Thomas Sankara – Victime De La Françafrique (AM…, posted with vodpod
Voici ce que les occidentaux n’ont pas compris de l’économie moderne
Le Dumping Social, la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, la concurrence déloyale etc. Voilà quelques-uns des florilèges d’accusations que font pleuvoir sur la Chine la majorité des économistes et politiciens occidentaux. Et si ce beau petit monde était à côté de la plaque ?
La croissance de la Chine et son positionnement stratégique au rang de la première puissance mondiale montante a fait naître un désarroi sans précédent chez les anciens puissants d’hier et la conséquente
navigation a vu chez les économistes et politiciens occidentaux qui étaient incontestablement il y a peu de temps les références pour un modèle économique réussi, qui semblait indétrônable. Avec la Chine qui a imposé un nouveau modèle économique, le désarroi est total, et 10 ans après, la boussole leur semble toujours introuvable pour mieux orienter les idées et comprendre de quel côté se trouve le Nord au XXIème, c’est-à-dire à l’Est.
A- ET SI LA COMPETITIVITE AVAIT PRIS UN NOUVEAU VISAGE !
Comme il est déconcertant de voir des économistes occidentaux s’accrocher à des considérations puériles pour expliquer leur manque de compétitivité vis-à-vis de la Chine et le conséquent désert
industriel qui semble avoir stablement élu domicile en Occident, en invoquant tous les bas salaires pratiqués en Chine, ce qui est faux.
Ceci est faux parce qu’en matière de salaires, ils sont deux fois plus bas en Afrique et en Amérique du Sud qu’en Chine, sans que ces deux régions attirent les mêmes investissements. Les vraies raisons sont
ailleurs :
1- Il existe en Chine un état fort qui est présent dans presque tout le processus économique avec un objectif bien précis et bien visible, celui de sortir des millions de chinois de la misère.
2- Dans la formation du coût d’un produit, la main d’œuvre compte pour environ de 2 à 4 %, pire, à 10%. Il est donc absurde qu’en Occident, on utilise la question des salaires prétendument élevés pour justifier la non compétitivité des entreprises. Si un producteur Italien met un article sur le marché à 100 € alors que son concurrent chinois est capable de l’offrir à 25 €, la différence de 200% ne peut nullement être justifiée par les 10% de coût de l’emploi. Même si on avait offert le coût des salaires gratuitement au producteur européen, il resterait toujours une différence de 190% à couvrir et c’est peut-être en se concentrant sur cette valeur que l’Occident peut avoir un début de solution à sa crise qui n’est qu’au début, malheureusement. Il s’agit notamment des coûts liés à l’architecture industrielle
elle-même du pays de l’acquisition des matières premières à la qualité de la formation professionnelle et au type de la logistique pour toucher le client du bout du monde et que nous allons étudier ci-dessous.
Réflexions du compañero Fidel: LA PAIX MONDIALE TIENT À UN FIL
Réflexions du compañero Fidel
LA PAIX MONDIALE TIENT À UN FIL
J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La Havane participer à la Quatorzième Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés qui avait élu Cuba pour la seconde fois à la présidence de cette organisation pour la durée prévue de trois ans. J’étais tombé gravement malade le 26 juillet 2006, un mois et demi avant, et je pouvais à peine me maintenir assis sur le lit. Plusieurs des dirigeants les plus distingués qui assistaient au Sommet eurent l’amabilité de me rendre visite. Chávez et Evo le firent plusieurs fois. Quatre dont je me souviens encore vinrent en début d’après-midi : Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU ; un vieil ami, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien ; Mahmoud Ahmadineyad, le président iranien ; et Yang Jiechi, alors vice-ministre et aujourd’hui ministre des Relations extérieures de la République populaire de Chine, en représentation de Ju Jintao, chef du Parti communiste et président du pays. Ce fut vraiment un moment important pour moi qui rééduquais aux prix de gros efforts mon bras droit sérieusement blessé lors de ma chute à Santa Clara.
J’avais commenté avec ces quatre dirigeants des aspects des problèmes complexes que le monde connaissait alors et qui sont le devenus assurément de plus en plus.
À notre rencontre d’hier, j’ai constaté que le président iranien était on ne peut plus tranquille, absolument indifférent aux menaces yankees, confiant en la capacité de son peuple de repousser n’importe quelle agression et dans l’efficacité des armes dont il produisent une grande partie eux-mêmes pour faire payer aux agresseurs un prix insupportable.
En fait, c’est à peine s’il a parlé de la guerre. Il est plutôt revenu sur les idées qu’il avait exposées à sa conférence dans le grand amphi de l’Université de La Havane, axées sur l’être humain : « S’acheminer vers la paix, le respect de la dignité humaine en tant que souhait de tous les êtres humains tout au long de l’Histoire. »
Je suis convaincu qu’on ne doit pas s’attendre de la part de l’Iran à des actions irréfléchies qui contribueraient au déclanchement d’une guerre. Si celle-ci éclate, ce sera uniquement la faute de l’aventurisme et de l’irresponsabilité congénitale de l’Empire yankee.
Sauvez Léon Mugesera
Le Comité contre la torture du haut Commissariat Des Droits de l’Homme aux Nations Unies demande au gouvernement Canadien de respecter ses engagements internationaux, soit de protéger les Refugiés et surtout de ne pas les déporter vers un pays où ils risquent d’être soumis à la torture. Léon Mugesera et ses avocats luttent actuellement pour cela.
