Articles tagués ‘Elections Cote d’ivoire’

28/02/2012

Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo

(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.

En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première

c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.

Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?

Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.

Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…

En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.

Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?

Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.

Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?

En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.

Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…

J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.

Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?

Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.

Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?

Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.

Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?

Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.

Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?

Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.

Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?

Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.

Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?

Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.

Télédiaspora-24/2/2012

31/05/2011

Problèmes politiques nouveaux: message du Président Gbagbo

Ivorian.Net-31/5/2011

La situation de guerre que la France impose à la Côte d’Ivoire sans une déclaration préalable de guerre a déstabilisé la société ivoirienne en ouvrant une plaie béante et en engendrant des problèmes politiques nouveaux.

C’est le cas de l’assassinat, de l’arrestation et la détention arbitraires d’hommes politiques, d’enseignants, de Hauts cadres de l’Administration, de syndicalistes, de journalistes, d’étudiants, voire de simples anonymes pour délit d’opinions. Nombreux sont nos compatriotes qui sont soit assassinés soit continuent de subir des exactions sur la base de leur appartenance ethnique ou partisane. Tout ceci est de nature à mettre à mal l’unité nationale et a fini par nous convaincre de la volonté de la France de remettre en cause les acquis de notre lutte commune de plusieurs décennies pour l’instauration de la démocratie et des libertés individuelles au service de la Souveraineté de la Côte d Ivoire. Cette lutte a valu au président Laurent GBAGBO lui-même, à sa famille et à ses compagnons plusieurs arrestations et humiliations de la part de ses adversaires politiques.

C’est pourquoi, face à des problèmes politiques d’une telle importance, la polémique de l’entrée ou non du Front Populaire Ivoirien (FPI) dans un Gouvernement paraît inappropriée et indécente au regard de l’ampleur des dégâts causés par la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire. Le Président Laurent GBAGBO s’étonne que cette question fasse l’objet de tant d’attentions et de passions alors que les problèmes politiques relevés et soulignés sont encore pendants et ne font même pas l’objet d’intérêt pour connaître un début de solution.

A ce propos, le Président Laurent GBAGBO rappelle, que le Président de son Parti, M. Pascal AFFI N’Guessan (photo) a été arrêté, maltraité et déporté au Nord de la Côte d’Ivoire pour avoir fait publier un simple communiqué donnant la position du FPI sur l’évolution de la situation politique nationale.

30/05/2011

Alassane Ouattara : “besoin de 15 à 20 mds d’euros”

Le président ivoirien compte lancer un appel aux dirigeants réunis au G8, à Deauville. Il estime à “15 à 20 milliards d’euros” le besoin d’aide financière pour relancer son pays.

06/04/2011

Côte d’Ivoire : Gbagbo n’est plus seul au monde

Source : (AfriSCOOP & Agences)

Alors que la France et l’ONU exigent qu’il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir et reconnaît son rival Alassane Ouattara comme président, le président ivoirien réélu selon le conseil consitutionel, Laurent Gbagbo, a averti qu’il n’en était pas question.

Malgré la demande de cessez-le-feu de son armée, terrassée par des frappes de la France et de l’ONU et l’avancée des forces d’Alassane Ouattara, M Gbagbo refusait toujours mardi de de se retirer.

“Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ?”, a-t-il lancé mardi lors d’un entretien sur la chaîne française LCI.

Après des jours de combats à l’arme lourde qui ont fait des “dizaines de morts” à Abidjan selon l’ONU, et une sanglante crise post-électorale de quatre mois, les armes se sont quasiment tues dans la métropole ivoirienne dans l’après-midi de mardi mais les combats auraient repris ce soir à Abidjan. A 17h30 gmt des tirs nourris ont surpris les Frci dans la commune de Cocody aux alentours du campus universitaire et sur la route qui mène à l’hôtel du golf rapporte le site internet koaci.com. « On a replié et voila le soir on s’apprêtait à organiser les patrouilles que nous tombons encore dans des embuscades juste après le feu “Thérèse” non loin du campus », a declaré une source des Frci à Koaci.com.

