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16/05/2011

Peter Erlinder Responds To ICTR’s Sanction

Source : AfrobeatRadio

Judges at the International Criminal Tribunal for Rwanda in Arusha Tanzania have removed Peter Erlinder, law professor at William Mitchell College of Law in Minnesota, and defense counsel for a major Rwandan genocide suspect, Maj. Aloys Ntabakuze. Mr. Erlinder was removed because he refused to continue the case. Mr. Erlinder said he did not appear because he feared his life would be in danger from the Rwandan government. Tribunal spokesman, Roland Amoussouga, called Mr. Erlinder’s claims an “excuse” and his conduct “unprofessional.” “He is no longer a counselor in the tribunal here,” and that “He has no standing.”

AfrobeatRadio’s Wuyi Jacobs spoke to Peter Erlinder:

Transcript:

AR/Wuyi Jacobs: How would you responds to the ICTR sanctions on you for not returning to Arusha, Tanzania?

Professor Peter Erlinder in handcuffs in a Kigali courtroom, with Kennedy Ogetto, the Kenyan ICTR lawyer who flew to Kigali to defend him when he was arrested after flying there to defend Victoire Ingabire Umuhoza.

Peter Erlinder: Well, I believe that returning to Arusha puts my life in danger or my liberty at danger and I asked for security, and assurances from the Rwanda government that my safety will be protected through the United Nations, and, they weren’t able to provide me with that. But even if I had been provided with that, I continue to suffer psychological reactions to my detention in Rwanda, and I am not sure I could’ve functioned well as lawyer for my client.

I requested that the tribunal allow me to appear for the four hours, this is only four hours after eight years of this trial, keep in mind, to allow me make my final argument by video. The tribunal has allowed many witnesses to appear by video. It’s a very common thing. Or to allow me to make the arguement in the Hague, which is where the Appeals chamber is based. They denied that, insisted that I appear in person, which is, I think putting my life at risk.
They also denied postponing the hearing until June, which is when my co-counsel, who doesn’t face the same threats that I do, could have been able to make the arguement. He had been ill, and had actually been in an accident. Or to allow me to replace him with another lawyer who would also not be under threat. So it’s not just a question of my not appearing there, it’s the court not being willing to accept any of the other alternatives that will not require me to place my life at risk.
I also have to add, that my client waived my appearance at the hearing and was willing to go forward himself because he’s been found not guilty of fully ninety-five percent of the charges against him, and there are four rather small incidents remaining in the case. We’ve had them fully briefed. He shouldn’t have been convicted of them because they’re incidents that were not charged in the indictment. And he waived my presence at the hearing and was prepared to go forward himself, but the chamber will not permit him to do so.

AR: What is the impact of this sanction on the case?

Peter Erlinder: The impact on the case is likely not to be very much at all. It’s, as I mention, a four hour oral argument and for relatively minor issues after eight years of trial.

02/04/2011

TPIR/NZABONIMANA – Un avocat français accuse le procureur de “collusion” avec Kigali

Arusha, 29 mars 2011 (FH) – Un avocat français au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a mis en doute mardi la probité du procureur de la juridiction, l’accusant de « collusion » avec les autorités rwandaises.

Membre du barreau de Paris, Vincent Courcelle-Labrousse défend l’ex-ministre de la Jeunesse Callixte Nzabonimana, poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité.

L’avocat a présenté mardi à la chambre « des documents démontrant que le procureur avait remis de l’argent aux autorités rwandaises pour qu’elles le reversent aux témoins » de l’accusation dans le procès de Nzabonimana.

Il a indiqué que ces pièces lui avaient été longtemps cachées par la partie adverse avant de lui être communiquées lundi.

« Le procureur a confié aux autorités rwandaises la gestion financière des témoins à charge dans ce dossier », a accusé le plaideur, dénonçant « une collusion inadmissible ».

« Il est clair que dans l’esprit des témoins (ayant reçu cet argent), il y a (une communauté) d’intérêts et une identité de pouvoirs entre le procureur du TPIR et les autorités rwandaises », a encore assené Me Courcelle-Labrousse.

Dans l’une de ces pièces, une autorité administrative de Gitarama -la préfecture d’origine de l’accusé- reconnaît avoir reçu de « Adamou Allagouma, enquêteur du TPIR, la somme de 245.000 francs rwandais pour le traitement des témoins». Datée du 25 août 1998, la pièce est signée par Immaculée Mukamasabo, sous-préfet chargée des Affaires socio-culturelles à Gitarama, et porte le tampon de la République rwandaise.

« Quelle est l’intégrité de cette accusation dont les témoins passent à la caisse de la préfecture de Gitarama ? », a demandé l’avocat qui ne cesse d’affirmer que les témoignages contre son client ont été inventés de toutes pièces.

Il a annoncé qu’il allait déposer une requête écrite pour développer tous ses arguments et demander à la chambre de prendre des décisions à ce sujet.

Au nom du bureau du procureur, c’est Paul Ng’arua qui a réagi. « Il ne faudrait pas donner l’impression que nous avons tenté de corrompre les témoins. Le fait que les documents existent prouve la bonne foi du procureur », a-t-il déclaré. « Nous présenterons des arguments solides le moment venu. Il ne faudrait pas que les gens partent avec l’impression que le procureur est malhonnête », a poursuivi M.Ng’arua. Le magistrat kenyan a nié avoir tenté de cacher ces pièces à la défense. « Ces documents datent de 1998, il a fallu de la recherche, et quand nous les avons reçus, nous les leur avons communiqués », a-t-il expliqué.

Poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, Nzabonimana est présenté par le procureur comme le principal instigateur des massacres dans sa préfecture natale de Gitarama. Ce que nie l’ancien dignitaire.

