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28/02/2012

Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo

(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.

En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première

c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.

Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?

Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.

Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…

En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.

Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?

Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.

Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?

En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.

Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…

J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.

Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?

Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.

Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?

Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.

Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?

Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.

Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?

Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.

Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?

Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.

Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?

Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.

Télédiaspora-24/2/2012

15/01/2012

Assassinat de Sylvanus OLYMPIO le 13 janvier 1963 au Togo.

Source : Alterinfo

Le 27 avril 1960, le Togo, sous la direction de Sylvanus Olympio, proclama son indépendance après la tutelle française qui a suivi la colonisation allemande. Deux ans plus tôt, les populations du territoire du Togo avaient voté pour l’affranchissement de cette tutelle après une série de tentatives d’étouffement et de trucages électoraux opérés par l’administration française qui ne voyait pas du tout d’un oeil favorable les démarches émancipatrices du peuple du Togo. Pour retarder les choses ou les bloquer, la France avait estimé que le Togo lui devait 800 millions de francs, ce qui, selon les autorités françaises, équivalait aux dépenses que la tutelle aurait coûté. M. Olympio en homme avisé, comprit très tôt qu’un pays qui se proclame indépendant tout en étant “endetté” ne saurait être libre. Ainsi, consacrait-il deux ans avec l’effort du peuple à travailler pour payer ces 800 million de francs et pour doter le pays de quelques infrastructures à la mesure de l’évènement à célébrer en 1960.

Mais la France n’entendait pas laisser faire. Le général De Gaulle au pouvoir dans ces années-là considérait que l’indépendance de ses territoires d’Afrique doit se faire dans le cadre qu’il aura défini. Et ce cadre doit garantir ses divers intérêts coloniaux. Cette vision des choses heurtait les convictions du peuple, de M. Olympio et ses amis pour qui l’indépendance du Togo devrait se caractériser par :

. une vision sociétale qui met les citoyens du Togo au centre de toutes les préoccupations et non les intérêts occidentaux.

. la rupture avec le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) et une autonomie de battre monnaie.

. la construction d’infrastructures pour rendre viable l’économie togolaise notamment un port autonome à Lomé.

. la révision des contrats miniers notamment celui sur le phosphate que la France exploitait gratuitement depuis de longues années déjà.

. l’absence de coopération militaire avec la France car le Togo entendait construire une armée faite uniquement de gendarmerie et de police.

. le développement accéléré des secteurs clés à savoir : l’agriculture pour nourrir les populations, la santé et l’éducation.

La France voyait là de graves menaces. Après son opposition à la construction d’un port maritime à Lomé sous le prétexte que le Dahomey à côté en avait un en construction, la France voyait un danger encore plus grand qu’elle devrait juguler. Sylvanus Olympio voulait rompre avec le franc CFA et battre sa propre monnaie. A cet effet, il avait donc préparé avec la banque de France un accord de rupture qui devait être signé le 15 janvier 1963. La menace se fit plus précise, lorsqu’après échec de toutes les tentatives françaises de le dissuader allant des propositions les plus mirobolantes à la menace de mort, Sylvanus Olympio lança un appel d’offre d’émission qui fut remporté par l’Angleterre qui émettrait une nouvelle monnaie qui serait garantie par l’Allemagne.

La France voyant que rien n’arrêtait les indépendantistes du Togo a décidé de mettre fin à la vie de l’homme qui pilotait la machine. Car si le Togo réalisait son projet monétaire, la toile de la zone franc que la France avait patiemment tissée autour de ses proies africaines aura cédé et les proies pas totalement mort se seraient libérées. Et le plan de “l’indépendance-collaboration” aura vécu.

La France va se servir des seconds couteaux démobilisés en Algérie pour abattre Sylvanus Olympio. Le scénario est simple : la France va pousser ces soldats coloniaux, des tirailleurs sénégalais qui avaient combattu contre leur propre continent pour que vive le pouvoir colonial à aller demander leur intégration dans l’armée nationale du Togo indépendant. La France était convaincue que Sylvanus Olympio qui fut aux antipodes de ces tirailleurs et qui n’entendait pas avoir une armée de militaires, s’opposera à cette demande. Et ce fut le cas. Le prétexte fut ainsi tout trouvé. Sylvanus Olympio était immédiatement dépeint comme un tyran dont la haine est orientée contre les gens du Nord notamment les Kabyè.

