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28/02/2012

Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo

(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.

En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première

c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.

Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?

Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.

Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…

En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.

Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?

Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.

Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?

En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.

Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…

J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.

Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?

Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.

Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?

Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.

Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?

Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.

Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?

Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.

Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?

Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.

Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?

Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.

Télédiaspora-24/2/2012

09/08/2011

Côte-d’Ivoire: les francs-maçons clé de la lutte impérialiste par Gary K. Bush

Ivorian.Net

Francs-maçons français et leur lodge africain dirigeants jouent un rôle clé dans l’impasse actuelle en Côte d’Ivoire. Pratiquement tous les dirigeants africains allaient contre Laurent Gbagbo et de soutenir le corps d’élite des entreprises françaises et les dirigeants politiques sont francs-maçons affilié à la loge même que les affaires d’élite français et des groupes politiques. Il est impossible de comprendre comment fonctionne la Françafrique sans référence à la franc-maçonnerie. Les maçons français représentent l’élite des entreprises françaises et de la politique, la plupart d’entre eux ont été formés ensemble dans les deux mêmes écoles d’élite et les plus poursuivre une carrière dans le gouvernement français ou de l’entreprise française.

Ces écoles sont l’ École Nationale d’ Administration et l’École Polytechnique. loges franc-maçon maintenir une formidable influence secrète au sein des structures judiciaires françaises et de la police. Tous les trois loges franc-maçon en France ont été capturés trafic d’influence et de fausses factures sur les contrats de l’État. Francs-maçons dans le système judiciaire entravent les enquêtes et museler la presse. Comme en France, la franc-maçonnerie est omniprésent au sommet dans de nombreux Etats africains. Pour par exemple. Denis Sassou Nguesso, le président congolais, est le Grand Maître de la Grande Loge du Congo-Brazzaville liée à la Grande Loge Nationale de France; président Mamadou Tanja du Niger, du Tchad de Idriss Déby et François Bozizé de la République centrafricaine sont parmi les moins de douze présidents africains liés à la franc-maçonnerie. En Novembre 2009, Ali Bongo, le nouveau président gabonais a été ordonné que le grand maître de la Grande Loge du Gabon (GLB) et le Grand Rite Equatorial, les deux principaux ordres franc-maçon au Gabon. [Ii] Les francs-maçons ont toujours fourni les dirigeants et les le personnel du colonialisme français. François Xavier-Verschave a décrit le système de contrôle secret de ses dirigeants comme «la criminalité secret dans les hautes sphères de la politique française et de l’économie, où une sorte de métro République est tenu secret.” Par tradition en France, les affaires étrangères sont du président français domaine privé. Le ministre des Affaires étrangères ne s’applique qu’à sa politique.

La France est le seul pays occidental où la politique étrangère n’est pas un sujet débat dans les instances législatives nationales. La souveraineté du peuple français ne comptent pas pour rien, même si elle a élu le président directement. Le Parlement n’a pas de pouvoirs de contrôle et est tranquillement relégués à des questions nationales. La guerre des Français contre la Côte d’Ivoire a été une guerre par Jacques Chirac contre la Côte d’Ivoire. C’était son accès de dépit qui a ordonné la française “casques bleus” pour attaquer et détruire la force d’Ivoire Côte d’air. Il a été son ordre d’envoyer sur une centaine de chars à entourer l’Hôtel d’Ivoire et la maison du président Gbagbo. Il a été sa décision de permettre à ses soldats d’ouvrir le feu sur une foule de jeunes chantant, totalement désarmés et non menaçant, ne cherchant qu’à empêcher les Français de faire un coup d’Etat ou de tuer le Président Gbagbo. agents français ont eu n’hésite pas à évincer présidents africains ou de la défense contre d’autres coups. Leur rôle dans la tentative de renversement de Gbagbo est bien documentée. Un enregistrement de plusieurs réunions a été copié à partir d’un ordinateur portable français qui a été capturé ce qui montre, entre autres, comment les Français se comportaient. La méthode française de faire un coup d’Etat a été bien documenté dans un rapport des renseignements sur une réunion au Burkina Faso. Les parallèles avec Madagascar sont claires. Ils ont décidé de promouvoir un coup d’Etat à Abidjan, le 22 au 33 Mars 2006.

