Articles tagués ‘FPR’

10/05/2012

INGABIRE,THE RWANDAN AUNG SAN SUU KYI

10/05/2012

The Ingabire Trial: Rwanda’s Contempt of Court?

Opposition activist Ingabire has been denied a fair trial by expedient judges, improperly gathered evidence and a disregard for procedural justice.

Since her arrest in October 2010, the trial of Rwandan opposition figure Victoire Ingabire has been followed intently. Eighteen months into the proceedings, Ingabire is now awaiting a verdict on six counts relating to terrorism and genocide denial, and her case has come to symbolise the ongoing struggle over the legacy of the genocide and the future of judicial independence in Rwanda.

The partisan national press was declaring Ingabire a ‘divisionist’ even before the arrest, while international observers have been keen to expose the trial as a sham. But without direct access to documents presented to the court, this is not the place to assess Ingabire’s guilt or innocence. What we can assess here, however, are the judicial processes that govern the case and that will decide Ingabire’s fate. And examining these suggests that the prosecution has virtually guaranteed that regardless of whether an acquittal or a conviction is handed down, justice will have been denied to the defendant.

The case background

Ingabire, chair of the diaspora opposition group The United Democratic Forces (FDU-Inkingi), had been living in the Netherlands from 1993 until January 2010 when she returned to Rwanda to contest the national elections the following August.

Ingabire was first placed under house arrest in April, three months after giving a speech at the Kigali Genocide Memorial Centre in which she questioned why Hutu victims of the genocide were forgotten while also insisting on the need for national reconciliation and justice for the many Tutsi who were murdered. She was eventually released on conditional bail and repeatedly interrogated over the summer. Meanwhile, the FDU’s petition for official status as a political party was rejected, effectively excluding the group from the polls.

02/11/2011

RWANDA-INGABIRE TRIAL: Defense counsel denied cross-examination right on prosecution terror evidence

Kigali, 1st November 2011

On the request of the National prosecution authority the High Court retracted its previous authorisation and denied the defense counsel the right to cross-examine the prosecutor’s witnesses on terror charges. The presiding judge ordered the defense team to pre-submit a list of all the questions  in order to decide  which one could be discussed in open court and allow sufficient time for preparation by ”the witnesses”. This is another slap in the face of the lawyers who believed that some fairness was possible in this kangaroo trial. ”This process is a circus, it’s not fair and the international community needs to know the truth”, said one foreign analyst based in Kigali.

Since the 27th October 2011, the political prisoner Ingabire exposed the terror charges. All the prosecutor’s witnesses in this trial are officially” co-accused pleading guilty”. The Rwandan criminal law procedure in its article 59 is clear on this: “Persons against whom the prosecution has evidence to suspect that they were involved in the commission of an offence cannot be heard as witnesses”. (LAW No 13/2004 OF 17/5/2004 RELATING TO THE CODE OF CRIMINAL PROCEDURE, O.G SPECIAL Nº OF 30/07/2004). Questioned on this blatant violation or disdain of the law, the national public prosecution authority claims that “those people are criminals just pleading guilty and helping justice to halt a terrorist leader. Their information is used only for investigation and completion of pieces of evidence. They are not witnesses and could not be treated like that”. The terms of this blind plea are not clear as all the co-accused don’t seem to care about their freedom.

 

22/04/2011

Devoir de mémoire : Les massacres de Kibeho, 22.04.1995

Crimes du FPR : témoignage de Claudine Vidal sur les massacres de Kibeho

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Les humanitaires, témoins pour l’histoire

L’objectif des organisations humanitaires de secouristes n’est évidemment pas de produire des sources pour l’histoire des historiens professionnels. Et quand des acteurs humanitaires, malgré la pression de l’urgence, prennent le temps et la peine d’écrire ce qu’ils ont vu, c’est le plus souvent par volonté de témoigner : devant des instances internationales, devant des médias, devant des commissions d’enquête, devant l’opinion publique. Leur but est d’attester la vérité, de combattre l’incertitude, de désigner les auteurs des violences. Ce faisant, ils ne se considèrent pas dans l’immédiat comme des ” sources ” que consulteront les futurs historiens. J’imagine même que ce qu’a d’existentiel leur investissement dans les moments de crises et de violences extrêmes leur rendrait choquante l’idée qu’ils ” travaillent ” pour l’histoire académique. Et pourtant, des années plus tard, lorsque de tels événements s’obstinent à être ” une histoire qui ne passe pas “, lorsqu’ils suscitent révisions, négations, recherche de vérité, prises de paroles passionnées, ces acteurs humanitaires deviennent, en tant que témoins oculaires, se réclamant indépendants des belligérants, les informateurs des historiens professionnels (1). Je voudrais montrer, sur un cas précis, comment des ” humanitaires “, ne pouvant s’opposer à un massacre prévisible mais décidant de rester sur place pour si possible apporter des secours et au moins témoigner de ce qui s’est passé, deviennent des sources capitales pour les historiens : sans leur témoignage ce massacre ne serait plus que l’objet de propagandes mystifiantes, il ne serait qu’un épisode opaque sur lequel on ne peut rien dire de certain.

Au Rwanda, dans le camp de Kibeho, le 22 avril 1995, des soldats de l’Armée patriotique rwandaise (Apr) encerclent quelques 100 000 personnes, regroupées dans un espace restreint. Utilisant armes automatiques, lance-roquettes et grenades, les militaires tirent longuement à plusieurs reprises sur la foule.

