Archive pour avril, 2011

29/04/2011

Chocolat au lit: Que vaut la vie d’un africain ici bas ?

Calixte Beyala

Carla Bruni serait-elle vraiment enceinte ? Je m’en étonne. Oui interloquée, qu’un homme, futur papa en l’occurrence Nicolas sarkozy, verse autant de sang. Tchogo, aurait dit ma grand-mère. Une malédiction si grande qu’elle ne saurait conduire que vers une mort atroce !

Sarkozy papa ? J’en suis toute chamboulée ! Et si c’était vrai, alors, il aurait pactisé avec le diable et ses cornes ! Ceux-ci lui auraient reclamé du sang, du sang humain, pour augmenter son pouvoir ! Ma grand-mère aurait soutenu cette thèses, en invoquant ses ancêtres pour se protéger d’un homme aussi maléfique !Elle aurait versé un peu de lait, un peu de sel devant notre case pour empêcher l’esprit de Sarkozy de s’approcher de notre demeure…

Et moi, enfant, j’aurais frissonné de peur. Et chaque soir, je me serais pelotonnée dans mon lit en grelottant ! Oui, le kong, le famla, la grande sorcellerie en quelque sorte. Mais voilà, je ne suis plus une enfant… Et grand-mère est morte il y a si longtemps, oh oui, si longtemps !

La nuit dernière, les Forces de la Licorne et l’Onucci s’en sont allés gaillardement bombarder le quartier de Yopougon à Abidjan ; un quartier populaire où vivent plus d’un million de personnes. Elles ont dû avoir fières allures, nos forces de se farcir à bout de canon quelques nègres qui ne demandent qu’à vivre ! La chasse à l’homme offerte gratuitement et bien payée de surcroît ! Quel sanguinaire pourrait rêver mieux ? Je suis trop vieille et les legendes de grand-mère n’accompagnent plus mes pas ; et ses peurs ne m’habitent plus.

Logiquement, je me demande : Comment est-ce possible ? Y a-t-il encore des êtres humains à tuer en Côte d’Ivoire après tant de massacres ? C’est à croire !

Côte d’Ivoire, Libye, Afghanistan, Irak, que de fronts de guerre pour notre nabot national ! Et comme si tout ce sang ne lui suffisait pas, le voilà à reclamer une autorisation de l’Onu pour ajouter quelques Syriens à son tableau de chasse !

Sorcellerie ! clamerait grand-mère, bouleversée.

Je ne crois pas en la sorcellerie. Il me vient à l’esprit que Sarkozy est un homme malheureux, malheureux en amour, souffrant peut-être d’une infirmité sexuelle ! Oui malheureux ! Car un homme heureux ne saurait sémer autant de tristesse à son alentour ! Oui triste et malheureux de ne pas pouvoir être aimé ! Triste et malheureux de ne pas pouvoir rendre une femme heureuse ! Triste et malheureux de ne pas pouvoir la satisfaire ! Mais peut-être me trompe-je ? Peut-être est-il tout à fait heureux ?

Les bombes, les canons et autres armes de guerre sont pour quelques éclopés sexuel, une armure contre l’impuissance ! Ils sont la continuité d’un phallus absent ou défaillant. Ils sont leur anti-depresseur ! Leur anxiolitique ! Leur trois ave maria avant le dormir ! Ils sont leur vengeance contre ceux qui contrairement à eux donnent et recoivent l’amour en abondance, pour qui les femmes se pâment de bonheur ! Ils donnent sens à leur médiocre existence terreste ! Et si vraiment Carla Bruni était enceinte… Alors, grand-mère aurait raison : Tchogo ! -

Calixthe Beyala

27/04/2011

Un tueur à la tête de l’Etat rwandais continue de narguer les Rwandais et la justice internationale