La nuit du 12 au 13 janvier 1963, la France lâcha ses caniches derrière le président Olympio qui trouva refuge au sein de la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique. Ce dernier, Leon Pollada, informa aussitôt les autorités françaises qui y avaient envoyé les tueurs l’abattre, sous le patronage du commandant de la gendarmerie Georges Maîtrier. Le matin du 13 janvier à 07 h, M. Olympio fut abattu. Eyadéma Gnassingbé revendiqua publiquement l’assassinat (mais Eyadéma dira plus tard que ce n’était pas lui qui avait tiré sur le président laissant croire à l’oeuvre d’une main française directe. Laquelle ? Quelques sources avaient évoqué le nom de Georges Maîtrier lui-même.). Et la France officielle pleura de chaudes larmes de crocodile. Cet assassinat porte la marque de la France car, la mort du président Olympio fut annoncée par la radio France Inter à 06 h du matin, soit une heure à l’avance. Comme ce fut le cas avec le coup d’état contre Mamadou Tandja du Niger en février 2010 qui fut annoncé par Bernard Kouchner avant même sa réalisation sur le terrain.

La parenthèse autonomiste fut fermée ainsi dans le sang. Le 13 janvier 1963 a été décrété le jour de la fête de libération nationale. Cette fête macabre célébrée, jusqu’à une date récente où elle a été ralentie, tous les ans avec faste et grandioses défilés civilo-militaires enregistrait toujours la participation des officiels français et d’autres pays aussi bien de l’Ouest que de l’Est à qui des décorations diverses sont accordées. Le territoire, depuis cette date, est depuis lors plongé sous un régime militaro-policier et remis dans le bain franco-africain. L’assassinat d’un premier président élu africain après l’assassinat un peu plus tôt du premier 1er ministre en la personne de Lumumba au Congo signa ainsi le début de la fin de la marche de peuple africain vers son indépendance.

Le 19 septembre 2009, nous écrivions ceci dans une interview réalisée avec Camus Ali du Lynx : “En procédant à l’assassinat de Sylvanus Olympio, la France et les USA ont installé au Togo par le truchement de soldats anti-indépendantistes, incultes et aliénés pro-colonialistes, le chaos. Ils ont semé le crime qui, en se reproduisant dans une impunité absolue, ne cesse de ronger l’âme de notre peuple. C’est en cela que la lutte pour notre affranchissement reste entière. Nos ancêtres l’ont commencée. Ils ont été écrasés. A nous de reprendre le flambeau en ayant la capacité de ne pas répéter certaines de leurs erreurs.”

Pour finir, disons que le meilleur hommage que nous puissions rendre à tous ces martyrs africains, c’est, tout en tirant tous les enseignements de leurs oeuvres, de perpétuer leur combat pour l’avènement d’une Afrique totalement libérée, reconstruite et définitivement protégée contre toute agression coloniale.

19/11/2011

Kenya : les survivants de la répression des Mau Mau portent plainte contre le gouvernent britannique