Ce massacre, qui fit sans doute autant de morts que les attentats d’Al-Qaida du 11 septembre 2001, eut sur le coup un grand retentissement dans la presse internationale. Cependant, perpétré moins d’une année après le génocide des Rwandais tutsis abandonnés à leur sort par le Conseil de Sécurité de l’Onu, il ne suscita pas de réaction significative de la communauté internationale. Massacre parmi d’autres, dans cette région qui connut et allait encore connaître de nombreux bains de sang, il s’oublia.

29/11/2010

Belgique – Rwanda : L’Hitler africain attendu à Bruxelles le 6 decembre !

C’est à l’occasion de la 5ème édition des Journées européennes du développement (JED) que le dictateur  rwandais, le général Paul Kagame, est invité à Bruxelles les 6 et 7 décembre 2010.


C’est le ministère belge de la coopération qui a annoncé la venue du président rwandais ainsi que celles des présidents du Bénin et du Burkina Faso.

Cette nouvelle a créé un sentiment de consternation au sein de la diaspora originaire de la région d’Afrique des Grands Lacs où Paul Kagame et son armée, l’APR, sont accusés par l’ONU d’y avoir organisé et exécuté des exterminations qu’on pourrait qualifier de génocide.

Ces exterminations ont fait entre 6 et 8 millions de victimes congolaises et rwandaises  en RD Congo, de 1996 à 2003. Jusqu’à l’heure actuelle, les auteurs se baladent dans les capitales européennes sans inquiétude, bénéficiant d’une impunité assurée par une communauté internationale complaisante.

Le thème de développement est le sujet préféré du régime rwandais car celui-ci a su convaincre la communauté internationale que le pays avançait.

Or, si la capitale Kigali est réellement construite à l’image des capitales européennes, il n’en est rien d’une réelle réduction de la pauvreté! En effet, selon le PNUD, de 1990 à 2006 le pourcentage de population vivant sous le seuil de la pauvreté est passé de 50 à 57% et  près d’un tiers de Rwandais souffre de carences alimentaires. Le pays est l’un des 15 pays les plus inégalitaires au monde.

Cette situation est difficile à justifier, quand on sait que le pays est littéralement sous perfusion de l’aide étrangère. En effet, entre 2004 et 2009 l’aide budgétaire extérieure constituait, en moyenne, plus de 53% du budget de l’Etat par an. A cela s’ajoutent d’autres formes d’aide et surtout le pillage des ressources minières congolaises qui selon un rapport d’experts sorti en 2002 ont constitué au moins 320 million de dollars américains pour la seule année de 1999 et pour le compte du Rwanda. Pendant ce temps dans les zones pillées, des hommes, des femmes et des enfants étaient massacrés et d’autres mourraient de faim car coupés des zones qui les ravitaillaient. Ainsi, dans une ville du sud du Katanga de 350 000 habitants, 112 enfants mouraient de faim chaque jour.

C’est avec ce macabre bilan que le commanditaire de ces crimes, le général Paul Kagame, est invité à cet événement qui selon les organisateurs, la Commission européenne et la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne, constitue le premier forum européen où se débattent les questions et les enjeux de la coopération internationale au développement.

Rappelons que durant la période des exterminations des populations congolaises et des refugiés rwandais, de 1996 à 2003, la coopération au développent n’a pas arrêté de contribuer au budget du gouvernement génocidaire rwandais. Elle permettait aux bourreaux  dans une certaine mesure de continuer et d’achever leur besogne.

La question est : dans quelle mesure les rescapés des exterminations de Paul Kagame vont-ils supporter qu’au nom de la coopération au développement l’UE assure l’accueil du dictateur, cautionnant ainsi les crimes qu’ils ont subis ?

JF Singiza | JamboNews

20/07/2010

L’inconscient Koffi Olomide soutient l’homme qui a tué 6.000.000 de Congolais

Editions Sources du nil

L’inconscient Koffi Olomide soutient l’homme qui a tué 6.000.000 de Congolais et deux millions de Rwandais dans la campagne électorale du 9 août au Rwanda. Que ne ferait pas cet homme lorsqu’il a devant lui des espèces sonnantes et trébuchantes? A-t-il seulement conscience qu’il travaille pour le plus grand nazi africain après Hitler ou plus que Hitler lui-même. A-t-il conscience qu’il travaille contre son peuple, contre le peuple rwandais et contre le peuple congolais lui-même. Il est vrai qu’il est poursuivi en France pour  viol séquestration et détournement de mineurs et qu’il ne peut plus voyager. Le seul endroit où il peut ramasser des sous c’est le Rwanda! Là il peut se promener sans craindre d’être arrêté! Et cela s’entend, Paul Kagame aussi a deux mandats d’arrêts internationaux sur le dos s’il ne gagne pas les élections! Entre criminels (pardon présumés criminels), on doit se serrer les coudes!

KIGALI – Renowned Congolese musician, Koffi Olomide arrived in the country yesterday to perform at the official launch of the Rwanda Patriotic Front (RPF) presidential election campaign drive today at Amahoro National Stadium.

Speaking to journalists at Kigali International Airport, the musician said “I didn’t compose any specific song for the campaign because my music has a great message and suits all seasons.”

Jean Pierre Karabaranga, the head of the entertainment committee, said that the singer was approached and asked to perform and support the party’s campaigns.

Olomide, 54, who is also scheduled to perform during the biennial Pan- African festival  Fespad slated for July 24—31, said, “It is my pleasure to support the candidate, President Paul Kagame in the campaigns—I respect and admire him.”

21/06/2010

Kayumba Nyamwasa: le Général qui ne faisait jamais de prisonnier!