Alassane Ouattara [maintenant soutenue par l'Occident pour remplacer Gbagbo] a ouvert la réunion et a présenté Pouchet. Il a parlé et a dit qu’il était venu directement à partir de Chirac avec le message que «ADO (Ouattara) de votre fils et frère sera président de la République de Côte d` Ivoire avant les élections de 2005. “Chirac a promis” Il n’y aura pas le désarmement en Côte d `Ivoire sans notre accord. Il est nécessaire que les accords d’Accra III sont votés avant de pouvoir insister sur le désarmement. Toute la France et JACQUES CHIRAC soutien ADO pour le conduire à prendre le pouvoir dans cinq mois, c’est à dire en Mars. Nous avons recruté des mercenaires qui sont actuellement en formation au Mali et au Burkina Faso. En Mars nous conduira ADO au pouvoir avec l’aide des mercenaires qui sont en formation avec des agents burkinabé et maliens. Notre objectif c’est de mettre ADO au pouvoir “. “Je reviendrai en Décembre, avec le président Compaoré, et vous fera découvrir les mercenaires. Ouattara sera de retour en Mars pour prendre le pouvoir. “L’orateur suivant était Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, qui a remercié Pouchet et Chirac. Il a critiqué le gouvernement Côte-d’Ivoire pour ignorer les droits de Ouattara et dit: «C’est mon nom qui a gâché dans cette affaire. Au Burkina mes officiers font un travail remarquable avec les mercenaires de les rendre aptes. Je vous soutiens. Nous sommes en train de mettre les choses en place à partir de là pour vous. N’ayez pas peur, nous allons gagner la bataille dans un peu de temps. En cinq mois, tout sera prêt.”

Il ya eu plusieurs tentatives de faire un coup d’Etat contre Gbagbo au cours des cinq prochaines années. La plupart ont été anticipés et évités. D’autres sont morts par manque d’intérêt. Dans presque tous ces cas, les participants actifs ont été envoyés de France, combinés avec des éléments des Français (ONU) maintien de la paix et locales d’Afrique présidents reliés par leurs liens maçonniques à l’entreprise française et les élites politiques … Les parties la mise en œuvre et les fournisseurs de logistique ont été des agents français travaillant dans les multinationales Français à Abidjan. C’est un comportement normal française néo-coloniale. Il a toujours été fait au nom de la France, mais sans aucun débat démocratique. Il défend les intérêts des entreprises françaises et des récompenses de la présidence. Cette impasse en Côte d’Ivoire est juste un autre complot français par les mêmes personnes et en utilisant les mêmes collaborateurs. Cependant, cette fois, les Français ont réussi à accrocher dans la «communauté internationale» pour les soutenir. En résumé, le pacte colonial a maintenu le contrôle français sur les économies des Etats africains, il a pris possession de leurs réserves de devises étrangères, il contrôlait les matières premières stratégiques du pays, il avait posté des troupes dans le pays avec le droit de libre passage; il a exigé que tous les équipements militaires soient acquis de la France, il a repris la formation de la police et l’armée, il a exigé que les entreprises françaises sont autorisés à maintenir les entreprises monopolistiques dans les domaines clés (eau, électricité, ports, transports, énergie, etc) . France non seulement fixer des limites sur les importations d’une série d’éléments en dehors de la zone franc, mais aussi fixer des quantités minimales des importations de la France. Ces traités sont encore en vigueur et opérationnels. Il est probablement très peu de surprise à d’autres Africains que les tentatives faites par Gbagbo de se libérer de ces chaînes irrité les Français. Les présidents africains ont été maintenus au pouvoir par les armées françaises. Les économies ont été maintenus sous le contrôle des entreprises françaises autorisées à des monopoles. D’autres pays ont été tenus à l’écart. Les présidents africains, en échange, a donné 85% de leur richesse nationale au Trésor français d’organiser pour eux et payé une rançon régulière à des hommes politiques français pour les maintenir en poste.

