Archive pour juin, 2011

29/06/2011

Libye : le mépris et la mauvaise foi

La guerre de Libye n’est pas la guerre d’Espagne. Et les insurgés, barbus et armés de mitrailleurs, de lance-roquettes et de mortiers montés sur pick-up, ne sont pas des idéalistes rêvant de Liberté et de Démocratie. Ces concepts, qu’ils invoquent devant les caméras de télévision, ne les intéressent que dans la mesure où ils peuvent porter à l’instauration d’un Etat théocratique fondé sur la charia. Quant à la résolution 1973, elle n’est qu’une hypocrisie occidentale de plus. Prétendument votée pour protéger les civils, elle sert en fait les intérêts des ex-puissances coloniales qui utilisent l’OTAN pour dicter leurs volontés au peuple libyen par la terreur des « frappes aériennes » et essayer de chasser Kadhafi dans le but de le remplacer par des gouvernants fantoches à leur service.

Le loup, dit un adage italien, perd le poil mais pas le vice. Ainsi, le colonialisme : s’il est mort dans la lettre, il ne l’est point dans l’esprit… Nicolas Sarkozy, Président de la république française, vient de nous le rappeler en opérant une fière et glorieuse démonstration au moyen d’une intervention armée en Libye, pays dont le sous-sol suscite des convoitises insoupçonnées du fait qu’il est riche des plus importants gisements de pétrole du continent africain. Faisant mine d’avoir perdu le train du « Printemps arabe » dont il s’apprêtait en vérité à compromettre le départ en armant Ben Ali, il a fini par faire un plongeon dans les profondeurs de l’histoire et s’est mis à rouler à l’heure des Raymond Poincaré, Lloyd George et autres Balfour, à l’époque où les franco-britanniques tramaient et concoctaient les accords « Sikes-Picot » au moyen desquels ils allaient se partager les dépouilles de l’empire ottoman, autrement dit le monde arabe, en réduire les habitants à leur puissance et les condamner à vivre à genoux ou à mourir. Et, éclairé par un Bernard Henri Lévy, qui s’est mis quant à lui à jouer les Lawrence d’Arabie pour le compte du sionisme et d’Israël, a-t-il aussitôt décidé d’ourdir avec David Cameron, Premier ministre britannique, un plan fumeux pour justifier la guerre dans laquelle il allait jeter la France, sans état d’âme vu qu’il en rêvait depuis le temps où Jacques Chirac avait refusé de s’associer à George Bush et Tony Blair et d’envoyer des soldats français mourir pour une mauvaise cause en Irak.

28/06/2011

Les vraies raisons de la guerre en Libye

Source : IvoireBusiness

A- Les vraies raisons de la guerre en Lybie

1-Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans.

C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

27/06/2011

Lettre Ouverte d’un Africain au Président Obama sur sa guerre en Libye

Monsieur le Président,

C’est le cœur saignant de douleur que je vous écris cette lettre pour vous prier de bien vouloir écouter le message que la Chambre des Représentants Américaine vous a envoyé hier 24/06/2011 en rejetant le texte autorisant l’intervention militaire des Etats-Unis en Libye, et de mettre fin à l’agression en cours contre le peuple Libyen avec les prétextes des plus extravagants comme celui de dire que c’est pour les  protéger.

Il y a 3 ans que vous avez enflammé tout un continent, le continent africain durant les primaires des élections présidentielles du parti démocrate.  Et lorsque vous avez été élu président, nous avons cru voir en vous, ce fils d’Afrique qui avait réussi et qui pouvait désormais servir de référence pour 1 milliard d’Africains, vous sembliez ce héros que nous n’avons jamais connu, parce que nos héros ne sont devenus des légendes que pour l’émotion suscitée par leur brève vie (tous tués par les Européens).