AFP - L’ancien chef d’Etat-major rwandais, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, réfugié depuis mars en Afrique du Sud, a été blessé par balles samedi devant son domicile de Johannesburg, et sa femme a estimé qu’il s’agissait d’une tentative d’assassinat, a rapporté l’agence SAPA.

Le général Kayumba a été touché devant la barrière du coumpound dans lequel il vit à Johannesburg, a précisé son épouse, Rosette. “Lorsque nous sommes arrivés à la barrière, un homme noir armé d’un pistolet s’est approché de la fenêtre du conducteur, qui était à demi-ouverte, et il a tiré un coup de feu”, a-t-elle déclaré à SAPA. “Le chauffeur a gêné l’assassin… Mon mari s’est penché, et il a été touché à l’estomac”, a-t-elle précisé. Le tireur aurait ensuite fait le tour de la voiture et tenté d’ouvrir à nouveau le feu sur le Rwandais, mais l’arme s’est enrayée, selon elle.

L’ex chef d’Etat-major rwandais avait fui son pays après avoir été accusé par les autorités d’être responsable d’actes terroristes, dont des attaques à la grenade qui ont fait deux morts en février dernier à Kigali. Il s’était réfugié en Afrique du Sud.

Rosette Nyamwasa a accusé le gouvernement rwandais d’être derrière cette tentative d’assassinat. “Je pense que c’était notre gouvernement, notre président Kagame”, a-t-elle déclaré selon SAPA.

Le général Kayumba a été hospitalisé dans une clinique privée dans un état stable, selon l’agence.

“Je confirme qu’il est notre patient”, a déclaré à l’AFP la porte-parole de la clinique Morningside, Natalie Jackson.

Le général Kayumba était une personnalité clé du Front patriotique rwandais (FPR), ancienne rébellion majoritairement tutsie dirigée par Paul Kagame, qui a mis fin au génocide de 1994 au Rwanda et dirige le pays depuis lors. Il a notamment joué un rôle très important dans l’offensive menée en 1996 en République démocratique du Congo (RDC), au cours de laquelle des dizaines de milliers de réfugiés hutus rwandais avaient été massacrés.

Vu un moment comme le rival potentiel du président Kagame, il a quitté ses fonctions de chef d’état-major en 2001, pour mener des études en Grande-Bretagne, avant d’être nommé ambassadeur en Inde.

Il était revenu à Kigali pour la conférence annuelle des ambassadeurs lorsqu’il a été mis en cause par le régime.

Complément d’information émanant du CLIIR (Centre de lutte contre l’injustice et l’impunité au Rwanda) au sujet du Général Faustin Kayumba Nyamwasa

Il est impliqué dans l’assassinat du Président Habyarimana. Une des sources a affirmé au professeur Reyntjens que “ le coup aurait été fait par des éléments de l’APR et un ou plusieurs Libyens encadrés par le Major Rose Kabuye (…) et par le colonel Kayumba (à l’époque chef du DMI) ” (F. REYNTJENS, Rwanda. Trois jours qui ont fait basculer l’histoire, Institut CEDAF, Bruxelles, Ed. L’Harmattan, Paris 1995, p.44). A côté de ce couple, il faut ajouter le nom du capitaine Ruzahaza comme ayant fait partie de cette équipe de tueurs.

Après la victoire du FPR, il a été nommé chef d’État-major Adjoint de la Gendarmerie Nationale. En 1996, il a été nommé Commandant du Secteur militaire Ruhengeri-Gisenyi. Il a organisé, dans cette région, des massacres et des destructions massives de populations civiles qui ont été bombardées aveuglément par des hélicoptères notamment celles des communes Giciye, Karago, Gaseke, Satinskyi de la Préfecture de Gisenyi; Ndusu et Gatonde de la Préfecture de Ruhengeri. Entre le 05 et le 13/11/1997, cette attaque aérienne a fait des milliers de morts. Le déroulement de cette attaque meurtrière est décrit dans le communiqué n° 23/97 du 04/12/1997 publié par le CLIIR. Le 09/01/1998, il a été nommé chef d’Etat-major de l’APR après l’extermination des civils hutu de Ruhengeri et Gisenyi. (CLIIR, Communiqué du 27/01/1998).

“ Il a toujours été chef de la DMI et a commandé des unités de tueurs chargées de ‘massacrer des civils Hutu non armés’ loin derrière le Front dans la Zone conquise par le Front Patriotique Rwandais (FPR) ” (CLIIR, Communiqué 23/97 du 04/12/1997). En mai 1997, il est affecté comme commandant des opérations militaires dans le Nord-Ouest du Rwanda. Sa tactique consiste à simuler une attaque d’infiltrés et à passer ensuite aux ratissages meurtriers. Le bilan de ses deux premiers mois de service dans cette région est très lourd.

Selon le CLIIR :

- Le 09/05/1997, un convoi militaire est attaqué dans le secteur Gitwa, en commune Nkuli (Ruhengeri). En représailles, l’APR organise des opérations qui, entre le 09 et 12/05, ont coûté la vie à 1400 personnes civiles (440 dans les secteurs Ryinyo, 325 dans les cellules Kinyobo et Gatovu du Secteur Gitwa, 253 dans le secteur Mukamira, 148 dans le secteur Gatovu et 98 dans le secteur Rukoma). (CLIIR, Communiqué n° 23/97 du 04/12/97).

- Le 11/05/1997: L’APR a massacré 35 personnes dans la commune Cyabingo (Ruhengeri) dont un inspecteur scolaire, des enseignants et des commerçants qui assistaient à une réunion dans le secteur Rutore.