Alcide Djédjé retenu contre son gré chez l’ambassadeur de France à Abidjan

Annoncé par les médias comme réfugié chez l’ambassadeur de France à Abidjan, le ministre ivoirien des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, Alcide Djédjé s’était plutôt rendu à la résidence de l’ambassadeur au nom du gouvernement ivoirien avec pour mission de « protester contre les bombardements barbares dont des cibles civiles et la résidence du président de la République de Côte d’Ivoire ont été l’objet pendant la nuit » de lundi à mardi, a révélé mardi dans un communiqué, l’avocate française Lucie Bourthoumieux.

« Il n’est n’a absolument pas démissionné de son poste et est actuellement scandaleusement retenu contre son gré dans les locaux de l’ambassade de France », affirme l’avocate. « En tant que conseil de son excellence Alcide Djédjé, nous nous élevons vigoureusement contre ces procédés contraires aux principes les plus élémentaires de la Convention de Vienne », a-t-elle dénoncé.

Indignation dans le monde après les bombardements en Côte d’Ivoire

Les réactions dans le monde se multiplient contre les bombardements aériens des forces françaises onusiennes en Côte d’Ivoire.

Le président de l’Union africaine, Teodoro Obiang Nguema, a dénoncé mardi le recours à la force par l’Onu et la France en Côte d’Ivoire, rapporte les médias. Selon lui, « l’Afrique n’a pas besoin d’une influence étrangère » et saura gérer elle-même ses propres problèmes, s’est-il indigné.

La Russie ,quant à elle , a exigé l’évaluation de la légitimé des bombardements effectués par les forces françaises et onusiennes en Côte d’Ivoire, avant d’adresser « un appel insistant aux deux parties ivoiriennes pour qu’elle cessent immédiatement le bain de sang et entament un dialogue avec l’objectif d’une solution politique à ce conflit ».

Pour sa part, L’Afrique du Sud dont le pays siège actuellement au Conseil de sécurité de l`ONU, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane, , a déclaré lors d`un point de presse à Pretoria, l’opposition de son pays aux bombardements.

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d`Ivoire. Nous ne soutenons pas (..) ce que nous n`avons pas voté », a-t-elle affirmé. Maite Nkoana-Mashabane a en outre insisté sur la nécessité de trouver « une solution pacifique » à ce différend électoral.

Au Sénégal, une organisation d’intellectuels africains a remis mardi à l’ambassadeur de France à Dakar une lettre de protestation contre l’attaque par la force française en Côte d’Ivoire de positions du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. “On chercherait à dresser les Africains contre les Français qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quelle est cette France qui insulte le droit ?”, a déclaré à la presse Malick Ndiaye, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. “Licorne dégage. Onuci dégage !” s’est écrié M. Ndiaye au nom de la Coordination des intellectuels d’Afrique, organisation basée à Dakar.

En France, le Parti Communiste , le Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA) et Lutte ouvrière par un communiqué ont exigé le retrait « immédiat » de Côte d’Ivoire des troupes françaises.

Lundi aux Etats-Unis, le sénateur américain Jim Inhofe (R-Okla.), membre éminent de la commission sénatoriale des services armés (SASC) et du comité chargés des relations étrangères du Sénat (SFR), a indiqué que l’opposant ivoirien Alassane Ouattara était « illégitime pour diriger la Côte d’Ivoire », estimant que « les récents rapports des massacres perpétrés par les forces de Ouattara » constituent des « preuves supplémentaires » qui doivent emmener les États-Unis à « changer leur position » dans la crise ivoirienne . Le Sénateur Inhofe a par ailleurs appelé les Etats-Unis à réclamer un cessez-le feu « pour empêcher Ouattara et son armée rebelle de commettre un massacre de masse sur les Ivoiriens, en particulier sur les nombreux jeunes présents au palais présidentiel ».

Un contentieux post-électoral oppose le Président Laurent Gbagbo, déclaré élu par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, à l’opposant Alassane Ouattara reconnu vainqueur par la communauté internationale.

14/03/2011

Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde

Le scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde. On nous promet un « étouffement économique et financier » de la Côte d’Ivoire.

Interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de « coopérer » avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

 

Avec le déroulé de cette stratégie aux intentions clairement néfastes pour l’ensemble du pays et de ses habitants, il est légitime de se demander si cet acharnement résulte du seul contentieux électoral du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010. Car si tel était le cas, on attendrait tout simplement la fin de la mission de l’Union africaine dont les recommandations sont supposées être contraignantes. Aux yeux du gouvernement français, « grand ordonnateur » de cette campagne acharnée de sanctions, quelle importance, au fond, que Laurent Gbagbo ou Alassane Ouattara soit le vainqueur du scrutin ? Mais pour Nicolas Sarkozy, qui en a fait une affaire personnelle… qui sait ? Résultat : la diplomatie française en Afrique continue à être piégée par la confusion entre intérêts personnels, réseaux et logique d’Etat.

Les sanctions prises par les pays européens, le Canada et les Etats-Unis visant des individus et des sociétés ivoiriennes (et même les accréditations d’ambassadeurs) s’écrouleront, c’est là mon intime conviction, dès les premiers recours juridiques. Car ces sanctions sont fondées sur le refus de reconnaître le président soit disant « élu » et de se mettre à son service ; or n’importe quel juge guidé par son « âme et conscience » demandera avant toute chose à examiner la Constitution ivoirienne avant de trancher. Et comme cette Constitution n’a jamais été suspendue par aucune des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, elle sera la seule source en droit pour le juge.

A part les mesures prises par la trentaine de pays évoqués ci-dessus, les seules autres actions à l’encontre de la Côte d’Ivoire et des habitants du pays viennent des sept autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et d’Alassane Ouattara lui-même.

Le retrait de la signature internationale au niveau de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a eu comme conséquence la suspension des mécanismes de compensation interbancaire et éventuellement la fermeture provisoire de plusieurs banques, empêchant l’accès des clients à leurs comptes bancaires. Nous risquons sous peu d’être confrontés à des violations sérieuses des droits de l’homme qui relèveront de la responsabilité de ces banques si leurs clients n’arrivent pas à soigner des parents malades, alimenter proprement leurs enfants, payer des salaires dans le respect du droit du travail. Il serait judicieux que organisations non gouvernementales et avocats se mobilisent activement et sans tarder pour documenter avec précision tous les cas individuels de violations de droits humains à des fins de poursuites ultérieures devant les juridictions nationales, régionales ou internationales.

07/03/2011

GBAGBO parle à ses détracteurs

 

05/03/2011

Révélations de Dominique-François Uguex sur la Cote d’Ivoire: «Ce que j’ai entendu à mon hotel»

Source : ivorian.net

Dominique François Ugeux, diplômé en sciences politique et diplomatique, président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, ex-député au parlement belge, en visite de travail en Côte d’Ivoire, jette un regard critique sur la crise que traverse la Côte d’Ivoire depuis dix ans.

QUESTION : Vous êtes pratiquement un Africain, pour avoir passé toute votre vie au Congo. Vous êtes certainement très préoccupé par la situation sociopolitique qui prévaut en ce moment en Côte d’Ivoire. Quel regard jetez-vous sur ce qui se passe dans ce pays ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : J’ai vécu le coup d’Etat de 1999. J’ai très mal vécu ce coup d’Etat. J’étais à l’« Hôtel du Golf » et j’entendais les tirs comme si c’était dans ma chambre qu’on tirait. Fologo était juste au-dessus de la suite que je louais, et les militaires sont venus le chercher avec une brutalité incroyable pour le conduire au camp. J’ai appelé mon gouvernement et de négociation en négociation, il a été libéré 10 jours après. J’ai vécu avec cette tension pendant 15 jours.

QUESTION : N’est-ce pas la même crise qui fait encore parler d’elle aujourd’hui ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Oui c’est vrai, mais si on veut parler de l’origine de la crise, on passerait toute la nuit ici.

