Pourtant, c’est l’inverse qui se produit dans l’ensemble des pays en développement : les populations s’enfoncent dans la pauvreté tandis que les rapatriements des bénéfices réalisés par les transnationales augmentent, culminant en 2008 à 298 milliards de dollars !

Que va gagner la RDC en appliquant toutes ces conditions ? Pas grand chose : environ 560 millions de dollars étalés sur trois années à condition que le FMI juge satisfaisante l’application de ses politiques. En effet, la RDC est sous haute surveillance puisque le programme triennal est évalué au fur et à mesure de sa mise en œuvre. Au total, six missions d’évaluation du FMI sont prévues, conditionnant le décaissement des différentes tranches financières. L’allègement de la dette dépendra des résultats de la première évaluation prévue en mars 2010. Rien n’est donc acquis, sachant que le précédent accord avait été suspendu par le FMI en 2006 et que l’Ukraine s’est vu refuser en octobre dernier la dernière tranche d’une aide FMI, après avoir adopté une loi augmentant le salaire minimum. Dans l’hypothèse où le gouvernement congolais fait un sans-faute, il continuera à supporter une dette de 4 milliards de dollars, après l’allègement espéré. La difficulté restera de trouver les ressources financières pour la rembourser, vu que les privatisations imposées par les bailleurs de fonds entraîneront moins de recettes budgétaires. Le gouvernement devra alors se réendetter à moins qu’il ne fasse un autre choix.

Cet autre choix pourrait être de refuser de payer la dette afin d’assurer en priorité les besoins humains fondamentaux de sa population et se débarrasser de la tutelle néo-coloniale des créanciers. Un tel acte unilatéral est fondé en droit international, d’autant que la dette congolaise est une dette odieuse, constituée principalement d’arriérés impayés par l’ex-dictateur Mobutu. Elle n’a donc aucune valeur juridique car les créanciers connaissaient la nature dictatoriale du régime mobutiste. Le Forum sur la corruption, qui s’est ouvert en RDC le 16 décembre, pourrait être une occasion pour les mouvement sociaux congolais d’exiger la mise en place d’un audit de cette dette pour en révéler le caractère illicite et identifier les détournements afin de légitimer la répudiation de la dette et exiger la restitution des biens mal acquis. Seulement 3 % des avoirs détournés au niveau mondial ont été restitués à ce jour, malgré la ratification de la Convention de l’ONU contre la corruption par la majorité des pays du Nord, qui consacre la restitution des avoirs détournés comme un principe fondamental du droit international.

Réseau Voltaire

01/12/2009

Les banques occidentales s’opposent au commerce sino-africain

Comment les pays créanciers décident en République démocratique du Congo

par Renaud Vivien*, Damien Millet*

A quelques jours d’intervalle, le ministère français de l’Économie réunissait en grande pompe le « Forum Franco-Chinois de promotion du commerce et de l’investissement » et en toute discrétion le « Club de Paris ». Cette seconde instance, composée de créanciers publics, a enjoint à la RDC d’annuler ses contrats commerciaux avec… la Chine.

S’appuyant sur le mécanisme de la dette odieuse, les Occidentaux poursuivent leur politique néo-coloniale malgré la globalisation. Ils interdisent aux Africains de choisir leurs partenaires commerciaux et aux Chinois de s’approvisionner en Afrique. Ils exigent l’exclusivité du commerce avec l’Afrique et avec la Chine.

Les 19 pays créanciers composant le Club de Paris [1] se sont réunis le 18 novembre pour examiner le cas de la République démocratique du Congo (RDC), après deux reports liés à la révision du très controversé contrat chinois. Ce contrat, qui hypothèque de gigantesques quantités de minerais au profit de la Chine en échange de la construction d’infrastructures en RDC, a finalement pu être révisé dans le sens souhaité par les bailleurs de fonds occidentaux représentés par le FMI [2]. Suite à cela, l’affaire semblait réglée : le Club de Paris allait accorder les assurances financières demandées par le FMI pour conclure un nouveau programme de 3 ans avec le gouvernement congolais d’ici la fin 2009 et effacer début 2010 une partie importante de sa dette extérieure publique. Loin s’en faut ! Le Club de Paris a décidé, à son tour, de « faire chanter » la RDC en exigeant le maintien de deux contrats léonins signés avec des transnationales occidentales.

Le Club de Paris prouve une fois encore qu’il est une instance gouvernée par le Nord dans laquelle les pays du Sud ne jouent qu’un rôle de figurant. Aucun membre du gouvernement congolais n’a été invité aux discussions menées à Bercy, au ministère français des Finances, où siège le Club de Paris. Ce Club se définit lui-même comme une « non-institution » n’ayant pas de personnalité juridique. L’avantage est clair : le Club de Paris n’encourt aucune responsabilité quant à ses actes et ne peut donc être poursuivi en justice puisqu’officiellement, il n’existe pas !