Pacte colonial

Pas vraiment avoir planifié pour elle, en 1960, de Gaulle avait à improviser des structures pour une collection de petits États nouvellement indépendants, chacun avec un drapeau, un hymne et un siège à l’ONU, mais souvent avec bien peu d’autre. C’est là que Foccart est venu à jouer un rôle essentiel, celui de l’architecte de la série d’accords de coopération avec chaque nouvel État dans les secteurs de la finance et l’économie, la culture et l’éducation, et les militaires. Il y avait d’abord onze pays concernés: la Mauritanie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, Dahomey (actuel Bénin), Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Niger, Tchad, Gabon, République centrafricaine, le Congo-Brazzaville et Madagascar. Togo et le Cameroun, anciens Territoires sous tutelle des Nations Unies, ont également été co-optés dans le club. De même, plus tard, ont été Mall et les anciens territoires Belges (Rwanda-Urundi, maintenant le Rwanda et le Burundi et le Congo-Kinshasa), quelques-uns des anciens territoires portugais, et les Comores et Djibouti, qui avait également été sous la domination française depuis de nombreuses années mais est devenu indépendant en 1970. L ‘ensemble a été placé sous un nouveau Ministère de la Coopération, créé en 1961, séparé du Ministère des Départements et Territoires d’Outre (connu sous le nom DOM-TOM), qui avait déjà exécuté tous. La clé de tout ceci était l’accord signé entre la France et ses colonies nouvellement libérées d’Afrique qui fermait ces colonies dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce pacte colonial non seulement créé l’institution du franc CFA, il a créé un mécanisme juridique dans lequel la France obtint une place particulière dans la vie politique et économique de ses colonies.

05/06/2011

Théophile Kouamouo : le SOS d’un journaliste ivoirien

« Mon quotidien est empêché de paraître par le nouveau pouvoir ivoirien. Ce mail est un SOS. Nous avons besoin de vous, sinon nos journaux mourront. » Tel es…

31/05/2011

Problèmes politiques nouveaux: message du Président Gbagbo

Ivorian.Net-31/5/2011

La situation de guerre que la France impose à la Côte d’Ivoire sans une déclaration préalable de guerre a déstabilisé la société ivoirienne en ouvrant une plaie béante et en engendrant des problèmes politiques nouveaux.

C’est le cas de l’assassinat, de l’arrestation et la détention arbitraires d’hommes politiques, d’enseignants, de Hauts cadres de l’Administration, de syndicalistes, de journalistes, d’étudiants, voire de simples anonymes pour délit d’opinions. Nombreux sont nos compatriotes qui sont soit assassinés soit continuent de subir des exactions sur la base de leur appartenance ethnique ou partisane. Tout ceci est de nature à mettre à mal l’unité nationale et a fini par nous convaincre de la volonté de la France de remettre en cause les acquis de notre lutte commune de plusieurs décennies pour l’instauration de la démocratie et des libertés individuelles au service de la Souveraineté de la Côte d Ivoire. Cette lutte a valu au président Laurent GBAGBO lui-même, à sa famille et à ses compagnons plusieurs arrestations et humiliations de la part de ses adversaires politiques.

C’est pourquoi, face à des problèmes politiques d’une telle importance, la polémique de l’entrée ou non du Front Populaire Ivoirien (FPI) dans un Gouvernement paraît inappropriée et indécente au regard de l’ampleur des dégâts causés par la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire. Le Président Laurent GBAGBO s’étonne que cette question fasse l’objet de tant d’attentions et de passions alors que les problèmes politiques relevés et soulignés sont encore pendants et ne font même pas l’objet d’intérêt pour connaître un début de solution.

A ce propos, le Président Laurent GBAGBO rappelle, que le Président de son Parti, M. Pascal AFFI N’Guessan (photo) a été arrêté, maltraité et déporté au Nord de la Côte d’Ivoire pour avoir fait publier un simple communiqué donnant la position du FPI sur l’évolution de la situation politique nationale.

30/05/2011

Alassane Ouattara : “besoin de 15 à 20 mds d’euros”

Le président ivoirien compte lancer un appel aux dirigeants réunis au G8, à Deauville. Il estime à “15 à 20 milliards d’euros” le besoin d’aide financière pour relancer son pays.