Aujourd’hui, ce qui est primordiale est de sortir de cette crise. Le hasard veut que je sois là chaque fois que le pays souffre. Je suis là purement dans le cadre du travail, mais comme j’ai une âme de politique et de journaliste, j’ai décidé de rester pour voir un peu l’évolution des choses. C’est vrai que je connais personnellement le président Laurent Gbagbo, avec qui j’ai eu plusieurs entretiens. J’ai vécu le premier et le deuxième tour de l’élection présidentielle. Le premier tour a été admirable, mais le second m’a véritablement interpellé.

QUESTION : Qu’est-ce qui n’a pas marché pour qu’on en arrive à une telle crise après l’élection présidentielle ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : En tant que président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, j’étais ici sur la terrasse de l’hôtel Pullman pendant la proclamation des résultats. Vous devez savoir qu’ici, il y avait des journalistes correspondants de chaines que je ne vais pas citer. Ils venaient s’asseoir sur la terrasse pour discuter et surtout pour capter leur satellite pour le journal en duplex. A cet endroit, j’ai assisté à une scène des plus révoltantes au monde. Ce que je vais vous dire, résume beaucoup de choses sur la crise en Côte d’Ivoire, et n’appellera pas d’autres commentaires. Il était 17 heures 15 mn, le lundi 6 décembre 2010, ici à la terrasse de l’« hôtel Pullman ». J’échangeais avec un journaliste avec lequel j’avais lié connaissance au premier tour et qui était là pour le second tour de l’élection présidentielle. On discutait de la déontologie et de la liberté de la presse. A 18 heures, 19 heures pour Paris, avec son portable et l’amplificateur, il appelle Paris à un mètre de moi. Il a dit « allo ! Paris, je fais la manchette sur Abidjan ». « Il y a des embouteillages, tout est normal, il fait calme, Abidjan bouge, le peuple est heureux, Laurent Gbagbo est élu ». Alors on entend Paris dire: « tu ne peux pas dire ça. Tu dois dire qu’il y a une tension vive à Abidjan que les Ivoiriens ont peur, les rues sont désertes, les Ivoiriens contestent la victoire de Gbagbo ». Voilà ce dont j’ai été témoin. En temps que président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, je dis que c’est indigne d’un pays comme la France. L’objectivité n’existe pas mais l’honnêteté intellectuelle existe.

13/01/2011

Crise ivoirienne :Marie-Louise ABIA, La vérité pour les nuls

Nous autres citoyens lambda africains, qui avons le même fonctionnement cérébral que nos dirigeants politiques africains qui, eux-mêmes, ont leur cerveau logé dans le crâne de la « communauté internationale occidentale », aimerions comprendre une petite chose toute bête.

Attention, nous sommes nuls, mais il nous arrive tout de même de comprendre certaines choses !

- Quand la « communauté internationale occidentale » décrète que NOUS, africains, malgré les 50 années qui nous ‘‘séparent’’ de la colonisation, nous ne sommes pas encore assez mûrs pour pouvoir exister et vivre de façon autonome, et que la « communauté internationale occidentale » a encore besoin de nous gérer, nous LES NULS d’Afrique, nous comprenons et nous nous taisons.

- Quand la communauté internationale occidentale décrète que, dans NOTRE INTERET à nous, les NULS d’Afrique, il est préférable que nos chefs d’états africains soient indiscutablement choisi par et mis sous tutelle de la « communauté internationale occidentale », nous comprenons et nous nous taisons.

- Mais quand la « communauté internationale occidentale » ordonne à nos chefs d’états et responsables politiques africains – quoique sous tutelle – de prendre les armes et d’aller tuer les africains, et que nos chefs d’états et responsables politiques africains s’exécutent promptement, se mobilisent activement pour déployer armes et soldats pour aller tuer les africains, quand la « communauté internationale occidentale » qui multiplie les efforts pour raffermir sa propre économie et protéger ses propres populations, ordonne à nos chefs d’états et dirigeants politiques africains de s’auto-amputer, de se faire harakiri, de s’autodétruire, et que nos chefs d’états et dirigeants politiques s’exécutent comme hypnotisés, là, NOUS LES NULS d’Afrique, nous ne comprenons rien et, comme le ferait un petit enfant de 3 ans, nous posons à nos chefs d’états et responsables politiques africains, la naïve question :

POURUOI ?!!!???