- Le 16/05/1997: 175 personnes sont massacrées par l’APR dans le secteur Muhororo de la commune Cyabingo, sous prétexte de représailles contre les infiltrés qui auraient attaqué le détachement militaire campé au Bureau communal de cette commune.

- Du 27 au 30/05/1997, 9 personnes ont été abattues par l’APR dans la cellule Rwankeli du secteur Gitwa (commune Nkuli-Ruhengeri) lors d’une vérification des cartes d’identité. Les militaires de l’APR ont ordonné aux victimes de courir avant de les abattre comme des lapins en les qualifiant d’infiltrés. L’une des victimes est un habitant du secteur Gatovu.

- Le 08/06/1997: 23 personnes sont tuées dans plusieurs secteurs de la commune Nkuli, dont deux hommes, une famille de 11 personnes, une famille de 6 personnes dont une femme et ses 3 enfants, cela suite aux opérations de ratissage de l’APR.

- Le 09/06/1997: Dix hommes ont été abattus dans les secteurs Cyuve, Gasanze et Mubona de la commune Kigombe alors qu’ils sortaient d’une réunion organisée par l’APR au stade de Ruhengeri. Au cours de cette réunion, les hommes (à partir de 15 ans), et les femmes ont été séparés. Les femmes furent relâchées à 17 heures 30, les hommes à 19 heures. C’est en rentrant que les dix victimes ont trouvé la mort.

- Le 10/06/97: 294 personnes sont massacrées dans quatre communes de Ruhengeri. Gatonde: 143 tués dont le conseiller du secteur Munanira, Kinigi: 80 tués, Nyamutera: 40 tués, Ndusu: 31 tués. Ces massacres faisaient suite “ à une attaque des infiltrés aux bureaux des communes Gatonde et Nyamutera

- Le 16/06/97: Le corps d’un employé du Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui avait été arrêté par les militaires de l’APR a été retrouvé en état de décomposition dans le secteur Muhoza, en commune Kigombe (Ruhengeri).

- Les 24 et 27 octobre 1997, le colonel Kayumba organise les massacres des grottes de Nyakinama. Voici le scénario tel que tiré du communiqué du CLIIR n° 22/97 du 24/11/97: “ La situation s’est envenimée le 08/08/1997 avec les massacres de l’APR qui ont fait plus de 300 morts au Marché de Mahoko, des centaines d’autres habitants ont été tués sur la route et sur des sentiers qui conduisent au marché et dans les secteurs voisins: Kayove, Bisizi, Kanama et Karambo. Plus de 200 détenus du cachot communal de Kanama ont été abattus par les soldats de l’APR dans l’après-midi du 08/08. Les commerçants du centre de négoce de Mahoko, qui avaient échappé à la mort pendant le massacre de la journée du 08/08, ont été assassinés dans la nuit du 08 au 09 août et pendant la journée du 09/08/1997. Certaines familles ont été ciblées et exterminées sur base de listes. Les inspecteurs de Police Judiciaire (IPJ) des communes Kanama et Nyamyumba ont été tués. Plus tard dans la journée du 08/08, les soldats de l’APR ont tué entre 200 et 300 détenus du cachot communal de la commune Rubavu (voisine de Kanama). Dans la soirée du 08/08 et le 09/08, des soldats ivres de l’APR se sont livrés à des pillages dans ces mêmes secteurs. Des troupes armées de l’APR ont fait mouvement dans la région et des témoins ont rapporté avoir entendu des tirs de mortiers. Un blindé placé devant le marché de Mahoko a tiré dans la foule. Ce sont tous ces massacres qui ont fait fuir la population des quatre secteurs situés dans le voisinage de Mahoko et du bureau communal. L’APR avait déclenché ces massacres le 08/08/97 vers 10 heures à la suite d’une invasion des magasins et des restaurants de Mahoko par des éléments non identifiés armés et munis de petites radios walkies-talkies que les responsables militaires ont qualifié d’”infiltrés hutus . Avant de se réfugier dans la grotte, ces habitants avaient trouvé un refuge tranquille (fin août 1997) dans les secteurs montagneux de Mukondo et Kigarama éloignés de la route asphaltée et situés à l’autre bout de la commune Kanama près de la forêt naturelle de Muhungwe. L’administration communale avait dû les rejoindre et travailler sur place dans le secteur de Kigarama. Entre-temps, les bâtiments communaux et ceux du collège APEFOK servirent de camp militaire d’où l’APR continuait à lancer ses attaques contre des civils non armés sous prétexte de “pourchasser ” des infiltrés hutu. Vers mi-octobre, les militaires de l’APR sont allés attaquer les habitants (de ces 4 secteurs) réfugiés dans les secteurs lointains de Mukondo et Kigarama et les ont forcés à retourner chez eux dans la zone violente qu’ils avaient fuie. A la moindre contestation, les militaires tiraient dans la foule et ce fut à coups de mitraillettes que les habitants fuirent vers la grotte de Nyakinama située dans le secteur Kayove à l’autre bout de la commune Kanama. Plusieurs familles déplorent de nombreux morts tués dans les collines de Mukondo et Kigarama. Le colonel Kayumba a été nommé, en janvier 1998, chef d’Etat-major de l’APR en remplacement du colonel Sam Kaka.

Depuis qu’il a été affecté dans le Nord-Ouest du Rwanda comme chef des opérations militaires (Brigade 211), les attaques simulées et les massacres de civils non-armés ont décuplé. Les témoins estiment que plus de 100.000 Hutu ont été tués par l’Armée depuis l’arrivée du colonel Kayumba Nyamwasa. Ce dernier est impliqué dans le génocide rwandais dans les zones conquises par le FPR où ses équipes de tueurs faisaient disparaître plus de 6.000 cadavres par semaine dans les deux sites de crémation qu’il avait installés à Masaka (près de la capitale Kigali) et à Gabiro dans le parc de l’Akagera ” (CLIIR, Communiqué du 20/01/98).