La vraie question dans le dossier de déportation Mugesera est la suivante : Est-il juste pour un pays libre et démocratique de livrer en toute connaissance de cause un refugié politique à un autre pays, spécifiquement lorsqu’ il/elle risque de subir la torture voir même la mort, quand il/elle n’a pas été reconnu coupable d’un crime, en particulier si il/elle ne constitue pas un danger pour la sécurité nationale du Canada?
La vérité est que Léon Mugesera n’a jamais été reconnu coupable d’aucun crime. En fait Mugesera implore le gouvernement Canadien de le poursuivre au Canada en vertu de la loi à compétence universelle, soit une législation dont s’est doté le Canada, qui a la capacité de juger des crimes commis outre-mer. Si vous croyez que le Canada devrait faire prévaloir la justice universelle, une valeur fondamentale qui est chère à tous les Canadiens et autres libres citoyens du monde, joignez-vous à nous et demandez au Canada d’accuser Mugesera afin qu’il soit jugé au Canada comme il le demande depuis maintenant déjà presque deux décennies.
(Contexte politico-historique : le 1er Octobre 1990 le Rwanda a été attaqué par une armée en provenance de l’Ouganda.) Après quatre ans d’une guerre sanglante, l’avion transportant les présidents du Rwanda et du Burundi a été abattu de 6 avril 1994. En 1992, Léon Mugesera prononce un discours (non radiodiffusé ni télédiffusé) où il accuse des politiciens d’être à la fois corrompus et d’œuvrer à l’encontre de l’intérêt du peuple; il accuse également les belligérants d’avoir massacrés des citoyens. Dans ce discours, Léon Mugesera demande également des élections démocratiques afin d’arrêter la guerre en cours et de stabiliser le pays en plein déchirement. La même année, comme beaucoup de ses compatriotes, Léon Mugesera quitte son pays afin de sauver sa vie. Doit-il être blâmé pour ce qui est arrivé au Rwanda en 1994, presque deux ans après son départ? À vous de juger.
L’affaire Mugesera au Canada : il s’agit d’une enquête administrative au sujet de son admissibilité à titre d’immigrant au Canada et non un procès pénal. Dans de telles circonstances, les rumeurs, les ouï-dire et les faits sans fondement obtiennent le caractère sacré de faits prouvés et sont maintenus contre l’immigrant. Ceux-ci répondent à la norme kafkaïen des ”motifs raisonnable de croire” une norme de preuve soumise à des standard s moins rigoureux que ” l’équilibre des probabilités”, et encore moins rigoureuse que le ”hors de tout doute raisonnable”. Lorsqu’un présumé criminel est reconnu coupable d’un crime hors de tout doute raisonnable, il est mis en prison. Mais s’il est raisonnable de croire qu’un immigrant peut avoir dit quelque chose qui aurait pu constituer un crime, l’immigrant se voit refuser son admissibilité au Canada, son statut de refugié est refusé, et il est renvoyé vers le pays qu’il a fui, et son sort est remis entre les mains de ses opposants. Ce qui est le cas dans l’affaire Mugesera contre immigration Canada. Ce dernier doit-il être traité comme un criminel sans avoir bénéficié de son droit à un procès juste et équitable? A vous de juger.
Si vous trouvez intolérable le fait d’ignorer les valeurs fondamentales auxquelles tous les canadiens et autres libres citoyens du monde tiennent s à cœur, joignez-vous à la cause et exigez au Canada de poursuivre Léon Mugesera afin qu’il soit jugé au Canada. Cependant, si vous êtes d’avis contraire et croyez qu’il ne devrait pas être jugé sur le territoire canadien, joignez-vous tout de même à nous pour demander au Canada de respecter ses obligations internationales et lui donner un délai raisonnable afin qu’il puisse trouver un autre pays d’asile où il pourra bénéficier de son droit à un procès juste et équitable. Effectivement, Léon Mugesera ne veut pas échapper à la justice et à la vérité. Il ne demande qu’à être jugé devant un tribunal criminel canadien, et ce depuis près de vingt-ans. Serait-t-il raisonnable de croire que le Canada ne veut pas poursuivre Léon Mugesera devant un tribunal pénal canadien, car il n’a pas recueillit suffisamment de preuves pour le déclarer coupable et le condamner en vertu du droit canadien? Croyez-vous vraiment que le Rwanda est en mesure d’apporter plus de preuves afin d’inculper Léon Mugesera alors que le canada a échoué? A vous de juger.
L’élément le plus important à souligner est le suivant : les demandeurs d’asile ainsi que les refugiés ont des droits qui doivent être protégés et les états ont des devoirs et obligations qui doivent être respectés. La protection des demandeurs d’asile et des refugies est la norme minimale requise de toute dite civilisation. Le Canada ne doit pas sacrifier ses obligations et ses responsabilités par opportunisme, commodité et intérêt. C’est une question de justice, d’équité, de paix et d’humanité que de tenir les refugiés responsables de leurs actions dans les pays où règnent les règles de droit, particulièrement lorsqu’ils demandent à un pays libre et indépendant tel que le Canada, un procès juste et équitable. Léon Mugesera, un refugié qui a fui le Rwanda en 1992 et qui est blâmé pour ce qui s’est passé en 1994 ne demande que cela. A vous de juger.