Avec votre élection à la Présidence des Etats-unis d’Amérique, nous avons cru un instant voir ce demi-dieu Noir que l’Afrique se cherche encore après tant d’années de honte au contact de l’Europe. Oui Monsieur le Président, nous savions bien que vous aviez été voté par les Américains pour faire les intérêts de votre pays, mais que voulez-vous? Penser  que vous étiez aussi notre Président, que vous aviez nos gènes, que vous étiez aussi notre frère Noir est un rêve que nous avons tous fait les yeux bien ouverts.  Nous vous avons tous vu comme quelqu’un des nôtres, comme quelqu’un qui était capable de comprendre mieux que tous les autres puissants de la terre, les plaies et les souffrances des Africains.  Nous avons porté vos t-shirts, nous avons entonné votre refrain YES WE CAN, mais dans nos têtes en Afrique, nous lui avions donné une autre signification, c’était l’explication que ce destin qui semblait figé d’une race maudite avait tout d’un coup pris le train, le même train de l’évolution des autres races. CHANGE ! en effet.

Dans le plus profond village reculé d’Afrique, nous avons chanté votre nom, parce que vous nous avez donné l’espoir, l’espoir d’un véritable changement. Vous avez donné à la jeunesse africaine l’enthousiasme qu’aucune campagne de sensibilisation n’aurait permis d’atteindre. Lorsque vos adversaires politiques vous attaquaient sur vos actions, nous étions dans l’incapacité même de comprendre leurs raisons, les classant tous et de façon expéditive comme des racistes, tellement nous étions fous de vous.

Et puis, ont commencé vos premières maladresses sur l’Afrique que nous avons toujours regardées avec beaucoup de tolérance et d’indulgence. Puis les maladresses se sont progressivement transformées en fautes politiques et puis en humiliation et pour finir en agression pure et simple. La dernière et la plus grave est l’agression contre la Libye.

27/06/2011

Déclaration de l’Union Africaine au Conseil de securité de l’ONU sur la Libye

M. Ould Hamady : Je voudrais d’emblée m’acquitter de l’agréable devoir de remercier le Président et les membres du Conseil de sécurité d’avoir bien voulu inscrire à leur ordre du jour cette interaction entre le Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye et le Conseil. La présente rencontre marque en effet un jalon supplémentaire dans le partenariat novateur et orienté vers l’action que nous nous employons, dans l’esprit du Chapitre VIII de la Charte, à bâtir entre l’Union africaine et les Nations Unies, pour pouvoir répondre avec l’efficacité et la flexibilité requises au défi de la paix et de la sécurité en Afrique. Mes collègues, les membres de la délégation ministérielle de l’Union africaine, et moi-même nous réjouissons de cette interaction, qui est à la fois appropriée et opportune.

Comme vous le savez, cette réunion procède de la requête contenue dans la décision sur le règlement pacifique de la crise libyenne, adoptée par la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenue à Addis-Abeba le 25 mai dernier. Il s’agit là assurément d’une occasion unique pour notre Comité d’informer le Conseil de sécurité de l’action qui est celle de l’Union africaine depuis l’éclatement de la crise libyenne, de lui faire part de nos préoccupations et inquiétudes, ainsi que de convenir avec lui des voies et moyens de nature à accélérer la recherche d’une paix durable en Libye. Cette interaction participe au demeurant de la mise en œuvre du mandat du Comité ad hoc de haut niveau consistant à œuvrer à la coordination des efforts et à solliciter l’appui des différents partenaires pour le règlement rapide de cette crise.

La présente réunion avec le Conseil se tient à un moment critique de l’évolution de la situation en Libye. Le conflit qui déchire ce pays depuis février 2011 entre dans son quatrième mois, alors que l’opération militaire conduite par la coalition, puis par l’OTAN, dans le contexte de la résolution 1973 (2011) du Conseil de sécurité dure depuis près de trois mois et vient d’être renouvelée pour une période identique.

Sur le terrain, nous observons une situation humanitaire particulièrement préoccupante, ainsi que l’a souligné à juste titre la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos, ici même devant le Conseil, le 9 mai dernier, puis à Genève, le 19 du même mois. Au moment où nous nous retrouvons ici pour débattre de la situation en Libye, nous nous devons d’avoir fortement présentes à l’esprit les souffrances indicibles infligées aux populations civiles libyennes, pour la protection desquelles la résolution 1973 (2011) a été adoptée, mais également le sort des travailleurs migrants africains et autres cherchant désespérément à fuir la Libye, avec les centaines, si ce n’est les milliers de morts déjà enregistrés en mer.