Un criminel à la tête d’un état, massacreur de populations civiles sans défense, c’est du déjà vu en Afrique au Liberia avec Charles Taylor. Mais l’on sait qu’il est aujourd’hui dans les mains de la CPI. Paul Kagame répondra-t-il un jour de ses crimes que l’on évalue actuellement à 6 millions de morts rwandais, congolais et ougandais (on oublie souvent ces derniers) ! Comment un tueur de la trempe de Kagame devient-il le chouchou de la communauté internationale, alors qu’il a massacré et continue de massacrer sa population ? Tous les grands de ce monde sont à genoux devant ce monstre qui a déclaré publiquement dans ce même mois d’avril qu’il a bombardé les camps de réfugiés et qu’il peut recommencer le cas échéant. C’est un multirécidiviste qui a déjà tiré dans la foule plusieurs fois faisant plusieurs milliers de victimes. Et comme récompense, il reçoit la visite de la gouverneure du Canada Michaëlle Jean. Quel cynisme ! Quoi qu’on fasse l’homme reste un indécrottable dictateur qui invite la gouverneure du Canada pour assister en direct à l’embastillement de son opposante ! Voilà de quoi narguer les soi-disant organismes ou patries des droits humains, voilà ce que Kagame a fait de la déclaration universelle des droits de l’homme : du papier Q ! Exactement ! C’est Paul Kagame qui a traité d’excréments humains les officiers du FPR, Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya qui ont fui le régime. La gouverneure a même eu du mal à parler au dictateur, les yeux dans les yeux, des libertés de la presse.

Ce n’est qu’à Butare, très loin de la capitale que Michaëlle Jean a invité les Rwandais à ne pas être « captifs » de leur histoire, d’« exorciser la peur pour mieux avancer ». Aïe, aïe, aïe ! Victoire Ingabire l’a tenté et s’est retrouvée au trou ! Déo Mushayidi aussi. ils n’ont pas avancé du tout. Ce n’est pas la témérité qui manque chez les Rwandais. Jusque là on n’a pas de kamikaze, mais ça ne saurait tarder. Faut-il se poser la question de savoir alors pourquoi l’élection présidentielle au mois d’août 2010? Car à l’évidence Paul Kagame ne veut pas de candidat crédible contre lui. Bien entendu c’est pour gaspiller encore et toujours les aides internationales pour ce non-événement. Et l’on se demande ce qu’a bien pu faire le conseiller personnel de Kagame, Tony Blair. Apparemment il n’a même pas réussi à adoucir les mœurs, ni combler le manque d’éducation de ce chef d’état, qui ne vit que pour tuer, embastiller, écraser la moindre résistance. Michaëlle Jean, la propre voix de la reine d’Angleterre, dans une paraphrase alambiquée, n’a fait que balbutier quelques libertés possibles dans ce Rwanda devenu une prison à ciel ouvert ou plutôt un véritable cirque romain géant, dont les bourreaux les plus fervents (Kayumba Nyamwasa, Patrick Karegeya pour ne citer que les plus mal famés) n’ont pu que s’échapper de peur de subir les mêmes châtiments par lesquels ils ont supplicié des victimes innocentes. Et l’on se demande toujours pourquoi tout ce grand monde se précipite pour serrer les mains sanguinolentes de Kagame. Hier c’était Sarkozy, aujourd’hui c’est Michaëlle Jean, demain ce sera quelqu’un d’autre. C’est comme cela que l’on se rend complice d’un grand criminel.

Les peuples de la région des Grands Lacs africains abandonnés par la communauté internationale, devront supporter seuls le joug du dictateur sanguinaire qui se sent actuellement intouchable, malgré deux mandats internationaux lancés par deux juges francs-tireurs, le Français Jean-Louis Bruguière et l’Espagnol Fernando Andreu Merelles. Evidemment, les peuples africains ne comptent que pour du beurre face à d’énormes richesses dont regorge le sous-sol de cette région, pillée sans vergogne par les puissances internationales. Tout ceux qui ont trempé dans ce pillage ou tous ceux qui veulent leur part du gâteau passent par Kigali, c’est comme cela qu’on les reconnaîtra. Ce sont eux qui ont conforté l’impunité du régime de Kigali, en mettant en place des institutions iniques et inéquitables comme le TPIR destiné à embastiller tous ceux qui ont combattu l’avènement de ce régime en leur mettant sur le dos un génocide minutieusement programmé par des forces qui devaient en prendre prétexte pour défoncer le coffre-fort de l’ex-Zaïre. 6.000.000 de morts. Mais comme dirait le chef gaulois Brennos, « malheur aux vaincus », c’est aux galériens du TPIR de payer. Ils sont parqués dans des prisons mouroirs sans soin où la maladie la plus bénigne peut emporter une vie. Hier c’est mon ami Jean Bosco Barayagwiza qui a rendu l’âme. Mais bien avant lui ce fut l’évêque anglican Samuel Musabyimana,  Joseph Serugendo, Elizaphan Ntakirutimana. Paix à leurs âmes.