Comment BBY du jeune Afrique arnaque les dirigeants africains.pays par pays
Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises.
Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du pacte colonial ?
« BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.
BBY a-t-il convaincu de son indépendance ?
Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort, programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire JA puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire. Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.
« Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X…Exemplaires, de prévenir que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.
Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur – Chef d’Etat ou homme politique – puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les poches de nos responsables sans aucun scrupule.
Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la rapide docilité de certains à allonger le blé aux journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.
C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :
Le Cameroun
Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur. Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé, de même que les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.
51 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba : 17 janvier 1961 – 17 janvier 2012
voici la dernière lettre de Patrice Lumumba à sa femme Pauline:
Ma compagne chérie,
Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.
Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?
Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.
Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.
A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau.
Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.
Vive le Congo ! Vive l’Afrique !
Ma compagne chérie,
Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.
Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?
Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.
Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.
A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau.
Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.
Vive le Congo ! Vive l’Afrique !
Lumumba, mort du prophete – Independance Day
Qui avait intérêt à éliminer Guy André Kieffer ?
Une information transmise le jeudi 24 octobre 2002 en soirée, fait état qu’une société britannique de négoce, récemment implantée au Ghana et en Côte d’Ivoire : Armajaro, a remis, ces dernières semaines, une somme importante à un groupe de personnes dans le but d’entreprendre une déstabilisation de la Côte d’Ivoire.
La somme serait au minimum de cinquante millions de dollars américains, soit environ une trentaine de milliards de francs CFA. Cette information, qui a été validée auprès de traders de cacao, des banquiers internationaux, des financiers et des sources politiques proches des milieux d’affaires américains radicaux, donne une explication plausible, très vraisemblable et hautement probable, sur l’origine de la principale source de financement de la rébellion armée du nord débutée en Septembre 2002.
Cette information met en évidence les objectifs réels poursuivis par les auteurs de ce financement des rebelles dirigé par Soro Guillaume et très proche d’Alassane Ouattara ; elle permet d’expliquer en partie, de comprendre et de relier toute une série d’évènements qui ont marqué depuis plusieurs mois la vie économique de la Côte d’Ivoire et notamment dans le secteur clé du cacao.
Armajaro et AIG Fund : les financiers de la déstabilisation
Armajaro : cette société de négoce, dont les bureaux sont à Londres, mais dont le siège social est basé dans un paradis fiscal – les îles Vierges britanniques– est dirigée par Anthony Ward. L’an passé, ce négociant britannique a été l’un des principaux fournisseurs de cacao du groupe agroalimentaire américain ADM, une société présente en Côte d’Ivoire dont les intérêts sont très étroitement liés à ceux de Sifca, Sifca Coop et d’Anaproci Sa.
Armajaro dispose d’un agrément d’exportateur de cacao en Côte d’Ivoire depuis peu de temps
La filiale ivoirienne d’Armajaro est associée avec Daniel Usher qui est un proche de Georges Ouegnin, lui-même ayant été l’interface entre Anthony Ward et Houphouët-Boigny lors de la guerre du cacao en 1988-1991. Daniel Usher est également très proche d’Ali Anjani, un trader de sucre, proche de Victor Nembelissini qui assurait, à l’époque où il travaillait à Equator Bank ses financements. Daniel Usher et Victor Nembelissini sont très proches d’Alassane Ouattara et d’Yves Lamblin, même si les relations entre les deux hommes sont marquées par un violent antagonisme. Au Ghana, Armajaro est dirigé par Steven White, un financier britannique expert de la gestion des fonds d’investissement spécialistes des matières premières sur les marchés à terme ainsi que des montages financiers mettant en jeu des sociétés financières off-shore.
L’essentiel des financements destinés aux rebelles auraient transité par la branche ghanéenne d’Armajaro. Plusieurs transferts de fonds en provenance de Londres, de l’ordre de 1,250 million de dollars (820 millions de francs CFA) à chaque fois, ont été identifiés par les Services spécialisés, ces dernières semaines. Certains de ces transferts en liquide ont été opérés et convoyés entre Londres et Accra par Monsieur Maignan, un homme d’affaires français qui, dans un passé récent, était l’homme de confiance pour les opérations financières de plusieurs dirigeants du PDCI.
Armajaro a été fondée par les anciens de Phibro (Philip Brothers), il y a cinq ans. Armajaro, durant ces quatre dernières années, a été impliquée à plusieurs reprises dans des « étranglements de marché » sur le marché à terme de Londres en association avec plusieurs fonds de pensions (AIG Fund, Tiger Fund du financier américain Georges Soros un proche de Victor Nembelissini et d’Alassane Ouattara, African Managment Fund, un fond d’investissement diversifié opéré en partie par la banque sud-africaine Absa, dirigé par Paul Martin, un ami de Frank Kennedy d’Equator Bank et de Victor Nembelissini). Anthony Ward est le conseiller cacao de Mama Ndyaye d’AIG Fund.
Les fondateurs d’Armajaro ne sont pas des inconnus en Côte d’Ivoire
Ils ont été des acteurs majeurs de la guerre du cacao en 1990. A cette époque, pour limiter la sortie de cacao de Côte d’Ivoire, Anthony Ward et Derek Chambers n’avaient pas hésité à financer des troubles en pays Krou. Anthony Ward ainsi que Derek Chambers disposent d’un réseau important de relations dans le monde politique ivoirien, notamment au PDCI, ainsi que des attaches avec plusieurs responsables du RDR.
