Charles Onana: Compaoré a écrit à Sarkozy pour lui demander de renverser Gbagbo
(Mutation – Cameroun) Le journalisme d’investigation porte souvent ses acteurs au firmament s’ils s’en sortent, car tellement les risques sont grands et parfois difficiles à mesurer l’importance et la nature. Carl Bernstein et Bob Woodward, «les hommes du président» Richard Nixon qui enquêtèrent longuement sur le Watergate, sont devenus des références mondiales du journalisme d’investigation. Toutes les écoles de journalisme du monde se servent de leurs méthodes de travail pour former les futurs journalistes.
En sera-t-il de même un jour pour Charles Onana en Afrique ? Ses livres sur le génocide du Rwanda ont pris à contre pied la thèse validée par la communauté internationale : «les Hutus extrémistes avaient tué Habyarimana pour empêcher un rapprochement politique avec les Tutsis». Ils sont d’un courage et d’une pertinence qui laissent pantois tout lecteur.
Charles Onana s’attaque aujourd’hui, à ce qu’il considère comme une barbare implication de la France dans un conflit postélectoral en Côte d’Ivoire, qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à son transfèrement aux Pays Bas pour y être jugé par la Cpi. En attendant ce jour sa conférence de presse au cours de laquelle il présentera son livre sur le sujet, l’auteur a accepté de répondre en avant première
c’est le titre de votre nouveau livre. Doit-on comprendre qu’après les Grands Lacs, vous vous êtes trouvé une nouvelle passion en Afrique de l’Ouest?
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une passion. Il s’agit plutôt d’une curiosité intellectuelle qui a abouti à cet ouvrage. J’avais des doutes sur le traitement médiatique presque consensuel qui mettait exclusivement le président ivoirien en cause au sujet du processus électoral. Je ne comprenais pas pourquoi les Nations Unies, la France, les Etats-Unis et même la CEDEAO prenaient parti dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain de façon aussi flagrante puisqu’il était question du choix du président de la République de Côte d’Ivoire. C’était tellement étrange que la menace d’intervention militaire de la CEDEA0 contre un de ses pays membres paraissait surréaliste. Je me suis dit qu’il y a là de bonnes raisons d’enquêter. J’ai donc commencé mes investigations non pas sur la seule crise postélectorale mais sur dix années de pouvoir de monsieur Laurent Gbagbo.
Quelques semaines après la sortie de votre livre, Laurent Gbagbo a été transféré à la Haye. Comment lavez-vous vécu ce transfèrement ?
Connaissant bien les méthodes du procureur Moreno Ocampo. Je n’étais pas surpris par cette initiative. J’avais reçu au mois de mars 2011 le projet de plainte préparé à Paris par les avocats parisiens de monsieur Alassane Ouattara contre le président Gbagbo. Ils avaient préparé avant même la chute du président en exercice l’acte d’accusation. Je crois que certains n’avaient pas pris au sérieux le fait que l’envoi du président Gbagbo devant la CPI était un volet envisageable par ses adversaires. Pourtant, monsieur Ocampo avait évoqué cette hypothèse au cours du processus électoral.
Dans ce nouvel opus, vous développez la thèse du coup d’Etat en Côte d’Ivoire, vous basant notamment sur différentes correspondances entre le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues Ouest africains dont le Burkinabè Blaise Compaoré et le Nigérian Goodluck Jonathan…
En réalité, je ne développe aucune thèse et ne formule aucune hypothèse. Je rapporte simplement des faits et des preuves qui, à ce jour, n’ont été contestés par personne, y compris en France. Je n’ai reçu aucune plainte en diffamation. On peut donc penser que les concernés n’ont rien à redire sur les faits ni sur ces documents.
Votre livre a paru au moment où la victoire militaire d’Ouattara, se double d’un triomphe politique aux élections législatives de décembre dernier. Vous ne pensez pas qu’il vient un peu tard?
Permettez-moi de signaler que le taux d’abstention est inédit sur ces élections et que le taux de participation n’a jamais été si faible (15%) même si l’on a prétendu officiellement qu’il était de 30%. Si les élections avaient été gagnées par monsieur Ouattara, il aurait eu au moins 50% de taux de participation. C’est le minimum pour une victoire électorale crédible. Je crois que le livre a plutôt prouvé qu’il y avait un vrai problème de légitimité du nouveau régime soutenu par la communauté internationale.
Dans ce livre, vous peignez Gbagbo comme l’ange persécuté par plusieurs démons, dont Nicolas Sarkozy en tête. L’ancien président ivoirien n’a-t-il pas eu de torts dans cette crise, notamment en violant la constitution de son pays pour assurer ses arrières ?