Eugène Shimamungu

www.editions-sources-du-nil.fr

27/04/2011

Ignacio Ramonet « Le citoyen vit dans un sentiment d’insécurité informationnelle »

« L’homme contemporain court le risque de devenir un ignorant bourré d’information », explique Ignacio Ramonet, spécialiste des médias, dans son nouveau livre l’Explosion du journalisme (Éditions Galilée). Le développement d’Internet, s’il menace la presse papier, pourrait aussi marquer l’essor d’une démocratie renouvelée dans laquelle transparence et fluidité éroderaient toutes les dominations.

Entretien réalisé par Frédéric Durand

Vous dites que « le journalisme traditionnel se désintègre complètement ».

Ignacio Ramonet. Oui, parce qu’il est attaqué de toutes parts. D’abord il y a l’impact d’Internet. Il est clair qu’Internet, en créant un continent médiatique inédit, a produit un journalisme nouveau (blogs, pure players, leaks.) directement en concurrence avec le journalisme traditionnel. Ensuite, il y a ce qu’on pourrait appeler la « crise habituelle » du journalisme, qui préexistait à la situation actuelle, c’est-à-dire la perte de crédibilité, directement liée à l’accélération générale des médias ; la consanguinité entre un certain nombre de journalistes et d’hommes politiques. Le tout suscitant une méfiance générale du public. Enfin, il y a la crise économique qui provoque une chute très importante de la publicité, principale source de financement des médias privés. Ce qui entraîne de lourdes difficultés de fonctionnement pour les rédactions.

Vous évoquez une perte de crédibilité, pourquoi ?

Ignacio Ramonet. La perte de crédibilité des grands médias s’est accentuée ces deux dernières décennies essentiellement comme conséquence de l’accélération du fonctionnement médiatique. La presse n’a jamais été parfaite, faire du bon journalisme a toujours été un combat. Mais depuis le milieu des années 1980, nous avons assisté à deux substitutions. D’abord, l’information en continu à la télévision, plus rapide, a pris le pas sur l’information délivrée par la presse écrite. Cela a abouti à une concurrence plus vive entre médias, une course de vitesse qui laisse de moins en moins le temps de vérifier les informations. Ensuite, à partir du milieu des années 1990 avec le développement d’Internet, et depuis deux ou trois ans avec l’irruption de « néojournalistes », ces témoins-observateurs d’événements (sociaux, politiques, météorologiques, faits divers. ) qui sont une nouvelle source d’information extrêmement sollicitée par les médias eux-mêmes.

Malgré ces pratiques de proximité, le public semble avant tout justifier sa défiance à l’égard de la presse par la promiscuité entre le pouvoir et les journalistes.

Ignacio Ramonet. Pour la plupart des citoyens, le journalisme se résume à quelques journalistes : ceux que l’on voit toujours et partout. Une vingtaine de personnalités connues, qui vivent un peu « hors sol », qui passent beaucoup de temps « embedded » avec les hommes politiques, et qui sont globalement fort conciliants avec eux. Bref, il s’est ainsi constituée une sorte de noblesse du quant à soi, leaders politiques et journalistes célèbres vivent et se marient même entre eux, c’est une nouvelle aristocratie. Mais ce n’est pas du tout la réalité du journalisme. La caractéristique principale de ce métier, aujourd’hui, c’est avant tout : la précarisation. La plupart des jeunes journalistes sont exploités, très mal payés ; ils travaillent à la pige, à la tâche, dans des conditions préindustrielles. Plus de 80 % des journalistes ont de petits salaires, toute la profession vit sous la menace de licenciements. Donc, à tous égards, la vingtaine de journalistes célèbres n’est pas représentative et masque la misère sociale du journalisme français. Et cela n’a pas changé avec Internet, cela s’est même aggravé. Dans les sites d’information en ligne créés par la plupart des médias, les conditions de travail sont encore pires. Est ainsi apparue une nouvelle sorte de journalistes exploités : les forçats de l’info, les pigistes d’abattage, les OS du Web, les galériens du clavier. Ce qui peut les consoler c’est que, peut-être, l’avenir leur appartient.