Ces liens étroits se sont noués lors de la guerre du cacao et se sont renforcés avec le règlement du dossier cacao qui opposait la Côte d’Ivoire à Phibro au début des années quatrevingt-dix. Les deux hommes entretiennent d’étroites relations avec Georges Ouegnin,qui a été leur go-between avec les autorités politiques ivoiriennes de l’époque, et avec Daniel Usher, qu’ils ont financés (SICC) et avec lequel Anthony Ward s’est associé en début d’année pour installer Amajaro en Côte d’Ivoire.
Quelques années auparavant, ces mêmes traders, dans la même structure (Phibro) avaient activement participé au montage du volet financier du coup d’état contre Salvador Allende au Chili. Cette participation, couplée aux positions de Phibro sur les marchés à terme du cuivre de Londres(LME) et de New York (Comex), avait permis à ces traders d’engranger une plus-value estimée à 14 milliards de dollars américains. Avant d’être trader chez Phibro, Anthony Ward a appartenu au MI 5, le service secret britannique.
Certains des ex-traders métaux de Phibro ont été, à une époque récente, lourdement impliqués dans des opérations de déstabilisation dans l’ex-Zaïre, notamment pour le contrôle de la production de coltran, un alliage métallique stratégique. Cette participation a été mise en évidence dans un rapport des Nations-Unies sur le pillage des richesses minières du Congo démocratique. (Voir aussi “Du Zaïre De Mobutu Au Congo De Kabila”). Une partie des financements pour ces opérations a transité par les banques sud-africaines Absa et Equator. Plus récemment des membres de cette équipe de traders, dont certains ont rejoint le broker américain Refco, en association avec AIG Fund, ont participé à deux tentatives de déstabilisation du Président Hugo Chavez du Venezuela. Le motif étant, cette fois, le pétrole.
AIG Fund: Ce fonds d’investissement de droit américain basé à New York, spécialiste des placements sur les marchés à terme de matières premières, est une filiale du premier assureur américain, AIG. Sa branche « fonds d’investissement » sur les marchés de matières premières est dirigée par le sénégalais Mama Ndyaye. Cet homme est très lié aux familles Diouf, (actionnaire indirect du groupe de négoce américain ADM, premier utilisateur mondial de cacao) et Wade, ainsi qu’à plusieurs personnalités ivoiriennes dont l’actuel directeur de la CAA, Victor Nembelissini, un proche d’Alassane Ouattara.
C’est également un proche d’Yves Lamblin, le président du groupe Sifca, un groupe agroalimentaire ivoirien très endetté (130 milliards de francs CFA, après intégration de la totalité des dettes des filiales), proche de la cessation de paiement. Mama Ndyaye est également un proche du banquier français Jean-Luc Lecorre, directeur d’African Merchant Bank, principal créancier de Sifca, et membre actif du Club Jean Jaurès.
Ces trois dernières années, AIG Fund a participé en association avec Armajaro, à plusieurs opérations de déstabilisation sur les marchés à terme du cacao de New York et de Londres. A la veille des attentats du Word Trade Center en septembre 2001, AIG Fund contrôlait plus de 150.000 tonnes de cacao en filière sur les marchés à terme. Ce cacao a été transféré à Armajaro entre novembre et décembre 2001. L’attentat du World Trade Center ainsi que la chute du marché des actions depuis près d’un an ont entraîné de très lourdes pertes pour AIG Fund qui cherche depuis à rattraper ces moins-values par une participation intense sur les marchés à terme du cacao.
Le mécanisme de financement des rebelles :
Selon une source américaine, confirmée par des informations concordantes en provenance des mondes du négoce, de la finance et de sources internes aux milieux radicaux américains, Armajaro a fait parvenir aux différents acteurs de la rébellion une somme de l’ordre de 50 millions de dollars américains, soit 35 milliards de francs CFA.
Ce montant est corroboré par des informations qui sont remontées au Renseignement militaire ivoirien, ainsi qu’aux services maliens. Armajaro et ses associés dans l’opération disposent des moyens financiers et des motifs suffisants pour lancer une opération de déstabilisation majeure dont la principale victime est l’Etat de Côte d’Ivoire. Le mécanisme s’est peu à peu mis en place, et ce, à partir de la fin novembre 2001.
Une mécanique infernale
A l’origine de l’opération, il s’agit essentiellement d’une opération financière à très haute rentabilité, dont l’objectif final n’était pas une déstabilisation de la Côte d’Ivoire, mais l’obtention d’un gain considérable sur les marchés à terme du cacao et sur la revente des stocks de cacao physique entreposés dans les ports européens. La nécessité d’une déstabilisation de la Côte d’Ivoire s’est imposée, à partir de juillet, lorsqu’il est apparu évident aux initiateurs de l’opération cacao, Armajaro et AIG Fund, que la gestion de leurs positions sur les marchés à terme du cacao, à partir de la fin juin, nécessitait un passage à une dimension supérieure pour sauvegarder un gain potentiel s’inscrivant dans une fourchette de 500 à 800 millions de dollars américains, soit 280 à 450 milliards de francs CFA.