29/05/2011

Marine Le Pen: Ouattara doit être jugé pour ses crimes

29/05/2011

Côte d’Ivoire : Faut-il juger Sarkozy pour crimes contre l’humanité ?

Hitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ». Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien. »Même vision du monde, même regard sur les hommes. Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il en somme.

Et le sang a coulé, le sang vient de couler abondamment et continuer de couler à flot en Côte d’Ivoire.

Trois mille ? Cinq mille ? Sept mille ? Dix mille morts ? Nul ne sait. Seule certitude : la Côte d’Ivoire est aujourd’hui une chair ouverte, déchirée, meurtrie, mutilée, fissurée, écartelée pour longtemps. Seule certitude : des Ivoiriens ont été attaqués, tués, brulés, écrasés, écrasés comme on écrase des bêtes sauvages, écrasés par les forces de l’armée française et de Ouattara liguées ; écrasés, attaqués parce que nés non Dioulas, attaqués parce que partisans de Gbagbo ; attaqués dans leur identité ethnique et politique. Crime d’Etat, crimes contre l’humanité.

Et les preuves, les traces, les pièces à conviction, les documents prouvant la cruauté, la barbarie originelle et désormais quotidienne du régime installé à Abidjan par les bombes de l’armée française, sont connus de tous. Des documents authentiques, vérifiés, édifiants, étayés par des témoignages fiables et concordants. Et le pire, hélas, est loin d’être derrière nous. Le pire est encore en cours, le pire suit son cours. Les libertés et droits démocratiques élémentaires ? Bafouées, abolies. Le respect de la vie humaine ? Inexistant. Exécutions sommaires, pour un oui ou pour un non. Le viol des femmes ? Sauvagerie quotidienne. Le rapt, les séquestrations individuelles ou groupées des leaders de l’opposition ? Quotidiens. Les journalistes ? Les Sylvain Gagnetaud ? Enlevés, assassinés. Les fonctionnaires de descendance autre que Dioula ?

Maltraités, ostracisés, jetés à la porte de leur office car non fiables du seul fait de leur naissance.

Et les pillages ? Meubles, voitures, vélos, ordinateurs, pillés. Tout pillé ! Pillés jusqu’au dernier vêtement. Et les terres ? Saisies, saisies de force, spoliées. Et les comptes bancaires ? Saisis aussi ; saisis par simple communiqué radiotélévisé. Objectif inavoué : réduire tout dissident potentiel à l’extrême dénuement, pousser chacun, condamné par les exigences du besoin, au reniement, à la négation de soi. Et puis, il y a tous ces ivoiriens condamnés à trainer, à errer dans les forets pour échapper aux séides de Ouattara ; tous ces ivoiriens errants, les vies fracassées, méprisées, piétinées, éventrées par la terreur et la faim…

Voilà, oui, voilà la nouvelle Côte d’Ivoire, la nouvelle Côte d’Ivoire démocratisée à coup de bombes françaises : une terre de l’intimidation et de l’élimination physique ; une terre où toutes les brutalités sont permises contre des Ivoiriens déclarés coupables du fait de leur naissance, signalés coupables du fait de leur conviction politique ; une terre baignée de terreur, écrasée de terreur, clôturée par la terreur ; un Etat-prison, spoliateur et meurtrier, un Etat méprisant la vie et fondé sur la volonté d’un homme, d’un seul homme, l’homme de la France, Ouattara.

Et pourtant ce même Ouattara s’évertue à proclamer, chaque jour, devant chaque micro tendu, que non lui, il n’est vraiment pas l’homme de la petite vengeance, l’homme de la vengeance mesquine, cruelle mais bien l’homme … de la réconciliation et de la justice. Comme un certain général chilien, le Général Gustavo Leigh, membre de la junte chilienne, répondant à un journaliste, le 10 octobre 1973, au lendemain de l’assassinat d’Allende : « Nous ne sommes pas mus par l’esprit de vengeance. Nous voulons la justice… Mais on ne peut atteindre cet objectif qu’en éliminant tous les supporters de l’ancien régime… » Epouvanter pour gouverner la Côte d’Ivoire ; épouvanter comme hier à Santiago.