Il y a près de 60 ans, Wambugu Wa Nyingi était passé à tabac et laissé pour mort par l’armée coloniale britannique.
Les cicatrices des chaînes qui l’ont entravé pendant plusieurs années et le traumatisme des sévices ne se sont toutefois pas estompés. « Ils nous ont demandé de creuser nos propres tombes », se remémore M. Nyingi, qui a passé neuf ans dans les camps de travaux forcés mis sur pied par les Britanniques au Kenya dans les années 50, lors du soulèvement des Mau Mau contre le colonisateur. « Quand nous avons refusé, ils nous ont tellement battu que je n’avais plus de peau sur le dos », ajoute le vieil homme aux cheveux blancs. Agé de 84 ans, M. Nyingi réclame à présent des excuses officielles et la mise en place d’un fond de compensation par le gouvernement britannique dans le cadre d’une procédure judiciaire actuellement en cours à Londres, aux côtés de trois autres plaignants. Les quatre survivants ont dénoncé dans leur plainte le recours systématique à la violence, des tortures, des cas de castration, de viol et le travail forcé. Plus de 10.000 Kényans furent tués entre 1952 et 1960 pendant le soulèvement des Mau Mau, un groupe rebelle issu et agissant au nom de la communauté Kikuyu. Mais selon le ministère britannique des Affaires étrangères, ces plaintes ne sont pas recevables car la responsabilité juridique a été transférée au gouvernement kenyan lors de l’indépendance en 1963. Les collines verdoyantes et les forêts luxuriantes de cette région située juste au nord de Nairobi furent très prisées des colons britanniques dont la politique d’expropriation créa un fort sentiment d’injustice au sein de la communauté kikuyu. « Ils nous ont volé notre terre », explique Elizabeth Wamaitha, 79 ans, elle-même détenue avec son bébé dans un camp de travail pendant trois ans après l’enrôlement de son mari dans les rangs des Mau Mau, dans les forêts recouvrant les contreforts du Mont Kenya. Arrêtée avec son bébé de trois mois, elle n’avait pas été autorisée à aller chercher son autre enfant de quatre ans resté à la maison. « Je n’ai pas eu le temps de lui dire au revoir (…) et quand on m’a relâchée, on m’a dit que mon enfant était mort », ajoute-t-elle. Les combattants Mau Mau terrorisèrent les familles de colons installées dans la région, tuant 32 Blancs. Mais des milliers de Kényans furent éliminés pendant la répression. James Muchemi, 81 ans dont cinq dans un camp de travail forcé, porte encore les cicatrices des coups de machettes portés par un soldat kényan, aux jambes et à la tête. Une nouvelle série d’audiences est prévue fin février à Londres: la cour examinera une requête du gouvernement britannique visant à déclarer prescrits les faits visés. En attendant, Bartholomew Wanyiki, un survivant de 80 ans, se veut confiant, lui qui suivit des études en Grande-Bretagne après avoir passé cinq ans en détention au Kenya: « Je sais que les Britanniques sont des gens comme il faut. Laissons-les prouver leur bonté avant qu’il ne soit trop tard ».

Source : Alterinfo

25/10/2011

Le grand jeu africain

Washington multiplie les opérations militaires humanitaires en Afrique : ici, il s’agit d’éviter la circulation des armes, là de lutter contre une secte criminelle. Tous les prétextes sont bons pour prendre le contrôle du continent noir et de ses fabuleuses richesses. À y regarder de plus près, observe le géographe Manlio Dinucci, la pénétration états-unienne en Afrique reproduit les schémas de l’ancien colonialisme européen.

Source : Voltairenet.org
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Pour éviter un choc frontal avec les actuelles grandes puissances européennes, les États-Unis pénètrent en Afrique via les anciennes colonies italiennes et belges.

Après que le « Protecteur unifié » a démoli l’État libyen, avec au moins 40 000 bombes larguées en plus de 10 000 missions d’attaque, et fourni des armes même à des groupes islamiques classés jusque hier comme de dangereux terroristes, à Washington on se dit préoccupé que les armes des dépôts gouvernementaux finissent « dans de mauvaises mains ».

Le Département d’État a donc couru aux abris, en envoyant en Libye des escadrons de sous-traitants militaires qui, financés jusqu’à présent avec 30 millions de dollars, devraient « sécuriser » l’arsenal libyen. Mais derrière la mission officielle, il y a certainement celle de prendre tacitement le contrôle des bases militaires libyennes. Malgré l’engagement proclamé de ne pas envoyer de « boots on the ground » (troupes au sol), depuis pas mal de temps des agents secrets et des forces spéciales des États-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Qatar et autres, opèrent sur le terrain. Ils ont guidé les attaques aériennes et dirigé les opérations terrestres. Leur mission, maintenant, est d’assurer que la Libye « pacifiée » reste sous le contrôle des puissances qui sont allées la « libérer ».

Le 14 octobre, le jour même où le Département d’État annonçait l’envoi de sous-traitants en Libye, le président Obama annonçait l’envoi de forces spéciales en Afrique centrale : au début, une centaine de militaires. Leur tâche officielle est celle de « conseillers » des forces armées locales, engagées contre l’ « Armée de résistance du Seigneur ». Opération financée par le Département d’État avec, jusqu’à présent, 40 millions de dollars.

La mission réelle de ces corps d’élite, envoyés par Washington, est de créer un réseau de contrôle militaire de l’aire comprenant Ouganda, Sud Soudan, Burundi, République centrafricaine et République démocratique du Congo. Et pendant que les États-Unis envoient leurs propres forces en Ouganda et au Burundi, officiellement pour les protéger des atrocités commises par l’ « Armée du Seigneur » qui se dit inspirée par le mysticisme chrétien, Ouganda et Burundi se battent en Somalie pour le compte des États-Unis, avec des milliers de soldats, contre le groupe islamiste al-Shabab.