La nécessité d’une déstabilisation s’est avérée indispensable après que l’enterrement de la réforme cacao en Côte d’Ivoire soit devenu un fait acquis alors que la botanique et les prévisions de récolte sur la campagne principale 2002/2003 ont déjoué en partie les résultats escomptés par l’échec de la réforme de la filière cacao en Côte d’Ivoire. En juillet les anticipations laissaient présager une bonne récolte principale 2002/2003 (980.000 à 1 million tonnes). Cette prévision s’appuyait sur un usage en forte hausse des engrais et des produits phytosanitaires dans les plantations de cacao par les planteurs lié à une amélioration sensible du revenu paysan.
La chronologie
L’opération Amajaro débute en novembre dernier avec le transfert à Armajaro de la quasi totalité de la position cacao d’AIG Fund. Le reliquat est transféré à ADM Etats-Unis. A partir de ce moment, Armajaro achète sur le marché à terme près de 650.000 tonnes de cacao-papier et constitue un stock de 210.000 tonnes, soit 5% de l’offre mondiale de cacao. Acheté entre 750 et 900 livres la tonne, cette position cacao est valorisée à plus de 1.400 livres la tonne, soit un gain de … 85% à la fin juin 2002. L’envol des cours sur le marché à terme a poussé les utilisateurs de cacao, les broyeurs, à réduire considérablement leur taux de couverture (stock).
Ils abordent la pleine saison (octobre-décembre 2002) avec des stocks à minima. Pour obtenir une valorisation maximum des stocks, qui ont été bloqués par Armajaro jusqu’à la fin novembre afin de réduire les coûts de stockage, il faut que le cacao ivoirien de la nouvelle récolte arrive le plus tard possible sur le marché international. Ce retard doit permettre à Amajaro de réaliser une plus-value de 500 à 800 millions de dollars américains.
Les obstacles à lever
Pour parvenir à cette fin, Armajaro et AIG Fund ont opéré en plusieurs étapes. Dès novembre dernier, puis en décembre, Anthony Ward estime que la réforme cacao en Côte d’Ivoire est un obstacle majeur à son opération sur le marché à terme. Il s’agit de faire capoter la réforme. Pour arriver à cette fin, trois axes d’intervention seront retenus : Un axe institutionnel via un intense lobbying auprès de la Banque Mondiale et surtout auprès du FMI, qui en théorie n’a pas de compétence en matière agricole et d’organisation de filière ;
Un axe « politique » avec des interventions soutenues par divers relais auprès du ministre des Finances ivoirien Bohoun Bouabré et ses collaborateurs, via Victor Nembelissini. Deux axes secondaires d’intervention sont également retenus pour « casser la réforme» avec pour relais Patrick Achi, ex-délégué général au cacao sous le régime Guei et Emile Boga Doudou dont la fonction implicite est de convaincre l’épouse du Président, Simone Gbagbo, que la réforme de la filière cacao telle qu’elle est organisée va à l’encontre des intérêts des notables FPI dans sa zone d’influence (partie du pays Akan) . Un relais secondaire passe également par l’ex-Premier ministre du général Guei, Seydou Diarra. Ce dernier va intervenir via ses « petits », Patrick Achi et Edouard Messou.
Un axe local par le biais de relais locaux dans la filière ivoirienne du cacao tel que l’Anaproci d’Henri Amouzou, Sifca d’Yves Lamblin, l’UNOC de Jacques Mangoua et des banquiers du cacao, tel que Jean-Luc Lecorre d’AMB-BIAO. Cette action s’appuie également sur des personnes disposant d’un accès direct au couple présidentiel tel que Guy-Alain Gauze, ex-ministre PDCI des Matières premières, ou Illa Donwahi, P-D-G de Delbau, franc-tireur de la filière cacao.
Une réunion est organisée à Paris entre des représentants de Refco Etats-Unis (Chicago, New York), d’Amajaro et de André Souhma d’ACE. A ces deux réunions participent pour le ministère ivoirien de l’Economie et des Finances, Oussou Kouassi, tandis que Bohoun Bouabré, reçoit la visite de l’équipe de Refco à son hôtel, le Marriott de Neuilly. Le principe de l’arrêt de la réforme de la filière cacao, donc des ventes à terme, est arrêté dès ce moment. Cette décision est prise unilatéralement par le ministre des Finances sans en référer ni au Président, ni au Premier ministre. Cette décision est habillée pour la partie ivoirienne par la transformation de la CAA en une banque de développement destinée à financer les coopératives de producteurs et à fournir à ces derniers une assurance garantie prix bord champs.
L’éviction, en février, du ministre de l’Agriculture de l’époque, Alphonse Douati, puis son remplacement par un proche de l’Anaproci, rend possible l’avancement du plan initié par Armajaro et AIG Fund : une désorganisation de la filière cacao.
Systématiquement, les propositions en provenance de la Primature sont combattues. La mise en place des institutions nécessaires à la mise en place de la réforme sont différées et lorsqu’elles parviennent à être installées, leur contenu est dénaturés à l’exemple du FRC. Parallèlement, Victor Nembelissini, qui, jusqu’en septembre 2001, alors qu’il se trouvait aux Etats-Unis, était l’un des plus virulent critique de la politique économique ivoirienne totalement en phase avec les attaques d’Alassane Ouattara où il vilipendait la gestion FPI, arrive à la tête de la CAA. Il découvre tout l’intérêt que sa structure, la CAA, peut tirer de la mise à mal de la réforme de la filière cacao et d’une participation active à l’opération lancée par Armajaro. Il prend langue dès lors avec Paul Martin d’Absa et propose des financements, de fait à fonds perdus, à Sifca Coop et à ses satellites.