Pourtant, ses décisions sont lourdes de conséquences pour les populations du tiers-monde car c’est en son sein qu’est décidé, de concert avec le FMI et la Banque mondiale, si un pays endetté du Sud « mérite » un rééchelonnement ou un allégement de dette. Lorsqu’il donne son feu vert, le pays concerné, toujours isolé face à ce front uni de créanciers, doit appliquer les mesures néolibérales dictées par ces bailleurs de fonds, dont les intérêts se confondent avec le secteur privé.

Le 18 novembre dernier, c’est la RDC qui en a fait les frais puisque le Club de Paris a décidé d’aller au-delà de la seule révision du contrat chinois exigée par le FMI en s’ingérant encore plus dans ses contrats miniers, domaine qui relève pourtant de la souveraineté permanente de la RDC, selon le droit international et l’article 9 de sa Constitution.

Officiellement, c’est le risque d’augmentation de la dette congolaise, lié à la garantie d’Etat initialement prévue dans le contrat chinois, qui avait justifié l’ingérence du FMI dans les affaires internes congolaises.

Mais en réalité, la RDC, à l’instar d’autres pays africains regorgeant de ressources naturelles, est le théâtre d’une compétition acharnée entre les pays occidentaux et la Chine, dont l’appétit ne cesse de grandir au point d’être aujourd’hui le troisième partenaire commercial pour l’Afrique derrière les États-Unis et la France. Le Club de Paris est donc l’instrument qu’ont utilisé les pays occidentaux, notamment le Canada et les États-Unis, pour exiger du gouvernement congolais qu’il revienne sur sa décision de résilier le contrat ayant donné naissance au consortium Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT) et de réviser la convention créant Tenke Fungurume Mining (TFM), dans lesquelles les États-Unis et le Canada ont d’importants intérêts.

Les bailleurs de fonds occidentaux appliquent la politique du « deux poids, deux mesures » selon qu’il s’agisse d’un contrat conclu avec la Chine ou avec une entreprise occidentale. Les intérêts du secteur privé l’emportent sur les considérations de légalité et de développement puisque le caractère frauduleux de ces deux conventions a été rapporté par la Commission de « revisitation » des contrats miniers, mise sur pied en RDC en 2007 [3]. Les États du Nord se servent du Club de Paris et des institutions financières internationales, où ils sont surreprésentés, comme d’un cheval de Troie pour s’accaparer les ressources naturelles du Sud.

C’est le trio infernal Club de Paris – FMI – Banque mondiale qui a organisé à partir de 2002 le blanchiment de la dette odieuse de la RDC en restructurant les arriérés laissés par le dictateur Mobutu. Il s’agissait à l’époque de prêter de l’argent au gouvernement pour apurer les vieilles dettes du dictateur, permettre au gouvernement de transition de s’endetter à nouveau tout en lui imposant des politiques antisociales, notamment un nouveau Code minier très favorable aux transnationales.

En 2009, la dette continue d’asphyxier le peuple congolais dont les droits humains fondamentaux sont piétinés pour assurer le remboursement du service de la dette. Malgré les effets d’annonce des créanciers qui promettaient une annulation de la dette congolaise, celle-ci s’élève aujourd’hui à 12,3 milliards de dollars, soit l’équivalent de la somme réclamée à la RDC au moment de la mort de Laurent Désiré Kabila en 2001… Or, cette dette est l’archétype d’une dette odieuse, nulle en droit international car elle a été contractée par une dictature, sans bénéfice pour la population et avec la complicité des créanciers. Le gouvernement congolais pourrait donc la répudier, ce qui lui permettrait de surcroît de ne plus accepter les diktats du Club de Paris.

Le chantage du Club de Paris n’est pas une surprise : cette instance illégitime est depuis sa création à la fois juge et partie. Elle doit donc être purement et simplement abolie, tout comme la dette de la RDC.

En attendant, le gouvernement congolais doit suspendre unilatéralement le paiement de cette dette, à l’instar de l’Équateur en novembre 2008 et de l’Argentine qui avait décrété en 2001 la plus importante suspension de paiement de la dette extérieure de l’Histoire, pour plus de 80 milliards de dollars, tant envers les créanciers privés qu’envers le Club de Paris, et ce sans que des représailles n’aient lieu.

La crise économique nécessite des actes forts et immédiats contre la dette, et au profit des peuples. Pour ce faire, les pays du Sud auraient tout intérêt à constituer un front uni pour le non-paiement de la dette.

30/09/2009

DECRYPTAGE – Interview de Charles ONANA: Les dessous de la Guerre au KIVU

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