La chaîne de télévision française France-2, dans journal télévisé rediffusé sur TV5 mardi le 3 mars 1998, a interviewé le colonel Kayumba Nyamwasa sur le terrain des opérations dans le nord du pays en commune Kinigi (Préfecture de Ruhengeri) et rapporte ceci: “…Preuve qui ne trompe pas, c’est le chef d’état-major qui dirige les opérations sur le terrain. Aux accusations qui, font de son armée une machine de répressions sanglantes, il répond sans détour: “Quand je parle de neutralisation, en fait, mon objectif est de les frapper sur le champ de bataille et de les tuer, pas les arrêter. Quand je vais en opérations, je n’y vais pas pour faire des arrestations. Je dis à mes soldats: vous devez parfaitement viser, vous devez tirer pour tuer, pas pour arrêter. Je suis en opérations, je ne fais pas un travail de police ici. Mais en même temps nous avons des prisonniers…

Le reportage arrête ici les propres termes de ce chef d’état-major. Ce reportage a été réalisé par E. MONIER/R. MOTTE-M. TREILLET/P. GOLDMANN.

Source: France-Rwanda info

20/06/2010

Attentat contre le Gén. Kayumba Nyamwasa à Johannesburg

Le Gén Faustin Kayumba Nyamwasa a été transporté à l’hôpital dans un état critique selon la BBC, après avoir été abattu à bout portant par un tueur à gages probablement sur les ordres  de Paul Kagame. Le Général Kayumba Nyamwasa est un ami de longue date du Président Paul Kagame. Il possède beaucoup de secrets du président rwandais concernant notamment l’assassinat du Président Juvénal Habyarimana  et Cyprien Ntaryamira, attentat pour lequel les deux hommes sont poursuivis par la justice française et espagnole par deux mandats d’arrêts internationaux des deux pays respectifs. Craignant la notoriété du Gén. Kayumba Nyamwasa au sein de l’armée, Paul Kagame a cherché à l’éloigner en le nommant Ambassadeur en Inde. C’est lors de sa dernière visite dans son pays au mois de février que Kayumba Nyamwasa a pris la fuite après avoir été destitué de son poste d’ambassadeur, par crainte d’être éliminé par Paul Kagame. Après mult péripéties, le Gén Nyamwasa avait réussi à rejoindre l’Afrique du Sud où se terre un autre officier rwandais fugitif Patrick Karegeya, ancien haut responsable des services secrets rwandais. Le Gén. Kayumba Nyamwasa avait fait entendre dernièrement sur les ondes de la BBC qu’il pourrait  se présenter devant la justice espagnole pour répondre des charges qui pèsent sur lui.

Depuis le mois de février, le Rwanda est en ébullition, avec dans la ligne de mire l’élection présidentielle qui doit avoir lieu le 9 août prochain. Le président rwandais brigue un deuxième mandat qui devrait le protéger par l’immunité présidentielle contre toutes les poursuites judiciaires. Il avait néanmoins dû quitter précipitamment une université américaine dans l’Oklahoma dont il était invité en début mai 2010, sous la menace d’une plainte déposée par l’avocat américain Peter Erlinder pour le compte des veuves des présidents Cyprien Ntaryamira et Juvénal Habyarimana tués dans l’avion le 6 avril 1994 en provenance de Dar-es-Salaam. L’avocat a été mis sous les verrous lors de son voyage au Rwanda en fin mai 2010 pour défendre la candidate à la présidentielle Victoire Ingabire Umuhoza accusée de négationnisme et de révisionnisme  du génocide (des Tutsis) rwandais et depuis lors assignée à résidence dans la ville de Kigali. Peter Erlinder vient d’être libéré sous la pression internationale notamment le Congrès américain, le Département d’Etat US, l’ONU, le Tribunal International pour le Rwanda dans lequel exerce P. Erlinder comme avocat de la défense, qui ont unanimement demandé la libération de l’avocat américain.

Eugène Shimamungu

www.editions-sources-du-nil.fr

31/05/2010

Kayumba Nyamwasa: “J’ai sauvé la vie du Président Kagame à deux reprises”

Le Général NYAMWASA règle ses comptes avec Kagame et nous livre quelques secrets que bien des gens ne connaissaient pas encore. En voici une traduction française rapide de l’article en anglais du Monitor, sorti ce Dimanche (30 mai 2010) .


Une semaine après que le président Paul Kagame du Rwanda a accusé l’ancien chef du personnel de l’armée, le Lieutenant-Général Kayumba Nyamwasa, ainsi que l’ancien patron du renseignement, le colonel Patrick Karegeya, de fuir leurs responsabilités, les deux fonctionnaires, qui vivent en exil en Afrique du Sud, dans un communiqué envoyé par courriel au Monitor du dimanche par LT. NYAMWASA GEN,  donnent leur version de l’histoire.
«Quand j’ai quitté le Rwanda, mon intention était de réunir ma famille, commencer une nouvelle vie pou oublier la politique, la vie militaire et la diplomatie, domaines où j’avais évolué auparavant. J’ai pensé que je pouvais aller dans des universités, faires des travaux de consultance ou quelque chose de différent pour vraiment prendre des vacances d’une longue durée avec le Président Kagame, avec qui j’avais servi pendant les 16 dernières années. Malheureusement, ce ne devait pas être ainsi. Mon nom reste toujours dans les médias pour toutes les mauvaises raisons possibles.