26/04/2011

Qui est Alassane Ouattara

26/04/2011

RADIOVISION – Prof. Molefi Asante on Libya & Cote D’Ivoire

Radiovision is hosted by Bernard White, fired and banned program director from WBAI-FM in NYC. Recorded April 7, 2011 at African Poetry Theatre, NYC, event s…

22/04/2011

Devoir de mémoire : Les massacres de Kibeho, 22.04.1995

Crimes du FPR : témoignage de Claudine Vidal sur les massacres de Kibeho

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Les humanitaires, témoins pour l’histoire

L’objectif des organisations humanitaires de secouristes n’est évidemment pas de produire des sources pour l’histoire des historiens professionnels. Et quand des acteurs humanitaires, malgré la pression de l’urgence, prennent le temps et la peine d’écrire ce qu’ils ont vu, c’est le plus souvent par volonté de témoigner : devant des instances internationales, devant des médias, devant des commissions d’enquête, devant l’opinion publique. Leur but est d’attester la vérité, de combattre l’incertitude, de désigner les auteurs des violences. Ce faisant, ils ne se considèrent pas dans l’immédiat comme des ” sources ” que consulteront les futurs historiens. J’imagine même que ce qu’a d’existentiel leur investissement dans les moments de crises et de violences extrêmes leur rendrait choquante l’idée qu’ils ” travaillent ” pour l’histoire académique. Et pourtant, des années plus tard, lorsque de tels événements s’obstinent à être ” une histoire qui ne passe pas “, lorsqu’ils suscitent révisions, négations, recherche de vérité, prises de paroles passionnées, ces acteurs humanitaires deviennent, en tant que témoins oculaires, se réclamant indépendants des belligérants, les informateurs des historiens professionnels (1). Je voudrais montrer, sur un cas précis, comment des ” humanitaires “, ne pouvant s’opposer à un massacre prévisible mais décidant de rester sur place pour si possible apporter des secours et au moins témoigner de ce qui s’est passé, deviennent des sources capitales pour les historiens : sans leur témoignage ce massacre ne serait plus que l’objet de propagandes mystifiantes, il ne serait qu’un épisode opaque sur lequel on ne peut rien dire de certain.

Au Rwanda, dans le camp de Kibeho, le 22 avril 1995, des soldats de l’Armée patriotique rwandaise (Apr) encerclent quelques 100 000 personnes, regroupées dans un espace restreint. Utilisant armes automatiques, lance-roquettes et grenades, les militaires tirent longuement à plusieurs reprises sur la foule.

Ce massacre, qui fit sans doute autant de morts que les attentats d’Al-Qaida du 11 septembre 2001, eut sur le coup un grand retentissement dans la presse internationale. Cependant, perpétré moins d’une année après le génocide des Rwandais tutsis abandonnés à leur sort par le Conseil de Sécurité de l’Onu, il ne suscita pas de réaction significative de la communauté internationale. Massacre parmi d’autres, dans cette région qui connut et allait encore connaître de nombreux bains de sang, il s’oublia.

21/04/2011

22 Avril 1995 – 22 Avril 2011 : Les Massacres de Kibeho (Rwanda)

21/04/2011

Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

Après une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable : contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident. Se cachant derrière des Nations-Unies à la solde des USA, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain : la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri ! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche « à son rang », en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance …

Il y a presque un an, la Belgique et la France commémoraient le cinquantenaire des « indépendances » africaines. Le géant Congo-Kinshasa était officiellement à la fête chez les Belges ; 17 pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest, chez les Français. En ce triste jubilé, l’omission politique des-vérités-qui-dérangent étaient bien sûr de rigueur. Suivie des habituels mensonges servis au dessert : « Il y a en Afrique toutes les formes de gouvernement. La France n’a pas pour vocation de s’ingérer dans les affaires locales ; elle travaille avec les gouvernements reconnus (…) La relation entre la France et l’Afrique ne serait jamais banale, mais elle est en train de devenir normale » (1) … Tenus en février dernier par l’ex-ministre UMP Jacques Toubon, ces propos confirment l’ampleur de la déconnexion du personnel politique françafricain. Des mots ubuesques émis tandis que la crise électorale ivoirienne battait son plein, que l’État français – lourdement impliqué dans la partition de ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 2002 – réaffirmait son soutien à Allassane Ouattara et que Sarkozy jouait, sur la scène européenne, le barde des sanctions économiques contre Laurent Gbagbo. En termes de « vocation à ne pas s’ingérer », on allait voir pire et beaucoup plus sanglant.