Ces soldats sont soutenus par le Pentagone qui, en juin dernier, leur a fourni pour 45 millions de dollars d’armes, y compris des petits drones et des viseurs nocturnes.

Le 16 octobre, deux jours après l’annonce de l’opération étasunienne en Afrique centrale, le Kenya a envoyé des troupes en Somalie. Une initiative officiellement motivée par la nécessité de se protéger des bandits et pirates somaliens ; en réalité promue par les États-Unis pour leurs propres objectifs stratégiques, après l’échec de l’intervention militaire éthiopienne, elle aussi promue par les États-Unis. Et en Somalie, où le « gouvernement » soutenu par Washington contrôle à peine un quartier de Mogadiscio, la CIA est à l’œuvre depuis longtemps, avec des commandos locaux dûment entraînés et armés et des sous-traitants de compagnies militaires privées.

Les États-Unis visent donc le contrôle militaire des aires stratégiques du continent : la Libye, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient ; l’Afrique orientale et centrale, à cheval sur l’Océan Indien et l’Atlantique. Le jeu, apparemment compliqué, devient clair en regardant une carte géographique. Mieux encore sur un atlas historique, pour voir comment le néo-colonialisme ressemble de façon impressionnante au vieux colonialisme.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

20/10/2011

Kabila n’a pas été informé du déploiement des marines Américains sur son territoire

Arusha, 19 octobre 2011 (FH) – La République démocratique du Congo (RDC) n’a pas été officiellement informée du déploiement de Marines américains ayant pour mission d’appuyer les opérations de traque du chef rebelle ougandais Joseph Kony, recherché depuis 2005 par la Cour pénale internationale (CPI), a rapporté mercredi Radio Okapi citant le président Joseph Kabila.

«Est-ce qu’on aura des Marines ici chez nous, dans le parc de la Garamba pour traquer Monsieur Kony? Je ne sais pas. Du moins, officiellement, le Congo n’a pas encore été contacté», a déclaré le chef de l’Etat cité par la radio.

Toujours selon cette radio, gérée en partenariat par la Fondation Hirondelle et les Nations Unies, Kabila a affirmé que le chef rebelle ougandais ne se trouvait plus sur le territoire congolais. « C’est depuis dix-huit mois qu’il est parti en République centrafricaine» voisine, a indiqué le président congolais lors d’une conférence de presse mardi à Kinshasa. Il a précisé que des unités avaient été déployées à la frontière des deux pays pour éviter que Kony ne rentre en RDC.

Le président Barack Obama avait annoncé, vendredi dernier, l’envoi en Ouganda d’une centaine d’éléments des forces spéciales, “équipés pour le combat”, chargés d’aider les forces régionales dans les opérations de traque des combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et de leur chef Joseph Kony. Il précisait dans une lettre aux députés et sénateurs américains qu’une première partie du contingent s’était déployée en Ouganda le 12 octobre, tandis que d’autres soldats, ainsi que la logistique requise, se rendront sur place le mois prochain.

Le département d’Etat a précisé que les militaires américains se déploieraient éventuellement au Sud-Soudan, en RCA et en RDC, “après un accord obtenu auprès de chaque pays concerné”. Les Marines ne combattront pas directement la LRA, sauf en cas de légitime défense, a ajouté le Département d’Etat: “Ils fourniront des renseignements, des conseils et une assistance aux pays partenaires”.

La LRA, milice politico-religieuse, inscrite sur la liste des mouvements terroristes par les Etats-Unis, est accusée d’innombrables exactions sur les civils de quatre pays: Ouganda, Soudan, RDC et Centrafrique.

Lors de cette même conférence de presse, le président Kabila a par ailleurs réitéré le refus de son gouvernement d’exécuter le mandat d’arrêt de la CPI contre l’ex-rebelle Bosco Ntaganda, aujourd’hui général dans l’armée congolaise, selon l’AFP.

Kinshasa affirme que l’arrestation de Ntaganda mettrait à mal le fragile processus de pacification de la volatile province du Nord-Kivu, dont l’accusé est originaire.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI, Bosco Ntaganda, ex-chef d’état-major de la rébellion tutsi-congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), est accusé de crimes de guerre notamment pour l’enrôlement d’enfants en 2002-2003 en Ituri, quand il faisait partie de la milice de l’Union des patriotes congolais (UPC).