Après mon départ, le Président Kagame a réuni une conférence de presse où il a épinglé Patrick Karegeya et moi-même comme des terroristes; devant des officiers cadets de Gako, il nous qualifia des voleurs; au Parlement, il nous a appelés des mouches qui il va écraser avec un marteau, dans Jeune Afrique, Il m’a appelé un traître et avec le Monitor ,il nous qualifia  d’ officiers insouciants et irresponsables.

Pour des raisons de clarté et pour le bien de nos familles, des amis, des compatriotes et tous ceux qui ont lu votre publication, je suis forcé de répondre afin de mettre les choses au clair. Sinon, le silence signifierait notre  consentement. Dans ma présentation, je peux faire des comparaisons et des analogies, mais elles ne sont nullement faites dans l’intention d’offenser.

Le Président Kagame n’est pas honnête quand il prétend que nous nous sommes enfuis pour ne pas rendre des comptes. Nos désaccords sont centrés sur la mauvaise gouvernance, l’intolérance, l’insensibilité, l’intrigue et la trahison de nos collègues.

En outre, il est de mon avis et avec de fortes convictions que nous avons lutté pour un pays où il y aurait la liberté d’expression et d’association. Au contraire, vers la fin du siècle dernier, ces idéaux ont commencé à se déplacer et l’accent n’est plus mis sur le pays et le Parti, mais sur le Président Kagame.

Ce phénomène a été  promu et entretenu par des opportunistes et des courtisans. Je ne faisais pas attention à l’évolution des événements et méprisais la catégorie de  ces personnes impliquées. La réunion avant mon départ était méprisable et j’ai tenu pour responsables et dans un certain mépris un certain nombre de personnes pour avoir transformé le FPR en un parti où les principales préoccupations restent la poursuite de l’intrigue et de la haine.

Le Président Kagame doit vous avoir dit qu’en 2003, avec un autre collègue, nous avons demandé de quitter l’armée et le gouvernement parce que nous sentions que nous ne nous inscrivions plus dans cet ordre de l’évolution des choses. Il a refusé et a exprimé la crainte qu’en quittant, nous pourrions causer des ennuis à l’extérieur. J’ai gardé, comme  soldat, l’espoir  qu’un certain sens de la raison prévaudrait encore et que peut-être les choses pourraient changer en quelque sorte. Avec le recul, je constate que j’ai peut-être été naïf ou eu trop de confiance en persévérant dans la résignation, comme certains de mes collègues  le font actuellement.

Le Président Kagame nous accuse de fuir pour ne pas rendre des comptes. Nous croyons que rendre des comptes est une responsabilité primordiale, mais ce dont nous ne sommes pas d’accord avec et qui est inexplicable est le fait de persécuter ses adversaires au nom du contrôle des responsabilités. Quand le fait de rendre des comptes commence à être utilisé comme une arme politique pour encadrer ceux qui sont perçus comme  adversaires, dès lors il cesse d’être utile et n’a pas de signification.

La responsabilité financière et rendre des comptes devrait venir d’en haut, en commençant par le Président de la République, avant que ce soit exigé de ses subordonnés. Au Rwanda, le chef de l’Etat est la première personne à ne pas rendre des comptes et pour cela, il  n’a aucune autorité morale pour demander des comptes aux autres. Au Rwanda, le Président Kagame s’assimile aux institutions.

Je voudrais illustrer mon propos par ce qui suit: tout d’abord depuis que le président Kagame aime parler de rendre des comptes par les institutions, j’aimerais savoir s’il a comparu devant le Parlement pour parler de la propriété de deux avions  XR Jets exécutif qu’il utilise pour lui-même et fait au moins deux voyages par mois aux Etats-Unis pour recevoir des honneurs fictives comme les  doctorats, pour lui-même et sa femme, ou pour voir ses enfants.

Le coût minimum pour chaque voyage est proche de 1 million de dollars. Les deux appareils ont été achetés par l’argent du gouvernement et sont enregistrés au nom d’une pseudo-société. Il devrait comparaître devant l’Ombudsman , ensemble  avec son conseiller et un fonctionnaire de l’Ambassade afin d’expliquer d’où ils ont tiré les 100 millions de dollars pour acheter les deux avions. Le ministre des finances devrait dire au Parlement pourquoi le gouvernement doit recourir aux services de ces avions privés. Est-ce le reflet de la tolérance zéro de la corruption que le président ne cesse de parler? [Le gouvernement rwandais a dit qu'il loue des jets d'une entreprise privée dans laquelle des ressortissants rwandais privés détiennent des participations – selon l’Éditeur]. Deuxièmement, le Président Kagame devrait expliquer au Parlement qui est le propriétaire de l’immeuble de l’Ambassade du Rwanda à Londres et ses liens avec la société au nom de laquelle l’immeuble de l’ambassade est enregistré.

Troisièmement, il doit expliquer au parti et au peuple Rwandais pourquoi il dirige un parti qui n’a pas de  Trésorier et combien d’argent le FPR tire de toutes les plus grandes entreprises du pays qui lui appartiennent, ainsi que l’argent provenant des cotisations et contributions des membres du parti.

Quatrièmement, pourquoi la Societe de Construction Arab Contractors, alors qu’elle construisait le Ministère de la Défense, a simultanément fait la construction de sa résidence privée de Muhazi tout en utilisant les biens et facilités de l’Etat?  Le Ministre Bikoro a été demandé de rendre des comptes d’un conteneur de carreaux, combien d’argent le Président Kagame a-t-il payé comme impôts au Rwanda Revenue Authority pour les  matériaux de construction de ses propres maisons?