Cadrage médiatique mensonger
Après trois mois d’intox et d’omissions diverses martelées par les médias-aux-ordres, l’ennemi des espoirs démocratiques africains (2) lançait ouvertement son pays dans une guerre contre la Côte d’Ivoire. Finies les ruses, manœuvres et cachotteries de couloirs : l’agent franco-américain Ouattara risquait de perdre la partie. Comme tous ses prédécesseurs dès qu’il s’agit d’Afrique, Sarkozy s’est également assis sur les prérogatives de son gouvernement et celles des députés de l’Assemblée Nationale.
Premier acte : réarmer et conseiller la rébellion du nord pro-Ouattara afin qu’elle attaque la capitale économique Abidjan. Objectif : renverser par les armes Laurent Gbagbo, président reconnu par le Conseil constitutionnel. La plus haute juridiction ivoirienne inlassablement dépeinte comme un « collectif sous influence » par quelques puissances « démocratiques » d’Occident, autoproclamées « Communauté internationale ». Contrastant avec les médiasmenteurs payés pour minimiser ou absoudre le rôle colonial de la France, l’indépendant Canard enchaîné lâchait le 6 avril : « Selon plusieurs témoignages d’officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de l’Élysée, se félicite de ‘notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan’. Il est vrai qu’en moins de quatre jours les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie  : ‘On a fourni des conseils tactiques aux FRCI’, mais aussi ‘des munitions et des Famas’ (fusils d’assaut) » (3).
Deuxième acte : les forces française Licorne – dont l’une des spécialités est de tirer sur des civils désarmés (4) – enchaînait avec le bombardement continu de sites stratégiques d’Abidjan dont la résidence présidentielle. A proximité de laquelle s’était rassemble un millier de civils. Bilan provisoire : plus de 2500 morts (civils et militaires) dans la seule nuit du 4 au 5 avril. Un chiffre qui n’est toujours pas mentionné, repris ou contesté par les médias français. Si « les combats font rage  », il semble « surhumain » d’établir une estimation du nombre de victimes dues aux bombardements français … A cette nouvelle boucherie made in France s’ajoute celle de Duékoué, commise par la rébellion pro-Ouattara (réarmée par la France). Près d’un millier de victimes abattues ou découpées à la machette. Sans compter le nombre indéterminé de cadavres dans les zones occupées par les rebelles et la force Licorne ; le pillage des banques et du cacao ivoiriens par la force Licorne, etc.
Troisième acte : l’arrestation de Laurent et Simone Gbagbo. Les bombardements préalables ont permis de perforer le bunker présidentiel. Une trentaine de chars encerclent ensuite la résidence présidentielle pendant que trois hélicoptères assurent la couverture aérienne de l’opération. La garde présidentielle décide de se rendre. Les forces spéciales de Sarkozy défoncent le portail de la résidence, arrêtent Gbagbo et le livrent aux rebelles pro-Ouattara. Histoire de tenter d’accréditer une énième mascarade de « non-ingérence française » …
En s’éloignant des charlatans de « l’intervention humanitaire » et autres « protecteurs des populations civiles », une double question s’impose. Pourquoi cette agression coloniale et pour défendre quels intérêts ? Cette interrogation cruciale bénéficiera-t-elle enfin d’une saine confrontation d’arguments dans les médias occidentaux ?
Les démocrates à temps partiel
Suite à la proclamation des résultats électoraux définitifs par le Conseil constitutionnel ivoirien, le récit médiatique européen de la crise africaine a soulevé une débauche de « complexité ». « Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale » est empêché d’exercer ses fonctions par le « président sortant Laurent Gbagbo qui s’accroche au pouvoir  ». Le « bon » démocrate du FMI contre le « mauvais » tyran d’Abidjan. Cette habituelle diabolisation justifiant l’impérialisme guerrier contredit le discours selon lequel la Côte d’Ivoire demeure un pays souverain et ses Institutions, légitimes. Tout le problème est là. Ajouté au péché originel de toutes les parties d’avoir entériné un processus électoral bancal sans désarmement préalable de la rébellion nordiste. Pour autant, même dans ces funestes conditions, les deux candidats à la présidence ivoirienne ne se sont pas soumis au suffrage d’une pseudo-communauté internationale, mais bien à celui des Ivoiriens et de leur Institutions …
Lorsque le Conseil constitutionnel n’a pas reconnu Alassane Ouattara comme président, en démocrate cohérent, le candidat malheureux devait se retirer. Son parrain Sarkozy, qui avait lui-même souligné le rôle décisif du Conseil constitutionnel (5), aurait dû, en démocrate cohérent, reconnaître la victoire de Laurent Gbagbo. Enfin, l’ONUCI ne pouvait faillir à son devoir d’impartialité au bénéfice d’Alassane Ouattarra. Mais dès qu’il s’agit de contrôler les richesses de la Côte d’Ivoire, tout ce « beau monde » n’est plus démocrate et retrouve ses pulsions coloniales. Donnant libre cours aux coups tordus, à la propagande et à l’agression militaire d’un pays membre des Nations-Unies. Peu importe qu’en 2000, aux États-Unis, une crise électorale quasiment similaire a conduit la Cour suprême américaine à trancher en faveur de Georges W. Bush. Le candidat malheureux, Al Gore, comme le reste de la planète, se sont incliné. Par souci démocratique pour le premier et parce qu’aucun pays – encore moins l’ONU ! – n’envisagerait de s’ingérer dans les affaires intérieures de la première puissance militaire mondiale.
La crise ivoirienne et l’historique résistance de Laurent Gbagbo ont rendu limpide la détermination criminelle de ce colonialisme prédateur occidental en Afrique. Au-delà des discours et des fêtes hypocrites aux pseudo-indépendances, chacun a pu constater que les règles de souveraineté démocratique sont réservées aux seuls pays occidentaux, riches et surarmés. Et les USA d’Obama veillent au statut quo ! Avec le développement des bases militaires de l’Africom, tandis que les armées françaises se chargeront de bombarder les chefs d’États africains aux velléités d’indépendance.
Des évidences à ce point omniprésentes sur le net que deux médias traditionnels français, LCI et BFM, ont fini par interroger certains analystes et politiques contredisant l’étouffante propagande. Tel l’africaniste Michel Galy qui déclare sur LCI : « Alassane Ouattara est lié depuis 2002 à cette rébellion qui a pris les deux tiers pays et qui instaure un système de racket, de violences continues. Oui, il s’agit d’un régime de la terreur qui prouve, à mon sens, que les élections n’y sont pas valables » (6). En soulignant l’incontestable fraude électorale massive commise au nord, Galy torpille la propagande médiatique décrivant un président injustement floué d’une « victoire démocratique  » par un « dictateur qui s’accroche au pouvoir »