 

ER/GF

© Agence Hirondelle

15/09/2010

Charles Onana : L’Afrique centrale pourrait connaître le scénario rwandais

Charles Onana : L’Afrique centrale pourrait connaître le scénario rwandais

A la suite de la conférence, très courue, qu’il a donnée le 10 septembre dernier à Yaoundé, le journaliste et essayiste franco-camerounais qui s’est illustré ces 10 dernières années sur ses enquêtes sur le Rwanda et les conflits dans les Grandes Lacs, met en exergue la «stratégie» mise sur pied pour déstabiliser la zone Afrique centrale en passant par le Rwanda.

Au moment où vous teniez votre conférence à Yaoundé, Paul Kagamé, le président rwandais, menaçait les Nations Unies de retirer ses troupes du Darfour si l’organisation mondiale venait à publier son rapport qui accuserait son armée de pires exactions au Congo. Etait-ce le prétexte de votre prestation à Yaoundé, ou un simple hasard de calendrier ?
Je peux dire que c’est juste une coïncidence de calendrier : lorsque j’ai été invité par le journal Mutations pour cette conférence au Cameroun, personne ne savait qu’on allait avoir des fuites dans le journal Le Monde sur le rapport de l’Onu en Rdc. La pression que fait Paul Kagamé de retirer ses troupes du Darfour si l’Onu publiait ce rapport est inacceptable ! Ce dont il est question, aujourd’hui, ce sont des millions de morts au Congo et le pillage des ressources dans ce pays.

Je suis ravi que le rapport des Nations Unies confirme mes investigations sur le Congo. M. Kagamé, s’il n’a rien à se reprocher, pourquoi fait-il du chantage à l’Onu ?
Quelle est la crédibilité des procès sur les génocidaires menés par le Tribunal pénal international d’Arusha sur le Rwanda ?
Pour avoir eu des confidences de Carla Del Ponte à l’intérieur de ce tribunal, je peux conclure aujourd’hui que ce tribunal est une véritable mascarade judiciaire. Il y a certes des juges qui sont honnêtes dans ce tribunal et qui essaient de faire leur travail. Comment pouvez-vous expliquer que seuls les Hutus sont devant ce tribunal, et qu’aucun criminel Tutsi ne s’y retrouve ? Les événements de 1994 impliquent à la fois l’armée rebelle Fpr et l’armée gouvernementale de Habyarimana, mais il n’y a que les Hutus dans ce tribunal. Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que dans la mission du Tpir, il y a la réconciliation nationale. Comment pouvez-vous tendre à cela, si vous n’accusez qu’un groupe au détriment de l’autre ?

Est-ce pour cette raison que vous considérez que le génocide est le plus grand mensonge sur l’Afrique ?
Tout à fait ! C’est l’un des plus grands mensonges et l’une des plus grandes manipulations de l’Afrique du XXème siècle. On nous a fait croire que le génocide du Rwanda avait été planifié par les Hutus. Au jour d’aujourd’hui, on constate qu’il n’y a personne, au Tpir, qui a été condamné pour avoir planifié le génocide. On constate en même temps qu’en 2005, il y a un rapport interne et confidentiel des Nations Unies qui montre qu’il n’y a aucun début de commencement de preuve sur la planification du génocide. Ce que l’on ne veut pas dire, c’est qu’il s’agit d’un coup d’Etat pour renverser le président en exercice, Juvénal Habyarimana, au profit de Paul Kagamé, qui a bénéficié de la mort du président Habyarimana.
C’était une façon de mettre en place une stratégie qui permette à Paul Kagamé de mettre sur pied une base arrière pour la conquête des minerais, notamment l’uranium et le coltan au Congo. Ce qui, aujourd’hui, démontre clairement que l’ensemble des multinationales qui travaillent sur le coltan, l’achètent à vil prix au Rwanda ; ce pays est devenu un exportateur du coltan et de l’or, alors qu’il n’a pas du tout ces minerais dans son sous-sol. Voilà la mission qui a été dévolue à M. Kagamé et à son gouvernement. Ceci est très dangereux pour l’Afrique centrale, parce que les pays pétroliers de la sous-région vont forcément être menacés comme le Congo, si leurs dirigeants ne font pas attention.

Certains estiment que les conflits, dans les Grands Lacs, c’est davantage une bataille géopolitique et géostratégique…
C’est une bataille géopolitique intense dans laquelle vous avez des Français, des Anglais et des Américains. Ces derniers sont très nerveux, et veulent reprendre l’ancienne chasse gardée de la France. Vous avez également les Chinois, qui arrivent de façon très organisée et qui s’implantent solidement en Afrique. Tout cela fait que le gâteau va devenir petit, pour ceux-là qui avaient tout gratuitement et facilement. Il va donc falloir négocier.
Pour éviter de se retrouver dans des situations de négociations, on crée l’instabilité parce que, dans ce genre de situation, il n’y a pas d’Etat pour organiser le commerce des matières premières et, avec les guerres, on peut plutôt vendre des armes, faire des trafics… empêcher des révoltes populaires parce que les gens sont plutôt attachés à leur sécurité.

Vos écrits sont très souvent axés sur le régime Kagamé. Ne craignez-vous pas qu’à un moment, votre opiniâtreté apparaisse comme un conflit de personnes avec le président rwandais ?
J’ai toujours dit que, si c’était le président Kagamé qui avait été victime d’un attentat le 6 avril 1994, j’aurais fait exactement la même enquête. Quand je commençais mon enquête, je ne savais pas que c’était le président Kagamé qui était responsable de cela. Je ne savais pas qu’il voulait, plus tard, piller les ressources du Congo. Les arguments que j’avance, ils sont les uns après les autres indestructibles. Dans cette histoire, je suis tout simplement attaché à ce que les Africains comprennent qu’il ne faut pas sous-estimer ce qui est en train de se passer.