Sarkozy sait tout ça. Il sait ce que tout le monde sait. Et que fait-il l’autre jour à Yamoussoukro ? Il parle, il parle et rien sur Duékoué, rien sur les morts d’Abidjan, rien sur cette terreur totale, cet Etat d’exception qui rappelle Santiago 1973, Santiago du meurtre sauvage, Santiago de l’espérance exécutée par les bombardements sauvages sur le palais de la Moneda. Rien, rien sur le sang répandu dans les rues.

Sarkozy parle ; il parle entre coupes de champagnes et petits fours, gala, parade et danse du ventre de Ouattara ; il parle comme un tortionnaire ordinaire cherchant à redonner entre deux séances de gégène un sens humain à sa barbarie : la poudre, le feu, le sang ? Le sang dans les rues ? Moi Sarkozy, responsable de la mort de milliers d’Ivoiriens ? Attendez : regardez-moi, regardez-moi bien : ai-je vraiment une tête de tueur ? Ai-je l’apparence d’un monstre ? Regardez-moi bien : je suis un homme civilisé, gentil, attachant en mission de démocratisation du monde. Et qu’y-a-t-il dans ma besace, dans mon fourreau ? Le code démocratique, le seul code démocratique valable, salutaire pour la totalité, l’ensemble de la planète.

26/05/2011

Interview de Thierry Meyssan : Présence française en Côte d’Ivoire…

26/04/2011

Qui est Alassane Ouattara

21/04/2011

Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

Après une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable : contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident. Se cachant derrière des Nations-Unies à la solde des USA, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain : la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri ! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche « à son rang », en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance …

Il y a presque un an, la Belgique et la France commémoraient le cinquantenaire des « indépendances » africaines. Le géant Congo-Kinshasa était officiellement à la fête chez les Belges ; 17 pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest, chez les Français. En ce triste jubilé, l’omission politique des-vérités-qui-dérangent étaient bien sûr de rigueur. Suivie des habituels mensonges servis au dessert : « Il y a en Afrique toutes les formes de gouvernement. La France n’a pas pour vocation de s’ingérer dans les affaires locales ; elle travaille avec les gouvernements reconnus (…) La relation entre la France et l’Afrique ne serait jamais banale, mais elle est en train de devenir normale » (1) … Tenus en février dernier par l’ex-ministre UMP Jacques Toubon, ces propos confirment l’ampleur de la déconnexion du personnel politique françafricain. Des mots ubuesques émis tandis que la crise électorale ivoirienne battait son plein, que l’État français – lourdement impliqué dans la partition de ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 2002 – réaffirmait son soutien à Allassane Ouattara et que Sarkozy jouait, sur la scène européenne, le barde des sanctions économiques contre Laurent Gbagbo. En termes de « vocation à ne pas s’ingérer », on allait voir pire et beaucoup plus sanglant.