Les exigences de demande de rendre des comptes du Président Kagame sont une farce, démagogiques et ne sont là que pour amuser la galerie. Bien sûr, agissant ainsi en «crachant du feu» lui soustrait de l’œil curieux et inquisiteur. Cependant, tout le monde sait qu’il le fait pour intimider, tromper  la Communauté Internationale et faire bonne impression aux donateurs. Pour soutenir tout cela, il emploie l’intrigue, la tricherie, la manipulation et la trahison. Cela a été à la base de mon départ.

En ce qui me concerne, j’ai toujours fait en sorte que mes formulaires de déclaration d’avoirs et de propriété soient  soumis à l’Ombudsman à temps et fort heureusement je suis en possession de tous les reçus à cet effet. Je n’ai jamais figuré sur la liste des officiels du Gouvernement suspendus pour faute de déclarations de la propriété. Le Président Kagame aurait été si heureux de me faire arrêter s’il y avait eu une moindre irrégularité dans mes déclarations.

Le président Kagame dans une note m’a félicité comme un officier exemplaire, quand j’étais Chef d’Etat-major et ayant servi pendant cinq ans sans interruption en tant qu’Ambassadeur en Inde. À quand donc pouvais-je ne pas rendre des comptes et devenir terroriste? Comment peut-il se raviser pour demander des comptes après 10 ans? Le Colonel Karegeya a servi de façon ininterrompue comme Chef du Renseignement pendant 10 ans. Le Président Kagame l’a qualifié d’inutile, vaurien et maintenant terroriste! À quand le Président Kagame s’est rendu compte que le Colonel Karegeya était inutile et valait rien après toutes ces années de service? Le peuple Rwandais est habitué à ce genre de dénigrement. Le mois dernier, il a nommé le Commandant de la Force de Réserve, mais on l’a arrêté pour abus de pouvoir, juste une semaine après sa nomination. Quand est-ce que les investigations ont eu lieu? Un autre Général a été arrêté pour avoir commis des actes immoraux – mais où est le plaignant?

Pendant le régime du Président Kayibanda [1962 - 1973], les opposants politiques ont été traités de traîtres idéologiques. Plus tard, le Président Habyarimana [1973 - 1994] disait que ceux fuient  à l’exil ont peur de la paix et de la tranquillité qui règnent dans le pays. Dans les années 1980, le Président Habyarimana rappelle aux Rwandais et à la Communauté Internationale que son Gouvernement est considéré comme ayant le rang le plus élevé du PIB dans la région, ce qui dénote un havre de paix et que personne ne devrait parler qu’il existe un manque de démocratie.

Ces jours-ci le Président Kagame accuse ses adversaires de l’idéologie du génocide ou du terrorisme ainsi que de la corruption. Pour lui, tout le monde devrait chanter que Kigali est propre et que le développement est là. Peut-on développer sans conscience? Je crois que le Rwanda n’a rien changé en termes de leadership.

Le président Kagame a personnalisé la question concernant  le Général Kayumba / Col. Karegeya. Ceci en dehors d’une certaine culpabilité de conscience. Si les personnes qui ont participé à la lutte dès la première heure et ont servi aux plus hauts niveaux de l’Armée et de la Sécurité ne sont pas des collègues dans le contexte rwandais, qui peut l’être? Le Président Kagame demande pourquoi ne l’a-t-il pas arrêté tout de suite, s’il était un dictateur ?

Puisqu’il il l’a dit dans le Monitor, journal largement lu en Ouganda, permettez-moi de vous rappeler qu’avant la mort de Ben Kiwanuka [en 1972], il avait rencontré Amin comme l’a fait l’évêque Luwum. Le fait qu’Amin ait rencontré ces deux personnalités et d’autres avant de les tuer ne fait aucunement de lui un démocrate? Est-ce Kagame veut dire que ceux qui ont fui Amin en 1978 n’avaient pas de motif de justification et auraient dû rester? En outre, il a fait des allégations concernant  les personnes qui  se sont enfui de 1995 à  1996 en disant que c’était  peut-être à cause de moi. Voulait-il faire entendre qu’il n’avait pas de responsabilités en ce moment-là? Maintenant que je suis parti, attendons voir s’il y aura une rentrée massive des rapatriés de l’exil. Kagame parle comme quelqu’un d’offensé et d’affligé.

Comment peut-il justifier l’incarcération de mon épouse et de mes enfants à New Delhi, leur expulsion hors de la résidence de l’Ambassade en confisquant leurs passeports ayant des visas à entrées multiples? A quelle institution devaient-ils rendre des comptes ? S’il avait des problèmes avec moi, pour quoi s’en prendre à ma famille?

Pendant qu’il faisait cela à ma famille, il préparait un voyage très coûteux à West Point [académie militaire de New York] pour voir son fils dont la formation est financée par le Gouvernement que nous avons tous deux travaillé pour mettre au pouvoir. Mais l’ironie est qu’au Rwanda il n’ ya qu’une seule famille qui compte!

J’ai sauvé la vie du Président Kagame à deux reprises pendant la lutte quand tout le monde l’avait abandonné à  Nkana et Kanyantanga. Où étaient tous ceux qui lui disent actuellement que je suis un traître? L’histoire dira qui a trahi qui. Ceux qui ont servi avec nous connaissent la vérité, y compris ceux qui m’ont le plus vilipendé pour raison de leur opportunisme.