ET ENCORE

POURQUOI ?!!!?

Nous, les NULS d’Afrique, savons qu’il y a actuellement une crise en Côte d’Ivoire, suite à des élections présidentielles à transparence douteuse, comme il y en eu au Gabon, au Congo Brazzaville, au Burkina Faso, et nous vous laissons compléter la liste.

Ces élections en Côte d’Ivoire – si particulières – ont fini par nous offrir deux gagnants au lieu d’un seul. Nous avons donc, nous les NULS d’Afrique, compris que Messieurs Gbagbo et Ouattara ont tous deux gagné les élections, l’un contestant la victoire de l’autre.

Jusqu’ici, l’affaire est banale, classique, africaine et surtout IVOIRIENNE. Mais là où nous nous sentons un peu perdus et souhaiterions tout de même comprendre, c’est que personne ne souhaite connaître la vérité.

La presse de la « communauté internationale occidentale » nous a dit, que c’est Mr. Ouattara qui a gagné et nous les NULS d’Afrique, nous avons compris. Mais, comme tout le monde s’agite autour de cette élection, cette fois-ci, nous ne nous taisons pas et aimerions connaître la vérité.

- Mr Gbagbo, déclaré perdant par la « communauté internationale occidentale », soutenu par les forces armées de la Côte d’Ivoire, demande qu’il y ait une commission d’évaluation internationale pour fouiner dans les résultats de l’élection et chercher la vérité, la « communauté internationale occidentale » répond : « Nous ne voulons pas fouiner car nous n’avons pas besoin de connaître la vérité »

- Mr Ouattara, déclaré vainqueur par la « communauté internationale occidentale », soutenu par des forces armées parallèles, estimant que ses hommes armés n’ayant tué aucune mouche, brutalisé personne, intimidé personne, et que les forces armées de Mr. Gbagbo ayant massacré les populations et constitué des charniers, demande à la « communauté internationale occidentale » de venir fouiner dans ces massacres pour chercher la vérité, la « communauté internationale occidentale » répond : « on arrive, la vérité nous intéresse et Mr Gbagbo a déjà sa place à la CPI car déjà reconnu coupable avant l’enquête »

Pour nous les NULS d’Afrique, c’est un peu compliqué à comprendre, alors, nous laissons libre cours à notre petite réflexion et nous nous demandons :

Et si en réalité, le véritable jeu caché était que la « communauté internationale occidentale » est contre l’existence même des africains et souhaiterait simplement les anéantir pour occuper les terres africaines ?

Si ce n’est pas le cas, alors, qu’on nous explique !

- Comment expliquer que, dans une affaire africaine aussi classique, la « communauté internationale occidentale » puisse, d’une manière si vigoureuse et si insouciante, pousser des africains à aller tuer d’autres africains pour un différend électoral dans un pays souverain, opposant ainsi des nations qui n’étaient pas en guerre les unes contre les autres, mais qui pourraient le devenir ? Des nations qui, jusqu’ici, vivent ensemble, en toute intelligence et s’organisent pour développer leur régions ?

- Comment expliquer que la « communauté internationale occidentale » ait déjà prévue d’organiser des services funèbres de masse avant même qu’il n’y ait une élection ou un seul mort ?

- Comment expliquer que la « communauté internationale occidentale » ne veuille pas chercher à découvrir la vérité et à nous la faire connaître, nous les NULS d’Afrique, mais préfère la guerre ?

Pourrions-nous, un jour, voir Messieurs Jonathan Goodluck, Abdoulaye Wade, Boni Yayi, etc. faire pression sur Mr. Nicolas Sarkozy et toute l’Union Européenne en les poussant à aller attaquer militairement un chef d’état européen impliqué dans un quelconque scandale dans son propre pays en Europe ?