ER/GF

© Agence Hirondelle

12/10/2011

le colonialisme nouveau est arrivé

Jadis, l’impérialisme italien prétendait « apporter la civilisation », aujourd’hui le colonialisme de l’OTAN assure « apporter la démocratie ». Cent ans après la première guerre de Libye, rien n’a donc changé. Aucune leçon n’a été tirée des massacres du passé, l’Occident se ment toujours à lui même pour s’emparer d’un État qu’il convoite. Et le sang continue de couler.

Le 5 octobre 1911, après deux jours de bombardement naval, le premier contingent italien débarqua à Tripoli, commençant l’occupation coloniale de la Libye qui, poursuivie et renforcée par le fascisme, allait durer trente ans. Est-ce une page historique définitivement tournée ? N’y a-t-il donc aucune analogie entre la première guerre de Libye et l’actuelle ? Certes, en un siècle beaucoup de choses ont changé. Mais les mécanismes de la guerre sont restés en substance les mêmes.

Les intérêts derrière la guerre

Au début du 20ème siècle l’Italie, demeurée après la défaite d’Adua (1896) puissance coloniale de second plan avec les possessions d’Érythrée et de Somalie, relança sa politique expansionniste : l’objectif était la conquête de la Libye, qui faisait partie de l’Empire ottoman en train de s’effriter. Ceux qui poussaient dans cette direction étaient les cercles dominants financiers, industriels et agraires, qui voulaient pénétrer en Afrique du Nord, et les fabricants de canon qui voulaient une guerre pour augmenter leurs profits.

La conquête débuta avec une stratégie économique agressive, opérée par le gouvernement à travers la Banco di Roma, puissant institut financier lié aux milieux du Vatican et catholiques. Avec de gros capitaux et de fortes contributions gouvernementales, il commença en 1907 à pénétrer en Libye, en ouvrant des succursales, des banques de gage et des agences commerciales. Il mit la main aussi sur l’agriculture, en achetant des terrains, en implantant un gros établissement agricole et d’élevage près de Benghazi et un énorme moulin à Tripoli, et promut des recherches minières. En trois années il réalisa un chiffre d’affaires de plus de 240 millions de lires. Cela suscita l’hostilité croissante des autorités turques. L’Italie répondit en déclarant la guerre à la Turquie, malgré l’ample disponibilité de celle-ci à faire des concessions.

Aujourd’hui, pour les élites économiques et financières européennes et étasuniennes, la Libye est encore plus importante. Dans le « gros tas de sable » se trouvent les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, précieuses pour leur haute qualité et leur bas coût d’extraction, et de grosses réserves de gaz naturel ; et il y a l’immense réserve d’eau de la nappe nubienne, en perspective plus précieuse que le pétrole. Et la Libye est le pays qui a atteint en Afrique le plus haut niveau de développement économique, qui a de gros capitaux investis dans de nombreux pays.

Sur ces ressources, ce sont surtout la Grande-Bretagne et les États-Unis qui mirent la main quand le pays obtint son indépendance en 1951 mais resta dépendant du colonialisme qui avait pris de nouvelles formes. Condition qui se termina quand, en 1969, les « officiers libres » de Muammar Kadhafi abolirent la monarchie du roi Idris, instrument de domination néocoloniale, et fondèrent la république, nationalisant les propriétés de la British Petroleum et obligeant les compagnies pétrolières à verser à l’État libyen des quotas beaucoup plus élevés de leurs profits.

À présent, avec la guerre, tout est remis en question.

La préparation de l’opinion publique

Il y a un siècle, la guerre pour l’occupation de la Libye fut préparée et accompagnée par une propagande martelée, conduite par quasiment tous les plus grands quotidiens, surtout ceux catholiques liés à la Banco di Roma. Un véritable délire se propagea : dans les cafés-chantants on fredonnait
« Tripoli, belle terre d’amour, qu’arrive à toi ma chanson !
Que flotte le Drapeau tricolore sur tes tours au grondement du canon !
Navigue, ô cuirassé : propice est le vent et douce la saison.
Tripoli, terre enchantée, tu seras italienne au grondement du canon !
 » .