Cadrage médiatique mensonger
Après trois mois d’intox et d’omissions diverses martelées par les médias-aux-ordres, l’ennemi des espoirs démocratiques africains (2) lançait ouvertement son pays dans une guerre contre la Côte d’Ivoire. Finies les ruses, manœuvres et cachotteries de couloirs : l’agent franco-américain Ouattara risquait de perdre la partie. Comme tous ses prédécesseurs dès qu’il s’agit d’Afrique, Sarkozy s’est également assis sur les prérogatives de son gouvernement et celles des députés de l’Assemblée Nationale.
Premier acte : réarmer et conseiller la rébellion du nord pro-Ouattara afin qu’elle attaque la capitale économique Abidjan. Objectif : renverser par les armes Laurent Gbagbo, président reconnu par le Conseil constitutionnel. La plus haute juridiction ivoirienne inlassablement dépeinte comme un « collectif sous influence » par quelques puissances « démocratiques » d’Occident, autoproclamées « Communauté internationale ». Contrastant avec les médiasmenteurs payés pour minimiser ou absoudre le rôle colonial de la France, l’indépendant Canard enchaîné lâchait le 6 avril : « Selon plusieurs témoignages d’officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de l’Élysée, se félicite de ‘notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan’. Il est vrai qu’en moins de quatre jours les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie  : ‘On a fourni des conseils tactiques aux FRCI’, mais aussi ‘des munitions et des Famas’ (fusils d’assaut) » (3).
Deuxième acte : les forces française Licorne – dont l’une des spécialités est de tirer sur des civils désarmés (4) – enchaînait avec le bombardement continu de sites stratégiques d’Abidjan dont la résidence présidentielle. A proximité de laquelle s’était rassemble un millier de civils. Bilan provisoire : plus de 2500 morts (civils et militaires) dans la seule nuit du 4 au 5 avril. Un chiffre qui n’est toujours pas mentionné, repris ou contesté par les médias français. Si « les combats font rage  », il semble « surhumain » d’établir une estimation du nombre de victimes dues aux bombardements français … A cette nouvelle boucherie made in France s’ajoute celle de Duékoué, commise par la rébellion pro-Ouattara (réarmée par la France). Près d’un millier de victimes abattues ou découpées à la machette. Sans compter le nombre indéterminé de cadavres dans les zones occupées par les rebelles et la force Licorne ; le pillage des banques et du cacao ivoiriens par la force Licorne, etc.
Troisième acte : l’arrestation de Laurent et Simone Gbagbo. Les bombardements préalables ont permis de perforer le bunker présidentiel. Une trentaine de chars encerclent ensuite la résidence présidentielle pendant que trois hélicoptères assurent la couverture aérienne de l’opération. La garde présidentielle décide de se rendre. Les forces spéciales de Sarkozy défoncent le portail de la résidence, arrêtent Gbagbo et le livrent aux rebelles pro-Ouattara. Histoire de tenter d’accréditer une énième mascarade de « non-ingérence française » …
En s’éloignant des charlatans de « l’intervention humanitaire » et autres « protecteurs des populations civiles », une double question s’impose. Pourquoi cette agression coloniale et pour défendre quels intérêts ? Cette interrogation cruciale bénéficiera-t-elle enfin d’une saine confrontation d’arguments dans les médias occidentaux ?
Les démocrates à temps partiel
Suite à la proclamation des résultats électoraux définitifs par le Conseil constitutionnel ivoirien, le récit médiatique européen de la crise africaine a soulevé une débauche de « complexité ». « Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale » est empêché d’exercer ses fonctions par le « président sortant Laurent Gbagbo qui s’accroche au pouvoir  ». Le « bon » démocrate du FMI contre le « mauvais » tyran d’Abidjan. Cette habituelle diabolisation justifiant l’impérialisme guerrier contredit le discours selon lequel la Côte d’Ivoire demeure un pays souverain et ses Institutions, légitimes. Tout le problème est là. Ajouté au péché originel de toutes les parties d’avoir entériné un processus électoral bancal sans désarmement préalable de la rébellion nordiste. Pour autant, même dans ces funestes conditions, les deux candidats à la présidence ivoirienne ne se sont pas soumis au suffrage d’une pseudo-communauté internationale, mais bien à celui des Ivoiriens et de leur Institutions …
Lorsque le Conseil constitutionnel n’a pas reconnu Alassane Ouattara comme président, en démocrate cohérent, le candidat malheureux devait se retirer. Son parrain Sarkozy, qui avait lui-même souligné le rôle décisif du Conseil constitutionnel (5), aurait dû, en démocrate cohérent, reconnaître la victoire de Laurent Gbagbo. Enfin, l’ONUCI ne pouvait faillir à son devoir d’impartialité au bénéfice d’Alassane Ouattarra. Mais dès qu’il s’agit de contrôler les richesses de la Côte d’Ivoire, tout ce « beau monde » n’est plus démocrate et retrouve ses pulsions coloniales. Donnant libre cours aux coups tordus, à la propagande et à l’agression militaire d’un pays membre des Nations-Unies. Peu importe qu’en 2000, aux États-Unis, une crise électorale quasiment similaire a conduit la Cour suprême américaine à trancher en faveur de Georges W. Bush. Le candidat malheureux, Al Gore, comme le reste de la planète, se sont incliné. Par souci démocratique pour le premier et parce qu’aucun pays – encore moins l’ONU ! – n’envisagerait de s’ingérer dans les affaires intérieures de la première puissance militaire mondiale.
La crise ivoirienne et l’historique résistance de Laurent Gbagbo ont rendu limpide la détermination criminelle de ce colonialisme prédateur occidental en Afrique. Au-delà des discours et des fêtes hypocrites aux pseudo-indépendances, chacun a pu constater que les règles de souveraineté démocratique sont réservées aux seuls pays occidentaux, riches et surarmés. Et les USA d’Obama veillent au statut quo ! Avec le développement des bases militaires de l’Africom, tandis que les armées françaises se chargeront de bombarder les chefs d’États africains aux velléités d’indépendance.
Des évidences à ce point omniprésentes sur le net que deux médias traditionnels français, LCI et BFM, ont fini par interroger certains analystes et politiques contredisant l’étouffante propagande. Tel l’africaniste Michel Galy qui déclare sur LCI : « Alassane Ouattara est lié depuis 2002 à cette rébellion qui a pris les deux tiers pays et qui instaure un système de racket, de violences continues. Oui, il s’agit d’un régime de la terreur qui prouve, à mon sens, que les élections n’y sont pas valables » (6). En soulignant l’incontestable fraude électorale massive commise au nord, Galy torpille la propagande médiatique décrivant un président injustement floué d’une « victoire démocratique  » par un « dictateur qui s’accroche au pouvoir »

