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28/02/2012

Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo

(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.

En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première

c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.

Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?

Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.

Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…

En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.

Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?

Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.

Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?

En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.

Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…

J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.

Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?

Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.

Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?

Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.

Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?

Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.

Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?

Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.

Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?

Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.

Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?

Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.

Télédiaspora-24/2/2012

06/07/2011

‪Cote d’Ivoire: Affi N’Guessan et Michel Gbagbo s’entretiennent avec un garde à Bouna video amateur‬‏

08/06/2011

Côte d’Ivoire: Cacao, diamants et trafic d’armes

La publication du rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, bloquée depuis sept mois, accable les Forces nouvelles.
Les seigneurs de guerre du nord de la Côte d’Ivoire se préparaient, bien avant les élections, à une reprise du conflit armé. C’est ce que révèle le rapport S/2011/271 du groupe d’experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire. La publication de ce document devait intervenir en septembre 2010. Longtemps bloqué, il n’a été transmis au Conseil de sécurité que le 20 avril dernier.

 Ce rapport décrit les violations de l’embargo sur les armes imputables à l’administration Gbagbo comme aux Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro. Il dissèque, surtout, l’économie de guerre mise sur pied par les « com’zone » (commandants de zone) des Forces nouvelles, rebaptisées, depuis, Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) par Alassane Ouattara.

Loin de se conformer au désarmement, un préalable à la tenue d’élections posé par les accords de Ouagadougou, les FN, affirme le document, ont bénéficié, dès 2009 et 2010, de « transferts d’armes et de munitions » depuis le Burkina Faso, « principal pays de transit », en violation de l’embargo sur les armes imposé par la résolution 1572 (2004). Le mouvement s’est accéléré pendant la crise post-électorale, jusqu’à l’offensive éclair lancée par les Forces nouvelles le 22 février 2011. La rapidité de leur avancée vers Abidjan s’explique par ces livraisons illégales d’armes, parmi lesquelles une « grande quantité de fusils d’assaut (…) dont les numéros de série avaient été effacés (…) par meulage » pour en dissimuler l’origine. Le document confirme aussi l’appui de « forces militaires étrangères opérant sur le territoire ivoirien », en citant le Burkina Faso, le Sénégal et le Nigeria. S’agissant des financements, le groupe d’experts soupçonne le camp Gbagbo d’avoir détourné des fonds publics et des recettes douanières pour acquérir illégalement des armes. Il pointe, surtout, les « taxes » imposées par les com’zone sur « les activités liées à la culture du cacao ». Les Forces nouvelles accumulent ainsi « chaque année un montant compris entre 22 et 38 millions de dollars (chiffres approximatifs) ». Autre source de source de financement des FN, « la contrebande de diamants bruts », « l’extraction et l’exportation d’or ». Au passage, les com’zone n’ont pas de scrupules à se servir. Le document cite ainsi le cas de Martin Kouakou Fofié, com’zone de Korhogo, visé par des sanctions internationales (« Les forces sous son commandement se sont livrées au recrutement d’enfants soldats, à des enlèvements, à l’imposition du travail forcé, à des sévices sexuels sur les femmes, à des arrestations arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires »). Un homme d’affaires prospère qui « a créé des entreprises dans divers secteurs de l’économie, notamment l’immobilier, l’exploitation minière, les télécommunications et le commerce de produits de base et de carburant ».

Rosa Moussaoui  – Humanite.fr

05/06/2011

Théophile Kouamouo : le SOS d’un journaliste ivoirien

« Mon quotidien est empêché de paraître par le nouveau pouvoir ivoirien. Ce mail est un SOS. Nous avons besoin de vous, sinon nos journaux mourront. » Tel es…

31/05/2011

Problèmes politiques nouveaux: message du Président Gbagbo

Ivorian.Net-31/5/2011

La situation de guerre que la France impose à la Côte d’Ivoire sans une déclaration préalable de guerre a déstabilisé la société ivoirienne en ouvrant une plaie béante et en engendrant des problèmes politiques nouveaux.

C’est le cas de l’assassinat, de l’arrestation et la détention arbitraires d’hommes politiques, d’enseignants, de Hauts cadres de l’Administration, de syndicalistes, de journalistes, d’étudiants, voire de simples anonymes pour délit d’opinions. Nombreux sont nos compatriotes qui sont soit assassinés soit continuent de subir des exactions sur la base de leur appartenance ethnique ou partisane. Tout ceci est de nature à mettre à mal l’unité nationale et a fini par nous convaincre de la volonté de la France de remettre en cause les acquis de notre lutte commune de plusieurs décennies pour l’instauration de la démocratie et des libertés individuelles au service de la Souveraineté de la Côte d Ivoire. Cette lutte a valu au président Laurent GBAGBO lui-même, à sa famille et à ses compagnons plusieurs arrestations et humiliations de la part de ses adversaires politiques.