La prolongation des opérations militaires en Libye pose chaque jour de nouveaux défis, tant en ce qui concerne les chances d’une transition démocratique réussie en Libye que la sécurité et la stabilité des pays de la sous-région. Cette situation interpelle profondément aussi bien l’ONU que l’Union africaine, dans la mission première des deux organisations s’agissant de la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité. Elle met encore une fois en relief l’impératif tant moral que politique de la recherche d’une solution rapide pour abréger les souffrances de la population civile, créer les conditions d’un retour durable à la paix en Libye et éviter à la région de nouvelles épreuves qui risquent de la plonger dans l’instabilité, avec toutes les conséquences qui en résulteraient.

L’Union africaine est particulièrement préoccupée par la tournure actuelle des événements. Notre inquiétude est d’autant plus grande que la crise libyenne a des dimensions régionales évidentes et que les pays voisins de la Libye, en Afrique du Nord et dans la bande sahélo-saharienne, sont ceux qui subissent le plus l’impact négatif de la situation actuelle et qui paieront le plus lourd tribut à la poursuite et à l’aggravation du conflit.

Des dizaines de milliers de travailleurs migrants africains ont dû retourner dans leurs pays d’origine, sans perspective véritable de réinsertion socioéconomique, eu égard aux contraintes de toutes sortes auxquelles nos pays sont confrontés. Il est évident que le fardeau ainsi imposé à nombre de nos États induira forcément des tensions sociales susceptibles de dégénérer en crise politique. Les informations crédibles faisant état de la prolifération d’armes provenant de dépôts libyens ne peuvent que renforcer notre inquiétude, d’autant plus que certains des pays de la région sont actuellement confrontés à des rébellions latentes ou émergentes, qui s’ajoutent au fléau du terrorisme.

Nous sommes convaincus qu’en dernière instance, seule une solution politique permettra de répondre aux aspirations légitimes du peuple libyen et de promouvoir durablement la paix dans ce pays. C’est cette conviction qui informe la démarche qui est la nôtre depuis lе 10 mars 2011, lorsque le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni au niveau des chefs d’État, a articulé une feuille de route pour le règlement de la crise libyenne. Auparavant, et eu égard aux développements intervenus en Libye après les premiers soulèvements populaires, le Conseil de paix et de sécurité avait fermement condamné l’utilisation indiscriminée et excessive de la force et d’armes contre des manifestants paisibles, en violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire, lancé un appel aux autorités libyennes pour qu’elles assurent la protection et la sécurité de leurs populations, et souligné la légitimité des aspirations du peuple libyen à la démocratie, à la réforme politique et à la justice.

Les principaux éléments de la feuille de route de l’Union africaine sont certes maintenant bien connus. Il n’en reste pas moins utile de les rappeler, tant il est vrai que des incompréhensions ont pu, çà et là, surgir sur les objectifs poursuivis et les véritables intentions de notre organisation continentale. Ces éléments se présentent ainsi : cessation immédiate de toutes les hostilités ; coopération des autorités libyennes concernées pour faciliter l’acheminement diligent de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin ; protection des ressortissants étrangers, y compris les travailleurs migrants africains vivant en Libye ; adoption et mise en œuvre des réformes politiques nécessaires à l’élimination des causes de la crise actuelle.

Clairement, rien dans cette feuille de route ne saurait légitimement être interprété comme relevant d’une logique de soutien à une partie donnée. Tout au contraire, i1 s’agit de donner aux Libyens l’opportunité de choisir librement leurs dirigeants et de se doter d’un système politique répondant à leurs aspirations et correspondant aux instruments pertinents de l’Union africaine dans une entreprise salutaire de renouveau et de transformation démocratique consensuellement conçue et conduite par toutes les sensibilités libyennes.

Depuis son établissement, le Comité ad hoc de haut niveau s’est employé à faciliter la recherche d’une solution politique. L’action entreprise inclut notamment la tenue de plusieurs réunions, tant au niveau des chefs d’État des pays membres du Comité et du Président de la Commission, qu’à celui des ministres et du Commissaire à la paix et à la sécurité ; une visite en Libye, les 10 et 11 avril 2011, à l’occasion de laquelle le Comité a rencontré le colonel Kadhafi et les représentants du Conseil national de transition (CNT), pour des discussions sur la feuille de route de l’Union africaine et les voies et moyens d’une sortie de crise rapide. Cette visite a été suivie par des rencontres avec les parties libyennes à Addis-Abeba, fin avril et fin mai 2011, pour poursuivre le dialogue engagé – ce matin même, avant de venir ici, nous avons eu une nouvelle réunion avec le CNT – ; la tenue d’une session ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine les 25 et 26 avril derniers, ainsi qu’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, le 25 mai 2011.