Comment cela ?
En 2004, quand j’ai écrit mon livre, les Congolais avaient sous-estimé ce qui était en train de se passer dans leur pays avec l’armée rwandaise. Quelque 10 ans après, ils se retrouvent avec 6 millions de morts. Et ce n’est pas terminé. Aujourd’hui, par exemple, le Cameroun a de nombreux réfugiés hutus. Les réfugiés hutus, pour le Rwanda, ont été un prétexte pour attaquer militairement le Congo. Je ne veux pas que le Cameroun se retrouve dans la même situation que le Congo. Je ne veux pas que d’autres pays en Afrique centrale, à l’exemple du Congo Brazzaville, qui a également des réfugiés hutus, se retrouvent dans cette même situation.

Doit-on penser qu’il existe une stratégie de conquête de l’Afrique centrale, soigneusement préparée par le Rwanda ?
Je pense plutôt à une volonté de coloniser l’Afrique centrale sous le régime de Paul Kagamé, ou, en tout cas, sous le pouvoir qui lui ressemble. C’est sur cela que je veux attirer l’attention des gens dans la région pour leur dire : ce qui se passe a été réfléchi, pensé et la stratégie qui est sur le terrain vous le démontre tous les jours, y compris avec les voyages politiques. Vous ne voyez pas, par exemple, les mêmes voyages politiques faits vis-à-vis d’autres dirigeants africains qu’on menace plutôt d’emprisonner ou d’arrêter. Je veux tout simplement que les Africains comprennent le jeu qui est en train de se dérouler sur leurs têtes. C’est un jeu très complexe mais très efficace.

La France a récemment envoyé des juges pour enquêter sur l’attentat du 06 avril 1994…
Les avocats des veuves françaises ont déposé une plainte en 1997, et cette plainte suit son cours. Les avocats veulent savoir la vérité, et M. Sarkozy est dans une situation où il veut, d’un côté, reprendre les relations diplomatiques avec le Rwanda, et de l’autre, il est obligé de se rendre compte que les juges français doivent quand même faire leur travail. Le départ du juge ne va pas, en ce qui me concerne, apporter des révélations sur la question. Mais j’ose simplement espérer que le fait d’aller voir le lieu de l’attentat, de faire une expertise balistique, permettrait tout simplement de confirmer un certain nombre de choses sur le plan technique que l’on sait déjà et de faire connaître la vérité.

Pensez-vous que cette vérité finira par être connue ?
Elle est déjà connue, à travers mes ouvrages, qui sont confirmés par des enquêtes judiciaires. Ce qui manque, c’est la reconnaissance officielle de cette vérité. On en est là. Ce n’est pas que les gens ne savent pas ce qui s’est passé. Aujourd’hui, on le sait. Dans le cas de l’assassinat de Patrice Lumumba, les Africains ont attendu de longues années pour savoir ce qui s’est passé. Mais aujourd’hui, je ne veux pas que les Africains attendent 50 ans pour savoir pourquoi Habyarimana a été tué, et qui l’a assassiné.

Les Nations Unies développent la thèse du camouflage de l’attentat de Habyarimana, qui est en fait le déclencheur du génocide…
C’est les Nations Unies qui disent que l’attentat est le déclencheur du génocide. Comment peuvent-elles le dire et ne pas vouloir parler de l’attentat ? Il y a une contradiction !

Le génocide a eu lieu sous Boutros Boutros Ghali, comme secrétaire général de l’Onu. Koffi Annan, qui l’a remplacé, a été accusé de camoufler des éléments. La responsabilité des Africains est-elle ainsi engagée dans cette affaire?
Boutros Boutros Ghali n’avait pas accepté de marcher dans la combine américaine, mais celui qui était son collaborateur le plus étroit chargé des opérations de maintien de la paix a eu une promotion : il est devenu Sg de l’Onu et vous savez qu’aux Nations Unies, les nominations par continent sont des nominations rotatives. Mais pour une fois, l’Afrique a eu successivement à trois reprises la tête du Secrétariat général de l’Onu, puisque le mandat de Koffi Annan avait été reconduit. Au passage, M. Annan a eu le prix Nobel de la paix, mais je ne me souviens pas d’un conflit qui lui a valu de recevoir ce prix. Dans le conflit qu’il a vraiment géré, celui du Rwanda, il n’y a personne qui mérite d’avoir eu un prix Nobel de la paix.

Qu’est-ce qui motive votre passion pour le Rwanda ?
C’est tout simplement que je veux partager, avec le public, 10 années de travail difficile, de recherches approfondies et d’échanges avec des gens du département d’Etat américain. J’ai eu des confidences du procureur Carla Del Ponte, et je pense que j’ai quand même assemblé, pendant toutes ces années, des informations inédites venant de sources variées. Garder tous ces éléments pour moi n’a aucun sens, aucun intérêt. C’est pour cela que je mets ces éléments à la disposition du public pour que, demain, les gens ne se disent pas qu’ils ne savaient pas. Ce qui pêche beaucoup, dans le continent africain, c’est l’ignorance des grandes stratégies internationales et la compréhension intime de la dimension géopolitique. Je souhaite qu’ils aient un décodeur pour mieux analyser la situation. Ils ne doivent pas rester comme des téléspectateurs sans décodeur, devant une chaîne cryptée.

Entretien mené par Dorine Ekwè

17/07/2010

ICTR Defense Lawyers Condemn Murder of ICTR Lawyer Mwaikusa: Continuing Threats from Rwandan Government

July 16 –ARUSHA, TZ –The Bureau of the ICTR Association des Avocats de la Defense (ADAD), notes with sadness and alarm the murder of our ICTR colleague University of Dar es Salaam Law Professor Jwani Mwaikusa, who was shot to death at his home on July 14. Professor Mwaikusa had recently prevented the transfer of ICTR defendants to Rwanda on “lack of fair” trial grounds, and recently annnounced the appeal of his client’s July 3 conviction.