La motivation conductrice était que l’Italie, nation civilisée, devait libérer la Libye de la barbare domination turque, ouvrant la voie à son développement politique et économique. En réalité les Libyens avaient déjà conquis de nombreux droits politiques, que les Italiens abolirent quand ils occupèrent le pays.

Le Parti socialiste, surévaluant sa propre force et ne croyant pas Giolitti (Premier ministre libéral, NdT) capable de jeter l’Italie dans une aventure coloniale, resta substantiellement immobile. Au dernier moment seulement, sous la pression des cercles ouvriers et de jeunesse, la direction du PSI proclama une grève générale le 27 septembre 1911. Tout en recommandant cependant qu’elle fût « digne et posée ». En réalité, depuis longtemps déjà, de notoires représentants socialistes étaient devenus des soutiens du colonialisme. Giovanni Pascoli (célèbre poète de la fin du 19ème et début du 20ème siècle, NdT) écrivait : « L’aspiration de l’expansion coloniale ne contraste pas avec mon socialisme ». Et, la guerre pour la conquête de la Libye étant commencée, il annonçait : « la grande prolétaire s’est mise en marche » pour donner du travail à ses enfants, pour « contribuer à l’humanisation et à la civilisation des peuples ».

Une énonciation avant la lettre du concept de « guerre humanitaire », qui est aujourd’hui à la base du martèlement de propagande médiatique en faveur de l’attaque contre la Libye. La motivation est encore celle de libérer le peuple libyen, dans ce cas non pas de la barbare domination turque, mais de celle du dictateur Kadhafi, pour lui ouvrir la voie vers le développement politique et économique avec la contribution du travail italien. Et aujourd’hui bien plus qu’en 1911, on a une « gauche » qui appuie la guerre. Et un secrétaire du PD (Partito democratico) qui affirme : « L’article 11 de la Constitution répudie la guerre comme solution des controverses internationales, mais certes pas l’usage de la force pour des raisons de justice » .

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Cameron et Sarkozy, libérateurs de la Libye

L’attaque et la résistance

La guerre de 1911 fut longuement préparée, en infiltrant des agents secrets en Libye avec une double mission : recueillir des informations militaires et recruter des chefs arabes disponibles pour collaborer. L’attaque décidée, l’Italie utilisa son écrasante suprématie militaire : plus de 20 cuirassés et autres navires de guerre bombardèrent Tripoli sans subir aucun dommage, puisque leurs canons avaient une portée beaucoup plus grande que celle des vieux canons de défense de la ville. On utilisa aussi l’aéronautique, qui le 1er novembre effectua en Libye le premier bombardement de l’histoire.

Mais immédiatement après le début du débarquement du corps d’armée expéditionnaire, fort de 100 000 hommes, éclata une révolte populaire et plusieurs soldats italiens furent massacrés. Les Italiens déchaînèrent une véritable chasse à l’arabe : en trois jours environ 4 500 furent fusillés ou pendus, dont 400 femmes et de nombreux enfants. Des milliers furent déportés à Ustica et dans d’autres îles, où quasiment tous moururent d’épuisement ou de maladies. Ainsi commençait l’histoire de la résistance libyenne.

En 1930, sur l’ordre de Mussolini, furent déportés du haut-plateau de Cyrénaïque environ 100 000 habitants, qui furent enfermés dans une quinzaine de camps de concentration le long de la côte.

Pour exterminer les populations rebelles, l’aéronautique utilisa aussi des bombes à l’ypérite, interdites par le récent Protocole de Genève de 1925. La Libye fut pour l’aéronautique de Mussolini ce que Guernica fut en Espagne pour la luftwaffe de Hitler : le terrain d’expérimentation des armes et techniques de guerre les plus meurtrières.

En 1931, pour isoler les partisans conduits par Omar al-Mukhtar, on fit construire par le général Graziani, sur la frontière entre Cyrénaïque et Égypte, une barrière de fil de fer barbelé large de plusieurs mètres et longue de 270 kms, surveillée par des aéroplanes et par des patrouilles motorisées. Omar al-Mukhtar fut capturé et pendu le 16 septembre 1931, à plus de 70 ans, dans le camp de concentration de Soluch, devant 20 000 prisonniers.