L’émancipation ou l’asservissement
Sur le « rôle ambigu de la France » dans l’arrestation de Laurent Gbagbo, l’ex-délégué à l’Afrique du PS, Guy Labertit tord aussi le cou aux complaisances journalistiques : « Il n’y a hélas aucune ambiguïté : ce sont les rafales des hélicoptères Licorne qui ont mis à mal le portail de la résidence et ce sont des chars français qui sont entrés dans la Résidence. Le général qui a remis son arme, en signe de réédition, l’a remis à un Français de la force Licorne. Donc, il n’y a aucune ambiguïté : ce sont bien les éléments de la Force Licorne qui sont allés chercher M. Gbagbo pour le remettre aux force de M. Ouattara ».
Et le socialiste français d’offrir une lecture chronologique longtemps absente d’antenne concernant le « tyran  » Gbagbo : « Depuis que M. Gbagbo a été élu en 2000, il n’a cessé d’être déstabilisé. Il faut savoir que ceux qui l’emportent aujourd’hui sont ceux qui ont organisé le coup d’État en 2002 et je crois que ceux qui ont pris les armes sont ceux qui ont eu besoin de la France pour aller chercher M. Gbagbo. J’ajoute que si Laurent Gbagbo n’a pas bougé depuis le mois de décembre, c’est parce que ces élections ont été truquées au nord (du pays) et il a raison de dire qu’il n’a pas perdu ces élections. Mais ça, c’est l’Histoire qui le montrera  ». (7)
Hormis un éternel catalogue d’injonctions pénalisantes ou des bombes sur la gueule en cas d’opposition, que peut encore attendre l’Afrique des puissances occidentales (France, UE, USA et ONU) ? Après le hold-up électoral ivoirien ; après ces milliers de civils bombardés et ces nettoyages ethniques encouragés ; après l’humiliante arrestation des époux Gbagbo faisant le tour du monde. Images qui – pour tout africain indépendamment de ses convictions – présente d’horribles similitudes avec celles de l’arrestation de Patrice Lumumba au Congo, il y a un demi-siècle … Héritière peu repentante de la Traite négrière, actrice d’un interminable colonialisme, assumé ou masqué, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Et poursuit avec morgue ses mystifications et ses massacres rentables afin de conserver la rente de pillage de son « pré carré ».