L’émancipation ou l’asservissement
Sur le « rôle ambigu de la France » dans l’arrestation de Laurent Gbagbo, l’ex-délégué à l’Afrique du PS, Guy Labertit tord aussi le cou aux complaisances journalistiques : « Il n’y a hélas aucune ambiguïté : ce sont les rafales des hélicoptères Licorne qui ont mis à mal le portail de la résidence et ce sont des chars français qui sont entrés dans la Résidence. Le général qui a remis son arme, en signe de réédition, l’a remis à un Français de la force Licorne. Donc, il n’y a aucune ambiguïté : ce sont bien les éléments de la Force Licorne qui sont allés chercher M. Gbagbo pour le remettre aux force de M. Ouattara ».
Et le socialiste français d’offrir une lecture chronologique longtemps absente d’antenne concernant le « tyran  » Gbagbo : « Depuis que M. Gbagbo a été élu en 2000, il n’a cessé d’être déstabilisé. Il faut savoir que ceux qui l’emportent aujourd’hui sont ceux qui ont organisé le coup d’État en 2002 et je crois que ceux qui ont pris les armes sont ceux qui ont eu besoin de la France pour aller chercher M. Gbagbo. J’ajoute que si Laurent Gbagbo n’a pas bougé depuis le mois de décembre, c’est parce que ces élections ont été truquées au nord (du pays) et il a raison de dire qu’il n’a pas perdu ces élections. Mais ça, c’est l’Histoire qui le montrera  ». (7)
Hormis un éternel catalogue d’injonctions pénalisantes ou des bombes sur la gueule en cas d’opposition, que peut encore attendre l’Afrique des puissances occidentales (France, UE, USA et ONU) ? Après le hold-up électoral ivoirien ; après ces milliers de civils bombardés et ces nettoyages ethniques encouragés ; après l’humiliante arrestation des époux Gbagbo faisant le tour du monde. Images qui – pour tout africain indépendamment de ses convictions – présente d’horribles similitudes avec celles de l’arrestation de Patrice Lumumba au Congo, il y a un demi-siècle … Héritière peu repentante de la Traite négrière, actrice d’un interminable colonialisme, assumé ou masqué, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Et poursuit avec morgue ses mystifications et ses massacres rentables afin de conserver la rente de pillage de son « pré carré ».

Le retour « décomplexé » de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. Avec pour horizon, une seule alternative au regard de siècles d’Histoire. L’émancipation par tous les moyens nécessaires ou la perpétuation d’un asservissement modernisé ? Pour celles et ceux qui aspirent à l’accession d’une indépendance démocratique, garante d’un développement et d’une prospérité économiques, il n’ y a plus 36 échappatoires ! Mais un seul chemin. Sur lequel se scande un mot d’ordre révolutionnaire forgé par le peuple tunisien : « Sarkozy, Obama, Ouattara, dégagez d’Afrique ! ».

Source : michelcollon.info

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