En proposant un système de garantie de prix articulé sur le marché des options cacao et en prenant des positions identiques à celles prises par Anthony Ward via Refco Etats-Unis, la CAA est en mesure de se renflouer en partie en s’appuyant sur le réseau Sifca Coop d’Henri Amouzou et sur le couple Sifca-ADM d’Yves Lamblin ainsi que Mimran/Diouf, actionnaires d’ADM.
Pour réaliser cet objectif, il est nécessaire que le prix du cacao en Côte d’ivoire soit libre et qu’une réforme reposant sur des ventes à terme qui garantissent la transparence des prix soit abandonnée. Pour obtenir un appui des planteurs pour cette option, Victor Nembelissini n’hésite pas à leur faire miroiter un quasi-monopole dans la commercialisation intérieure du cacao.
L’Anaproci, le FDPCC, Henri Amouzou et San Kouao mordent à l’hameçon, sans forcement en deviner les enjeux réels. Des éléments concordants laissent à penser que la CAA, via des fonds off-shore contrôlés par la banque sud-africaine Absa, a pris des positions sur le marché des options cacao. Ces achats d’options sur des niveaux définis par Refco et AIG Fund donnaient la certitude à la CAA de n’avoir rien à rembourser aux planteurs en raison d’un prix garanti bord champs relativement bas (650 francs cfa du kilo).
En revanche, la CAA était assurée de conserver à son profit la totalité des gains occasionnés par ses positions sur le marché des options cacao. Cette construction donne lieu à de multiples rencontres à New York entre Bouhoun Bouabre, Zohore, Victor Nembelissini, Refco Chicago, ACE d’André Souhma. Cette construction est renforcée par le choix « d’experts » complaisants de la Banque mondiale, violement opposés au principe d’une commercialisation intérieure et extérieure ordonnée du cacao par la Côte d’Ivoire. Parallèlement, Anthony Ward et une partie du staff dirigeant d’Amajaro multiplient les rencontres avec Henri Amouzou du FDPCC, Anaproci et Sifca Coop pour finaliser un circuit privilégié d’approvisionnement et les convaincre que la réforme de la filière cacao doit s’arrêter.
Le passage à la déstabilisation de l’Etat
Logiquement, l’opération financière Amarajo aurait du s’arrêter à ce niveau. Mais la botanique est venue déjouer en partie ce plan. Dès la fin juin 2002, il est apparu évident que la récolte principale ivoirienne serait au moins égale à la précédente, si ce n’est supérieur en raison d’une forte augmentation de l’usage des engrais entraîné par la hausse des cours du cacao.
Dans ce contexte, le portage par Armajaro et AIG Fund sur les marchés à terme d’une position de 650.000 tonnes devenait aléatoire et les espoirs d’un gain mirifique (500 à 800 millions de dollars) s’éloignaient si le cacao ivoirien sortait en temps et heure à partir d’octobre. Dès la mi juillet, Armajaro, en interne, évoquait la possibilité de dégager une somme de l’ordre de 50 à 80 millions de dollars pour « tenir le marché ». Dès cette époque, plusieurs traders, et encore récemment Sucden, estimaient plus que probable qu’Armajaro pour « sauver » 500 millions de dollars « n’hésiterait pas à entreprendre un coup ».
La révolte des « mutins »
Les réseaux d’Anthony Ward et de Mama Ndyaye ont été mis en action afin d’identifier un terreau fertile à une forte perturbation des sorties de cacao de Côte d’Ivoire (comme déjà expérimenté avec le peuple Krou dans les années 90). L’existence de déserteurs de l’armée ivoirienne au Burkina Faso, au Ghana et au Mali, doublée d’un mécontentement latent des populations du nord de la Côte d’Ivoire à l’encontre du pouvoir central, a servi de cadre à l’opération. Dès lors, un habillage politique (RDR) et revendicatif (MPCI) a pu être utilisé pour masquer les buts purement financiers poursuivis par Armajaro, AIG Fund et la CAA.
Il est d’ailleurs à noter que dès la première semaine, les mutins ont abandonné de fait l’objectif d’une descente vers Abidjan pour se redéployer vers les zones de la boucle cacao et entraîner les perturbations que l’on sait dans la collecte du cacao dans la boucle principale. Ce redéploiement
a eu pour effet de pratiquement assécher les sorties de fèves sur San Pedro (15.000 tonnes semaine, soit trois fois moins que la normale en pareille période). Par voie de conséquence, les cours du cacao se maintiennent au-delà des 1.400 livres la tonne.
Surtout, les stocks de fèves aux mains d’Armajaro sont valorisés à leur maximum par les achats de broyeurs en mal de fèves pour la préparation des fêtes de Noël et de fin d’année. C’est ainsi qu’un investissement de 50 millions de dollars génère une plus value de l’ordre de 500 à 800 millions de dollars américains.
En conclusion
Si le gain est considérable – de 500 à 800 millions de dollars -, l’investissement consentit par Armajaro et AIG Fund est à la hauteur des gains à réaliser. Entre les coûts d’entrée sur le marché, le stockage, les appels de marges sur les marchés à terme et les financements divers, la mise initiale est de l’ordre de 2 à 2,5 milliards de dollars, soit 1.300 milliards de francs cfa. L’ampleur de la mise impose à ces promoteurs, une obligation de résultats.