Le retour « décomplexé » de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. Avec pour horizon, une seule alternative au regard de siècles d’Histoire. L’émancipation par tous les moyens nécessaires ou la perpétuation d’un asservissement modernisé ? Pour celles et ceux qui aspirent à l’accession d’une indépendance démocratique, garante d’un développement et d’une prospérité économiques, il n’ y a plus 36 échappatoires ! Mais un seul chemin. Sur lequel se scande un mot d’ordre révolutionnaire forgé par le peuple tunisien : « Sarkozy, Obama, Ouattara, dégagez d’Afrique ! ».

Source : michelcollon.info

18/04/2011

citoyen français, accuse “Sarkozy, Jupé, Fillon, Ban Ki Mon, Choi, Soro Guillaume, de crime contre l’humanité”

Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 18/04/2011 (Auteur : autres)

“J’en appelle aux français sensibles aux respect des droits de l’homme, aux valeurs de notre République chèrement acquises et auxquelles les africains ont participé à leur défense lors des deux dernières guerres mondiales, de dénoncer par tout moyen à leur convenance, l’attitude honteuse de la France.”
J’accuse! Je suis Français et j’accuse Sarkozy – Jupé – Fillon – Ban Ki Mon – Choi – Soro Guillaume – de crime contre l’humanité, de génocide et de crimes de guerre à l’encontre de l’état souverain de Côte d’Ivoire et de ses représentants légaux SEM Gbagbo, ses Ministres et ses proches ainsi que à l’encontre de la population Ivoirienne. J’accuse les médias français de complicité active et volontaire dans l’ensemble de ces crimes, de désinformation qualifiée et honteusement amplifiée. J’accuse toute la classe politique française pour non dénonciation de crime, pour son inertie et sa torpeur devant une telle injustice et forfaiture. J’accuse l’Assemblée Nationale Française hormis quelques membres très minoritaires, d’êtres complice pour avoir encouragé et applaudi ce coup d’état électoral suivi d’un acte de guerre illégal de la France.

Je demande aux députés de l’opposition de faire voter une motion de censure contre ce gouvernement criminel et de demander la démission sans délai du criminel Sarkozy qui devra répondre de ces actes devant le Tribunal Pénal International.

J’accuse la classe politique française de connivence avec les dictateurs Compaoré, Wade, Bongo, Denis Sassou-Nguesso, Eyadema et j’en passe….

Les médias français, AFP en tête nous intoxiquent abondamment en présentant le Président Gbagbo comme un dictateur. Je tiens à rappeller ici que Monsieur Gbagbo fut le premier Président de Côte d’Ivoire qui instaura un véritable multipartisme, une liberté de la presse et une politique de décentralisation des pouvoirs au bénéfice des régions. Le tort de Monsieur Gbagbo est surtout de ne pas obéir aux ordres de l’Elysée, principalement en ce qui concerne les accords de défense incluant le pillage des ressources en matières premières.