On retrouve de significatives analogies dans la guerre actuelle. Celle-ci aussi a commencé par l’infiltration d’agents secrets et le recrutement de chefs arabes disponibles à collaborer. Cette guerre aussi est conduite avec une écrasante supériorité militaire : les forces aériennes USA/OTAN, dont font partie les forces italiennes, ont effectué depuis le 19 mars plus de 10 000 missions d’attaque, larguant environ 40 000 bombes, détruisant plus de 5 000 objectifs sans subir aucune perte. Et l’objectif de la guerre demeure celui d’occuper un pays dont la position géostratégique, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient, est de première importance. Aujourd’hui, surtout, pour les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui avec la fin de la monarchie du roi Idris perdirent les bases militaires que celui-ci avait concédées à la Libye et qu’ils cherchent maintenant à retrouver. Reste cependant à voir quelle sera la réaction du peuple libyen à ce qui se profile comme une nouvelle occupation d’allures néocoloniales.

Qui sait si le président Napolitano —persuadé que l’Italie, aujourd’hui ferme gardienne de la paix, a laissé derrière elle les sombres années du bellicisme fasciste— célèbrera aussi, après le 150ème anniversaire de l’unité nationale, le centenaire de la première guerre de Libye. Pour comprendre non pas tant ce que fut alors l’Italie mais ce qu’elle est aujourd’hui.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

23/08/2011

Pour tous ceux qui veulent suivre les VRAIS nouvelles de tripoli et du guide en live de tripoli en temps réel – c’est ici !

Libya Liberal Youth to publish the facts for Libya tomorrow

https://www.facebook.com/pages/Libya-Liberal-Youth-to-publish-the-facts-for-Libya-tomorrow/135809009826863?sk=wall

OPERATION FREE LIBYA

http://www.facebook.com/pages/OPERATION-FREE-LIBYA/190181814336699?sk=app_45439413586

YOUTUBE

http://www.youtube.com/user/ThePlot911

http://www.youtube.com/user/GlobalResearchTV?ob=5

10/08/2011

Thomas Sankara – Discours Sur La Dette (Sommet OUA, Addis Abeba Partie 1/2)

The Speech On Debt in Addis Abeba [OUA Summit] (subtitle in english) Le discours africain du siècle (29 Juillet 87) , ce discours la meme qui aurait pu chang…

21/07/2011

Calixte Belaya: Appel pour une Adhésion au M.A.F

Merci, chers amis.

J’espère que vous serez nombreuses et nombreux à avoir le courage de tirer votre bulletin, de le remplir et de me le renvoyer au 9, rue Roger Gobaut – 93 500
Pantin.

Comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, les clefs de la prison de Laurent Gbagbo sont à Paris et non à Abidjan.

Comme vous êtes sans l’ignorer, l’UMP et le PS ont pas plus tard qu’aujourd’hui, voté pour la continuité des guerres en Afrique, notamment en Libye.

Comme vous êtes sans l’ignorer, s’ils se permettent d’aller nous bombarder, c’est parce que s’il est vrai que les Africains descendants, sont évalués à 10
millions de personnes, ils ne sont pas organisés au sein d’un grand Mouvement fort, car seul le lobbying dans ce pays est respecté.

Comme vous êtes sans l’ignorer l’UMP et le PS qui décident de l’avenir de la Côte d’Ivoire, de la Libye et bientôt du Cameroun et d’autres pays Africains cumulent
à eux deux moins de 400 000 personnes.

Si demain, UN MILLION D’AFRICAINS DESCENDANTS, D’AFRICAIN-FRANCAIS, D’AFRICAINS adhèrent au sein de le M.A.F., Mouvement des Africain-
Français, nous serons la PREMIERE FORCE POLITIQUE DE LA FRANCE et ALORS, ils seront obligés de nous écouter.

Je vous encourage à continuer à organiser des conférences, à continuer d’organiser sans cesse des MARCHES !

MAIS LA VERITABLE manière de frapper, c’est que avant la fin de l’année, nous soyons 1 MILLION au sein du MAF !

Et cela est possible, si chacune et chacun d’entre nous adhère, indépendamment de ses activités politiques par ailleurs.

C’est possible, si chacun d’entre nous y fait adhérer ses amis, ses enfants, son compagnon, sa compagnre, ainsi que toute personne susceptible de l’aider.

C’est POSSIBLE DE SE FAIRE ENTENDRE ! C’EST POSSIBLE DE NOUS FAIRE RESPECTER grâce au MAF

Bises à tous !