Peu importe qu’un Etat soit durablement déstabilisé, – il faut se souvenir que le Chili a mis cinq ans pour se remettre d’une crise d’une année -.L’opération initiée par Armajaro et AIG Fund est trop avancée pour être arrêtée. On comprend mieux les très violentes attaques lancées contre la réforme de la filière cacao et contre les personnalités qui la défendent. On comprend également les menaces répétées dont ont fait l’objet les rares personnes capables de décrypter l’opération en cours. Ce genre de manipulation, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne nécessite qu’un nombre très réduit de personnes partageant le secret.
Au plus une dizaine de personnes chez Armajaro, AIG Fund, Refco, disposent des éléments complets du puzzle. Il est évident également qu’au niveau ivoirien, Victor Nembelissini a disposé de la quasi totalité des cartes et des enjeux. D’ailleurs, il avait prévu un départ définitif pour les Etats-Unis à la fin décembre de cette année. Pour le reste, des bribes d’informations sur l’enjeu réel ont dû être diffusées à un certain nombre d’acteurs ivoiriens, qui ont été « rémunérés »en miettes mais qui ne disposaient pas de la finalité réelle de l’opération.
Ainsi, il est probable, sans toutefois en avoir la certitude, que le ministre des Finances, Bohoun Bouabré a été impliqué dans l’opération sur la base de son âpreté au gain, mais la technicité de l’opération exclut qu’il ait été mis dans la totalité du secret. De même, son directeur de cabinet est impliqué à la marge.
Il est évident qu’Henri Amouzou a plus été utilisé dans cette opération, il en est de même pour l’Anaproci qui a eu un rôle d’élément déstabilisateur, mais qui n’ont pas perçu la totalité des enjeux en cause. En revanche, il est a peu près certain qu’ADM, du moins les actionnaires reliés à la famille Diouf et Mimran, ainsi qu’Yves Lamblin et son banquier African Merchant Bank (Jean-Luc Lecorre) ont été « initiés » à des degrés qui restent à définir. Les acteurs « politiques » proches du PDCI ou du RDR ne paraissent pas être des acteurs directs de cette déstabilisation de la Côte d’Ivoire.
Ils ont agit plus par opportunisme en fonction des circonstances que comme des maîtres d’oeuvre de l’opération. Les mutins, du moins pour les hommes impliqués dans les opérations sur le terrain en Côte d’Ivoire, paraissent ne pas avoir disposé de la totalité des cartes et semblent plus avoir été manipulés qu’être des acteurs concepteurs. Ils ont profité d’une opportunité importante de financement sans trop s’inquiéter ou s’interroger sur l’origine réelle des fonds dont ils disposaient. Néanmoins, les initiateurs de l’opération ont joué indirectement sur un terreau favorable et ont tout a été fait pour les mettre en avant de telle manière que l’arbre masque la forêt.
La subtilité de l’opération montée par Armajaro et AIG Fund est telle que les acteurs et les appuis indirects ont disposé dès le début de l’opération en décembre d’une marge d’autonomie considérable. Elle a été d’autant plus grande que leurs actions sur le terrain ivoirien entraient parfaitement en phase avec les objectifs financiers poursuivis par Armajaro et AIG Fund.
Il est aussi évident que des gouvernements étrangers et notamment une frange de l’Administration américaine a été mise au courant d’une partie de l’opération. Il suffit de savoir que lors des opérations précédentes de déstabilisation d’un Etat, AIG Fund a demandé un blanc-seing et a présenté, une partie de ses objectifs, à l’Administration américaine. Selon la même source, l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a été partiellement informé du volet financier de cette opération en début de semaine passée.
Guy André Kieffer
Source : Cameroonvoice
Assassinat de Sylvanus OLYMPIO le 13 janvier 1963 au Togo.
Source : Alterinfo
Le 27 avril 1960, le Togo, sous la direction de Sylvanus Olympio, proclama son indépendance après la tutelle française qui a suivi la colonisation allemande. Deux ans plus tôt, les populations du territoire du Togo avaient voté pour l’affranchissement de cette tutelle après une série de tentatives d’étouffement et de trucages électoraux opérés par l’administration française qui ne voyait pas du tout d’un oeil favorable les démarches émancipatrices du peuple du Togo. Pour retarder les choses ou les bloquer, la France avait estimé que le Togo lui devait 800 millions de francs, ce qui, selon les autorités françaises, équivalait aux dépenses que la tutelle aurait coûté. M. Olympio en homme avisé, comprit très tôt qu’un pays qui se proclame indépendant tout en étant “endetté” ne saurait être libre. Ainsi, consacrait-il deux ans avec l’effort du peuple à travailler pour payer ces 800 million de francs et pour doter le pays de quelques infrastructures à la mesure de l’évènement à célébrer en 1960.
Mais la France n’entendait pas laisser faire. Le général De Gaulle au pouvoir dans ces années-là considérait que l’indépendance de ses territoires d’Afrique doit se faire dans le cadre qu’il aura défini. Et ce cadre doit garantir ses divers intérêts coloniaux. Cette vision des choses heurtait les convictions du peuple, de M. Olympio et ses amis pour qui l’indépendance du Togo devrait se caractériser par :
. une vision sociétale qui met les citoyens du Togo au centre de toutes les préoccupations et non les intérêts occidentaux.