Le Président Kagame a déclaré qu’il ne comprend pas et ne trouve pas de raisons pour lesquelles les gens s’enfuient  à l’exil. Certes, le président doit être muni d’une mémoire très courte; toute sa famille a vécu plus de 30 ans en exil. Veut-il insinuer que ses parents étaient des aventuriers quand ils ont quitté le Rwanda et qu’ils ont en quelque sorte  recouvré leur sens après 1994?

La réponse est simple. Dans une démocratie, la population recourt aux tribunaux pour la résolution des conflits mais  dans une dictature, les gens fuient pour sauver leur chère vie. Si un Chef d’Etat ne sait pas pourquoi ses citoyens fuient le pays, c’est qu’il est incapable de gouverner. “

Source :  Editions sources du nil

16/05/2010

Le Rwanda et ses fantômes

Emmanuel Hakizimana

L’auteur est docteur en économie, spécialiste en finance internationale et chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal.

À l’occasion de la visite controversée de la gouverneure générale Michaëlle Jean au Rwanda, la journaliste Agnès Gruda a publié une série d’articles sur ce pays dans le journal La Presse.

L’article du 8 mai, « Un pays qui court plus vite que ses fantômes », vante le développement économique du Rwanda, que le président Paul Kagame et ses partisans présentent comme un succès.

Mme Gruda écrit ceci : « Il y a 10 ans, le président […] a adopté sa “Vision 2020″, un plan de réforme échelonné sur 20 ans qui vise à faire du Rwanda un acteur régional de premier plan. Une version africaine de Singapour, avec un zeste de Silicone Valley ».

Mais qu’en est-il réellement de la Vision 2020? Et, avant de songer à rivaliser avec Singapour, ne devrait-on pas se demander où se situe le Rwanda par rapport aux autres pays africains?

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a fait une évaluation de mi-parcours de la Vision 2020 et y constate une situation plutôt désastreuse : la pauvreté gagne du terrain et frappe 62 % de la population rurale, alors que cette proportion était de 50 % en 1990; près du tiers de la population rwandaise souffre de carences alimentaires; l’écart entre les riches et les pauvres atteint un niveau record et place le Rwanda dans les 15 premiers centiles des pays les plus inégalitaires au monde.

La comparaison avec les autres pays africains montre que le Rwanda est en queue de peloton pour beaucoup de facteurs cruciaux de développement économique. Par exemple, selon les données du PNUD et de la Banque Mondiale, l’espérance de vie des Rwandais est de 44 ans, ce qui est inférieur à la moyenne africaine de 46 ans. Moins de 45 % des enfants terminent l’école primaire, alors que la moyenne de l’Afrique subsaharienne est de 60 %.

Le taux brut de scolarisation au secondaire est de 17 %, comparativement à 28 % pour l’Afrique subsaharienne. En 2009, dans le classement général des pays selon l’indice de développement humain, qui fait la synthèse de l’espérance de vie, du niveau de vie et du niveau d’études, le PNUD range le Rwanda parmi les quinze derniers pays au monde, soit derrière la majorité des trente-huit pays de l’Afrique subsaharienne.

À la lumière de ces données et en sachant que le Rwanda de Paul Kagame est favorisé par les donateurs occidentaux, qui lui accordent une aide substantielle de 55 $ par habitant, soit près du triple de la moyenne africaine de 20 $ par habitant, la splendide ville de Kigali que nous décrit Mme Gruda revêt un autre visage, celui de la concentration de la richesse et de l’accaparement de l’aide étrangère par une minorité urbaine proche du pouvoir.

L’absence de toute trace de misère à Kigali, contrairement à d’autres villes africaines, est obtenue au prix de la violation des droits des sans-abri et des enfants de la rue, que l’on emprisonne notamment à l’île d’Iwawa, comme l’a révélé le journal The New York Times le 1er mai 2010.

Pire encore, le contraste entre le faste de la ville et la misère de la campagne est le résultat d’une discrimination ethnique plus forte que jamais, comme en témoigne le récit de la captivité de la professeure Susan Thomson, de l’Université d’Ottawa, dans un camp de rééducation du Rwanda (récit que l’on trouve dans son blogue).

L’un des interlocuteurs de Mme Gruda, le journaliste rwandais Didas Gasana, lui confie que les Hutus, qui constituent 84 % de la population rwandaise, sont presque totalement exclus du pouvoir. Ils sont considérés collectivement comme des « génocidaires ».

Les statistiques sont très éloquentes au sujet de la discrimination contre les Hutus. Ainsi, le haut commandement de l’armée rwandaise comprend un officier supérieur hutu par tranche de 1 590 000 habitants hutus, comparativement à un officier supérieur tutsi par tranche de 34 600 habitants tutsis.

De même, on retrouve un cadre supérieur hutu dans l’administration publique rwandaise par tranche de 500 000 habitants hutus, comparativement à un cadre supérieur tutsi par tranche de 70 000 habitants tutsis.

Les orphelins hutus de la tragédie de 1994 sont abandonnés à leur triste sort contrairement aux orphelins tutsis, qui sont pris en charge par le Fonds d’aide aux rescapés du génocide. La moindre évocation des atrocités subies par les Hutus est fortement réprimée par des lois vagues sur « le divisionnisme » et « l’idéologie du génocide », qui permettent les arrestations arbitraires.

Derrière son fard de modernité urbaine, le Rwanda ressemble plus à un volcan au bord d’une éruption qu’à un ilot de prospérité au milieu de la misère africaine. C’est la triste réalité, n’en déplaise aux apologistes du régime de Paul Kagame.

source: L’Autjournal

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