“Calixthe Beyala”

12/07/2011

Message de l’ex-président Lula à ses homologues Africains : Cessez de baisser votre pantalon devant les occidentaux.

L’EX PRESIDENT BRESILIEN LULA HUMILIE LES PRESIDENTS AFRICAINS AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

Suivant l’exemple de l’amerique Latine , l’Afrique devrait decider de prendre sa vrai independance qui est aux mains des occidentaux , Le continent Africain qui est riche de gisement mineral et de terre fertile , aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance economique planetaire , mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre. ce sont les parole de l’ex -president bresilien LULA DA SILVA ,qui etait la semaine dernière en Guinée equatoriale pour la reunion des chef d’etats Africains .

Lula a invité les chef d’etat à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois , en libye et en cote d’ivoire : l’interference de la France et des etats unis constitue un sérieux danger pour la souveraineté Africaine et pour les futures générations.

durant l’assemblée generale sur le role des jeunes africains, une session detachées de la reunion avec theme la crise libyenne, Lula a accusé les chefs Africains d’ètre avides , d’assoifés de pouvoir , de trahir leurs propres pays et surtout d’ètre des servants de l’occident ! qui saccagent le continent noir et déciment sa souveraineté. La devise de ces chefs d’etats étant : “chacun pour soi , Dieu pour tous” ne portera loin l’Afrique,Il faut le sens de responsabilité, d’humilité,de dignité et d’Unité pour bien gouverner ! critiquant le fait que les leaders africains qui sont arrivés au pouvoir par un coup d’état ou pour le vouloir des puissances occidentales .Il a ensuite critiqué et denoncé le monopole des 5 pays du monde. ajoutant que: L’UNION AFRICAINE a 1,4 milliard d’habitants, l’AMERIQUE LATINE 400 000 d’habitants et que c’est inconcevable que les USA, LA FRANCE,LA CHINE,LA RUSSIE ET LA GRANDE BRETAGNE dictent la loi au conseil de securité de l’ONU !!!! surtout que la crise ecomìnomique mondiale provient des etats unis .

et il a deploré le fait que l’UNION AFRICAINE soit financé seulement par 5 pays africains et le reste par des dons occidentaux.Par consequent, Pour cela , L’UA ne peut pas faire les interéts de l’Afrique et avoir un poids au niveau international . C’est cette mème U.A qui legitime les coups d’ètats,les rebellions ou actions illegales pour l’obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections .Beaucoup de chefs d’etats presents avaient la tète basse à qui il a réitéré l’invasion Francaise dans le continent noir ! LA FRANCE nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d’ètre leurs colonies . avec des interferences dans les affaires internes des pays africains ! c’est clair la reference avec le cas de la Cote d’Ivoire, où Paris avec l’utilisation de la force a enlevé le president GBAGBO pour mettre à son poste ouattara.

Si pour la Cote d’Ivoire ,rien a été fait pour arréter le coup d’état ,l’union Africaine peut demander le cessez le feu immediat en LIbye. en soutien s’est ajouté le president Jacob zuma, un des chefs opposants qui tient tète à l’occident disant qu’ils n’ont pas le droit d’assassiber KADAFI.

Un silence d’ombre dans la salle de l’UA où les présidents qui sont les talons de l’occident étaient nombreux en occurence ABDOULAYE WADE du Senegal qui a sejourné à Benghasi pour reconnaitre le gouvernement des rebelles , BLAISE COMPAORE du Burkina Faso qui ha soutenu la rebellion de OUATTARA en Coted’Ivoire contre GBAGBO, YOWERI MUSEVENI de l’Uganda qui combat les AL Shabaab en Somalie , PAUL KAGAME du Rwanda qui saccage pour le compte de l’occident et puis SASSOU N’GUESSO du Congo Brazzaville , IDRISS DEBY du TCHAD,PAUL BIYA du Cameroun, FAURE GNASSINGBE du togo,ODINBA ALI BONGO du Gabon et le dernier récruté qui s’est ajouté à la dependance des des puissances de l’oppression est ALLASSANE OUATTARA de la cote d’ivoire !

TEXTE EN ITALIEN ENTIEREMENT TRADUIT EN FRANCAIS  PAR KOUAME CELESTIN N’BRAH

LE LIEN D’UN JOURNAL OFFICIEL ITALIEN :WWW.rinascita.eu

by Lendo Kumbu

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