Je me dois d’ajouter que S. E. M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Comité ad hoc, est resté en contact continu avec ses homologues, ainsi qu’avec les parties libyennes et les partenaires internationaux. Par ailleurs, le Président Jacob Zuma d’Afrique du Sud a, avec l’accord du Comité ad hoc de haut niveau, effectué une visite en Libye, où il s’est entretenu avec le colonel Kadhafi des voies et moyens d’une sortie rapide de la crise.

La Commission de l’Union africaine a, elle aussi, pris nombre d’initiatives dans le cadre des décisions pertinentes de l’Union africaine, y compris la convocation, le 31 mars 2011, à Addis-Abeba, d’une réunion d’experts avec l’ONU, la Ligue des États arabes, l’Union européenne et l’Organisation de la Conférence islamique, pour discuter de l’établissement d’un cessez-le-feu, ainsi que l’exige le paragraphe 1 de la résolution 1973 (2011), et des modalités de sa surveillance ; la participation, en qualité d’invité, aux trois différentes réunions du Groupe international de contact sur la Libye ; et la poursuite d’un dialogue, qui se veut constructif, avec les partenaires internationaux, tant bilatéraux que multilatéraux.

Le Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine a saisi l’occasion du Sommet extraordinaire en mai dernier pour interagir à nouveau avec les parties libyennes. À cette occasion, les représentants du Gouvernement, après avoir réaffirmé leur acceptation inconditionnelle de la feuille de route de l’Union africaine, ont présenté dans le détail le document soumis précédemment sur les mécanismes et moyens de mise en œuvre de la feuille de route de l’Union africaine. Pour leur part, les représentants du CNT ont présenté un document intitulé « Cadre général des négociations visant à satisfaire les demandes légitimes du peuple libyen en vue de la mise en place d’un ordre constitutionnel démocratique ».

24/06/2011

Espérer contre toute espérance: Un hymne à la réconciliation dans la région des Grands Lacs

Compte-rendu: Joseph Sagahutu,  Espérer contre toute espérance, Editions Sources du Nil

Un titre banal pour beaucoup d’entre nous. Un livre inouï  pour quelqu’un qui souffre pour son pays, qui sait le désir de vengeance et le climat d’injustice qui y mine de jour en jour le lien social. Ils sont nombreux, nos soeurs et frères Rwandais qui souffrent pour leur pays. Car, quoiqu’on en dise, le pays des milles collines vit un drame ; le drame d’une opposition dialectique : amis, ennemis, innocents coupables, bons et méchants, vainqueurs et vaincus. Le même drame comme une malédiction a poursuivi le Rwanda à travers le monde, singulièrement en RDCongo, dans le Kivu.

 Lui, Joseph Sagahutu, prêtre catholique rwandais, le seul rescapé  de onze (11) martyrs de Kalima, prêtres et religieuses rwandais, a tenu   témoigner.

La dure réalité  et la brutalité  des faits vécus et relatés contrastent avec les mots. C’est avec un coeur de baptisé  où  l’amour prime sur la haine qu’il parle.