C’est pourquoi, face à des problèmes politiques d’une telle importance, la polémique de l’entrée ou non du Front Populaire Ivoirien (FPI) dans un Gouvernement paraît inappropriée et indécente au regard de l’ampleur des dégâts causés par la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire. Le Président Laurent GBAGBO s’étonne que cette question fasse l’objet de tant d’attentions et de passions alors que les problèmes politiques relevés et soulignés sont encore pendants et ne font même pas l’objet d’intérêt pour connaître un début de solution.

A ce propos, le Président Laurent GBAGBO rappelle, que le Président de son Parti, M. Pascal AFFI N’Guessan (photo) a été arrêté, maltraité et déporté au Nord de la Côte d’Ivoire pour avoir fait publier un simple communiqué donnant la position du FPI sur l’évolution de la situation politique nationale.

30/05/2011

Alassane Ouattara : “besoin de 15 à 20 mds d’euros”

Le président ivoirien compte lancer un appel aux dirigeants réunis au G8, à Deauville. Il estime à “15 à 20 milliards d’euros” le besoin d’aide financière pour relancer son pays.

29/05/2011

Marine Le Pen: Ouattara doit être jugé pour ses crimes

29/05/2011

Côte d’Ivoire : Faut-il juger Sarkozy pour crimes contre l’humanité ?

Hitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ». Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien. »Même vision du monde, même regard sur les hommes. Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il en somme.

Et le sang a coulé, le sang vient de couler abondamment et continuer de couler à flot en Côte d’Ivoire.

Trois mille ? Cinq mille ? Sept mille ? Dix mille morts ? Nul ne sait. Seule certitude : la Côte d’Ivoire est aujourd’hui une chair ouverte, déchirée, meurtrie, mutilée, fissurée, écartelée pour longtemps. Seule certitude : des Ivoiriens ont été attaqués, tués, brulés, écrasés, écrasés comme on écrase des bêtes sauvages, écrasés par les forces de l’armée française et de Ouattara liguées ; écrasés, attaqués parce que nés non Dioulas, attaqués parce que partisans de Gbagbo ; attaqués dans leur identité ethnique et politique. Crime d’Etat, crimes contre l’humanité.

Et les preuves, les traces, les pièces à conviction, les documents prouvant la cruauté, la barbarie originelle et désormais quotidienne du régime installé à Abidjan par les bombes de l’armée française, sont connus de tous. Des documents authentiques, vérifiés, édifiants, étayés par des témoignages fiables et concordants. Et le pire, hélas, est loin d’être derrière nous. Le pire est encore en cours, le pire suit son cours. Les libertés et droits démocratiques élémentaires ? Bafouées, abolies. Le respect de la vie humaine ? Inexistant. Exécutions sommaires, pour un oui ou pour un non. Le viol des femmes ? Sauvagerie quotidienne. Le rapt, les séquestrations individuelles ou groupées des leaders de l’opposition ? Quotidiens. Les journalistes ? Les Sylvain Gagnetaud ? Enlevés, assassinés. Les fonctionnaires de descendance autre que Dioula ?

Maltraités, ostracisés, jetés à la porte de leur office car non fiables du seul fait de leur naissance.

Et les pillages ? Meubles, voitures, vélos, ordinateurs, pillés. Tout pillé ! Pillés jusqu’au dernier vêtement. Et les terres ? Saisies, saisies de force, spoliées. Et les comptes bancaires ? Saisis aussi ; saisis par simple communiqué radiotélévisé. Objectif inavoué : réduire tout dissident potentiel à l’extrême dénuement, pousser chacun, condamné par les exigences du besoin, au reniement, à la négation de soi. Et puis, il y a tous ces ivoiriens condamnés à trainer, à errer dans les forets pour échapper aux séides de Ouattara ; tous ces ivoiriens errants, les vies fracassées, méprisées, piétinées, éventrées par la terreur et la faim…

Voilà, oui, voilà la nouvelle Côte d’Ivoire, la nouvelle Côte d’Ivoire démocratisée à coup de bombes françaises : une terre de l’intimidation et de l’élimination physique ; une terre où toutes les brutalités sont permises contre des Ivoiriens déclarés coupables du fait de leur naissance, signalés coupables du fait de leur conviction politique ; une terre baignée de terreur, écrasée de terreur, clôturée par la terreur ; un Etat-prison, spoliateur et meurtrier, un Etat méprisant la vie et fondé sur la volonté d’un homme, d’un seul homme, l’homme de la France, Ouattara.