Our colleague’s murder is not an isolated incident. Within the past month, a prominent Rwandan opposition journalist was also shot to death in front of his home; a former Rwandan general survived an apparent assassination attempt in South Africa, where he is seeking asylum; the de-capitated body of the Rwandan Green Party Vice-president was found near his car two days ago, and, the Green Party’s President has been publicly threatened with assassination.

Hundreds of potential opposition candidates and supporters have been arrested or disappeared. Presidential candidate Victoire Ingabire was arrested on “genocide denial” charges for suggesting that both Tutsi and Hutu were victims during the 1990-94 civil war and genocide, as were her Dutch, U.S. and Rwandan lawyers.

The murder Dr. Mwaikusa also follows the illegal arrest of other lawyers representing alleged opponents of the Rwandan government. U.S. Law Professor Peter Erlinder on “genocide-denial” criminal charges, arising from his work in the ICTR Military 1 Trial, which acquitted four senior military officers on “genocide conspiracy” charges in February 2009, and his representation of Madame Ingabire. After Erlinder’s arrest, ICTR defense lawyers refusing to participate in proceedings and he was released in June after an international campaign.

But, the Rwandan government continues to refuse to recognize UN-granted immunity for Erlinder or other ICTR defense counsel. ICTR defense lawyer Peter Robinson (a former Assistant U.S. Attorney) has notified the court that meaningful defense of ICTR clients is not possible and he has asked to withdraw. Other ICTR defense attorneys are considering similar measures.

Rwandan government threats to ICTR defense counsel are also not isolated incidents. In 2006 ICTR defense lawyer Me. Gakwaya was arrested on a Rwandan “genocide” warrant when he arrived at the ICTR and he was forced to end his ICTR work. Many other defense team members have also been forced to give up the ICTR work, because of threats or arrest by the Rwanda government. The charges against Erlinder, the Mwaikusa murder and continuing threats against ICTR defense teams make in clear that ICTR defense team members cannot take their safety for granted anywhere in Africa.

In addition, during the past-2 months credible media reports have documented the systematic withholding of evidence helpful to the defense by the ICTR Prosecutor, which further deepens our concern because only the losing side in the Rwanda civil war has been prosecuted at the ICTR. The ADAD Bureau is deeply concerned that the impossibility of meaningful defense at the ICTR has now made the legitimacy of the ICTR, itself, an open question.

The ADAD Bureau calls on the UN Security Council to ensure the safety of ICTR defense teams, to undertake an independent of the Mwaikuza murder, and to re-establish the integrity of the Tribunal by fully disclosing evidence of crimes committed in Rwanda in 1994 by both the former and the current government of Rwanda. .

04/07/2010

Brutal décés de Joseph Nzirorera

Agence Hirondele

Joseph Nzirorera, 59 ans, ancien secrétaire général du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), en procès pour génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), est décédé le 1er juillet à Arusha.

Selon un communiqué de presse publié par le TPIR, “il est décédé des suites de la soudaine complication d’une longue maladie”.

Joseph Nzirorera était jugé conjointement avec deux autres anciens dirigeants du MRND, Mathieu Ngirumpatse et Edouard Karemera. Inculpés de crimes de génocide et de crimes contre l’humanité, les trois hommes répondent essentiellement d’exactions perpétrées en 1994 par des membres du parti, en particulier les jeunes.

Le procès avait déjà été longuement paralysé par le passé par le mauvais état de santé de Mathieu Ngirumpatse, ancien président du MRND.

Suite à un malaise de Joseph Nzirorera, les auditions avaient cette fois été suspendues en plein milieu de la déposition, jeudi matin, du plus célèbre des détenus du TPIR, l’ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora, condamné à la prison à vie en première instance.

Le TPIR a annoncé le décès de Joseph Nzirorera quelques heures plus tard.

01/06/2010

ICTR DEFENCE COUNSEL CALLS FOR IMMEDIATE RELEASE OF AMERICAN LAWYER

Arusha, May 31, 2010 (FH) – Vincent Courcelle-Labrousse, French defence Counsel at the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR) Monday expressed his support for the efforts being made by lawyers to secure immediate release of American Professor Peter Erlinder, now in custody in Rwanda for accusations related to negation of 1994 genocide.

The American lawyer arrested last Friday had been in Kigali for a week to be part of the opposition leader Victoire Ingabire’s defence team. The lady, who is an opponent to Paul Kagame’s regime, is charged for negation of genocide, collaboration to a terrorist organization and spreading ethnic division.

‘’We support solidarity of all lawyers who are working for the release of Peter Erlinder,” the French lawyer told the Chamber at the beginning of the session in the defence case of Callixte Nzabonimana, former Rwandan Youth Minister in 1994, now facing charges of genocide at the UN Tribunal. Courcelle-Labrousse is the accused lead defence counsel.

He alleged that the Professor was arrested for a lecture he made in a conference in Brussels recently and for his publications on genocide and not for what he did in Rwanda of late. ‘’He did not utter any words in Rwanda which amounts to the charges leveled against him” he told the Chamber presided by Ugandan Judge Solomy Balungi Bossa.

The counsel also said that he was himself detained in Rwanda in 2008 together with his investigator for 12 hours. ‘’Our investigator had to flee Rwanda even if the trial was not yet over. We have an impression that our team is being monitored or tailed in Rwanda,” he lamented.

Responding to Mr. Courcelle-Labrousse, ICTR Senior Trial Attorney Kenyan Paul Ng’arua  blamed the defence team for using the event to narrate their own story.

‘’Counsel for Nzabonimana had not yet filed any notice that he had been harassed by Rwandan authorities,” he said adding ‘’It is a crime in Rwanda to deny genocide just as is the case in Germany for any one who denies holocaust. Who ever does that will be arrested regardless of being a lawyer, a doctor or anybody.”