. la rupture avec le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) et une autonomie de battre monnaie.
. la construction d’infrastructures pour rendre viable l’économie togolaise notamment un port autonome à Lomé.
. la révision des contrats miniers notamment celui sur le phosphate que la France exploitait gratuitement depuis de longues années déjà.
. l’absence de coopération militaire avec la France car le Togo entendait construire une armée faite uniquement de gendarmerie et de police.
. le développement accéléré des secteurs clés à savoir : l’agriculture pour nourrir les populations, la santé et l’éducation.
La France voyait là de graves menaces. Après son opposition à la construction d’un port maritime à Lomé sous le prétexte que le Dahomey à côté en avait un en construction, la France voyait un danger encore plus grand qu’elle devrait juguler. Sylvanus Olympio voulait rompre avec le franc CFA et battre sa propre monnaie. A cet effet, il avait donc préparé avec la banque de France un accord de rupture qui devait être signé le 15 janvier 1963. La menace se fit plus précise, lorsqu’après échec de toutes les tentatives françaises de le dissuader allant des propositions les plus mirobolantes à la menace de mort, Sylvanus Olympio lança un appel d’offre d’émission qui fut remporté par l’Angleterre qui émettrait une nouvelle monnaie qui serait garantie par l’Allemagne.
La France voyant que rien n’arrêtait les indépendantistes du Togo a décidé de mettre fin à la vie de l’homme qui pilotait la machine. Car si le Togo réalisait son projet monétaire, la toile de la zone franc que la France avait patiemment tissée autour de ses proies africaines aura cédé et les proies pas totalement mort se seraient libérées. Et le plan de “l’indépendance-collaboration” aura vécu.
La France va se servir des seconds couteaux démobilisés en Algérie pour abattre Sylvanus Olympio. Le scénario est simple : la France va pousser ces soldats coloniaux, des tirailleurs sénégalais qui avaient combattu contre leur propre continent pour que vive le pouvoir colonial à aller demander leur intégration dans l’armée nationale du Togo indépendant. La France était convaincue que Sylvanus Olympio qui fut aux antipodes de ces tirailleurs et qui n’entendait pas avoir une armée de militaires, s’opposera à cette demande. Et ce fut le cas. Le prétexte fut ainsi tout trouvé. Sylvanus Olympio était immédiatement dépeint comme un tyran dont la haine est orientée contre les gens du Nord notamment les Kabyè.
La nuit du 12 au 13 janvier 1963, la France lâcha ses caniches derrière le président Olympio qui trouva refuge au sein de la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique. Ce dernier, Leon Pollada, informa aussitôt les autorités françaises qui y avaient envoyé les tueurs l’abattre, sous le patronage du commandant de la gendarmerie Georges Maîtrier. Le matin du 13 janvier à 07 h, M. Olympio fut abattu. Eyadéma Gnassingbé revendiqua publiquement l’assassinat (mais Eyadéma dira plus tard que ce n’était pas lui qui avait tiré sur le président laissant croire à l’oeuvre d’une main française directe. Laquelle ? Quelques sources avaient évoqué le nom de Georges Maîtrier lui-même.). Et la France officielle pleura de chaudes larmes de crocodile. Cet assassinat porte la marque de la France car, la mort du président Olympio fut annoncée par la radio France Inter à 06 h du matin, soit une heure à l’avance. Comme ce fut le cas avec le coup d’état contre Mamadou Tandja du Niger en février 2010 qui fut annoncé par Bernard Kouchner avant même sa réalisation sur le terrain.
La parenthèse autonomiste fut fermée ainsi dans le sang. Le 13 janvier 1963 a été décrété le jour de la fête de libération nationale. Cette fête macabre célébrée, jusqu’à une date récente où elle a été ralentie, tous les ans avec faste et grandioses défilés civilo-militaires enregistrait toujours la participation des officiels français et d’autres pays aussi bien de l’Ouest que de l’Est à qui des décorations diverses sont accordées. Le territoire, depuis cette date, est depuis lors plongé sous un régime militaro-policier et remis dans le bain franco-africain. L’assassinat d’un premier président élu africain après l’assassinat un peu plus tôt du premier 1er ministre en la personne de Lumumba au Congo signa ainsi le début de la fin de la marche de peuple africain vers son indépendance.
Le 19 septembre 2009, nous écrivions ceci dans une interview réalisée avec Camus Ali du Lynx : “En procédant à l’assassinat de Sylvanus Olympio, la France et les USA ont installé au Togo par le truchement de soldats anti-indépendantistes, incultes et aliénés pro-colonialistes, le chaos. Ils ont semé le crime qui, en se reproduisant dans une impunité absolue, ne cesse de ronger l’âme de notre peuple. C’est en cela que la lutte pour notre affranchissement reste entière. Nos ancêtres l’ont commencée. Ils ont été écrasés. A nous de reprendre le flambeau en ayant la capacité de ne pas répéter certaines de leurs erreurs.”
Pour finir, disons que le meilleur hommage que nous puissions rendre à tous ces martyrs africains, c’est, tout en tirant tous les enseignements de leurs oeuvres, de perpétuer leur combat pour l’avènement d’une Afrique totalement libérée, reconstruite et définitivement protégée contre toute agression coloniale.