Exercice difficile parce qu’il vous plonge dans le tréfonds de soi, dans l’animalité  de l’homme (homini lupus) mais heureux dès lors qu’il confond les bourreaux et leurs chiens de garde avec des mots dénués de haine et de vengeance :   “dimanche 2 mars 1997, vers 5 heures, les religieux furent entassés dans une voiture Land Rover et conduits sur le lieu du supplice sur la route vers Kindu. Là, ils furent dépouillés de leurs habits et de tous leurs effets. Les bourreaux leur crevèrent les yeux  à l’arme blanche. Ils leur trouèrent les oreilles l’une après l’autre avec des couteaux. La soeur Marie  Francine Nyirarunkundo avait  été  épargnée sous prétexte qu’elle  était Tutsi comme les bourreaux. Celle-ci rétorqua que les religieuses assassinées  étaient devenues en quelque sorte des membres de sa famille biologique. Elle fut  galement soumise au supplice de la mort”. pp.106-07. Unique rescapé  du massacre  de Kalima (RDCongo), le prêtre Joseph Sagahutu a hérité  de Mgr Christophe Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu avant d’être assassiné, le message aussi fort et réconfortant d’ Espérer contre toute espérance et garder courage comme le peuple et les prophètes d’Israël en exil. Il ne pouvait s’en douter que ce message prophétique lui  était comme du sel dans le long calvaire et le long combat  à mener. Ce message  était une nouvelle naissance, un nouveau baptême que Joseph Sagahutu a expérimenté  et continue d’expérimenter depuis le début du génocide rwandais jusqu’à  cet instant.

C’est au Zaïre (RDCongo) dans l’ancien Kivu que le prêtre a vécu la vraie expérience de la foi à travers de pauvres gens qui n’avaient que de la joie (hospitalité) à lui offrir en prenant sa croix :  ” le commandant Caeser Kayizari donna l’ordre de me capturer vivant dans le but de me torturer lui-même. ( ) Ce mardi-là, je me glissai alors par la fenêtre discrètement et parvins à  fuir dans la brousse. Il faisait très froid et il pleuvait abondamment. ( ) je me suis égaré dans la forêt. Le vendredi, je me suis encore perdu dans ce labyrinthe de forêt dense, sans boussole, sans point de repère, sans route. Fatigué  par une marche infructueuse sans issue, j’ai glissé  à  cause de l’obscurité  dans un  étang naturel très large. J’y suis resté  plusieurs heures avant de pouvoir m’en sortir au petit matin ( ) tout mouillé  et couvert de boue”   pp.122-23.

L’abbé  Joseph Sagahutu se révèle dans ce récit un bon géographe de la région Est de la RDCongo qui a bénéficié  de beaucoup de solidarité, d’une chaîne de solidarité  de la part des populations congolaises et du clergé  catholique. Car, ainsi devait s’accomplir la parole prophétique de Mgr Munzihirwa fondée sur l’amour du prochain, notre semblable.

La fin de la lecture soulève deux interrogations. Par rapport à  l’auteur. Après tant d’épreuves où  lui  était chassé comme du gibier, comment vit-il tous ses souvenirs ? Comment regarde-t-il l’homme et que prêche-t-il  à ses paroissiens ? Naturellement d’espérer contre toute espérance.

Par rapport  à notre vie. Gaspard Musabyimana, me demandait en mars 2004 : “vous  êtes d’accord avec moi qu’il ne peut y avoir une réconciliation véritable au Rwanda tant qu il n’ y a pas de justice pour toutes les victimes. Tant qu’on continuera  à considérer tout Hutu comme une cible légitime”.

Vous avez dit  cible? Avec raison. Car, dans cette guerre-là, la principale cible de ces persécutions est l’Eglise catholique. Et comme le témoignait Mgr Kataliko : plusieurs prêtres, religieux et religieuses ont  été froidement assassinés. Nous avons le sentiment que par-delà  les faits isolés reprochés à  l’un ou l’autre, à  raison ou à  tort, il y a une stratégie qui vise à  détruire tout ce qui est considéré  par le peuple comme sacré. Une fois détruit le noyau autour duquel se construisent la cohésion et l’identité  communautaire des peuples, il serait plus facile de soumettre des populations désormais sans défense et sans repères à  l’arbitraire d’une idéologie et d’un système totalitaire qui veulent s’imposer  à tout prix   (Cibles, 235 prêtres africains tués, p.124)

Le livre de l’abbé  Joseph Sagahutu est un hymne  à l’humilité,   la réconciliation dans la vérité et la justice à  travers une cohabitation pacifique et, au delà  du Rwanda, que les peuples de la sous région cessent de considérer le Rwandais comme un envahisseur méprisant les autres peuples.

Il faut le lire car il est écrit avec le coeur. Aux Editions Sources du Nil, 10 Euros, Lille, France, 200 pages.