Shortly before the hearing commenced Presiding Judge Bossa said ‘’We note submission provided by both parties on the arrest.” She also asked the defence to immediately inform the Chamber in case they face any problem in the course of their trial.

The Chamber then continued with the hearing of cross examination of a defence witness and former Rwandan mayor, Jean Marie Vianney Mporanzi.

Professor Erlinder is President of the ICTR Defence lawyers association in Arusha and defence counsel for former Rwandan major Aloys Ntabakuze, who has been sentenced to life imprisonment by ICTR and is now waiting for his appeal hearing.

NI/ER/GF

© Hirondelle News Agency

08/04/2010

Les détenus du TPIR parlent lors de la 16ème commémoration de la tragédie rwandaise de 1994

Communiqué de presse des détenus du TPIR en commémoration de la tragédie rwandaise de 1994.

« …prendre un marteau,frapper une mouche, tuer la mouche avec un marteau, nous n’hésiterions pas à lefaire! » Président Kagame, le 25 mars 2010.

C’est sur cette tonitruante déclaration du Président KAGAME que les détenus du Tribunal Pénal International sur le Rwanda abordent le SEIZIÈME anniversaire de la tragédie rwandaise, déclenchée le 06 avril 1994 par l’attentat contre l’avion du Chef de l’Etat et la reprise unilatérale et généralisée des hostilités par le Front Patriotique Rwandais pour la conquête du pouvoir au Rwanda par les armes.

Cette déclaration du Président KAGAME est un éloquent témoignage du climat de terreur et d’intimidation dans lequel vit le peuple rwandais depuis 16 ans sous l’innommable dictature du FPR.

Ces propos, empreints d’une cruauté légendaire mais ovationnés par les deux chambres du Parlement du FPR, laissent présager que le régime en place concocte une tragédie envers le peuple en cette année électorale.

Aussi les détenus du TPIR en appellent-t-ils à la vigilance de la communauté internationale.

Les détenus constatent avec amertume que le TPIR, à l’aube de sa fermeture confirmée, n’a fait que garantir l’impunité au FPR. Son bilan au bout de seize ans d’activités aura été celui d’un tribunal du vainqueur.

Le FPR a récemment tenté de se disculper de ses responsabilités dans l’attentat terroriste contre l’avion du Président HABYARIMANA à travers le rapport MUTSINZI. Mais ce ne fut qu’un coup d’épée dans l’eau. Le FPR n’a fait qu’en rajouter à la crédibilité du rapport du Juge français Jean Louis BRUGUIERE, comme le démontrent les personnalités indépendantes ayant analysé ce rapport ainsi que les détenus dans leur réaction du 18 février 2010.
Il est plus que temps que les auteurs de cet attentat et d’autres graves violations du droit international humanitaire commises au Rwanda en 1994 en répondent devant la Justice.

Les détenus présentent leurs condoléances les plus attristées aux victimes de la tragédie rwandaise de 1994, de toutes les ethnies et régions du Rwanda.

Ils renouvellent leur profonde sympathie aux Pays ayant perdu leurs ressortissants dans la tragédie rwandaise, ainsi qu’aux victimes des guerres du FPR qui ravagent la région des Grands lacs africains depuis 1990.

Le FPR reproche à la communauté internationale d’avoir abandonné le Rwanda alors que c’est bien lui qui s’est opposé à l’intervention des forces étrangères au moment où le Rwanda en avait grand besoin.

Les détenus sont intimement convaincus que l’opération turquoise menée par la France au Rwanda avec l’aval de l’ONU en 1994, mérite aux yeux d’honnêtes citoyens rwandais et étrangers, plus de considération plutôt que le discrédit que lui attire une politique téméraire du FPR visant à en faire une monnaie d’échange pour échapper à la Justice.

Les détenus déplorent l’acharnement contre l’épouse du feu président Habyarimana. Les poursuites engagées contre elle, sont déplacées et cyniques car dirigées contre la victime avérée et innocente de l’attentat déclencheur de l’hécatombe rwandaise. Elles devraient définitivement cesser.

Les détenus constatent que le FPR a verrouillé l’espace politique au RWANDA, le fermant complètement à ceux qui n’accordent pas leur violon au refrain de ce front, et qui sont désormais victimes d’intimidations et de harcèlements incessants.

La communauté internationale est appelée à cesser toute louange au régime dictatorial de KIGALI dominé par les criminels du FPR. Elle devrait plutôt tout mettre en oeuvre pour que criminels du FPR répondent de leurs actes et contraindre ce régime à l’ouverture démocratique favorable à l’Etat de droit et à la vraie réconciliation des rwandais.

Les détenus en appellent à tous les acteurs de la communauté internationale à oeuvrer pour mettre au pas le régime actuel de KIGALI, en vue de favoriser l’émergence d’une vraie gouvernance démocratique, respectueuse des droits de la personne humaine et l’exercice responsable des devoirs légitimes de citoyens égaux et dignes dans leur chère patrie.

Fait à Arusha, le 06 avril 2010.

Les représentants des Détenus :

Innocent Sagahutu et Arsène Shalom Ntahobari

RWANDINFO.COM

19/08/2009

Paul Kagame, un nouveau Hitler?

Hitler_Kagame3 J’ai été très troublé par le dossier fort étoffé que m’a fait parvenir Bernard Desgagné qui accuse la Société Radio-Canada de se faire la complice de Paul Kagame, “le plus grand assassin sur terre depuis Hitler”. Il accuse notre télévision d’État de perpétuer l’histoire convenue du génocide rwandais qui, selon mon correspondant, ne serait pas du tout aussi simple que ce que l’on nous a expliqué sur toutes les ondes.