Je ne peints pas le président Gbagbo comme un ange. Les anges n’existent pas en politique. Je dis d’ailleurs que certains de ses proches collaborateurs ont été incapables de cerner les véritables enjeux de cette crise et qu’ils ont trahi les intérêts supérieurs de la nation et de l’Etat ivoirien au profit de leurs seuls intérêts personnels. Leur incompétence à causé des victimes et des exilés. Cela dit, le président Gbagbo n’a jamais violé la constitution. C’est probablement cela son problème.
Vous militez pour un recomptage des voix comme le demandait le président Gbagbo en son temps. Cela était-il possible vue la tension que l’on percevait dans ce pays à ce moment?
En quoi le recomptage des voix serait une infraction au code électoral ou à la constitution ivoirienne ? Qui a peur du recomptage ? Le président Thabo Mbeki a regretté que cette option n’ait pas été privilégiée. Ceux qui ont préféré la force savent pourquoi ce choix a prévalu sur tout autre.
Vous n’avez pas omis, entre les lignes, de remettre en cause l’implication du représentant de l’Onu…
J’ai simplement regardé si l’attitude de M Choï était conforme à son mandat. Hélas non et c’est regrettable pour l’ONU et pour le droit international. Son mandat ne lui permettait ni de se prononcer sur le vainqueur ni sur le perdant mais lui recommandait de veiller à conformité du processus électoral avec les normes internationales. Il me semble qu’il est allé au-delà de son mandat en désignant qui, d’après lui, était vainqueur.
Dans la même veine, on a l’impression que vous personnalisez le conflit en nommant Nicolas Sarkozy comme celui par qui les malheurs de Gbagbo sont arrivés?
Je me répète, je rapporte des faits et je fournis des preuves. Et personne n’a prétendu à ce jour que ces faits sont inexacts ou que je parle sans preuve. J’ai découverts des choses et je les mets à lq disposition du public.
Peut-on avoir la substance de la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo ?
Cette lettre demande au président français d’intervenir militairement dans une affaire de politique intérieure d’un Etat souverain en violation du droit pénal international et du mandat des Nations Unies. C’est regrettable pour certains dirigeants africains de procéder de la sorte envers leur homologue et voisin.
Certains pensent que si le président Laurent Gbagbo s’était refusé d’organiser l’élection présidentielle dans les conditions de ce moment, on aurait évité ce bain de sang. Le pensez-vous?
Pardonnez-moi mais cette analyse est ridicule/. Tout le monde semble oublier que le président Gbagbo était accusé de ne pas vouloir organiser des élections car, disait-t-on, il voulait rester au pouvoir. Lorsqu’il a accepté d’aller aux élections et que le résultat ne convenait pas à quelques Etats, on q trouvé qu’il était à nouveau un problème. Ceux qui ont organisé le bain de sang à Abidjan sont bien les rebelles qui ont systématiquement refusé de désarmer. Ils ont ainsi violé tous les accords de paix au vu et au su de tous sans que l’on daigne les tancer une seule fois. D’ailleurs, on les a vu à l ?uvre lors de la prise d’Abidjan et surtout à Douékoué. Les confidences qui m’ont été faites par des diplomates de l’ONUCI et par des officiers français opérant en Côte d’Ivoire montrent clairement que les forces rebelles ont non seulement commis des crimes contre l’humanité depuis 2002 mais qu’ils étaient protégés par certaines puissances qui avaient opté pour l’usage de la violence.
Vous revenez très souvent sur le profil de Laurent Gbagbo, pourquoi?
Oui parce qu’il faut d’abord connaître et puis comprendre avant de juger dans la précipitation et la cacophonie. Ce n’est pas parce que les médias occidentaux semblaient unanimes et consensuels qu’ils disaient vrai ou qu’ils avaient raison. Deux exemples, ils ont dit que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français. J’ai enquêté sur cette affaire et la juge chargée de l’affaire en France m’a avoué que les autorités françaises lui mettaient les bâtons dans les roues. Je publie d’ailleurs sa lettre en annexe du livre ainsi que celle du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, qui s’oppose à la classification des documents sur ce sujet. J’ai également obtenu les auditions du ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie qui a totalement perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Que d’étranges comportements pour des gens qui déclaraient haut et fort que le président Gbagbo était responsable de la mort des soldats français en 2004 à Bouaké ! Mieux leur avocat m’a dit en France que Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec cette affaire. Une association a été crée en France pour la vérité et la justice en faveur des soldats français. Deuxième exemple, la disparition du journaliste Guy-André Kieffer ; où en est l’enquête en France ? Au point mort. Pourquoi ; les autorités françaises doivent expliquer pourquoi depuis l’arrestation du président Gbagbo l’enquête n’avance pas.