Nicaise Kibel Bel Oka

Les Coulisses

23/06/2011

Bande-Annonce Documentaire PARIS MON PARADIS

Site web officiel : www.parismonparadis.com

Projections à venir :
-le mardi 12 juillet à 18h (ce soir !)
au Musée du Petit Montparnasse
21 Avenue du Maine 75015 Paris
M° : Montparnasse-Bienvenüe

-le mardi 19 juillet à 19h
au café OLYMPIC,
20 rue Léon, 75018 Paris
(métro Château-Rouge ou Marcadet Poissonniers)

- Le samedi 24 septembre à 18h (reprise du FESPACO)
au cinéma le NOUVEAU LATINA
20 rue du temple 75004 PARIS

 

 

Les immigrés africains entretiennent le mythe d’un eldorado. Le rêve d”une immigration synonyme de réussite et de bonheur. Je suis Africaine. J’ai grandi da…

22/06/2011

Dailymotion – Charles Enderlin ‘Par le feu et par le sang’ – une vidéo Notizie e Politica

News, politique, actualité, international, culture, loisir, rumeur, people… Suivez l’actualité politique française et internationale à travers des vidéos et reportages du Monde, Mediapart, Radio France, Rue 89, Arrêt sur image.

22/06/2011

LETTRE OUVERTE D’UN AFRICAIN A N. SARKOZY, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ET AU PEUPLE FRANÇAIS

Source : Cameroonvoice

Monsieur le Président,

Depuis votre arrivée au pouvoir, vous avez fait des choix précis et assumé de faire des Africains en particulier, un bouc émissaire des problèmes qui affligent la France. Vous avez ouvert la boîte de Pandore qui a permis l’explosion des pires sentiments racistes dans ce pays contre les Africains. Et je vous écris cette lettre pour vous manifester ma colère assumée (aussi) et ce cri de colère l’est aussi pour tous ceux qui parce que malades, parce qu’analphabètes, parce que timides ou pour mille autres raisons ne peuvent pas vous parler directement de toutes les frustrations que vous leur procurez dans l’espoir que vous saurez corriger la donne pour la fin de votre mandat présidentiel.

1- La France ne peut pas accueillir 900 millions de pauvres africains

Monsieur le Président, l’Afrique se porte bien, très bien grâce à ce qu’on appelle la « globalisation » et que je désigne tout simplement par « le 21ème siècle ». Au 21ème siècle donc, l’Afrique connaît le premier vrai développement humain de son histoire moderne. Et l’essentiel du flux migratoire se passe désormais à l’intérieur même de l’Afrique. Il y a toujours plus d’écoles qui se construisent, plus d’hôpitaux, plus de routes bitumées, plus de réseaux de chemin de fer, plus de lignes téléphoniques, plus de journaux.

Grâce à son deuxième satellite RQ1R de RASCOM, mis en orbite le 4 août 2010, les conversations téléphoniques africaines ne transitent plus par l’Europe, faisant économiser au passage 400 millions de Dollars par an que l’Europe encaissait sans rien faire sur les conversations entre pays africains, les villages africains sont en train de se connecter progressivement à Internet à travers le système WMAX etc…

Monsieur le Président, point besoin de vous inquiéter du milliard d’Africains pauvres qui envahiraient en France, puisqu’ils vivent toujours mieux que nous de la diaspora, que nous, Africains de France. Pendant ce temps, il y a le divorce qui se consomme chaque jour entre l’Europe et l’Afrique au profit des États-Unis d’Amérique et de la Chine qui ne viennent pas avec le bla-bla-bla, mais avec de l’argent, avec beaucoup d’argent et cela semble fasciner dirigeants et hommes de la rue, car les résultats se voient immédiatement. Le président Sénégalais Wade affirmait il y a 2 ans que 10 ans de coopération avec la Chine avait procuré à l’Afrique plus de ce que cette dernière avait eu en 1.000 ans de relations avec l’Europe. C’est tout dire.

- Pendant que la Chine ouvre son marché aux produits manufacturés africains depuis 2001, pour favoriser la création d’un embryon d’industrialisation,

22/06/2011

Aminata Traoré (à Nantes) parles des crises en Afrique

21/06/2011

B. world connection: Hommage à Aimé césaire

B. world connection: Hommage à Aimé césaire

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