Dans son dossier, Desgagné résume que la fable véhiculée par Radio-Canada est assez simple: des extrémistes hutus fomentaient au Rwanda un génocide des Tutsis depuis des années et sont passés aux actes entre avril et juillet 1994. Selon la version officielle, Paul Kagame, chef du Front patriotique a chassé ces extrémistes du pouvoir et mis fin au génocide, devenant ainsi un grand héros. Ce qui aurait permis au même Kagame d’obtenir des milliards d’aide internationale, argent qu’il accuse d’avoir été détourné pour alimenter la “machine à tuer” qu’est L’APR (armée patriotique rwandaise).

Croire à cette histoire il y a quinze ans était normal à cause de la désinformation appuyée par la Grande-Bretagne et les États-Unis. Mais on dispose aujourd’hui d’éléments très probants qui la contredisent et qui maintiennent au pouvoir un psychopathe assassin, complice d’un massacre qui a commencé en fait en 1990 lorsque l’ARP a attaqué le Rwanda à partir de l’Ouganda, et ça se poursuit de nos jours”.

Le 18 décembre 2008, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a rejeté les quarante éléments de preuve qu’un procureur avait présentées pour démontrer qu’il y avait eu entente en vue de commettre un génocide. Toujours d’après ce dossier l’absence de preuves de planification par les supposés extrémistes du régime Habyarimana et la responsabilité probable de l’APR dans les assassinats ciblés s’ajoute à beaucoup de nouvelles informations qui contredisent la version officielle que transmet Radio-Canada.

Les témoignages recueillis par Peter Verlinden au sujet des massacres d’avril 1994 sont très importants. En effet, des témoins directs, ni hutus ni tutsis affirment avoir vu des soldats de L’APR se livreer au massacre de dizaine de milliers de civils innocents dans une seule région !

Bref, les corps qui flottaient dans les rivières, c’était l’oeuvre de l’APR”, selon ces renseignements. Il y a bel et bien eu génocide, mais il n’a pas été planifié et exécuté comme on a tenté de nous le faire croire. Comme a dit le ministre belge des Affaires étrangères, Willy Claes, “Paul Kagame est au moins en partie responsable du génocide rwandais”.

Dans sa page Web, Radio-Canada affirme que, le 6 avril 1994, l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana a été abattu “par des extrémistes hutus” et il affirme que le FPR a arrêté le génocide et que le gouvernement de Kagame y a mis fin.
Affirmations pourtant contredites par les enquêtes de la justice française et espagnole qui ont pris connaissance des preuves accumulées contre Kagame par l’enquêteur australien Michael Hourigan.

Ces massacres qui auraient fait 7 millions de morts auraient été entrepris, selon ce dossier, par l’APR qui aurait planifié le génocide et commis une bonne partie des massacres mis sur le compte des hutus, y compris l’élimination d’un grand nombre de tutsis sacrifiés pour la cause.

Je ne puis rentrer dans tous les détails, dont certains font frissonner d’horreur, mais je pense que s’il est vrai que ces crimes contre l’humanité sont demeurés impunis à cause de la complicité anglo-américaine, il y a lieu non seulement de poser des questions, mais d’exiger une enquête impartiale au niveau international afin d’inculper, s’il y a lieu, celui qu’on compare à Hitler, Pol Pot et autres fous furieux de ce monde.

Je vous incite donc fortement à prendre connaissance de ces dossiers explosifs avant d’arrêter votre opinion. L’adresse est la suivante: http://web.mac.com/bernarddesgagne/Rwanda/Accueil.html

Source

13/11/2008

Rwanda : Que cherche-t-on à nous cacher?

par Col. Luc Marchal

Le 22 septembre dernier, la chambre du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) devant laquelle sont jugés, entre autres, les anciens chefs d’état-major des Forces armées et de la Gendarmerie rwandaises, a rendu un arrêt pour le moins critique à l’égard de l’actuel procureur du TPIR, le Gambien Hassan Bubacar Jallow. Des termes aussi peu équivoques que “niveau d’intégrité” et “défaut de diligence” rappellent au procureur son devoir d’aider la chambre à découvrir la vérité concernant les allégations contenues dans l’acte d’accusation et à rendre justice à la communauté internationale, aux victimes et aux accusés.

De quoi s’agit-il ? Le règlement du TPIR impose au procureur l’obligation de communiquer aux avocats des inculpés tout élément pouvant être utile à leur défense. Or, dans le procès dit “Militaires II”, il s’avère que, depuis 1997 déjà, des témoignages en faveur des inculpés ont été retenus à dessein par le procureur. Implicitement, l’arrêt de cette chambre du TPIR ne met pas uniquement en cause l’actuel procureur, mais l’ensemble du personnel de son administration ainsi que les trois procureurs précédents. Soyons très clair, il n’est pas seulement question de négligence ou de lenteur dans la transmission de certains témoignages utiles à la défense des inculpés, mais bien d’une volonté délibérée de les escamoter ni plus ni moins. En effet, ces témoignages, qui aujourd’hui sont en possession des équipes de défense, ont tout simplement été retirés de la circulation, comme s’ils n’avaient jamais existés.

Voilà pas mal d’années que, de façon répétitive, des reproches de partialité sont formulés à l’égard du TPIR, accusé de n’être rien moins qu’un tribunal des vaincus. Dans le cas présent, l’arrêt concerné officialise bel et bien ce genre d’accusation. Mais au-delà de cette constatation au premier degré, une question fondamentale se pose : dans combien de procès, à présent terminés, pareil déni de justice s’est-il déjà produit ? Combien d’inculpés ont-ils été condamnés suite à de faux témoignages qui n’ont pu être neutralisés faute d’avoir pu disposer des éléments à décharge existant ? Espérons que ceux qui ont la responsabilité de se pencher sur ce genre de question auront la volonté d’y apporter une réponse dans un délai raisonnable. Dans le cas qui nous occupe, il n’est, heureusement, pas trop tard. Il s’en est fallu, cependant, d’un fifrelin, puisque la présentation des témoins de la défense devait être terminée fin novembre 2008. De facto le procès est relancé et, pour ne citer que le seul dossier du général Augustin Ndindiliyimana, l’ancien chef d’état-major de la Gendarmerie rwandaise, l’équipe de défense est autorisée d’appeler pas moins de 18 nouveaux témoins à la barre. En outre, elle peut également rappeler six témoins du procureur dont les affirmations sont contredites par les documents non communiqués.