Pour nous les NULS d’Afrique, la vérité c’est que une Afrique consciente, unie, stable, démographiquement et économiquement forte, dirigée par des responsables politiques qui sont africains dans leur chair, dans leur sang, dans leur âme et dans leurs intérêts, c’est une Afrique dangereuse que la « communauté internationale occidentale » veut à tout prix anéantir, et nous les NULS d’Afrique, nous devons absolument le comprendre et ne plus jamais nous taire.

Malheureusement, nos chefs d’états africains qui se disent indépendants depuis 50 ans, en ayant encore et toujours leur cerveau logé dans le crâne des autres, ne seront peut-être jamais capables de le comprendre jusqu’à la fin de leur triste vie.

Nous, les NULS d’Afrique, nous nous permettons de passer outre la pensée de notre grand-maître, la « communauté internationale occidentale », et de penser que si Monsieur Gbagbo ou monsieur Ouattara a l’intention de gouverner des hommes – le peuple – ce peuple a droit à la vérité.

Ouattara ou Gbagbo ne va pas gouverner que le nord ou le sud mais la Côte d’Ivoire toute entière, avec ses chrétiens, ses musulman, ses non croyants, ses différentes ethnies qui ont toujours été là, sur le sol ivoirien, comme composante de la société ivoirienne, une riche diversité qui fait le rayonnement de la Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, la pensée unique formatée depuis les boites crâniennes de la « communauté internationale occidentale » veut nous faire croire que le peuple ivoirien vient de se réveiller d’un sommeil millénaire pour se rendre compte qu’il est composé d’une multitude ethnies et de religions et que c’est cela son problème.

Si les ivoiriens acceptaient cette pensée, alors, nous les NULS d’Afrique, nous serions très, très tristes de comprendre que nous sommes réellement NULS car la crise ivoirienne est politique comme il y en a partout où il y a des hommes actifs sur terre ; cette crise n’est ni unique, ni étrange, ni ethnique, ni religieuse, ni autre chose comme on voudrait nous le faire croire ; ce n’est ni plus, ni moins une crise politique.

Nous pensons que pour dissiper toute ambigüité et conférer une légitimité incontestable à celui des deux hommes qui aura les destins des millions d’âmes entre les mains, l’électorat ivoirien et les NULS d’Afrique ont droit à la vérité, à moins que les hommes de la Côte d’Ivoire ne comptent pas et que seuls comptent le sol et le sous-sol de la Côte d’Ivoire.

Marie-Louise ABIA
Ecrivaine congolaise (Brazzaville)
(En collaboration avec Le Nouvel Afriqu’Essor)

Source: ivoirian.net

10/01/2011

SIT-IN DE SOUTIEN AUX INSTITUTIONS IVOIRIENNES à ROME

SIT-IN DE SOUTIEN AU PEUPLE IVOIRIEN ET AUX INSTITUTIONS LEGALES ET LEGITIMES DE COTE D’IVOIRE

Le Samedi 15 janvier les Ivoiriens d’Italie feront un sitting devant la Commision Européenne.

adresse:
…Piazza dei Santi Apostoli (zona piazza Venezia) devant la Commision Européenne . Bus n° 64 ou 40 en direction du Vatican

NB: Sit in de 10h à 14h00

Venez donc nombreux pour :

- soutenir les institutions légales et légitimes de la république de Côte d’Ivoire incarnées par le président Laurent GBAGBO
- soutenir l’appel à un règlement pacifique de la crise formulé par le président GBAGBO
- défendre la souveraineté de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique,
- dire « NON ! » à la Françafrique et à ses réseaux internationaux,
- dire « NON ! » à la guerre pour le pétrole fomentée par la « communauté internationale » et leurs alliés les rebelles,
- dire « NON ! » à la manipulation médiatique de l’opinion internationale

Africain, hier cela se passait dans ton pays, Aujourd’hui, c’est en Côte d’Ivoire, Demain, à qui le tour?

contact :
Siehou Germain
phone :0039 340 37 26 173

03/01/2011

Interview de Roland Dumas en direct d’Abidjan : il accuse l’ONU de tirer sur des civils à balles réelles

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 43 followers