Laurent Gbagbo n’a en fait dirigé le pays que pendant 2 ans, de 2000 à 2002. Dès le début de son mandat, il a pratiqué une politique d’ouverture en invitant des leader des autres partis à participer au gouvernement EN 2002, Guillaume Soro à lancé une tentative de coup d’Etat qui n’a pas fonctionné et s’est transformé en rebellion, coupant le pays en deux. Déjà à ce moment là, l’armée française est intervenue pour éviter que cette rébellion soit totalement repoussée jusqu’au Burkina Fasso d’où elle s’était préparée et avait établie sa base arrière avec la complicité de Blaise Compaoré.

Depuis, Gbagbo n’a pas cessé de faire des compromis pour conserver la paix en Côte d’Ivoire. Mais, respectueux de la constitution et de l’ensemble des institutions de son pays, il n’a pas pu organiser d’élection présidentielle tant que la pays était coupé en deux avec la partie nord occupée par des rebelles en armes. C’est vraiment en tout dernier recours qu’il a accepté que cette élection se déroule en octobre et novembre 2010 sous couvert de l’ONU.

Ces élections furent entachées de nombreuses irrégularités découvertes pendant le décompte par la commission électorale indépendante. Ce n’est que sous la pression de Monsieur Choi, émissaire de l’ONU en Côte d’Ivoire et de Monsieur Sarkozy, qu’une mascarade grossière pour annoncer la victoire de Ouattara fut organisée. Depuis, la communauté internationale a emboité le pas sans vraiment se préoccuper du véritable résultat des élections proclamées cette fois par l’instance supérieur de la nation, le Conseil Constitutionel.

Quand on sait que la CEDEAO dépend en grande partie des largesses de la France via le Franc CFA dont 40% des recettes des exportations sont stockées au Trésor Public Français et redistribuées dans l’ensemble des pays de la sous-région adhérant à la CEDEAO, que la France dispose d’un droit de véto sur toutes les décisions de la BCEAO (banque centrale), que c’est encore la France qui frappe la monnaie de ces pays, que l’Union Africaine dispose d’un budget financé à près de 80 % par l’Union Européenne, on ne peut pas s’étonner de voir les gentils dictateurs qui composent ces organes faire allégeance et surtout éviter de contredire le maître de l’Elysée sous peine de subir le même châtiment que Laurent Gbagbo.

Tout ceci explique que c’est la communauté internationale qui a élu Ouattara et non les ivoiriens. Et il serait dommageable pour la plupart des pays de la CEDEAO de créer un précédent en ne laissant pas Gbagbo être élu par son peuple avec sa volonté d’indépendance. Car l’indépendance des ex-colonies françaises d’Afrique n’existe que de nom.

Je pourrais écrire tout un livre sur les différentes raisons qui justifient cette ingérence de la part des hôtes de l’Elysée, De DeGaulle jusqu’à Sarkozy en passant par Mitterand et tous les autres. Mais ces raisons ne sont que purement d’intérêts financier et de stratégie politique. En aucun cas, la France ne s’est souciée une seule fois de l’éxercice de la démocratie dans ces pays.

J’en appelle aux français sensibles aux respect des droits de l’homme, aux valeurs de notre République chèrement acquises et auxquelles les africains ont participé à leur défense lors des deux dernières guerres mondiales, de dénoncer par tout moyen à leur convenance, l’attitude honteuse de la France. Alors que nous pourrions aisément faire de l’Afrique une terre où il fait bon vivre, nous l’avons transformé en un véritable enfer.

Je vous supplie de prendre quelques instants pour réagir. Vous n’êtes pas obligés de me croire, mais faites seulement un travail de recherche et d’analyse sur ce qui se passe en Afrique depuis 50 ans, et vous serrez surement mieux à même d’en tirer les conclusions.

Nous avons un devoir moral auprès des africains. Nous leur devons notre liberté d’aujourd’hui. Nous leur devons de ne pas parler allemand à l’heure actuelle et d’avoir conservé notre belle langue, le Français.

Faites suivre ce texte à vos élus, Maires, Députés, Sénateurs, mais aussi à vos amis, voisins, collègues…

Merci pour eux qui ne demandent qu’une chose: vivre en paix chez eux.

Bien cordialement

Christian Bailly-Grandvaux
Citoyen Français

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