Il s’avère aussi que parmi les témoignages manquants, la responsabilité directe du Front patriotique rwandais (FPR) est mise en cause, entre autres dans l’assassinat de la Première ministre, Agathe Uwilingiyimana, dans celui des dix casques bleus belges, ainsi que dans des massacres de civils perpétrés dès le 7 avril 1994. Tout ceci n’est pas neuf mais souligne, si besoin en est, l’impérieuse nécessité que tout soit mis en œuvre pour que Justice et Vérité triomphent enfin de ceux qui n’ont d’autre objectif que de les maintenir dans l’obscurité la plus opaque. En vue de permettre une vision plus globale des choses, un rappel des événements qui ont suivi l’attentat sur l’avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994, me paraît utile. Cette mise en perspective devrait faciliter un meilleur cadrage des réalités d’aujourd’hui.

Tout d’abord, quand je me suis retrouvé à la réunion du comité de crise qui s’est tenue à l’état-major des Forces armées rwandaises (FAR), de suite après l’attentat, j’ai pu constater qu’aucun des officiers présents autour de la table n’avait quelque chose à voir avec ce qui venait de se passer. Pourtant, parmi eux se trouvaient certains officiers réputés ne pas être des plus fanatiques à l’égard des accords d’Arusha. Le souvenir que je garde de ce moment historique est toujours très précis dans ma mémoire. Je sais que je me suis retrouvé en compagnie d’hommes profondément bouleversés et désemparés par ce qui venait de se passer et non face à des conspirateurs. Leur démarche n’avait d’autre but que d’évaluer les conséquences de la disparition du chef de l’État et du chef d’état-major de l’armée afin d’éviter que ce vide du pouvoir ne débouche sur l’anarchie. Sans la moindre ambiguïté possible ils ont fait appel à la MINUAR pour les aider à gérer cette crise issue de l’attentat et aussi pour répercuter vers le Conseil de Sécurité l’expression de leur volonté de voir les institutions de transition se mettre en place le plus rapidement possible, conformément au processus de paix en cours. Si des organisateurs de l’attentat s’étaient trouvés à ce moment-là autour de la table, cette réunion se serait déroulée de manière bien différente et qui plus est, dans pareille éventualité, j’ai de sérieux doutes que le Général Dallaire et moi-même aurions été conviés à y participer. D’autre part, au plan technique, un coup d’État est quelque chose qui répond à des critères universels. Si l’on veut garantir le succès de l’opération on ne prend aucun risque. Tous les éléments militaires et paramilitaires sur lesquels les organisateurs peuvent s’appuyer sont d’emblée injectés dans le scénario, de façon à exclure tout risque de surprise et mettre le pays devant un fait accompli. Ce n’est, mais alors pas du tout, la situation qui prévalait à Kigali dans les heures qui ont suivi l’attentat. Nombre de témoins directs ont déclaré que la nuit du 6 au 7 avril 1994 avait été particulièrement calme. Moi-même j’ai traversé, sans la moindre escorte armée, une partie de la ville vers 2 heures du matin et j’ai pu constater de visu l’absence de tout dispositif militaire ressemblant de près ou de loin à un état de siège. Non, décidément, ce contexte ne correspondait en rien à un coup d’État que les durs du régime auraient organisé.

À ce manque de prise en main immédiate du pouvoir, par l’une ou l’autre faction connue pour son opposition au processus de paix, correspond par contre le démarrage immédiat d’une offensive militaire d’envergure du FPR. Cette offensive se terminera trois mois plus tard par une conquête sans partage du pouvoir. En tant que militaire, la simultanéité entre l’attentat et le déclenchement de cette offensive militaire m’amène à formuler les considérations suivantes.

Primo, il est impossible de profiter d’une opportunité, telle que la disparition du président Habyarimana et du général Nsabimana (chef d’état-major des FAR), pour improviser une offensive générale mettant en œuvre de nombreuses unités aux missions totalement différentes. Bien au contraire, pareil engagement ne peut qu’être le résultat d’un processus majeur de préparation comportant la conception de la manœuvre sur le plan stratégique, la diffusion des ordres jusqu’aux plus petits échelons et la mise en place de milliers d’hommes, dans les positions de départ, prêts à réagir à l’ordre d’exécution. Tout cela ne s’organise pas au claquement de doigts, mais exige au contraire des délais importants et incompressibles. Il ne faut pas être un grand stratège pour le comprendre, c’est une question de bon sens élémentaire.

Deuxième considération. Le FPR n’aurait pas été en mesure d’assurer le punch et la continuité de son offensive sans la constitution préalable de stocks importants de munitions, d’armements, d’équipements et de matériels divers. Bref, une logistique à l’échelle des moyens humains mis en œuvre durant plus de trois mois d’opérations. Il n’y a aucun miracle en la matière, pas d’opérations militaires sans logistique adaptée. Or, c’est exactement la crainte que le général Nsabimana m’avait exprimée quelques jours plus tôt. Au cours d’une entrevue, le 30 mars exactement, soit sept jours à peine avant l’attentat, il me confiait son intime conviction que le FPR allait reprendre la guerre dans les jours suivants. Il fondait, précisément, cette conviction sur les stocks logistiques importants constitués depuis des semaines par le FPR le long de la frontière en Ouganda. À ma réplique que le FPR ne pouvait se permettre pareille aventure sous le regard direct de la communauté internationale, il me répondit mot pour mot ceci : le FPR n’a que faire de telles considérations ; l’erreur que vous, Minuar, commettez est de lui prêter le même raisonnement que le vôtre, mais la réalité est bien différente ; le FPR est un mouvement révolutionnaire et c’est en tant que tel qu’il raisonne et définit ses propres objectifs ; contre des révolutionnaires, conclut-il, si vous n’adoptez pas les mêmes méthodes vous serez toujours perdants. Point n’est besoin, je crois, d’expliquer que cette conversation m’interpella au plus au point, non seulement au moment même, mais surtout des semaines plus tard quand je me suis remémoré ces paroles et que je les ai confrontées à la réalité des événements.