Pensez-vous que Laurent Gbagbo bénéficiera d’un procès équitable?
Non; il s’agit d’un procès politique qui visait en priorité à éliminer politiquement un dirigeant africain libre et indépendant. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais soumis la liste de ses ministres et collaborateurs à l’approbation de l’Elysée; du Quai d’Orsay ou de Matignon. Paris n’a pas apprécié pourtant il n’a jamais menacé les intérêts français en Côte d’Ivoire. Certains officiers français m’ont confié que leur président avait été aveuglé par sa proximité avec monsieur Ouattara et sa femme Dominique.
Au Sénégal, à la veille de l’élection du 26 février prochain, la tension monte. Le président Wade n’entend et n’écoute que lui. Que pensez-vous de la situation dans ce pays?
Il faudrait poser cette question à la CEDEO. Envisagera-t-elle une intervention militaire à Dakar si la situation se dégrade. Je serais curieux de voir leur position. Le moins qu’on puisse dire est que la désinvolture et l’irresponsabilité avec lesquelles la CEDEO a traité la question ivoirienne les met désormais au pied du mur.
Alassane Ouattara a été élu président de la Cedeao vendredi dernier. Que pensez-vous qu’il puisse apporter à ce regroupement ?
Il lui apportera la reconnaissance pour service rendu.
Télédiaspora-24/2/2012
Qui dirige la RD Congo ? Kabila ou Kagame ?
Mardi 29 juin, les Congolais avaient appris avec stupeur la venue à Kinshasa des présidents ougandais et rwandais pour assister à la parade militaire organisée le mercredi 30 juin dans le cadre de la commémoration des festivités du cinquantième anniversaire. Les mêmes Congolais ont été scandalisés d’apprendre que Joseph Kabila a fait retarder de deux heures le démarrage du défilé jusqu’à l’arrivée de Paul Kagame dont l’avion accusait un retard de deux heures.
La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents
Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).
Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.
La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.
L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.
Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.
Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).
Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.
Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.
Source : Voltairenet
Kodak: les leçons d’une faillite
Source : ParisTechReview
Lorsqu’apparaissent des technologies de rupture, certaines entreprises sont totalement prises au dépourvu. D’autres sentent le vent tourner et s’adaptent avec le temps. Et il y a celles qui, comme Kodak, ont vu venir et n’ont pas su réagir. La faillite de la firme de Rochester marque la fin d’une série de faux-pas, sous-tendus par la peur d’introduire des innovations qui perturberaient son activité la plus rentable: la pellicule argentique.
Tandis qu’Eastman Kodak s’est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, Isoflux, l’entreprise de David A. Glocker, est pour sa part en pleine expansion… grâce à une technologie qu’il a développée dans les laboratoires de recherche de Kodak. Il n’a rien volé, bien au contraire. Avant de fonder Isoflux avec la bénédiction de Kodak en 1993, David Glocker avait approché la direction de l’entreprise et lui avait suggéré de commercialiser le procédé de revêtement qu’il venait de développer.
“Très bien, allez-y.”
“Je suis allé voir la direction pour leur dire que cette technologie était très prometteuse et que personne ne l’avait encore commercialisée: si Kodak n’était pas intéressé, j’aimerais me lancer”, se souvient-il. A quoi ils ont répondu: “Très bien, allez-y.” C’est ce qu’il a fait, sur son temps libre, pendant cinq ans, tout en continuant à travailler chez Kodak, puis à temps plein dès 1998, après avoir quitté l’entreprise. Aujourd’hui, avec à son actif de nombreux autres brevets et innovations, Isoflux est une société en pleine croissance. Implantée elle aussi à Rochester dans l’Etat de New York, elle fabrique une gamme de revêtements spécialisés pour produits en trois dimensions, aussi bien pour des mèches de foreuses que pour des lentilles optiques ou des appareils médicaux.
La technologie en question est l’une des innombrables innovations que Kodak a développées au fil des ans, mais qu’elle a été incapable de commercialiser avec succès – la plus célèbre étant l’appareil photo numérique, inventé en 1975 par leur ingénieur Steven Sasson. Or c’est précisément le numérique qui a torpillé le géant argentique. Depuis 2003, Kodak a fermé 13 usines et 130 laboratoires, et réduit ses effectifs de 47 000 postes. Elle n’emploie plus aujourd’hui que 17 000 personnes à travers le monde, soit 63 900 de moins qu’il y a dix ans.
KRS-One – AZTECHNICAL (Official Video) Prd. By MAD LION
Nneka – Shining Star [official video]