Et pourtant ce même Ouattara s’évertue à proclamer, chaque jour, devant chaque micro tendu, que non lui, il n’est vraiment pas l’homme de la petite vengeance, l’homme de la vengeance mesquine, cruelle mais bien l’homme … de la réconciliation et de la justice. Comme un certain général chilien, le Général Gustavo Leigh, membre de la junte chilienne, répondant à un journaliste, le 10 octobre 1973, au lendemain de l’assassinat d’Allende : « Nous ne sommes pas mus par l’esprit de vengeance. Nous voulons la justice… Mais on ne peut atteindre cet objectif qu’en éliminant tous les supporters de l’ancien régime… » Epouvanter pour gouverner la Côte d’Ivoire ; épouvanter comme hier à Santiago.

Sarkozy sait tout ça. Il sait ce que tout le monde sait. Et que fait-il l’autre jour à Yamoussoukro ? Il parle, il parle et rien sur Duékoué, rien sur les morts d’Abidjan, rien sur cette terreur totale, cet Etat d’exception qui rappelle Santiago 1973, Santiago du meurtre sauvage, Santiago de l’espérance exécutée par les bombardements sauvages sur le palais de la Moneda. Rien, rien sur le sang répandu dans les rues.

Sarkozy parle ; il parle entre coupes de champagnes et petits fours, gala, parade et danse du ventre de Ouattara ; il parle comme un tortionnaire ordinaire cherchant à redonner entre deux séances de gégène un sens humain à sa barbarie : la poudre, le feu, le sang ? Le sang dans les rues ? Moi Sarkozy, responsable de la mort de milliers d’Ivoiriens ? Attendez : regardez-moi, regardez-moi bien : ai-je vraiment une tête de tueur ? Ai-je l’apparence d’un monstre ? Regardez-moi bien : je suis un homme civilisé, gentil, attachant en mission de démocratisation du monde. Et qu’y-a-t-il dans ma besace, dans mon fourreau ? Le code démocratique, le seul code démocratique valable, salutaire pour la totalité, l’ensemble de la planète.

26/05/2011

Interview de Thierry Meyssan : Présence française en Côte d’Ivoire…

18/05/2011

Tiken Jah Fakoly ou le faux rasta antifrançafricain

Cet homme s’est décrédibilisé gravement ou il s’est enfin révélé au grand public qu’il a réussi à berner durant toutes ces années en s’autoproclamant un combattant de la françafrique.

En rendant visite à l’assassin Ouattara surtout à la veille d’un 11 mai, date anniversaire de la mort de Bob Marley, ce rasta prouve qu’il est superficiel et que les textes qu’il chante sont juste une stratégie pour être dans l’air du temps. Aussi, ces textes ne sont destinés qu’à surfer sur la vague de désespoir et de colère en Afrique et dans sa diaspora afin de vendre du disque. Tiken jah Fakoly montre aujourd’hui qu’il est sans profondeur et qu’il cernait mal de quoi il parlait dans ses chansons.

Ne pas voir en Ouattara, Soro et Cie boostés par l’armée française et l’ONU, la manifestation de la françafrique relève d’une totale cécité intellectuelle. Qui sont ces rasta (Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly) qui veulent que le peuple noir se réconcilie avec le colonialisme ? Qui sont-ils ces rasta ? Ont-ils pigé un seul mot de l’esprit rasta ? Que savent-ils de Babylone ? Au sortir de cette audience, voilà que le rasta n’a même pas eu un mot pour des milliers de morts et des millions de familles endeuillées et psychologiquement atteintes. Réconciliation de quoi ? Pour quoi faire ? Avec qui ? Sur la base de quelle vérité ?
Tiken Jah Fakoly montre ici même qu’il est un rasta pipeau, sans profondeur ni élévation spirituelle car, il semble ignorer que Ouattara est un criminel multirécidiviste qui, du FMI à la tête de la Côte d’Ivoire, a tué des millions d’africains via les programmes d’ajustement structurels, l’endettement, et aussi par des armes. Ne pas comprendre cela quand on est artiste de cette carrure est tout simplement pitoyable. Ceci révèle également l’état mental de certains de ceux qui prétend conduire le peuple noir à son salut.
Et pendant que Tiken Jah Fakoly allait serrer la main à Monsieur La Mort installée dans le territoire de Côte d’Ivoire, l’autre rasta, Alpha Blondy, le pourfendeur de la présence de l’armée française en Afrique va chanter pour les 30 ans de l’avènement de François Mitterrand au pouvoir en France. Alors même que le passage de Mitterrand à l’Elysée n’a rien apporté à l’Afrique. Au contraire ! L’assassinat de Sankara était parmi ses forfaits tout comme le génocide au Rwanda. C’est donc peu dire que l’Afrique est malade aussi de ses rasta.
Le chemin est encore long.
Komla KPOGLI
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