Troisième considération sur les conditions de cette offensive militaire et plus particulièrement sur ses objectifs avoués ou inavoués. Lorsque le FPR reprit les hostilités à Kigali, le 7 avril 1994 vers 16h30, il justifia sa décision unilatérale par la nécessité de mettre un terme aux massacres des Tutsis. Or, le 12 avril, soit au 5e jour de son offensive générale, il a déjà infiltré, à ma connaissance, trois bataillons supplémentaires à Kigali. Je dis « à ma connaissance » car il s’agit d’une constatation personnelle. Cela n’exclut nullement, comme d’aucuns l’affirment, que le FPR disposait de beaucoup plus de moyens à Kigali. Quoi qu’il en soit, avec ces trois bataillons infiltrés et celui qui se trouvait déjà sur place, le Front possède une force capable d’agir contre les massacres qui prennent de plus en plus d’ampleur dans la capitale. Qui plus est, ce même 12 avril, dix officiers supérieurs des FAR signent un manifeste que l’on peut qualifier, dans les circonstances du moment, de très courageux. Dans ce document ils font directement appel au FPR en vue de conclure un cessez-le-feu et de conjuguer leurs efforts pour « éviter de continuer à verser inutilement le sang des innocents ». Cet appel solennel ne suscita de sa part aucun écho, avec pour conséquence directe l’amplification des tueries. À aucun moment je n’ai pu constater que d’une manière ou d’une autre le FPR tentait de s’opposer aux massacres des Tutsis à Kigali. Pourtant les forces dont il disposait sur place étaient parfaitement en mesure de sécuriser certains quartiers situés à proximité des zones qu’il contrôlait militairement et créer ainsi des zones refuge. De toute évidence le sort réservé à ces lointains parents de l’intérieur ne faisait pas partie de leurs priorités. Qui plus est, la pugnacité avec laquelle ces mêmes autorités du FPR ont exigé le départ des troupes étrangères venues évacuer les expatriés, plutôt que de requérir leur collaboration pour stopper net le carnage, est éminemment suspecte ; comme si le FPR craignait de se voir contrer, par la communauté internationale, dans ses plans de conquête du pouvoir. C’est ce qui fait dire au général Dallaire dans les conclusions de son livre « J’ai serré la main du diable » : Mais les morts rwandais peuvent aussi être attribués à Paul Kagame, ce génie militaire qui n’a pas accéléré sa campagne quand l’envergure du génocide fut manifeste et qui, en quelques occasions, m’a même entretenu avec candeur du prix que ses camarades tutsis auraient peut-être à payer pour la cause.

Non seulement à aucun moment le FPR n’a sollicité l’appui de la MINUAR pour juguler le chaos qui s’installait, mais au contraire il l’alimenta. Le 9 avril, il lança un ultimatum à la MINUAR, lui signifiant que si le bataillon ghanéen déployé dans la zone démilitarisée n’avait pas quitté ses positions dans le 24 heures, il serait pris sous ses tirs d’artillerie. Dieu sait si un cessez-le-feu aurait permis de mettre un terme au martyre de la population. Je ne peux que témoigner que toutes les demandes de cessez-le-feu exprimées par le général Dallaire ou par les FAR essuyèrent une fin de non recevoir du FPR. Ceci n’est pas une interprétation tendancieuse de la réalité, c’est un fait. Le général Nsabimana ne s’était pas trompé : le FPR menait sa guerre conformément à ses seuls objectifs, sans se soucier le moins du monde du sort des populations locales ou de l’opinion de la communauté internationale.

J’aurais encore bien d’autres considérations à formuler sur l’aspect militaire de ces événements. Je pense cependant que la relation de ce qui précède est suffisamment explicite pour réaliser que la version des faits que certains voudraient faire admettre comme vérité historique est pour le moins sujette à caution. La communauté internationale qui, il est vrai, a fait preuve d’une immense lâcheté au moment du génocide n’a aucune raison de continuer à se laisser intoxiquer par le discours de celui qui prétend, urbi et orbi, avoir mis un terme au génocide, alors que tout laisse penser qu’il en est le principal artisan. Il est inadmissible que la justice internationale refuse de s’investir dans la poursuite de tous ceux qui sont responsables de l’holocauste (6 à 8 millions de personnes) perpétré, depuis 1994, dans la région des Grands Lacs. Ce faisant, cette justice internationale renonce sans grandeur au défi historique qui était le sien.

La révélation des témoignages cachés du TPIR amène à la conclusion que, de toute évidence, le camp de ceux qui n’ont aucun intérêt à la manifestation de la vérité est toujours en position de force. Qui est derrière tout cela ? Qui tire les ficelles ? Qui sont, in fine, les véritables responsables de cet abominable gâchis ? La réponse n’est pas bien compliquée à trouver. Il suffit de se poser simplement la question suivante : Qui, dans notre monde dit “civilisé”, est suffisamment puissant pour empêcher, depuis plus de quatorze années, que toute la clarté soit faite sur l’attentat du 6 avril 1994 ? QUI ? Poser la question, c’est en quelque sorte y répondre.

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